J’aimerais en posséder une; son mon bateau, ce serait épatant : Le voyage hors route du Beehoo / Magna Amphicat

Médias
Charles Aznavour avec le véhicule tout-terrain Beehoo / Magna Amphicat qu’il examine, Montréal, Québec. Sa fille Seda est près de lui. Suzanne Piuze, « Aznavour m’a dit… » La Patrie, 25 janvier 1970, 20.

En guise de salutation, ami(e) lectrice ou lecteur, je vous fais la promesse solennelle d’être bref, du moins pour cette semaine.

Commençons notre péroration, osons-nous dire (taper?) pontification, avec une visite à la seconde édition du Salon (international?) de l’Auto, qui se tient à la Place Bonaventure, à Montréal, Québec, du 15 au 25 janvier 1970.

Un(e) des nombreuses et nombreux visiteuses et visiteurs à cet événement n’est autre que Charles Aznavour, né Shahnourh Varinag Aznavourian. Cet auteur compositeur interprète, acteur et écrivain français d’origine arménienne de renommée mondiale se trouve en Amérique du Nord en 1969-70.

Une journaliste du nom de Suzanne Piuze rencontre le « grand Charles », comme on appelle parfois Aznavour, ce qui peut amuser, ou pas, un autre « grand Charles, » à savoir Charles André Joseph de Gaulle, un gentilhomme plus grand que nature mentionné dans des numéros de mars 2018, juin 2019 et septembre 2019 de notre blogue / bulletin / machin, alors qu’il examine, vous l’aurez deviné, le véhicule tout-terrain (VTT) à 6 roues motrices représenté sur la photographie au début de cet article. Ce véhicule est un Beehoo / Magna Amphicat.

Si votre humble serviteur peut se permettre le plus brève des digressions, je voudrais souligner que Aznavour joue un rôle secondaire, un inspecteur de police grec pour être plus précis, dans le film d’action américain de 1976, Intervention Delta. La raison principale pour laquelle j’évoque cette production plutôt infructueuse est due à l’utilisation de deltaplanes comme moyen de sauver l’épouse et les 2 enfants d’un industriel international américain kidnappé(e)s par un groupe de bad hombres (Hello, EG!) terrés dans un monastère grec abandonné situé au sommet d’une aiguille de roche. La mission de sauvetage très originale et dangereuse, réalisée par une petite équipe de pilotes de deltaplane professionnel(le)s bien que plutôt coloré(e)s, est un succès. Bien sûr.

Si je peux digresser de nouveau pour 1 instant, ou 3, le Amphicat exposé au Salon (international?) de l’Auto de 1970 n’est pas le premier véhicule de ce type exposé dans la métropole du Canada, ou au Québec. Cet honneur appartient au véhicule en montre au septième Salon national de camping et sports, également tenu à la Place Bonaventure, en mars 1968.

Vous vous attendez probablement à une péroration distinguée sur le Amphicat, n’êtes-ce pas, ami(e) lectrice ou lecteur? Et vous auriez raison. J’aimerais pouvoir commencer la dite péroration avec la naissance du héros de notre histoire, mais des informations à ce sujet n’ont pas encore été trouvées. Vous avez le cœur brisé, je sais, mais, pour citer un personnage de la comédie romantique et film culte de 1987 La Princesse Bouton d’Or, mentionnée dans des numéros de février 2018, mars 2018 et janvier 2019 de notre blogue / bulletin / machin, habituez-vous à la déception.

La seule information que votre humble serviteur a trouvée sur la phase pré-Amphicat de la vie de notre héros est le fait que, entre 1952 et 1957, il travaille pour le géant aéronautique canadien bien connu A.V. Roe Canada Limited (Avro Canada), de Malton, Ontario, une filiale du géant aéronautique britannique Hawker Siddeley Group Limited. Je présume qu’il travaille pour la filiale de construction aéronautique bien connue de cette firme, A.V. Roe Aircraft Limited (Avro Aircraft), également basée à Malton. Et oui, ami(e) lectrice ou lecteur obsédé(e) par les aéronefs, Avro Aircraft et Avro Canada sont mentionnées dans quelques numéros de notre blogue / bulletin / machin depuis mars 2018.

Et oui, le Arrow est mentionné à quelques reprises dans notre blogue / bulletin / machin depuis février 2018, mais je digresse.

Notre histoire commence donc en 1957, lorsque Ronald James « Ron » Beehoo, un machiniste résidant à Streetsville, Ontario, quitte son emploi pour créer une petite entreprise d’ingénierie et maintenance, Beehoo Engineering Limited. Là, il entretient et répare de la machinerie industrielle et fabrique de la machinerie et équipements spéciaux, tandis que son épouse, Betty Louise Foskett Beehoo, s’occupe de tous les détails nécessaires aux opérations quotidiennes de l’entreprise familiale. Pour faire court, elle est comptable, secrétaire et trésorière de la firme. En plus de cela, elle s’occupe des 7 enfants du couple, 3 filles et 4 garçons né(e)s entre 1953 et 1962. Une supermaman, Mme Beehoo est certainement.

Travaillant dans le sous-sol de la maison familiale, Beehoo assemble, pendant son temps libre, un véhicule tout-terrain (VTT) amphibie vers 1961-62. Il le fait pour aider son père, George Albert Beehoo, à se déplacer dans une tourbière près de Cornwall, Ontario. Le premier prototype de Beehoo est un petit véhicule à chenilles. Il ne l’aime apparemment pas tellement. Beehoo décide donc de concevoir un VTT à 6 roues.

Ce véhicule, le Aquacat, peut, je répète peut, être le premier VTT suffisamment économique et petit pour être acheté et utilisé par des personnes intéressées par les déplacements à travers / dans / sur les tourbières, neige, marécages, marais, gravier, glace, eau, bois, asphalte, etc. à la recherche de possibilités d’aventure, divertissement ou opportunités de chasse.

Cela étant dit (typé?), le Aquacat est conçu à l’origine principalement comme véhicule utilitaire tout-terrain destiné aux employés des firmes téléphoniques, minières et forestières, ainsi que des services publics d’électricité. Son succès en tant que véhicule récréatif est la cerise au marasquin au sommet du sundae. Ce succès même conduit quelques autres personnes et firmes à développer leurs propres VTT.

Il va sans dire que le Aquacat n’est pas le premier VTT au monde. Les pionniers dans ce domaine ont, cependant, rencontré de nombreux problèmes techniques et financiers qui limitent le succès de leurs véhicules. À l’époque, bien sûr, l’expression véhicule tout-terrain et son abréviation, VTT, n’existent pas.

En 1965, convaincu d’avoir un gagnant, Beehoo engage quelques personnes et commença à produire son VTT. A l’époque, ces travaux ne sont qu’une activité secondaire de Beehoo Engineering. Le téléphone de la firme commence toutefois à sonner de plus en plus à mesure que de plus en plus de gens entendent parler du Aquacat. Beehoo embauche plus de personnes occupant de plus en plus de place dans les petites installations de Beehoo Engineering. Malgré tout, il est toujours incapable de répondre à la demande. Quelques / plusieurs des nouvelles commandes de ce véhicule agile, durable, fiable et inarrêtable à 2 / 3 places peuvent, je répète peuvent, provenir des États-Unis.

Si je peux me permettre une brève digression, une des raisons de l’incapacité de Beehoo Industries de répondre à la demande, outre sa petite taille, tient au fait que le corps en fibre de verre du Aquacat et des premiers Amphicat est fabriqué à l’aide d’une méthode de pose à la main relativement lente.

C’est à cette époque, ou peut-être avant, que Beehoo se rend compte que le nom Aquacat / Aqua Cat est déjà utilisé aux États-Unis, pour ce que votre humble serviteur croit être un petit catamaran à voile nommé Aqua Cat, CATamaran, Aqua Cat, vous saisissez?, lancé en 1962 par Hobie Cat Company. Pis encore, le nom est protégé par le droit d’auteur. Afin de vendre son VTT aux États-Unis, Beehoo doit trouver un nouveau nom. Une âme inconnue suggère que le VTT s’appelle Amphicat.

C’est peut-être aussi à cette époque, ou peut-être plus tard, que Beehoo Engineering devient Beehoo Industries Limited. À l’époque, le Amphicat est peut-être le seul produit de la firme. Il le devient certainement à un moment donné.

Un autre événement de cette période occupée est l’acquisition d’une petite usine existante pour mettre en place une chaîne de montage appropriée. Bien que Beehoo supervise l’élaboration d’un ensemble de plans pour une usine conçue spécifiquement pour la production du Amphicat, il conclut qu’il faudrait tout simplement trop de temps pour la construire. Quoiqu’il en soit, la production grimpe en flèche avec des centaines de Amphicat allant à des client(e)s satisfait(e)s chaque mois. L’arriéré est progressivement réduit et éventuellement éliminé. À un moment donné en 1970, la dite chaîne de montage est déplacée dans les installations principales rénovées de Beehoo Industries. La petite usine devient ainsi un entrepôt.

À ce moment-là, les plus vieux AmphiKids, une expression que votre humble serviteur trouve dans un numéro de 1970 du magazine mensuel (?) américain ATV World, sont autorisés à participer à des compétitions, parler aux clients et faire des démonstrations. Deux des garçons travaillent même sur la chaîne de montage pendant les mois d’été. La dite chaîne de montage est supervisée par leur grand-père.

On pourrait soutenir que le prix décerné à Beehoo Industries par le très populaire magazine américain Popular Mechanics lors de l’édition de 1967 de la International Inventors and New Products Exposition qui se tient New York, New York, joue un rôle important dans la visibilité du Amphicat. Cela, et une apparition lors de la très populaire émission de télévision américaine The Mike Douglas Show, animée par, vous l’aurez deviné, Mike Douglas, né Michael Delaney Dowd, Junior, apparemment en janvier 1968.

À ce moment-là, un Amphicat a fait une apparition, et c’est toute une apparition, lors d’une autre émission télévisée très populaire, The Tonight Show, animée par John William « Johnny » Carson. Croiriez-vous que, alors que des millions d’Américain(e)s et Canadien(ne)s regardent avec incrédulité, le très célèbre chanteur Tony Bennett, né Anthony Dominick Benedetto, roule doucement / lentement sur un Carson parfaitement d’accord sans le blesser de quelque manière que ce soit? On ne peut pas acheter de la publicité comme celle-ci.

Remarquez, les accros à l’adrénaline américai(e)ns ne sont pas les seules personnes intéressées par le Amphicat. Des commandes viennent d’aussi loin que l’Allemagne de l’Ouest, la France et la Suède. Croiriez-vous que le VTT canadien attire l’attention du Prince Rainier III, né Rainier Louis Henri Maxence Bertrand Grimaldi, le monarque du micro état de Monaco?

Avant que ne l’oublie, Beehoo Industries peut compter sur des distributeurs situés dans les régions métropolitaines de Montréal; Vancouver, Colombie-Britannique; et Winnipeg, Manitoba, au plus tard à la fin de 1968. Il y a aussi au moins un distributeur aux États-Unis, à Detroit, Illinois.

Au début de l’automne 1970, les magazines ont consacré plus d’espace au Amphicat, et ont publié davantage de photographies de lui, que de tout autre VTT. Ils ont de bonnes raisons de le faire. Vous voyez, ami(e) lectrice ou lecteur, le Amphicat est le VTT le plus vendu sur le marché. Mieux encore, il y a plus de Amphicat en service dans plus de pays que tous les autres types de VTT combinés. Plus de 10 000 ont été construits à l’automne 1970.

Une brève digression si je peux me le permettre. Une plus longue si je ne peux pas. Le choix est vôtre. Croiriez-vous que, durant l’hiver 1969-70, un certain couple s’amuse apparemment beaucoup avec 1 ou 2 Amphicat, alors qu’elle et il demeure chez un musicien de rock américain bien connu du nom de Ronnie Hawkins qui a une résidence près de Mississauga, Ontario? Mais revenons à notre histoire.

Désireux de maximiser… Qu’y a-t-il, ami(e) lectrice ou lecteur? Vous voulez connaître le nom des individus qui composent le susmentionné couple? Vous ne savez vraiment pas de qui je parle (tape?)? Vraiment? Sachez alors, partout sur cette Terre, que les dit(e)s individu(e)s sont John Winston Lennon et Yōko Ono. Faisant une pause bien méritée dans sa campagne pour la paix dans le monde, le couple pratique également la motoneige. Une photo d’un Lennon barbu sur un Amphicat, se sentant comme un petit enfant, pour citer, en traduction, Elton John, né Archibald Kenneth Dwight, peut en fait être trouvée en ligne, mais revenons à notre histoire – et pas d’interruption. À moins que je sois celui qui fait l’interruption.

Saviez-vous que Lennon achète finalement un Amphicat et qu’il prend un grand plaisir à le conduire dans son vaste et impressionnant domaine en Angleterre, Tittenhurst Park, avec son jeune fils, John Charles Julian Lennon?

Soucieux de maximiser ses ventes aux États-Unis, Beehoo vend les droits de vente exclusifs de son VTT pour ce pays à une firme américaine, Mobility Unlimited Incorporated, vers 1968.

Très conscient du fait que son personnel ne serait jamais en mesure de répondre à la demande, maintenant que les Américain(e)s ont entendu parler du Amphicat, Beehoo vend les droits de fabrication exclusifs de son VTT pour les États-Unis, mais nulle part ailleurs, à Magna American Corporation, une division de Magna Corporation, en 1969. Ce fabricant de premier plan de motobineuses de jardin, sans oublier le très populaire Shop Smith, un outil d’atelier polyvalent lancé en 1947, commence rapidement à produire de plus en plus de Amphicat. En mars 1970, Magna American acquiert Mobility Unlimited.

Au début des années 1970, environ 40 Amphicat sortent chaque jour de la chaîne de montage de Magna American. Sa nouvelle filiale, Mobility Unlimited, s’occupe du remodelage et des composants exclusifs qui expliquent en partie pourquoi le Amphicat est le VTT le plus copié au monde. Croiriez-vous qu’un de ces composants exclusifs est un chasse-neige en aluminium plutôt populaire développé à Cooperstown, si, ce Cooperstown, le siège du National Baseball Hall of Fame, par Paul Deeter, un soudeur dont la principale activité est la conception et la construction de maisons ?

Vous vous demandez sans doute pourquoi le Amphicat est un véhicule aussi unique, n’êtes-vous pas, ami(e) lectrice ou lecteur? La vérité est que sa carrosserie en plastique, sa transmission à 2 vitesses (avant et arrière) et ses roues anti-crevaison ont été spécifiquement conçues pour être utilisées à son bord, et dans aucun autre véhicule.

Pour compléter une digression qui vous est présentée précédemment, votre humble serviteur a le plaisir de souligner que, à partir de 1967, la carrosserie du Amphicat est moulée dans du plastique, une première pour un VTT, par le biais d’un procédé développé par Marbon Chemical Corporation, une division d’une firme américaine active dans divers secteurs, Borg Warner Corporation. Le succès même du Amphicat justifie les importants investissements financiers nécessaires à la mise en place d’une ligne de production de corps moulés. Mieux encore, cette chaîne de production utilise une toute nouvelle, oserais-je dire révolutionnaire méthode de soudage pour assembler les 2 éléments principaux de la carrosserie du Amphicat, à savoir le soudage par ultrasons.

Au risque de m’ouvrir aux critiques pour avoir dilué le contenu de ce fascinant numéro de notre blogue / bulletin / machin, votre humble serviteur se sent obligé de signaler que, vers le milieu de 1961, la susmentionnée Avro Aircraft, alors en sérieuses difficulté en raison de l’abandon du susmentionné Arrow, signe un accord de coopération avec la division Ingersoll-Kalamazoo de Borg Warner.

Les 2 firmes mettent en commun leurs connaissances dans le domaine des véhicules à coussin d’air / aéroglisseurs, des péniches de débarquement et des véhicules amphibies. Elles soumettent rapidement au Office of Naval Research de la United States Navy un projet de véhicule à coussin d’air amphibie capable de transporter du matériel et / ou des troupes. Ces efforts n’aboutissent à rien de concret, mais revenons à notre histoire.

Croiriez-vous, ami(e) lectrice ou lecteur incrédule, qu’une entreprise connue sous le nom de Canadian Ingersoll-Rand Company Limited est fondée en 1882, à Sherbrooke, Québec, la ville natale de votre humble serviteur, sous le nom de Ingersoll Rock Drill Company? L’usine, alors propriété de Beloit Canada Limited, une filiale de la firme américaine Beloit Corporation, ferme ses portes en 1998. Elle est convertie en immeuble locatif par la suite.

Aussi étonnantes que soient les capacités tout-terrain du Amphicat, les conductrices et conducteurs doivent rester conscient(e)s du fait qu’il est encore soumis à la loi de la gravité. Il peut basculer si on tente de conduire le long de la rive escarpée d’un ruisseau, et vole comme la brique proverbiale si on tente de franchir un talus. Bien que le Amphicat soit pratiquement insubmersible, il faut éviter de pénétrer dans un cours d’eau à grande vitesse, car le poste de pilotage risque de se remplir d’eau.

De plus, le Amphicat peut être décrit comme extrêmement / insupportablement bruyant. Pis encore, lorsqu’elles se déplacent à grande vitesse sur un terrain accidenté, les personnes à bord doivent s’assurer de ne pas s’envoler dans les airs avec la plus grande facilité. Les atterrissages, tant sur les sièges que sur le sol, peuvent être douloureux.

Le Amphicat est également très lent sur l’eau. En vérité, on peut dire que tout vent, vague ou courant peut rendre la navigation presque impossible. Dans ce contexte, Beehoo Industries / Magna American suggère aux utilisatrices et utilisateurs de monter un petit moteur hors-bord sur leur Amphicat si elles ou ils envisagent de voyager sur l’eau. Et oui, ce moteur doit être acheté séparément, tout comme le jeu supplémentaire de 6 pneus qu’on peut acheter pour augmenter la flottabilité du Amphicat lors du transport d’une charge lourde. Toute personne confrontée à de fréquents déplacements sur une neige profonde et molle peut envisager la possibilité d’acheter des chenilles légères qui peuvent être enroulées autour des pneus. Et oui, ces chenilles doivent également être achetées séparément. Quiconque souhaitant transporter plus de marchandises qu’un Amphicat ne peut en transporter peut acheter une remorque amphibie à deux roues. Et oui encore, la dite remorque doit être achetée séparément.

Un Beeho / Magna Amphicat typique, novembre 2009. Wikipédia.

Un Beeho / Magna Amphicat typique, novembre 2009. Wikipédia.

Pour paraphraser le pionnier américain de l’automobile Henry Ford, tout client peut avoir un Amphicat peint dans de la couleur de son choix, à condition que soit en rouge – du moins jusqu’à environ 1970, voire plus tard.

Croiriez-vous que les 4 animaux membres d’un groupe de rock fictif conduisent parfois / souvent des Amphicat vêtus de couleurs différentes? Vous devriez. Le groupe en question, composé de Bingo le gorille, Drooper le lion, Fleegle le chien / beagle et Snorky l’éléphant, est les Banana Splits. Il détient la vedette dans The Banana Splits Adventure Hour, une série télévisée américaine avec personnages réels et animés diffusée en anglais entre septembre 1968 et septembre 1970. Chacun des 31 épisodes de 1 heure présente les Banana Splits dans diverses activités, ainsi que des scènes d’action réelle et animée mettant en scène d’autres personnages.

Et oui, votre humble serviteur se souvient avoir regardé de nombreux épisodes de Banana Split, la version française réalisée au Québec de cette série, diffusée entre septembre 1969 et le début des années 1970. Le thème d’ouverture est un air plutôt accrocheur. Croiriez-vous que quelques notes, de nombreuses notes en fait, du dit thème me sont venues à l’esprit, après près de 50 ans, au moment où j’ai rédigé le brouillon de ce texte?

Un ou quelques Amphicat (jaunes?) sont également utilisés, en tant que buggy lunaires cette fois-ci, dans une série de télévision de science-fiction italo britannique / britannique peu spectaculaire initialement diffusée, en anglais, de septembre 1975 à novembre 1977. Quel est le titre de cette série, ami(e) lectrice ou lecteur? Non, il n’y a pas de prix à gagner pour la bonne réponse. Cette série, dis-je après avoir réalisé que vous n’étiez pas intéressé(e) à répondre à la question parce qu’il n’y a pas de prix, est Space 1999 – en français Cosmos 1999. Elle est mentionnée dans un numéro d’octobre 2019 de notre blogue / bulletin / machin.

Une téléspectatrice ou téléspectateur attentive / attentif serait également en mesure de repérer un Amphicat dans un épisode d’une série télévisée de science-fiction britannique mentionnée dans aucun numéro de notre blogue / bulletin / machin. La série en question, Blake’s 7, est passée sur les ondes en anglais de janvier 1978 à décembre 1981. Encore une fois, votre humble serviteur se souvient d’avoir regardé un certain nombre d’épisodes de cette série, il y a trèèès longtemps.

Un exemple assez malheureux d’exploitation animale à la télévision est un autre endroit où on peut voir un Amphicat. La série en question, Lancelot agent secret, est diffusée en anglais entre septembre 1970 et janvier 1971. Tous les personnages de cette parodie d’espionnage surréaliste inspirée d’une autre parodie d’espionnage, Get Smart, sont joués par des chimpanzés. Get Smart, diffusé en anglais entre septembre 1965 et mai 1970, est bien meilleure – et réellement amusante. Et oui, votre humble serviteur se souvient d’avoir regardé un certain nombre d’épisodes de la version française de cette dernière série, Max la menace, il y a trèèès longtemps.

Saviez-vous que Irwin Toy Limited de Toronto, Ontario, réalise une version jouet du Amphicat pouvant être utilisée conjointement avec des poupées, désolé, désolé, des figurines d’action G.I. Joe, au début des années 1970? En outre, un fabricant de jouets américain, LJN Toys Limited, introduit une autre version jouet du Amphicat à utiliser avec des figurines d’action Cosmos 1999, en 1976.

Avons-nous terminé, demandez-vous, ami(e) lectrice ou lecteur agité(e)? Et bien non.

Votre humble serviteur aimerait saisir cette occasion pour suggérer qu’une institution sœur / frère du Musée de l’aviation et de l’espace du Canada, à Ottawa, Ontario, le Musée des sciences et de la technologie du Canada, à Ottawa, pourrait envisager la possibilité de penser à acquérir un Amphicat, un véhicule d’intérêt exceptionnel et d’importance nationale si je le dis moi-même.

Avons-nous terminé maintenant, demandez-vous? Non, dis-je. Saviez-vous que la boîte de vitesse du Amphicat est mise au point par Ontario Drive & Gear Limited (ODG) de Kitchener, Ontario? Croiriez-vous que là repose, si, si, une histoire?

La dite histoire commence en 1962, à Kitchener, avec une visite de l’homme d’affaires ouest-allemand Ortwin Stieber, un gentilhomme apparemment impliqué dans une firme du nom de Heynau Antriebstechnik Gesellschaft mit beschränkter Haftung. ODG, comme on appelle la firme qu’il crée peu de temps après, a pour mission de concevoir et produire des engrenages et boîtes de vitesse sur mesure pour le marché nord-américain, comme le fait Heynau Antriebstechnik en Allemagne de l’Ouest. En 1970, la firme devient totalement indépendante et s’installe à New Hamburg, Ontario. Un des fils de Stieber, Joerg Stieber, quitte apparemment l’Allemagne de l’Ouest pour prendre la direction de ODG en 1985. Cet ingénieur (aéronautique?) prend sa retraite de ses fonctions de directeur général et président du conseil d’administration en décembre 2011 et juillet 2019.

Il convient de noter que, au fil des ans, le frère aîné de Stieber senior travaille à Spar Aerospace Corporation, à Toronto; au Centre de recherches sur les Communications (CRC) / Centre de recherches sur les Communications Canada (CRCC), à Ottawa; et à l’Agence spatiale canadienne (ASC), à Saint-Hubert, Québec. À dire vrai, Michael Stieber contribue à un certain nombre de premières technologiques mondiales. Il contribue au développement des bras manipulateurs de la International Space Station, les Space Station Remote Manipulator System et Special Purpose Dextrous Manipulator, en d’autres termes Canadarm2 et Dextre, par exemple. Stieber, Michael Stieber en fait, fonde Apollo Systems Research Corporation de Kanata, Ontario, en 2004. Cette firme est toujours en activité au début de 2020.

Vous vous souviendrez, ami(e) lectrice ou lecteur, que l’habitat spatial connu sous le nom de International Space Station est mentionné dans quelques numéros de notre blogue / bulletin / machin depuis juillet 2018. Tant le CRC et le CRCC sont mentionnés dans un numéro de janvier 2018 de notre blogue / bulletin / machin. Spar Aerospace, en revanche, est mentionnée dans un numéro de novembre 2019 de cette même publication connue intergalactiquement. Mais revenons à notre histoire. Oh oui, et Canadarm2 est mentionné dans un numéro de juillet 2019 de notre blogue / bulletin / machin. N’aimez-vous pas l’interconnexion du monde dans lequel nous vivons?

Un tournant dans l’histoire de ODG est le développement de, vous l’aurez deviné, la boîte de vitesse du Amphicat. Le succès de ce VTT ne passe pas inaperçu chez ODG.

L’année 1967 marque un tournant encore plus important dans l’histoire de ODG. Elle lance son propre véhicule récréatif tout-terrain amphibie à 6 roues motrices, le premier membre de la célèbre famille Argo. Une version à 8 roues suit vers 1971. Un changement de fournisseur de moteurs, vers 1974-75, permet à ODG d’étendre son marché aux secteurs commercial et industriel. La production de versions améliorées des véhicules à 6 et 8 roues se poursuit. Au fil des années, les ventes dans les secteurs commercial et industriel, sans parler quelques ventes militaires, tant au Canada qu’à l’étranger, deviennent de plus en plus importantes pour la firme. En 2020, la division Vehicles de ODG fabrique des véhicules à 4, 6 et 8 roues sous divers noms.

En 2008, l’ASC invite ODG à se joindre à l’équipe de technologie qu’elle forme afin de développer de nouvelles idées et concepts pour des systèmes de rovers lunaires et planétaires. Au cours des années suivantes, la division Space Robotics de la firme construit une quinzaine de prototypes de rovers commandés par l’ASC. La National Aeronautics and Space Administration (NASA) en teste quelques-uns dans des zones simulant la surface de la Lune ou Mars. Et oui, comme nous le savons toutes et tous les 2, la NASA est mentionnée dans plusieurs numéros de notre blogue / bulletin / machin depuis mars 2018.

L’environnement extrême de l’espace conduit au développement de divers attributs. Il suffit de mentionner la structure légère et robuste en alliage d’aluminium des prototypes de rovers. La suspension, la boîte à engrenages du moteur et le mécanisme d’inclinaison de leur châssis sont également conçues par ODG.

Un des prototypes les plus intéressants produits par ODG est Artemis Junior. Ce prototype de rover lunaire électrique à 4 roues motrices est achevé en 2012 pour être utilisé dans un projet / programme / mission de la NASA connu sous le nom de RESOLVE (Regolith and Environment Science and Oxygen and Lunar Volatile Extraction). Rebaptisé plus tard Resource Prospector, ce projet / programme / mission conçu pour faire alunir un rover à la recherche d’eau dans la région polaire sud de la Lune est annulé en avril 2018.

Attendant une question de votre part, ami(e) lectrice ou lecteur, permettez-moi de souligner que le terme régolithe est une manière élégante de décrire la couche de dépôts superficiels en vrac, inorganiques et hétérogènes recouvrant la roche solide d’une planète ou satellite.

Quoiqu’il en soit, la NASA est à ce point impressionnée par les capacités potentielles de Artemis Junior qu’elle abandonne un rover déjà sélectionné, possiblement conçu à l’interne, avant même que le rover canadien soit achevé. Incidemment, une de ces capacités est un système intelligent d’auto-navigation.

De fait, Artemis Junior se rend en 2012 sur un site d’essais de la NASA sur un volcan, à Hawaii, où il transporte avec succès le minilabo de RESOLVE. Il est à noter que le rover canadien effectue les essais alors qu’il est équipé des roues TIRELESS (Titanium Interlaced Rim Enabling Lunar Exploration and Surface Sampling) développées précédemment par ODG – une première pour cette technologie canadienne. Si votre humble serviteur peut le dire, le nom et l’acronyme sont assez astucieux, du moins en anglais : tireless comme dans « sans pneu » et « ne se fatigue pas ». Associées à une suspension adéquate, ces roues en métal, un des succès majeurs de ODG, permettent à un véhicule de se déplacer sur toutes sortes de terrains, du sable fin à la roche nue.

Mieux encore, la NASA indique à l’ASC qu’elle envisage la possibilité d’envoyer sur la Lune un Artemis Junior chercheur d’eau en 2017. Le budget limité de l’agence canadienne et le calendrier de la NASA se révèlent toutefois incompatibles, et la suggestion ne va nulle part.

En utilisant son propre argent, ODG construit une copie partielle de Artemis Junior vers 2011-12, afin de disposer d’un véhicule d’essais pour soutenir ses propres projets. Artemis Junior et Argo J4 ont la même structure, par exemple, mais seul le premier porte l’équipement nécessaire aux essais sur les sites d’essai de l’ASC ou de la NASA.

Étant donné l’importance des travaux menés par la petite flotte de prototypes de rovers construits par ODG pour le compte de l’ASC, sans oublier la probabilité qu’aucun véhicule de ce type ne serait proposé au Musée de l’aviation et de l’espace du Canada avant les années 2020, votre humble serviteur supervise l’acquisition du Argo J4 par le dit musée, en 2018.

Je suggère respectueusement que l’acquisition d’un autre prototype de rover livré à l’ASC, par exemple le susmentionné Artemis Junior, soit envisagée à une date ultérieure, mais revenons à la saga de ODG.

Et non, ne le faisons pas tout de suite. Parlons (tapons?) d’un autre prototype de rover que votre humble serviteur voudrait acquérir.

Au cours de l’été 2014, l’ASC publie des demandes de propositions pour 2 prototypes de rovers. ODG et ses partenaires remportent les 2 contrats avant la fin de l’année. La firme livre les prototypes de rovers à l’ASC en avril 2016. Un de ces prototypes est le LRPDP (Lunar Rover Platform and Drivetrain Prototype), un véhicule apparemment également connu sous le nom de Lunar Rover Drivetrain – Vacuum And Dust Rated (LRD-VADR – prononcé Lord Vador).

Vous vous souviendrez que Darth Vador est mentionné dans un numéro de décembre 2019 de notre blogue / bulletin / machin, dans un jeu de mots inspiré par Yoda.

Le LRPDP est un petit véhicule électrique équipé de roues TIRELESS et conçu pour transporter des instruments scientifiques et des charges utiles. Plus spécifiquement, il est conçu pour être compatible avec le susmentionné projet / programme / mission RESOLVE.

La transmission du LRPDP est nettement plus avancée que celle des rovers réalisés auparavant par ODG. De fait, il s’agit du premier rover de conception canadienne à faire l’objet de tests dans des environnements lunaires simulés, au NASA Glenn Research Center à / près de Cleveland, Ohio. Alors qu’il se trouve dans une chambre à vide thermique, le LRPDP est soumis à des températures extrêmes et bombardé de particules de sol lunaire simulées. Le rover canadien passe tous les tests avec brio. Des composants peuvent être testés dans une autre chambre à vide du NASA Langley Research Center, à / près de Hampton, Virginie. Ils passent également tous les tests avec brio, et revenons maintenant à notre histoire.

Vers 2017, ODG ferme sa division Space Robotics afin de concentrer ses efforts sur le développement de véhicules non pilotés conçus pour une utilisation sur Terre, autrement dit des véhicules terrestres non pilotés / sans pilote, ainsi que sur le développement continu de sa famille très réussie de véhicules tout-terrain récréatifs et commerciaux. Trois lignes principales de véhicules terrestres sans pilote sont actuellement en développement / production: le J5 à 4 roues, le J6 à 6 roues et le J8 à 8 roues.

Votre humble serviteur suggère respectueusement que l’acquisition d’un de ces véhicules terrestres sans pilote, peut-être un J5, soit envisagée à une date ultérieure par le susmentionné Musée des sciences et de la technologie du Canada, mais revenons à notre histoire pour la dernière fois. Cette semaine.

Vous serez peut-être heureux d’apprendre (lire?) que Beehoo, ou un de ses descendants, est président de Dual Machine Products Limited de Mississauga au début de 2020. Et non, votre humble serviteur ne peut pas dire quand Beehoo Industries ferme ses portes. Désolé.

Malheureusement, Aznavour décède en octobre 2018. Il a 94 ans.

Je souhaite remercier toutes les personnes qui ont fourni des informations. Toute erreur contenue dans cet article est de ma faute, pas de la leur.

Auteur(s)
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Rénald Fortier