Béni soit celui qui apporte les merveilles du cosmos à la multitude : Armand Neustadter Spitz et ses projecteurs de planétarium, partie 2

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Un projecteur de planétarium Spitz au Planetario Municipal Agrimensor Germán Barbato, le premier planétarium d’Amérique du Sud, inauguré en 1955, Montevideo, Uruguay, février 2015. Fedaro via Wikimedia.

Salutations et bienvenue dans le monde des planétariums.

Vous vous souviendrez que, dans la partie 1 de cet article de notre incomparable blogue / bulletin / machin, nous avions parcouru les premières étapes de la remarquable vie de Armand Neustadter Spitz. Continuons en parcourant les dernières étapes de cette remarquable vie, la partie qui concerne sa contribution au développement des projecteurs de planétarium.

En effet, Spitz croit apparemment qu’un planétarium est le meilleur outil pédagogique jamais inventé. Compte tenu de cela, il est vraiment dommage que les projecteurs de planétarium soient si inabordables. Spitz est apparemment venu à ces pensées au cours de la seconde moitié des années 1930. Il voit de ses propres yeux la réaction émerveillée des jeunes et moins jeunes lorsqu’ils voient comment le projecteur du Fels Planetarium du Franklin Institute de Philadelphie, Pennsylvanie, peut leur montrer les étoiles là-haut comme elles et ils ne les ont jamais vues auparavant. Malheureusement, il n’y a que 6 planétariums en Amérique du Nord à la fin des années 1930 – et aucun d’entre eux n’est situé au Canada.

Saviez-vous que le premier planétarium du Canada, le Queen Elizabeth II Planetarium, ouvre ses portes en septembre 1960, à Edmonton, Alberta? Il ferme ces portes en décembre 1983, en partie à cause de sa capacité d’accueil limitée (environ 65 personnes). Le Edmonton Space Science Centre, à … Edmonton, qui accueille ses premières visiteuses et visiteurs en juillet 1984, comprend un planétarium plus grand et plus moderne. En 2022, ce centre des sciences est bien sûr connu sous le nom de Telus World of Science Edmonton.

Si vous pensez que le Canada est en quelque sorte un coin perdu en ce qui concerne la vulgarisation de l’astronomie, et c’est probablement le cas, remarquez, rassurez-vous en sachant que le premier planétarium du Royaume-Uni ouvre ses portes en mars 1958, à Londres, Angleterre. Il ferme ces portes en avril 2006.

Vous vous souvenez peut-être, ami(e) lectrice ou lecteur si patient(e), comment votre humble serviteur déplorait, au début de la première partie de cet article, comment mon esprit embrouillé me disait que j’avais vu un spectacle de planétarium mais comment également il ne se souvenait pas où ou quand cette expérience avait eu lieu. Et bien, maintenant que j’y cogite, j’ai l’impression d’avoir vu ce spectacle à Londres à un moment donné dans les années 1980. Je pense, mais je digresse aussi. Donc, revenons à Spitz et à la fin des années 1930.

Conscient que les gens sont impressionnés par les spectacles de planétarium, Spitz en vient à croire qu’il devrait être en mesure de donner une version domestique d’un tel spectacle pour divertir sa jeune fille, Verne Carlin Spitz. Ce qu’il lui faut, c’est un petit projecteur de planétarium portable et bon marché. Spitz commence à travailler sur un prototype vers 1945. En 1946, il a quelque chose qu’il peut montrer à des gens. Spitz se rend vite compte qu’un obstacle s’oppose à la commercialisation de ce prototype sphérique : le forage des très, très nombreux trous nécessaires pour montrer les étoiles là-haut dans les cieux. Percer chaque trou à la main, à l’aide d’un gabarit, prendrait du temps, tandis que la création d’une sorte de machine-outil rapide coûterait beaucoup d’argent.

Remplacer la sphère par quelque chose qui se rapproche d’une sphère pourrait faire l’affaire, pense Spitz. Après quelques essais, il choisit de baser son projecteur de planétarium sur un icosaèdre, un type de polyèdre à 20 faces. Percer les très, très nombreux trous nécessaires pour montrer les étoiles là-haut dans les cieux dans chacune des faces plates nécessaires à la création d’un projecteur de planétarium serait facile.

Un cube est un autre type de polyèdre, soit dit en passant. Un cube a 6 faces. Par comparaison, un rhombicosidodécaèdre en a 62.

Alors, Spitz quadrille-t-il son cercle et conçoit-il le petit projecteur de planétarium portable et bon marché de ses rêves? Malheureusement non. La découpe des faces triangulaires n’est pas du tout facile et la quasi sphère complète n’est pas assez sphérique. Spitz a besoin d’un meilleur concept.

Il se trouve que, grâce à son travail au Franklin Institute et à une récente affiliation avec Science Associates Incorporated, un distributeur américain d’équipements astronomiques et météorologiques amateurs mentionné dans la première partie de cet article, Spitz fait la connaissance d’un type futé. Un jour, Spitz a eu une conversation avec ce très gentil gentilhomme. Albert Einstein (!) cogite quelques instants et suggère qu’un type de polyèdre à 12 faces, autrement dit un dodécaèdre, pourrait faire l’affaire. Un Spitz reconnaissant se met au travail.

Quatre mois plus tard, il dispose d’un prototype dont les 12 faces pentagonales faciles à découper sont en plastique. Placer aux bons endroits les quelque 1 000 trous nécessaires pour montrer quelque 1 000 étoiles là-haut dans les cieux s’avère toutefois délicat.

C’est ainsi qu’en 1947, Spitz présente son projecteur de planétarium Modèle A lors d’une réunion d’astronomes américains. Lui et un collègue en font en fait la démonstration en utilisant le dôme d’un des instruments du Harvard College Observatory. Les astronomes sont impressionnés, tout comme les personnes présentes lors d’autres démonstrations faites par la suite.

Il convient de noter que la version de production du Modèle A a un petit moteur électrique qui fait tourner le dodécaèdre selon les besoins. Le projecteur de planétarium de Spitz peut afficher les étoiles visibles aussi loin au nord que le cercle arctique et aussi loin au sud que le nord de l’Australie ou le sud du Brésil.

Avant longtemps, Spitz présente le Modèle A aux forces armées américaines. Peu de temps après, encore une fois, la United States Air Force Academy, la United States Military Academy et la United States Naval Academy commencent à utiliser cet appareil dans leurs cours d’orientation et de navigation astronomiques.

La première publicité, une publicité pleine page en fait, paraît dans le numéro d’octobre 1947 d’un magazine américain bien connu, Sky and Telescope du Harvard College Observatory. Quiconque le désire peut acheter un Modèle A de Science Associated pour la somme de 500 $, soit environ 8 200 $ en devise canadienne de 2022, frais de transport non inclus bien sûr. Et oui, ce sont des broutilles par rapport au prix d’un planétarium pleine grandeur. Ces trucs peuvent coûter un minimum, un vrai minimum, de 250 000 $ à l’époque, vous savez. Autrement dit, plus de 4 000 000 $ en devise canadienne de 2022.

Les commandes commencent lentement à arriver d’écoles, collèges et universités de tous les États-Unis. Des établissements d’enseignement non américains commandent également un certain nombre de Modèles A bien sûr. Ceci étant dit (tapé?), certaines commandes étrangères proviennent de sources assez différentes. Il suffit de mentionner celle livrée fin 1948 ou début 1949 à Farouk bin Ahmed Fouad bin Ismail bin Ibrahim bin Muhammad Ali bin Ibrahim Agha, roi d’Égypte et du Soudan.

Tandis que les semaines deviennent des mois, Spitz fait la démonstration du Modèle A dans divers lieux, y compris sa maison et, à au moins une occasion, à l’intérieur d’un avion de ligne.

L’utilisation de la dite maison comme lieu de démonstration est compréhensible compte tenu de la nature intime, voire maigrelette, de Spitz Laboratories Incorporated, la petite firme créée par Spitz et 5 de ses amis. Initialement, chaque dodécaèdre du Modèle A est pratiquement fabriqué à la main.

Tandis que les mois deviennent des années, Spitz Laboratories emménagent dans des lieux de plus en plus grands, pour répondre à la demande, une demande stimulée par les démonstrations réalisées par un voyageur de commerce enthousiaste. À un moment donné au début des années 1950, en raison de cette demande accrue, la firme commence à utiliser du métal, un matériau plus durable, pour fabriquer les faces pentagonales du dodécaèdre du projecteur de planétarium.

Il va sans dire que Spitz améliore le concept de base de ses projecteurs au fil du temps.

Aussi occupé qu’il soit, Spitz trouve quelques moyens efficaces et innovants d’augmenter les ventes. Un des plus intrigants et sans doute le plus mignon est la vente d’étoiles, si, si, d’étoiles, pour financer l’achat et l’installation d’un planétarium. En échange de 1 $, une personne devient l’heureuse propriétaire d’une étoile commune. Des investisseurs plus riches prêts à débourser, disons, 100 $ à 250 $ peuvent acquérir une planète. Et oui, le Soleil et la Lune peuvent être achetées pour 500 $ chacune. Chaque corps céleste peut être acheté plus d’une fois, bien sûr. Croiriez-vous que plusieurs projecteurs de planétarium Spitz sont achetés grâce à de telles ventes de corps célestes?

Étant donné la nature litigieuse de l’Américain moyen, l’absence de poursuites civiles suite aux nombreuses ventes qui concernent Mars, la Lune ou le Soleil est assez surprenante, et… Oui, ami(e) lectrice ou lecteur, c’était une tentative d’humour faiblarde.

Le premier projecteur de planétarium Spitz au Canada est celui présenté à la McMaster University de Hamilton, Ontario, en novembre 1949, par le Hamilton Centre de la Société royale d’astronomie du Canada (SRAC), étant entendu que cette dernière y aurait raisonnablement accès. Spitz lui-même est le principal orateur lors de l’événement organisé à l’université. Croiriez-vous que, jusqu’en septembre 1952, le dôme utilisé conjointement avec le projecteur est un… parachute de 20 $ accroché au plafond d’une salle de classe? Je ne plaisante pas. Un dôme en carton ondulé soutenu par un cadre en bois et monté à l’intérieur d’une autre salle de classe est utilisé entre septembre 1952 et octobre 1954, lorsqu’un planétarium spécialement conçu et construit, bien qu’encore petit, est inauguré dans un tout nouveau bâtiment.

Croiriez-vous qu’un second projecteur de planétarium Spitz est présenté à la McMaster University en mai 1960, cette fois par la Junior League of Hamilton, une organisation de femmes connue en 2022 sous le nom de Junior League of Hamilton-Burlington et membre de la Association of Junior Leagues International Incorporated basée aux États-Unis?

En 2022, le W.J. McCallion Planetarium exploité par le Department of Physics and Astronomy de la McMaster University est toujours très actif. Ce planétarium porte le nom de William James McCallion, doyen de la School of Adult Education et professeur de mathématiques à la McMaster University, et fondateur du planétarium situé dans les murs de cette institution.

Remarquez, un projecteur Spitz se trouve également dans le petit planétarium inauguré en 1964 au sous-sol d’un bâtiment du campus du British Columbia Institute of Technology à Burnaby, Colombie-Britannique. Ce projecteur est encore opérationnel en 2022.

Avant que j’oublie, vous serez peut-être heureuse ou heureux d’apprendre, ou non, que le projecteur du susmentionné Queen Elizabeth II Planetarium est fabriqué par Spitz Laboratories.

Votre humble serviteur ne serait pas surpris d’apprendre que d’autres projecteurs de planétarium Spitz font leur chemin vers le Canada au fil des ans.

En 1954, Harmonic Reed Corporation, une firme américaine qui produit des instruments de musique et jouets, commence à produire un des projecteurs, sinon le projecteur de planétarium le plus répandu de l’histoire de l’humanité. À première vue, le propriétaire de Harmonic Reed, Thomas “Tom” Liversidge, approche Spitz pour discuter d’une idée qu’il a. Ce dernier pense que le tout petit projecteur de planétarium que Liversidge a en tête, conçu comme il l’est pour les élèves du primaire et / ou du secondaire, vaut bien la peine d’être développé. Ainsi encouragé, ce dernier conçoit le dit projecteur avec l’aide de son personnel, notamment son chef machiniste, Hanz Lingenfeld, en s’inspirant d’un brevet détenu par Spitz.

Une paire de prototypes fabriqués à la main exposée à l’édition de 1954 de la American Toy Fair à New York, New York, ne passe pas inaperçue, ce qui est un peu angoissant étant donné que Harmonic Reed n’a pas encore trouvé comment produire en masse sa nouvelle création.

Le Spitz Junior Planetarium, comme on l’appellerait, consiste en une sphère en plastique noire d’environ 18 centimètres (7 pouces) avec environ 300 petits trous, un par étoile, montée sur une base en plastique branchée sur une prise murale. Malgré sa petite taille, le Spitz Junior Planetarium est assez sophistiqué. Il peut projeter des étoiles des hémisphères nord et sud pour chaque mois de l’année. Un livret informatif et bien illustré de 32 pages, écrit par Spitz, How To Use, Have Fun With, and Learn From the Spitz Junior Planetarium, explique comment faire fonctionner cet ingénieux projecteur qui se vend initialement 14.95 $, ce qui n’est pas vraiment bon marché. Comme vous le savez bien, ami(e) lectrice ou lecteur averti(e) en finances, cette somme d’argent équivaut à environ 200 $ en devise canadienne de 2022.

Au début des années 1960, semble-t-il, Harmonic Reed commercialise une version à piles plus simple et moins chère de son petit projecteur de planétarium, appelée Portable Junior Planetarium.

De plus, Harmonic Reed fabrique un certain nombre de Spitz Junior Planetarium spécialement équipés, qui sont livrés avec un dôme de projection en aluminium et toile d’environ 3 mètres (10 pieds), pour une utilisation dans les écoles.

Croiriez-vous que Harmonic Reed produit plus de 1 000 000 de Spitz Junior Planetarium, toutes versions confondues, entre 1954 et 1972 environ? Waouah…

Fort du succès de ce produit, Harmonic Reed crée la Junior Planetarium Association au plus tard en avril 1955. Le premier président de cette association n’est autre que Wallace Maynard “Wally” Cox, un acteur et comédien américain connu de millions de jeunes Américaines et Américains. Voyez-vous, Cox joue Robinson J. Peepers, le professeur de sciences timide, doux et bien-aimé d’une école secondaire de premier cycle dans la très populaire comédie de situation télévisée Mister Peepers, diffusée entre juillet 1952 et juin 1955. Dans la vraie vie, Cox est, vous l’aurez deviné, un astronome amateur.

Il est suggéré que la Junior Planetarium Association compte, à un moment donné, des milliers, voire des dizaines de milliers de membres aux États-Unis et dans une dizaine d’autres pays, dont le Canada.

En 1955, Harmonic Reed commercialise un appareil similaire en taille et en apparence à son projecteur de planétarium. Le Sky Zoo n’est cependant pas utilisé pour reproduire la voûte céleste. Nenni. Il est conçu pour projeter les images d’environ 35 constellations. Spitz écrit le livret d’instructions, intitulé Tales of Two Skies. Malheureusement, le Sky Zoo est un flop commercial. Harmonic Reed en produit moins de 2 000. Pis encore, de nombreux Sky Zoo se seraient retrouvés dans une décharge. Les quelques exemples survivants sont maintenant des objets de collection.

Il convient de noter que Harmonic Reed vend apparemment un certain nombre de sphères de Sky Zoo qui peuvent être placées sur la base d’un Spitz Junior Planetarium.

Il va sans dire que le Spitz Junior Planetarium est disponible à la vente au Canada. Il suffit de mentionner que la succursale de Montréal, Québec, de la plus grande chaîne de grands magasins au Canada et une firme mentionnée dans des numéros de janvier 2019 et de juin 2020 de notre blogue / bulletin / machin, en a à vendre, dans sa section des jouets, au plus tard en juillet 1954. Le nom de cette chaîne? T. Eaton Company Limited, bien sûr. À Ottawa, Ontario, un grand magasin bien connu, A.J. Freiman Limited, a un certain nombre de Spitz Junior Planetarium sur les étagères de sa section des livres au plus tard en octobre 1954. Le petit projecteur de planétarium se vend 14,95 $, soit plus de 150 $ en devise canadienne de 2022.

Spitz joue sans aucun doute un rôle crucial dans la vulgarisation de l’astronomie pendant les années de la Guerre froide.

De fait, le premier planétarium itinérant sur la planète Terre entre apparemment en action en 1950, l’année au cours de laquelle beaucoup de gens craignent que la Guerre froide ne devienne une guerre chaude, suite au déclenchement de la guerre de Corée, en juin. Ce planétarium itinérant est le Little Planetarium du Boston Museum of Science.

Un Américain bien connu, acteur, aventurier et inventeur du cirque musical, le cirque musical étant un type révolutionnaire de théâtre d’été dont la scène est un chapiteau de style cirque, fait mieux en 1958. Saint John Terrell et sa petite équipe emmènent leur Astrotarium dans de nombreux centres commerciaux et grands magasins dans plusieurs états. Les spectacles présentés jusqu’en 1960 au moins dans le dôme du planétarium gonflable d’environ 200 places ancré dans des terrains de stationnement sont une source de ravissement pour des personnes qui n’ont jamais vu une telle chose auparavant.

La raison principale de ce projet pourrait être épelée en un mot : Spoutnik, le premier satellite artificiel, lancé en octobre 1957. Et oui, c’est en fait 8 mots et 1 date, ami(e) lectrice ou lecteur fin finaud(e). Soupir… Les choses qu’il faut supporter pour éclairer l’humanité… Et je ne suis même pas payé pour ça, mais je digresse.

Incidemment, Spoutnik est mentionné à plusieurs reprises dans notre blogue / bulletin / machin depuis février 2018.

Les Little Planetarium et Astrotarium attirent tous deux l’attention de journalistes de la presse écrite, de la radio et de la télévision. Cette publicité gratuite est la bienvenue.

Incidemment, l’idée de Terrell demeure apparemment en sommeil jusqu’à la fin des années 1960. Dès lors, quelques distributeurs américains de matériel pédagogique proposent des planétariums gonflables à toute personne intéressée à en acquérir un. Et oui, des planétariums gonflables sont toujours disponibles à la vente en 2022.

L’expertise de Spitz dans la vulgarisation de la science fait de lui un gagnant pour le poste de consultant en éducation qu’il occupe à la National Science Foundation (NSF) pendant 5 ans à partir de 1956. L’année suivante, il rejoint le comité directeur de la American Association for the Advancement of Science (AAAS), poste qu’il occupera pendant 8 ans.

Soit dit en passant, la NSF est une agence indépendante du gouvernement américain qui soutient la recherche fondamentale et l’éducation dans tous les domaines non médicaux de la science et de l’ingénierie. La AAAS, quant à elle, est une organisation américaine à but non lucratif dont le but est de promouvoir la coopération entre scientifiques, protéger la liberté scientifique, encourager la responsabilité scientifique et soutenir l’éducation scientifique et la sensibilisation scientifique dans ce monde fou qui est le nôtre.

Comme vous pouvez bien l’imaginer, la course à l’espace initiée par le lancement de Spoutnik I propulse les Spitz dans une autre direction encore. Peu de temps après la mise en orbite de ce satellite, le Smithsonian Astrophysical Observatory, un institut de recherche de la Smithsonian Institution, et le Harvard College Observatory contactent Spitz pour voir s’il serait intéressé à aider à coordonner un programme de localisation de satellites lancé en 1956.

Connu par plusieurs appellations, soit Operation Moonwatch, Project Moonwatch et Project See-Saw, le programme en question supervise le travail de milliers d’astronomes amateurs américain(e)s et non américain(e)s et de citoyen(ne)s intéressé(e)s de tous horizons. Spitz accepte volontiers de superviser le programme, qui acquiert rapidement un nouveau surnom, Spitz’s Sputnik Spotters, en français les spotters de spoutniks de Spitz.

Et oui encore, la Smithsonian Institution est mentionnée quelques / plusieurs fois dans notre vous savez quoi depuis avril 2018.

Alors que les années 1950 se transforment en années 1960, Spitz reste aussi actif que jamais. Entre 1961 et 1963, par exemple, il donne des conférences sur l’enseignement des sciences à quelques groupes d’enseignant(e)s de New York, New York. Spitz écrit également le scénario d’un montage autonome éducatif et de divertissement sur la radioastronomie, Window on the Universe, située dans le West Virginia State Pavilion sur le site de la 1964/1965 New York World’s Fair, une exposition universelle non reconnue par le Bureau international des expositions de Paris, France. Et oui, il écrit un certain nombre d’articles pour des magazines américains.

Au début des années 1960, Spitz supervise le lancement d’un nouveau projecteur de planétarium grandement amélioré, le Modèle A3P, qui devient l’appareil de ce type le plus populaire à ce jour. Croiriez-vous que près de 1 000 Modèles A3P installés dans près de 1 000 planétariums ravissent les foules pendant des décennies?

Ce qui s’avère être le dernier grand projet de Spitz est le projecteur Space Transit Planetarium du Museum of Science and Natural History de Miami, Floride. Le planétarium de ce site accueille ses premières visiteuses et visiteurs en novembre 1966. Le dit projecteur, contrôlé par ordinateur, le premier à être ainsi contrôlé au monde, est capable de reproduire ce qu’une personne verrait si elle se tenait à la surface de n’importe quelle planète ou lune du système solaire – ou flottait dans l’espace à n’importe quel endroit de ce même système.

La précision du projecteur est telle que les astronautes américains James Alton McDivitt et Edward Higgins White II l’utilisent pour se familiariser avec ce qui serait visible par les hublots de leur capsule spatiale, Gemini IV, lancée et récupérée en l’espace d’environ 98 heures, en juin 1965. Et oui, le nom de la capsule McDonnell Gemini se prononce Gémini en anglais, et non pas Gémin-aïe.

Spitz prend sa retraite à la tête de Spitz Laboratories vers 1963-64. McGraw-Hill Publishing Company Incorporated, la seconde plus grande maison d’édition aux États-Unis, acquiert les actifs de la firme en juillet 1967.

Spitz quitte ce monde en avril 1971. Il n’a que 66 ans.

L’héritage remarquable de Spitz perdure, cependant. Spitz Incorporated, une filiale de Cosm Incorporated, une firme américaine spécialisée dans la fourniture d’expériences immersives sportives, scientifiques, éducatives et de divertissement dans une variété de lieux, est encore très active en 2022. De nos jours, elle semble fournir des dômes de planétarium plutôt que les projecteurs qui y sont utilisés.


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Rénald Fortier