C’était aussi un petit pas pour un homme, un pas de géant pour l’humanité : Le vol dans l’espace de Youri Alekseïevitch Gagarine dans la presse francophone québécoise, 12-15 avril 1961, partie 1

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Le major Youri Alekseïevitch Gagarine au cours de sa visite à Helsinki, Finlande, juillet 1961. Wikimédia.

Aimez-vous les anniversaires, ami(e) lectrice ou lecteur? Notre espèce semble fascinée par la commémoration d’anniversaires. Six exemples provenant du monde de l’aéronautique et de l’astronautique suffiront pour démontrer mon propos.

Le 12 avril 1911, il y a 110 ans, le Français Pierre Prier effectue le premier vol sans escale entre Londres et Paris. Ce vol Royaume-Uni-France dure un peu moins de 4 heures.

Le 12 avril 1921, il y a 100 ans, un avion de ligne de la Compagnie franco-roumaine de navigation aérienne atterrit à l’aéroport de Le Bourget, près de Paris, complétant ainsi un vol entre la capitale polonaise, Warszawa, et la capitale française. Un service régulier entre ces villes débute plus tard dans l’année.

Le 12 avril 1931, il y a 90 ans, des spectacles aériens se déroulent dans les 2 aéroports de Indianapolis, Indiana.

Le 12 avril 1951, il y a 70 ans, le Sénat canadien adopte le projet de loi du sénateur / homme d’affaires / avocat ontarien Gordon Peter Campbell faisant de la Ligue des cadets de l’air du Canada, un groupe mentionné à quelques / plusieurs reprises dans notre blogue / bulletin / machin depuis juillet 2018, un organisme permanent sous l’autorité du ministère de la Défense nationale.

Le 12 avril 1961, il y a 60 ans, la capsule spatiale soviétique Vostok 1 complète une orbite autour de notre planète avant de redescendre sur Terre. Ce vol de moins de 110 minutes, le premier vol spatial ayant un être humain à son bord, fait de Youri Alekseïevitch Gagarine une des personnalités les plus connues du 20ème siècle.

Le 12 avril 1981, si, si, le 12 avril 1981, il y a 40 ans, et il ne s’agit peut-être pas d’une coïncidence, la navette spatiale américaine Columbia effectue le premier vol dans l’espace d’un vaisseau spatial récupérable. Son équipage, composé de John Watts Young et Robert Laurel « Bob » Crippen, se pose sur Terre le 14 avril.

Comme vous pouvez l’imaginer, ce vol historique, euh, celui de Gagarine évidemment, fait la une d’innombrables quotidiens de par le monde. Avec votre permission, mais sans elle si besoin est, votre humble serviteur aimerait jeter un coup d’œil sur la couverture que les quotidiens de langue française du Québec offrent à leurs lectrices et lecteurs en avril 1961, du 12 au 15 avril 1961 plus précisément.

L’offrande de La Presse de Montréal, Québec, parue le 12 avril, occupe une bonne partie de la première page. Le plus grand quotidien de langue française publié hors de l’Europe rapporte que Telegrafnoïe Agentstvo Sovetskogo Soïouza (TASS), l’agence de presse soviétique, proclame que Gagarine, un pilote de chasse dans l’aviation des forces maritimes militaires, ou Aviatsiya Voyenno-morskogo Flota, âgé de 27 ans, a atterri dans la zone prévue, en sol soviétique, sans la moindre égratignure. La Presse utilise évidemment des informations rendues publiques par TASS et le radiodiffuseur d’état soviétique Radio Moskva sur le vol du cosmonaute à bord du navire cosmique Spoutnik Orient, le terme russe « vostok » signifiant évidemment orient.

Détail intéressant, La Presse mentionne dans son édition provinciale que Daily Worker publie un article le 11 avril dans lequel cet organe officiel du Communist Party of Great Britain informe ses lectrices et lecteurs que l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) a lancé un être humain dans l’espace le 7 avril et que ce héros est revenu sur Terre en parfaite santé. Mieux encore, l’article en question, sans parler de celui de La Presse, renferment une photographie du cosmonaute, qui n’est certes pas Gagarine. L’article du quotidien britannique renferme également un dessin de la capsule spatiale de Gagarine.

La capsule spatiale soviétique Vostok 1 telle qu’imaginée par un artiste travaillant pour le quotidien britannique Daily Worker. Anon., « Russe lancé dans l’espace à [303 kilomètres] 188 milles de la terre [sic]. » Le Droit, 12 avril 1961, édition finale, 1.

La capsule spatiale soviétique Vostok 1 telle qu’imaginée par un artiste travaillant pour le quotidien britannique Daily Worker. Anon., « Russe lancé dans l’espace à [303 kilomètres] 188 milles de la terre [sic]. » Le Droit, 12 avril 1961, édition finale, 1.

Vous aurez évidemment remarqué, ami(e) lectrice ou lecteur aux yeux de lynx que vous êtes, que la photographie ci-dessus est tirée du quotidien Le Droit. Votre humble serviteur fait ce choix en raison de la meilleure qualité de l’illustration parue dans cet unique quotidien de langue française d’Ottawa, Ontario. Curieusement, la légende de cette photographie indique que Daily Worker publie son article le 12 avril. Je dois avouer ne savoir que penser, ou quoi / qui croire.

Soit dit en passant, un important quotidien montréalais, Le Devoir, publie le dessin du Daily Worker dans son numéro du 13 avril, et… Vous ne savez pas à quoi correspondent les lettres allant de A à G qui accompagnent tous ces dessins? Permettez-moi d’éclairer votre lanterne.

A – Cabine pressurisée du cosmonaute

B – Siège capitonné protégeant le dit cosmonaute lors du lancement

C – Parachutes ralentissant la descente de la capsule spatiale lors de son retour

D – Approvisionnement en air ou oxygène

E – Caméras de télévision et microphones permettant au cosmonaute d’être vu et entendu

F – Hublot

G – Tableau de bord

Ne disposant d’aucune illustration de Vostok 1, soit dit en passant, l’artiste britannique qui réalise le dessin imagine un véhicule qui ressemble beaucoup à la capsule spatiale américaine McDonnell Mercury.

Comme vous le savez fort bien, c’est à bord d’une telle capsule que John Glenn devient, en février 1962, le premier astronaute américain à orbiter autour de la Terre.

Pour vous convaincre de la véracité de mes propos, permettez-moi de vous présenter une photographie de la capsule qui abrite Gagarine pendant son voyage.

Le module de descente de la capsule spatiale Vostok 1 en montre au musée corporatif de Raketno-Kosmicheskaya Korporatsiya « Energiya, » Moscou, Russie, juillet 2010. Wikipédia.

Le module de descente de la capsule spatiale Vostok 1 en montre au musée corporatif de Raketno-Kosmicheskaya Korporatsiya « Energiya, » Moscou, Russie, juillet 2010. Wikipédia.

La Presse indique que la communauté scientifique internationale applaudit l’exploit accompli par l’URSS. Pierre Emil George Salinger, le secrétaire de presse de l’administration dirigée par le président John Fitzgerald Kennedy, quant à lui, mentionne tout au plus que des stations repérage américaines confirment que le grand rival des États-Unis a placé un objet en orbite.

La photographie de Gagarine publiée en avril 1961 par de nombreux quotidiens occidentaux. Anon., « Un Russe ramené vivant d’un voyage cosmique. » La Presse, 12 avril 1961, dernière édition, 1.

La photographie de Gagarine publiée en avril 1961 par de nombreux quotidiens occidentaux. Anon., « Un Russe ramené vivant d’un voyage cosmique. » La Presse, 12 avril 1961, dernière édition, 1.

Si la dernière édition du 12 avril de La Presse mentionne à peine l’article erroné du Daily Worker, elle contient toutefois une photographie de Gagarine, sans parler d’une photographie de Moscovites relativement jeunes et ivres de joie qui marchent dans une rue ou avenue de Moscou.

Des Moscovites, possiblement des étudiantes et étudiants, possiblement sur la rue Gorki, ivres de joie à la nouvelle du vol historique de Gagarine. Anon., « Un Russe ramené vivant d’un voyage cosmique. » La Presse, 12 avril 1961, dernière édition, 1.

Des Moscovites, possiblement des étudiantes et étudiants, possiblement sur la rue Gorki, ivres de joie à la nouvelle du vol historique de Gagarine. Anon., « Un Russe ramené vivant d’un voyage cosmique. » La Presse, 12 avril 1961, dernière édition, 1.

La dite photo peut fort bien montrer certaines des étudiantes et étudiants, jusqu’à 500 peut-être, qui envahissent la rue Gorki, une des artères principales de Moscou. Dans ces ville et pays où les démonstrations spontanées ne sont pas du tout appréciées, des agents de la force de police nationale soviétique, ou Militsiya, se font un plaisir d’arrêter la circulation automobile afin de laisser passer ce cortège triomphal impromptu.

Des Moscovites débordant de joie et d’enthousiasme, possiblement des étudiantes et étudiants, à deux pas du Moskovskiy Planetariy. Anon., « Récit de voyage du premier cosmonaute du monde – Gagarine veut aller sur Vénus. » La Presse, 13 avril 1961, dernière édition, 1

Des Moscovites débordant de joie et d’enthousiasme, possiblement des étudiantes et étudiants, à deux pas du Moskovskiy Planetariy. Anon., « Récit de voyage du premier cosmonaute du monde – Gagarine veut aller sur Vénus. » La Presse, 13 avril 1961, dernière édition, 1

Des centaines de membres d’un mouvement de jeunesse communiste, la Vsesoyuznaya Pionerskaya Organizatsiya imeni V.I. Lenina, se rendent au Moskovskiy Planetariy afin d’en savoir plus long, et ce tout à fait spontanément. Le planétarium étant fermé, son directeur, le fort populaire Viktor Vassilievitch Bazykin, sort de l’édifice pour leur dire ce qu’il sait. Les jeunes gens sont ravi(e)s.

De fait, de très nombreuses et nombreux Moscovites reçoivent la permission de quitter leur boulot pour célébrer le premier vol d’un être humain dans l’espace.

Des Moscovites parmi bien d’autres qui célèbrent le vol de Gagarine. Anon., « Commentant le dernier exploit russe – Les États-Unis tirent de l’arrière (Kennedy). » Le Soleil, 13 avril 1961, 23.

Des Moscovites parmi bien d’autres qui célèbrent le vol de Gagarine. Anon., « Commentant le dernier exploit russe – Les États-Unis tirent de l’arrière (Kennedy). » Le Soleil, 13 avril 1961, 23.

Avant que ne l’oublie, les lectrices et lecteurs de La Presse apprennent que Gagarine est marié et a 2 enfants. De fait, le quotidien montréalais publie une brève biographie du cosmonaute, né en avril 1934.

Un petit article paru en première page de cette même dernière édition de La Presse indique que le gouvernement soviétique souligne que le vol de Gagarine est de nature entièrement pacifique. De fait, le dit gouvernement profite de ce grand jour pour lancer un appel sincère (?) aux peuples et gouvernements de la Terre en faveur de la paix et du désarmement.

La Presse conclut son reportage sur l’exploit de Gagarine en indiquant que l’URSS est en avance sur les États-Unis depuis le lancement du premier satellite artificiel, en octobre 1957. Et oui, Spoutnik I est mentionné à plusieurs reprises dans notre blogue / bulletin / machin depuis février 2018

Publiée plus tard dans la journée du 12 avril que l’édition provinciale, la dernière édition de La Presse comprend les commentaires de certains des chefs d’état et de plusieurs chercheurs occidentaux qui offrent des félicitations à l’URSS, à son gouvernement, à ses chercheurs, etc. Mentionnons par exemple le susmentionné Kennedy, de même que le premier ministre du Canada, John George Diefenbaker. Si ce dernier décrit le vol de Gagarine comme étant un exploit stupéfiant, il ajoute que le monde s’y attendait, vues les réalisations soviétiques et américaines de 1960-61.

Si je peux me permettre une brève digression, j’aimerais interrompre cette pontification pour vous présenter la version de langue française, publiée dans la dernière édition du 12 avril de La Presse, d’un dessin créé le 12 avril par l’artiste ukraino-américain William « Bill » Sakren. Le dit dessin fait partie de sa série They never change, en français On ne change guère.

Dessin humoristique datant du 12 avril 1961. William Sakren, « On ne change guère. » La Presse, 12 avril 1961, dernière édition, 2.

Dessin humoristique datant du 12 avril 1961. William Sakren, « On ne change guère. » La Presse, 12 avril 1961, dernière édition, 2.

L’information parue dans les numéros du 12 avril des autres grands quotidiens de langue française du Québec n’ajoute pas grand-chose à ce que La Presse offre à ses lectrices et lecteurs. Cela étant dit (tapé?), le principal quotidien de langue française de Québec, la ville bien sûr, Le Soleil, publie une carte (exacte?) d’origine américaine (?) de l’orbite suivie par Gagarine lors de son voyage autour de la Terre.

L’orbite suivie, peut-être, par Gagarine lors de son voyage autour de la Terre. Anon., « Le premier homme dans l’espace. » Le Soleil, 12 avril 1961, 2.

L’orbite suivie, peut-être, par Gagarine lors de son voyage autour de la Terre. Anon., « Le premier homme dans l’espace. » Le Soleil, 12 avril 1961, 2.

La réaction de Diefenbaker mise à part, les relativement rares réactions canadiennes et québécoises au séjour dans l’espace de Gagarine apparaissent dans les quotidiens québécois à partir du 13 avril.

De fait, c’est ce même 13 avril que Diefenbaker fait parvenir un télégramme de félicitations au premier secrétaire du comité central du Kommunisticheskaya Partiya Sovetskogo Soyuza, c’est-à-dire le Parti communiste de l’URSS, Nikita Sergueïevitch Khrouchtchev, un personnage peu ragoutant, mentionné dans quelques / plusieurs numéros de notre blogue / bulletin / machin depuis février 2019. Voici la traduction en français de l’époque du dit télégramme :

Au nom du peuple canadien et en mon nom personnel, il faut vous féliciter, Monsieur le Président, ainsi que le peuple soviétique, de l’éclatant succès qu’ont remporté les scientifiques de l’URSS en permettant à l’homme de s’aventurer pour la première fois de l’Histoire dans le cosmos.

Aux dires du scientifique en chef d’un organisme fédéral, le Conseil de recherches pour la défense, George Sydney Field, interviewé le 12 avril, le périple de Gagarine est « un des exploits les plus remarquables de l’histoire moderne. » Cet exploit ajoute grandement au prestige de l’URSS, un ajout dont le gouvernement soviétique réalise fort bien l’importance. Cela étant dit (tapé?), vu d’un point de vue scientifique, le lancement du premier satellite artificiel, Spoutnik I, en octobre 1957, est peut-être un exploit plus étonnant.

Le voyage de Gagarine n’offre guère d’avantages militaires à l’URSS, dit Field. Tous les experts militaires savent que les missiles balistiques intercontinentaux soviétiques et américains disponibles avant même ce voyage sont capables de lancer une ogive (thermo)nucléaire vers n’importe quel lieu sur Terre. De fait, il est plus facile de frapper une cible par ce moyen qu’avec un satellite armé orbitant la Terre.

Sans vouloir gâcher la fête des Soviétiques, bien sûr, Field ajoute que, grâce à leur équipement plus avancé, les États-Unis ont recueilli et recueillent encore davantage de données sur l’espace interplanétaire que l’URSS.

Selon lui, la prochaine étape d’importance de l’exploration de l’espace serait probablement le lancement d’un vaisseau spatial piloté vers la Lune. Reste à savoir qui effectuerait ce lancement, et quand.

Interviewé lui aussi, l’astronome fédéral, Carlyle Smith Beals, qualifie de réussite merveilleuse le voyage dans l’espace de Gagarine. Il indique, avec une certaine tristesse peut-être, que l’Observatoire fédéral aurait peut-être été en mesure de détecter et suivre Vostok 1 si des informations à cet effet lui étaient parvenues.

Un autre chercheur canadien, Peter MacKenzie Millman, croit que l’URSS va tenter quelque chose de nouveau avant longtemps, du jamais vu, le lancement d’un vaisseau spatial transportant plus d’une personne peut-être. Le patron de la Section de recherche sur la haute atmosphère de la Division de radiotechnique et de génie électrique du Conseil national de recherches du Canada, un organisme renommé mentionné à quelques / plusieurs reprises dans notre blogue / bulletin / machin depuis mai 2018, indique par ailleurs que la supériorité des fusées soviétiques en matière de puissance face à celles des États-Unis rend possible le lancement vers la Lune d’une sonde transportant des instruments. Cela étant dit (tapé?), l’URSS pourrait tenter d’envoyer une sonde près de Mars ou Vénus.

Interviewé à Calgary, Alberta, l’ancien directeur de l’Organisation mondiale de la Santé, le psychiatre et conférencier canadien George Brock Chisholm déclare, en traduction, que « [c]ombattre la faim et la maladie et assurer la sécurité d’un monde tourmenté serait plus bénéfique pour l’humanité que de balancer un homme dans l’espace. » Le monde peut se permettre d’attendre jusqu’en 2011, voire même 2061, avant d’entreprendre l’exploration de l’espace.

Seriez-vous mécontent(e) si votre humble serviteur vous disait que je partage cette opinion?

Chisholm est un gentilhomme controversé qui veut sincèrement aider les pauvres et miséreux de la Terre. Fin 1945, début 1946, « l’homme en colère le plus fameusement éloquent du Canada, » alors sous-ministre de la Santé nationale et du Bien-être social, soulève l’ire de milieux conservateurs sociaux lorsqu’il affirme qu’on ne devrait pas encourager les enfants à croire à la Bible, au Père Noël ou à tout autre concept surnaturel, mais revenons à notre histoire. Et oui, au moins un groupe chrétien fondamentaliste américain croit (sérieusement?) que Chisholm est l’antéchrist. On croit rêver.

Quelques quotidiens québécois publient quelques photographies de Gagarine et de sa famille. Il va de soi que ce sont des photographies officielles qui sont approuvées par une quelconque instance du Kommunisticheskaya Partiya Sovetskogo Soyuza.

Le 13 avril, Le Soleil offre non moins de 3 photographies à ses lectrices et lecteurs. Détail intéressant, La Presse publie ce même jour les mêmes photographies, mais inversées.

Un portrait officiel de Gagarine en costume civil. Anon., « Gagarin accueilli en héros à Moscou. » Le Soleil, 13 avril 1961, 1.

Un portrait officiel de Gagarine en costume civil. Anon., « Gagarin accueilli en héros à Moscou. » Le Soleil, 13 avril 1961, 1.

La fille aînée de Gagarine, Elena Yourievna « Lenochka » Gagarina, âgée de 2 ans, regardant son père à la télévision. Anon., « Commentant le dernier exploit russe – Les États-Unis tirent de l’arrière (Kennedy). » Le Soleil, 13 avril 1961, 23.

La fille aînée de Gagarine, Elena Yourievna « Lenochka » Gagarina, âgée de 2 ans, regardant son père à la télévision. Anon., « Commentant le dernier exploit russe – Les États-Unis tirent de l’arrière (Kennedy). » Le Soleil, 13 avril 1961, 23.

L’épouse de Gagarine, Valentina Ivanovna Gagarina, née Goryacheva, écoutant un reportage à la radio concernant son vol dans l’espace. Son inquiétude est bien visible. Anon., « Commentant le dernier exploit russe – Les États-Unis tirent de l’arrière (Kennedy). » Le Soleil, 13 avril 1961, 23.

L’épouse de Gagarine, Valentina Ivanovna Gagarina, née Goryacheva, écoutant un reportage à la radio concernant son vol dans l’espace. Son inquiétude est bien visible. Anon., « Commentant le dernier exploit russe – Les États-Unis tirent de l’arrière (Kennedy). » Le Soleil, 13 avril 1961, 23.

Le quotidien de Trois-Rivières, Québec, Le Nouvelliste, s’offre le luxe de présenter une photo de la famille du cosmonaute soviétique, encore une fois très officielle.

Gagarine lisant un journal en compagnie de son épouse Valentina et de sa fille Elena. Alors âgée d’à peine un mois, Galina Yourievna Gagarina est probablement en train de dormir. Anon., « Le ‘Christophe Colomb’ de l’espace – Qui est Youri Gagarine? » Le Nouvelliste, 13 avril 1961, 1.

Gagarine lisant un journal en compagnie de son épouse Valentina et de sa fille Elena. Alors âgée d’à peine un mois, Galina Yourievna Gagarina est probablement en train de dormir. Anon., « Le ‘Christophe Colomb’ de l’espace – Qui est Youri Gagarine? » Le Nouvelliste, 13 avril 1961, 1.

Je dois avouer être un tant soit peu inconfortable à l’idée de comparer Gagarine à Christoforo Colombo, un homme qui fait preuve de réelle brutalité envers les populations autochtones qu’il rencontre sur le continent américain entre 1492 et 1504. Ne l’oublions pas, la richesse d’états colonisateurs tels que les États-Unis, le Canada et l’Australie s’est bâtie (et se bâtit encore?) sur le dos de populations autochtones dépouillées de leurs patrimoine et terres, et trop souvent décimées, par la force des armes ou la maladie. L’héritage de Colomb / Colombo n’a rien de très réjouissant.

Et non, il n’y a rien de mal à réécrire l’histoire lorsqu’il est question de réparer une grave injustice. Les vies des blancs ne sont pas les seules qui comptent.

Sur ce, permettez-moi de vous souhaiter une bonne semaine.

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Rénald Fortier