Une des automobiles de rêve les plus célèbres de tous les temps : La Ferrari 512 Pininfarina Modulo

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La Ferrari 512 Pininfarina Modulo, en montre lors de l’édition 1971 du Salon international de l’Auto de Montréal, Montréal, Québec. Jean D. Legault, « Une première mondiale et 12 continentales. » La Patrie, 17 janvier 1971, 31.

Votre humble serviteur doit avouer ne pas être fasciné par les automobiles. Je ne l’ai jamais été. Cela étant dit (tapé ?), je dois avouer avoir été frappé par l’élégance de la Ferrari 512 Pininfarina Modulo.

L’histoire de ce véhicule unique commence apparemment avec la voiture de course Ferrari 512, conçue vers 1968-69 pour participer aux courses du Championnat du monde des voitures de sport organisées par la Fédération internationale de l’automobile et la Fédération international du sport automobile. Après des débuts un tant soit peu difficiles, en 1970, ce véhicule connaît de réels succès. Il suffit de songer à ceux que connaît le célèbre pilote de course italien Mario Gabriele Andretti.

Quoiqu’il en soit, ne parvenant pas à vendre toutes les 512 fabriquées pour effectuer les essais d’homologation réglementaires, Auto Costruzioni Ferrari / Società Esercizio Fabbriche Automobili e Corse, un des fabricants de voitures les plus fameux au monde, remet un de ces véhicules à Carrozzeria Pininfarina Società per Azioni, sans doute le Léonard de Vinci de la carrosserie automobile et une firme automobile italienne de renommée mondiale mentionnée dans des numéros d’octobre 2018 et mars 2019 de notre blogue / bulletin / machin.

Le véhicule en question est apparemment une 512 convertie en Ferrari 612 Can Am, un type de voiture conçue pour participer aux courses de la Canadian-American Challenge Cup, organisées par le Canadian Automobile Sports Clubs et le Sports Car Club of America.

Un concepteur de Carrozzeria Pininfarina utilise le châssis de la 512 pour créer une voiture concept biplace d’allure inhabituelle et futuriste, sinon révolutionnaire, la susmentionnée Modulo.

D’aucuns suggèrent que le dit concepteur s’inspire un tant soit peu de certains concepts du très fameux concepteur industriel néo-futuriste américain Sydney Jay « Syd » Mead.

Croiriez-vous l’accès à la Modulo se fait en poussant vers l’avant le pare-brise et la partie avant du toit? Il faut par conséquent être un tant soit peu agile pour monter à bord – un exercice qui peut s’avérer potentiellement un tant soit peu, euh, embarrassant pour une Homo sapiens de sexe féminin portant une minijupe - ou un Homo sapiens de sexe masculin portant un kilt.

Détail intéressant, toutes les commandes dont une conductrice ou conducteur a besoin sont disposées sur une demi-sphère à multiples boutons poussoirs de la taille d’une boule de quilles se trouvant à portée de sa main.

La Modulo est à ce point basse (moins de 95 centimètres / moins de 37.5 pouces) qu’on peut se demander si elle peut glisser sous un camion gros porteur sans érafler sa peinture.

À cet effet, il est à noter que si la Modulo a un moteur, il ne s’agit pas un véhicule capable de rouler.

Une version moins puissante à 4 places de la Modulo est peut-être envisagée à un moment donné.

Présentée pour la première fois en mars 1970, au Salon international de l’automobile de Genève, à Genève, Suisse, la Modulo fait fureur. De fait, au fil des ans, cette voiture de rêve, une des plus extrêmes et excitantes du 20ème siècle, remporte plus de 20 prix de conception internationaux.

Il est à noter que la Modulo peut être présentée à Genève sans son moteur, mis en place par la suite.

Notons par ailleurs que cette voiture de rêve est mise en montre dans au moins une institution culturelle de niveau international, soit le Musée du Louvre, à Paris, France.

Il va de soi que la Modulo est fréquemment sollicitée par les comités organisateurs de divers salons de l’automobile. Et oui, elle est présentée pour la première fois en Amérique du Nord à Montréal, Québec, lors de l’édition 1971 du Salon international de l’Auto de Montréal qui se tient du 14 au 21 janvier, à la Place Bonaventure. Le dite édition compte en fait 11 autres premières nord-américaines venues principalement du Japon et de l’Italie.

Parmi ces premières mentionnons la voiture sport italienne Alfa Romeo Montreal. Si, si, Montreal. Répondant à une requête du comité impliqué dans l’organisation du pavillon L’Homme à l’œuvre de l’Exposition internationale et universelle de Montréal, ou Expo 67, le fameux constructeur automobile Alfa Romeo Automobiles Società per Azioni conçoit une voiture concept qui suscite beaucoup d’intérêt. Apparemment connue à l’interne sous le nom de Montrealine, ce véhicule sans nom est vite baptisé Alfa Romeo Montréal par de nombreuses Montréalaise et Montréalais.

Notant l’intérêt de nombreux commentateurs (et concessionnaires?) nord-américains, Alfa Romeo Automobiles transforme sa voiture conception en automobile de série, baptisée, comme le savez maintenant, la Montreal – apparemment sans accent.

Croiriez-vous que cette automobile est présentée pour la première fois en mars 1970, au Salon international de l’automobile de Genève?

Ne répondant pas à la réglementation anti-pollution en vigueur en Amérique du Nord, la Montreal n’est malheureusement pas disponible à Montréal, ce qui est bien dommage mais revenons à l’édition 1971 du Salon international de l’Auto de Montréal.

Une autre automobile présentée pour la première fois en Amérique du Nord est la voiture sport britannique Triumph Spitfire IV dont l’exemplaire présent à Montréal est peint aux couleurs d’un avion de chasse britannique Supermarine Spitfire de la Seconde Guerre mondiale. Et oui, la fabuleuse, si, si, fabuleuse, collection du Musée de l’aviation et de l’espace du Canada comprend 3 (!) Spitfire.

Il est à noter que la Modulo en montre à Montréal est malheureusement mal située, près d’une colonne et pour ainsi dire dans un recoin obscur.

La Ferrari 512 Pininfarina Modulo en montre au Museo Ferrari, Maranello, Italie, février 2013. Wikipédia.

La Ferrari 512 Pininfarina Modulo en montre au Museo Ferrari, Maranello, Italie, février 2013. Wikipédia.

Préservée au Museo Pininfarina de Cambiano, Italie, la Modulo est vendue en septembre 2014 à un riche producteur de films / financier / collectionneur d’automobiles classiques américain.

Les raisons entourant cette vente sont un tant soit peu nébuleuses. Pour faire court, Carrozzeria Pininfarina éprouve alors de sérieuses difficultés financières qui vont mener à son achat, en 2015, par un géant industriel (150 firmes dans 22 secteurs) indien, Group Mahindra. La vente de certains items avant cette date lui apporte un peu d’oxygène.

Quoiqu’il en soit, James Glickenhaus se donne pour pari de transformer la Modulo en automobile capable de rouler. L’équipe italienne qui entreprend cette tâche, apparemment employée par Manifattura Automobili Torino, une firme avec laquelle l’Américain fait affaire depuis un certain temps, la complète avec brio en mai 2018.

Du personnel de la firme américaine Scuderia Cameron Glickenhaus Limited Liability Company et de la firme italienne Podium Advanced Technologies Società a responsabilità limitata participent peut-être également au projet.

Glickenhaus immatricule la Modulo dans l’état de New York avant même la fin de 2018. Ne sachant trop comment classer ce véhicule unique, le personnel du Department of Motor Vehicles décide d’en faire un sedan.

Endommagée lors d’un incendie, en juin 2019, alors qu’elle circule non loin de Monaco, la Modulo est vite remise en état. Elle est encore en état de marche au début de 2021.

Ciao.

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Rénald Fortier