Asseyez-vous, détendez-vous et profitez du voyage – Des bébés dans l’avion : United Air Lines Incorporated et son service Nurseryliner

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Mères et enfants prêtes à monter à bord d’un des avions de ligne Douglas DC-3 convertis en Nurseryliner par United Air Lines Incorporated, San Francisco, Californie, avril ou mai 1946. Anon., « Service aérien pour bébés. » Photo-Journal, 20 juin 1946, 12.

Puis-je commencer ce numéro de notre blogue / bulletin / machin par une question, ami(e) lectrice ou ami lecteur? Pensez-vous que les bébés sont mignons? Les bébés humains bien sûr, mais aussi les chiots et les chatons? Et bien, il semble que cette mignonnerie n’est pas un accident. Non monsieur. La mignonnerie de ces petits roteurs est intégrée afin que leurs parents leur prodiguent amour et attention, améliorant ainsi les chances de survie des dits roteurs, améliorant ainsi la probabilité que notre espèce survivra pour bousiller encore plus l’environnement – une situation qui nie à toute fin utile l’idée même du soi-disant dessein intelligent, mais je digresse.

Le sujet de ce numéro de notre blogue / bulletin / machin, dis-je, concerne les bébés. Dans un avion. Beaucoup de bébés.

En 1946, une ou quelques personnes dans la haute direction d’une des grandes et importantes compagnies aériennes des États-Unis, United Air Lines Incorporated, a / ont un instant lumière. Une ou un passagère sur 150 est un nourrisson. La suppression des dernières restrictions sur les voyages aériens imposées pendant la Seconde Guerre mondiale signifie que ce nombre est appelé à augmenter. Comment pourrait-il en être autrement? Après tout, la dite direction sait que les jeunes mères pensent que les voyages en avion offrent la meilleure combinaison de vitesse et confort lors des déplacements d’un point B à un point A. Et oui, United Air Lines est mentionnée à quelques reprises dans notre vous savez quoi depuis mars 2018.

Une digression pas très brève si vous me le permettez. On peut se demander si William Palmer Lucas, professeur de pédiatrie à la University of California à San Francisco, Californie, et fondateur du Department of Pediatrics de la dite université, en 1913, ne joue pas un rôle dans le lancement de ce projet. En effet, le bon docteur fait la promotion de l’utilisation d’avions de ligne pour les voyages longue distance avec des enfants depuis des années.

Une seconde digression pas très brève si vous me le permettez. Le taux de natalité aux États-Unis commence à augmenter de manière assez significative en 1946, donnant ainsi naissance, littéralement, à une gigantesque cohorte de personnes nées entre 1946 et le milieu des années 60, connues sous le nom de bébé-boumeurs, ou baby-boomers, la génération de Homo sapiens la plus vaniteuse / suffisante / sentencieuse / sans-gêne / sans-cœur / prétentieuse / pompeuse / pleine de soi / orgueilleuse / nombriliste / narcissique / ingrate / individualiste / enflée / égotiste / égoïste / égocentrique / autolâtre / auto-complaisante / à grosse tête et « moi moi moi » de tous les temps, celle qui a créé le merdier / foutoir / bordel culturel, économique, environnemental, financier, politique et social avec lequel les jeunes générations étaient, sont et seront coincées. Et oui, votre humble serviteur est un bébé-boumeur.

Qu’est-ce qui peut être pire qu’un bébé-boumeur, demandez-vous? Que diriez-vous d’environ 73 millions d’entre eux rien qu’aux États-Unis en 2020, soit environ 22 % de la population du pays.

À quel point les bébé-boumeurs sont-ils mauvais? Les sous-marins lance-missiles balistiques de la United States Navy, ces plates-formes indétectables (?) de lancement d’armes de destruction massive, sont communément appelés « boomers. » Dois-je en dire (taper?) plus?

Soit dit en passant, le bébé-boom au Canada commence apparemment en 1947. Vous voyez, le gouvernement fédéral garde beaucoup de gens en uniforme plus longtemps que son homologue américain. Et oui, les bébé-boumeurs sont encore plus nombreux au Canada, en pourcentage, qu’aux États-Unis, ce qui pourrait expliquer une chose ou trois. Avec une dizaine de millions, ils représentent 27 % de la population du pays en 2020, mais je digresse. Revenons aux bébés.

La création du service Nurseryliner ou, comme on l’appelle officieusement et communément, en traduction, le service spécial couche (« diaper special ») est annoncée un peu après la mi-mars 1946, par des directeurs locaux des ventes de United Air Lines, dans des endroits aussi éloignés que la Californie et le Québec. Bien que son début soit prévu pour la fin mars, le dit service démarre en fait un tantinet avant la mi-avril.

Et c’est ainsi que United Air Lines met en service un certain nombre d’avions de ligne Douglas DC-3 équipés de toutes sortes de fonctionnalités destinées à plaire aux mères de jeunes enfants. Ces Nurseryliner voleraient entre Los Angeles, Californie, et San Francisco, Californie, et vice versa, un vol dans chaque direction par jour (tous les jours?), avec jusqu’à 14 jeunes et leurs mères. Ces vols s’ajoutent aux nombreux vols qui quittent les 2 villes toutes les heures (tous les jours?). Le tarif de 15.15 $ pour un vol aller simple, vraisemblablement pour l’adulte, équivaut à moins de 255 $ Can en 2021. Ironiquement, United Air Lines demande moins de 60 $ Can pour un aller simple pour un adulte en 2021.

Cela étant dit (tapé?), il semble que les humains minuscules de moins de 2 ans chevauchent les nuages ​​gratuitement. Votre humble serviteur ne peut pas dire (taper?) si ces vols libres commencent en avril 1946 ou seulement plus tard. Désolé.

Croiriez-vous qu’un journal américain plaisante en disant, en traduction, que le service Nurseryliner est « une autre indication que l’aviation commerciale n’en est plus à sa petite enfance? » Mignon…

Et oui, comme vous le savez bien, ami(e) lectrice ou ami lecteur, il y a un DC-3 dans l’étonnante et stupéfiante collection du Musée de l’aviation et de l’espace du Canada à Ottawa, Ontario.

Le personnel de cabine de chaque Nurseryliner est composé d’un duo dynamique d’infirmières diplômées spécialement formées pour s’occuper des nourrissons et jeunes enfants. Pour citer la publicité publiée début avril dans quelques / plusieurs journaux californiens, en traduction, dans la boîte à outils aérienne des infirmières, les mères trouveraient « des appareils de refroidissement et de chauffage de biberons, des livres et des jeux, des kits pour bébé et d’autres services disponibles. » La seule chose dont les mères ont besoin est la formule individuelle de leur bébé. L’allaitement maternel n’est même pas évoqué.

Les Homo sapiens mâles se voient refuser l’entrée à bord de ces aéronefs, à moins qu’ils ne voyagent avec un nourrisson ou un enfant bien sûr, et sans leur épouse. De fait, il semble que les listes de réservation (des premiers jours ?) sont estampillées « Men Not Wanted. » – ou hommes non bienvenus. Cela étant dit (tapé?), on peut se demander combien de mâles américains au sang chaud, des vétérans de la Seconde Guerre mondiale dans un grand nombre de cas, voyagent seuls avec des enfants.

Et oui, comme vous l’avez peut-être deviné, la direction de United Air Lines réfléchit à la possibilité d’offrir le même service dans d’autres régions des États-Unis si le service s’avère populaire en Californie.

Le service Nurseryliner de United Air Lines ne passe pas inaperçu. Non monsieur. Cela étant dit (tapé?), ce transporteur aérien est peut-être le seul à mettre en service des aéronefs spécialement équipés pour transporter des nourrissons et enfants. D’autres transporteurs aériens américains choisissent plutôt d’offrir des berceaux duveteux aux jeunes mères ou, plus précisément, à la progéniture des dites mères qui choisissent de voler avec eux – sur des vols réguliers. Remarquez, ces compagnies aériennes fournissent également des jouets, anneaux de dentition, bavoirs, nourriture pour bébé filtrée / hachée, biberons stérilisés, poudre et de l’huile pour bébé, couches jetables et souvenirs. Avez-vous une question, ami(e) lectrice ou lecteur perplexe? Pourquoi tout ce brouhaha, vous demandez-vous?

Et bien, si on en croit un transporteur aérien américain non identifié, un Homo sapiens sur 10 transporté en altitude aux États-Unis entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et la fin de l’hiver 1946-47, ou le début du printemps 1947, est un humain minuscule avec, on l’espère, une Homo sapiens adulte qui vient pour la balade. En d’autres termes, des humains minuscules et leurs protectrices occupent 20 % des sièges fournis par les compagnies aériennes américaines entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et la fin de l’hiver 1946-47, ou le début du printemps 1947.

Si ce pourcentage est impressionnant, le nombre derrière lui est encore plus impressionnant étant donné que, en 1946 seulement, l’industrie américaine du transport aérien déplace 12.2 millions de personnes d’un point B à un point A. En d’autres termes, 1.2 million de nourrissons et 1.2 million de parents prennent l’avion en 1946. Un total incroyable, dites (tapez ?)-vous, ami(e) lectrice ou lecteur étonné(e)? Il l’est en effet.

Cela étant dit (tapé ?), le journal même où votre humble serviteur trouve le pourcentage mentionné dans le paragraphe précédent déclare également que Pan American World Airways Incorporated, une des principales et grandes compagnies aériennes des États-Unis, transporte environ 3 000 nourrissons en 1946. Seulement 3 000. Comment un si petit nombre concorde-t-il avec le nombre hénaurme de ce même paragraphe précédent? Et bien, je ne pense pas que ce soit, ou puisse être, le cas. J’ai le sentiment qu’on peut faire beaucoup plus confiance au nombre qu’au pourcentage, ce qui pourrait expliquer pourquoi le service Nurseryliner passe probablement l’arme à gauche à un moment donné en 1947-48.

Et non, aussi populaire qu’il le prouve auprès d’un (petit?) nombre de jeunes mères californiennes, le service Nurseryliner n’est apparemment pas proposé ailleurs aux États-Unis. Il n’est assurément pas offert d’un océan à l’autre, ce qui peut être une bénédiction déguisée. Un vol sans escale de 2 heures et 545 kilomètres (environ 335 milles) entre Los Angeles et San Francisco dans un DC-3 quelque peu bruyant et vibrant est une chose, un vol de 7 heures 40 minutes et 4 140 kilomètres (environ 2 570 milles), sans compter le ou les arrêts entre San Francisco et New York, New York, aurait été tout à fait autre chose.

À la revoyure.

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Rénald Fortier