Uchû Daisensô, ou, Une bataille dans l’espace extra-atmosphérique en provenance du pays du Soleil levant

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Une affiche du film de science-fiction japonais Uchû Daisensô

Kon’nichiwa et bonjour, ami(e) lectrice ou lecteur diligent(e), votre humble serviteur espère que la vie vous traite bien. Alors que l’année de l’espace qu’est 2019 s’achève lentement, il m’est apparu qu’un dernier regard sur un film spatial, un film spatial japonais, Uchû Daisensô pour être plus précis, pourrait être intéressant. Remarquez, je pensais / espérais aussi que ce sujet ne deviendrait pas une de mes textravangances comment-être-bref-en-222-volumes typiques. À mon grand regret, j’ai vite découvert que les traductions de contenu en ligne japonais sont à peu près aussi claires qu’un stout à l’avoine par une nuit d’un jour sombre. Néanmoins, votre humble serviteur a persévéré, soucieux de vous offrir un petit quelque chose de spécial. Suis-je gentil ou quoi? Désolé.

Quoiqu’il en soit, l’année à la fin de notre voyage dans le temps et l’espace s’avère être, vous l’aurez deviné, 1959. Pour être plus précis, décembre 1959. Croiriez-vous que Uchû Daisensô, une expression qui signifie guerre spatiale en japonais, est sorti le lendemain de Noël? Le Japon étant un pays non-chrétien, ce choix n’est pas aussi étrange qu’on pourrait le croire. Cela étant dit (tapé?), pas exactement la paix sur Terre et la bonté envers l’humanité, je suppose. Désolé.
 
Incidemment, ce long métrage est une sœur / frère de Chikyû Bōeigun / Prisonnière des Martiens, un film dont la première a lieu en décembre 1957. Les 2 films partagent quelques personnages joués par des actrices et acteurs différent(e)s. Il est toutefois suggéré que le réalisateur de Uchû Daisensô prévoyait utiliser les mêmes actrices et acteurs mais qu’il est obligé de trouver des alternatives lorsque celles-ci et ceux-ci s’avèrent non-disponibles. Yōsei Gorasu / Le choc des planètes, un troisième film de science-fiction spatialant du même studio, Tōhō Kabushiki Kaisha, sort en mars 1962.

Quoiqu’il en soit, ce que les spectatrices et spectateurs voient en décembre 1959 se déroule comme suit. Et oui, il y aura beaucoup de dévoilements de secrets dans cette description de Uchû Daisensô. À quoi d’autre vous attendiez vous? Vous devriez connaître la chanson maintenant.

L’année est 1965 et de très mauvaises choses se passent sur Terre:
- une station spatiale exploitée par un centre international des sciences spatiales est pulvérisée par 3 soucoupes volantes élancées très similaires à celles de Chikyû Bōeigun;
- un pont ferroviaire japonais est brièvement soulevé du sol, provoquant un terrible accident de train;
- un navire américain est soulevé du canal de Panama, puis détruit; et
- de graves inondations dévastent la ville côtière de Venise, Italie.
La liste des personnes tuées, blessées et / ou disparues est simplement énorme.

Et oui, la station spatiale en question a un design quelque peu similaire à celle de Nebo Zovyot, un film de science-fiction soviétique mentionné dans un numéro de septembre 2019 de notre blogue / bulletin / machin.

Compte tenu de l’ampleur des dégâts dans de nombreux endroits sur la Terre, une réunion internationale d’urgence est organisée sous les auspices de l’Organisation des Nations Unies (ONU), une organisation des plus importantes et des plus injustement critiquées mentionnée dans des numéros de septembre 2018 et janvier 2019 de notre blogue / bulletin / machin. Elle se déroule dans le susmentionné centre international des sciences spatiales, qui se trouve à être basé à Tokyo, Japon.

Ce mélange d’international et de national est typique du cinéma japonais de science-fiction des années 1950 et 1960. Si les héros et, beaucoup moins souvent, voire jamais, les héroïnes qui combattent un ennemi fantastique sur le grand écran sont principalement japonais(es), elles et ils livrent leurs combats dans le cadre d’initiatives internationales, mais revenons à notre histoire.

Les participants à la réunion internationale d’urgence, essentiellement des scientifiques et diplomates, apprennent d’un petit groupe de personnes à la tribune que, si divers que soient les désastres, toutes et tous les survivants souffrent d’engelures extrêmes. Un de ces individus à la tribune, un scientifique américain (?) du nom de Richardson, suggère qu’une force inconnue a abaissé la température sur tous les sites sinistrés, ce qui a diminué l’attraction gravitationnelle de la Terre et grandement facilité le soulèvement du pont ferroviaire et du navire, par exemple. Un officier japonais également présent à la tribune, Katsumiya Ichiro, est d’avis qu’une telle action ne peut pas être accomplie par une force sur cette Terre. Personne ici n’a accès à ce qu’on pourrait le mieux qualifier de rayon anti-gravité.

En accord avec cette idée, les participants à la réunion internationale parviennent à la conclusion, après un bavardage intense, que des êtres extraterrestres hostiles, un oxymore étant donné la quasi-absence de tels êtres amicaux dans les films de science-fiction des années 1950, sont responsables des catastrophes qui frappent la Terre. Compte tenu de cela, les peuples de la dite Terre doivent se préparer au combat, ce pour quoi notre espèce est très douée, comme nous le savons toutes et tous les 2.

Fait intéressant, l’idée suggérée par notre film que la gravité est liée à la quantité de vibrations dans les atomes d’une substance, qu’il s’agisse d’acier ou d’eau, ou de poutine, peut, je répète peut, être avancée par certains chercheurs dans la vie réelle à un moment donné. Ces scientifiques pensent apparemment qu’une chute de température extrêmement extrême rend un objet presque sans poids. En 1959, cette idée est complètement discréditée, mais je digresse. Et revenons à la réunion internationale à Tokyo.

Faisant apparemment l’expérience d’une sorte de violent mal de tête, un des participants, un scientifique iranien ou indien du nom de Achmed / Ahmed / Amet / Archmed, quitte le bâtiment et entre dans une cour. Une jeune Japonaise, peut-être une scientifique, Shiraishi Etsuro, est choquée de voir le scientifique disparaître alors qu’une lumière rouge venant du ciel l’enveloppe. Elle informe immédiatement un ingénieur / astronaute du centre international des sciences spatiales du nom de Iwamura Koichi.

Pendant ce temps, le susmentionné Katsumiya présente un rayon thermique / mortel qu’il a récemment mis au point au centre scientifique international des sciences spatiales aux participants à la réunion internationale. Les cibles fabriquées à partir du métal le plus dur connu des humains (Bélirium? Délirium??) ne font pas le poids face à la nouvelle arme. Tandis que des travailleurs la rangent, les participants à la réunion internationale examinent des vaisseaux spatiaux pilotés à distance en construction. Il y a beaucoup de discussions / bavardages.

Peu de temps après, Ahmed réapparaît et attaque les travailleurs qui tentent de ranger l’arme à rayon thermique / mortel. Son but peut être de la voler, de l’endommager ou de la détruire. C’est alors qu’un inspecteur de police japonais (travaillant pour l’Organisation internationale de police criminelle, mieux connue sous le nom de Interpol, peut-être?) arrive au centre international des sciences spatiales. Il cherche Ahmed, ce qui soulève une question, pourquoi cherche-t-il ce scientifique? Cette question légitime n’est jamais résolue, mais revenons à notre film de la semaine.

Confronté à des personnes répondant à une alarme, Ahmed prend Shiraishi en otage. Il les prévient que la Terre va bientôt devenir une colonie des Natal, un peuple extraterrestre originaire d’une planète apparemment appelée… Natal. Abandonnant son otage, Ahmed s’enfuit, suivi de divers bons hombres. Cette poursuite, apparemment exécutée très sérieusement, ressemble beaucoup à celles, loufoques, qui mettent en vedette les célèbres Keystone Cops.

Et oui, cette équipe de policiers hilarement incompétents est présentée dans un certain nombre de films tout aussi hilarants produits entre 1912 et 1917 par Mack Sennett, né Michael Sinnott, un très célèbre réalisateur / producteur canado-américain de l’époque du film muet. Croiriez-vous que Mabel Ethelreid Normand, une actrice américaine réputée de l’époque, joue dans plusieurs films mettant en vedette ces défenseurs hyperactifs de la loi et du désordre? Comme si vous ne le saviez pas, Sennett et Normand sont mentionné(e)s dans un numéro de novembre 2018 de notre blogue / bulletin / machin.

La tentative de fuite d’Ahmed se termine de façon effrayante quand une soucoupe volante survole le centre des sciences et le vaporise. Il ne reste de lui qu’un petit morceau de métal, un petit émetteur radio à ce qu’il s’avère. Ahmed n’a pas trahi l’humanité de sa propre volonté; les Iranien(ne)s et Indien(ne)s ne sont pas des mauvais(es) gens. Il a été contraint / soumis à un lavage de cerveau par les Natal.

Votre humble serviteur souhaite qu’il y ait eu du temps pour pontifier sur l’histoire d’un des dispositifs militaires les plus intrigants des années 1920 et 1930, le susmentionné rayon mortel. De nombreuses personnes de divers pays prétendent avoir développé une telle arme avant la Seconde Guerre mondiale. Bien que des chercheurs travaillant pour les forces armées de certaines grandes puissances concluent invariablement que les besoins en énergie d’un rayon mortel dépassent ce qui peut être réalisé avec la technologie de l’époque, la vérité est, qu’au Royaume-Uni, cette recherche menée par Robert Alexander Watson-Watt mène au développement du réseau de stations radars qui joue un rôle crucial dans la survie de l’armée de l’air britannique, ou Royal Air Force (RAF), et du pays dans son ensemble en fait, lors de la bataille d’Angleterre, en 1940, une des campagnes cruciales de la Seconde Guerre mondiale. Et non, Watson-Watt n’a pas inventé le radar.

Et oui, Herbert George Wells fournit aux Martiens de La Guerre des mondes, publiée en 1898, un rayon thermique / mortel fort efficace. Ces fameux auteur et roman sont mentionnés dans quelques numéros de notre blogue / bulletin / machine depuis novembre 2018, pour le premier, et dans des numéros de novembre 2018, juillet 2019 and octobre 2019 de ce même vous savez quoi, pour le second.

Incidemment, le premier laser, un équivalent du monde réel du rayon thermique / mortel, est activé en 1960, aux États-Unis, mais revenons à notre histoire.

Des recherches diligentes menées par des scientifiques du centre international des sciences spatiales montrent que les signaux reçus par l’émetteur radio de Ahmed proviennent de la Lune, apparemment d’une zone située sur sa face cachée. Croiriez-vous que l’illustration de cette face cachée qui apparaît lors de la réunion internationale d’urgence est basée sur une photographie prise en octobre 1959 par Lunik III, une sonde lunaire soviétique? L’équipe de tournage japonaise travaille vraisemblablement comme des fous pour inclure cette découverte fascinante dans Uchû Daisensô. Et oui, cette première mondiale pour le programme spatial soviétique est mentionnée dans un numéro de septembre 2019 de notre blogue / bulletin / machin. Compte tenu de la situation de Guerre froide de l’époque, quelques / plusieurs Américain(e)s croient que la mission Lunik III mission est une arnaque, ce qui semble plutôt mesquin, mais passons.

Sachant que les Natal ont une base sur notre satellite, l’ONU organise une mission de reconnaissance, faisant appel à 2 engins spatiaux gracieux et aérodynamiques, des exemples typiques de la culture populaire de la fin des années 1950, mis au point par le dit centre international des sciences spatiales. Curieusement, aucun effort n’est fait pour communiquer avec les Natal.

Chacun de ces SPIP, comme on appelle ces vaisseaux spatiaux, embarque un équipage de 8 personnes qui comprend, non, pas des super soldats des forces spéciales. Les équipages comprennent des ingénieurs et des scientifiques, dont de nombreux Japonais(es), tels que les susmentionné(e)s Iwamura, Katsumiya et Shiraishi, ainsi que le tout aussi susmentionné Richardson. Shiraishi est la seule femme de la mission. Vive la patriarchie!

Un détail un peu gênant si je peux me le permettre. Les SPIP visibles sur les affiches du film portent la cocarde rouge, ou hinomaru, peinte sur les aéronefs de la Kōkū Jieitai, ou force d’autodéfense aérienne du Japon, active en 1959, comme sur les aéronefs militaires utilisés par le Japon pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans le film même, ils portent les lettres UN, pour United Nations, en français Nations Unies, bien sûr. Sur l’affiche du film en version anglaise, la cocarde rouge est un… cercle blanc. Votre humble serviteur pense que quelqu’un a effacé la cocarde rouge, ou meatball (boulette de viande en anglais), comme on l’appelle parfois, afin de réduire le risque de réactions hostiles de la part d’anciens combattants américains de la Seconde Guerre mondiale. Mais revenons à notre histoire.

La veille du lancement, Katsumiya et sa petite amie passent un peu de temps ensemble. Alors qu’elle et il sont allongé(e)s dans un champ, contemplant les merveilles de la nature, le premier indique que les humains perdraient peu à peu leur capacité d’apprécier la beauté – une déclaration intrigante qui demeure inexpliquée. Néanmoins, cette déclaration semble suggérer que les progrès scientifiques et / ou l’exploration de l’espace pourraient conduire à une déshumanisation de l’humanité. L’arrivée sur les lieux d’un ami de Katsumiya met fin à ce moment de paix dans la nature.

La nuit précédant le lancement, l’ami en question, Iwamura, navigateur d’un des SPIP, est kidnappé par les Natal alors qu’il conduit seul sur une route déserte, ce qui n’est pas une décision très intelligente compte tenu des circonstances. Comme Ahmed avant lui, il est équipé d’un petit émetteur radio et devient une marionnette des envahisseurs extraterrestres.

Au Japon, lors du décollage des 2 vaisseaux spatiaux, l’accélération intense ressentie par l’équipage est illustrée par un gars qui met ses mains de chaque côté de son visage et tire la chair vers l’arrière. Je sais, je ne comprends pas non plus. Peu de temps après, l’équipage d’un des SPIP est vu marchant normalement sur le plancher – et cela quelques secondes seulement après qu’un membre d’équipage se soit envolé jusqu’au plafond après avoir desserré sa ceinture de sécurité.

Alors que les 2 SPIP se dirigent vers la Lune, ils rencontrent les restes de la station spatiale pulvérisée – une scène quelque peu choquante compte tenu de la présence de corps humains flottant dans l’espace. Une prière leur est dédiée sur au moins un des vaisseaux spatiaux. Plus tard, les Natal lancent une attaque, utilisant des météores pilotés à distance. Iwamura essaye de saboter le système d’arme de son SPIP mais est arrêté à temps, et ligoté. Les 2 vaisseaux spatiaux parviennent à échapper aux météores des Natal et poursuivent leur route vers notre satellite. Un avertissement sévère de ne pas atterrir sur la Lune est ignoré.

Une question rhétorique ou 3, si je peux me le permettre. Pourquoi les Natal utilisent-ils leurs météores pilotés à distance plutôt que leurs soucoupes volantes apparemment très efficaces? Mieux encore, pourquoi ne pas les utiliser pour détruire les 2 SPIP avant qu’ils ne quittent la Terre? Et pourquoi les Natal ne mettent-ils un petit émetteur radio que dans la tête d’Iwamura? Vous ne le savez pas non plus, n’est-ce pas, ami(e) lectrice ou lecteur?

Peu de temps après leur arrivée sur notre satellite, les équipages des 2 SPIP se mettent à la recherche de la base extraterrestre / ennemie à bord de 2 véhicules tout terrain à chenilles en 2 sections liées par un joint articulé, et… Qu’y a-t-il, ami(e) lectrice ou lecteur? Est-ce que la description de ces véhicules vous dit quelque chose? Goodness gracious, vous avez une bonne mémoire!

En juillet 2018, dans un numéro de notre vous savez quoi, votre humble serviteur parle (tape?) du RAT (Remote Articulated Track), un véhicule tout terrain amphibie léger à chenilles en 2 sections liées par un joint articulé très innovateur fabriqué en petit nombre, en 2 versions (prototypes CL-61 et véhicules de série CL-70), à partir de 1957 environ, par Canadair Limited de Cartierville, Québec, un avionneur de renommée mondiale mentionné dans plusieurs numéros de notre blogue / bulletin / machin depuis octobre 2017. Et oui, j’aime utiliser des virgules,,,,,,,,,,,,, beaucoup. Désolé.

Et oui, j’ai presque oublié de souligner que Canadair était une filiale de General Dynamics Corporation, un géant américain de la défense mentionné quelques fois dans notre vous savez quoi depuis mars 2018.

Est-il possible que des personnes impliquées dans la production de Uchû Daisensô aient entendu parler de ces véhicules remarquablement agiles, innovateurs et polyvalents, demandez-vous? Je dois dire que oui, c’est possible. Ne serait-ce pas cool, demandez-vous à nouveau? Oui, ce serait vraiment cool, mais c’est vous qui digressez cette fois-ci, ami(e) lectrice ou lecteur.

Croiriez-vous que les véhicules tout terrain à chenilles lunaires sont munis d’une jupe semblable à celle d’un véhicule à coussin d’air / aéroglisseur? Et oui, cette jupe est mise à profit pendant le trajet vers la base des Natal, ou au retour de celle-ci. Sur la Lune. Où il n’y a pas d’air.

Aussi ridicule que puisse être l’utilisation de véhicules tout-terrain à chenilles avec jupe, il faut admettre que l’équipe de tournage de Uchû Daisensô se tient au courant des derniers développements. Vous vous souviendrez, ou pas, ami(e) lectrice ou lecteur, qu’un des premiers aéroglisseurs en taille réelle / réussi, le Saunders Roe SR.N1 britannique, « vole » pour la première fois en juin 1959, à peine 6 mois environ avant la sortie de notre film. Cet aéroglisseur est mentionné dans un numéro d’août 2019 de notre blogue / bulletin / machin.

Quoiqu’il en soit, alors que les membres d’équipage des 2 SPIP foncent à la surface de la Lune, Iwamura tente sans succès de rompre l’emprise des liens de quelque chose qui le retienne. Réalisant qu’il ne peut pas le faire, les Natal utilisent leurs soucoupes volantes pour surveiller, mais pas attaquer, les véhicules tout terrain à chenilles. Et non ami(e) lectrice ou lecteur, le ciel sur la Lune ne devrait pas être bleu, et la surface de notre satellite ne devrait pas être brune, mais revenir à notre histoire.

De plus en plus préoccupés par la présence des soucoupes volantes, les humains quittent leurs véhicules et poursuivent leur périple à pied. Ils tombent rapidement sur l’entrée d’une grotte, y pénètrent et localisent la base des Natal, dans un profond cratère. Après quelques minutes passées à cogiter, quelques humains, des ingénieurs et des scientifiques ne l’oublions pas, tentent de s’infiltrer à l’intérieur de la base extraterrestre. Ils sont bientôt capturés.

Incidemment, la raison pour laquelle le paysage lunaire austère et sombre dans lequel les humains voyagent semble réaliste tient au fait qu’une bonne partie de ces scènes est tournée dans un champ de lave qui a moins de 10 ans.

Pendant ce temps, Iwamura réussit finalement à se libérer. Il détruit le SPIP sur, désolé, dans lequel il se trouve, et entreprend de s’occuper du second.

Pendant que cela se produit, les humains qui n’ont pas essayé de se faufiler à l’intérieur de la base extraterrestre supposent que leurs compagnons ont été capturés – ou pire. Ils décident de lancer une attaque. Avertis de se rendre ou d’être détruits, ces ingénieurs et scientifiques ignorent l’avertissement et attaquent. Si, si, attaquent! Une bataille intense, saisissante, spectaculaire et suspensive s’ensuit, les 2 camps utilisant des armes portables à rayon thermique / mortel. Shiraishi, qui compte parmi les humain(e)s capturé(e)s, est grillée, désolé, désolée, libérée par le susmentionné Katsumiya.

Si votre humble serviteur peut se permettre une brève digression, et je sais à quel point vous les aimez, il convient de noter que lors de leur première apparition à l’écran, les Natal n’ont pas l’air trop féroce. On serait presque tenté de qualifier ces extraterrestres demi-portions de minis Bonhommes Michelin / Bibendums extra-atmosphériques génialissimes / hilarants, dans des costumes oranges et de grands casques qui dissimulent leur visage, mais pas leur longs appendices nasaux, qui agitent beaucoup les bras et sonnent comme des jouets pour chiens / canards en caoutchouc couinants. Darth Vador les Natal ne sont pas, pour paraphraser le grand mais très grand Yoda. Mais je digresse. Encore.

Croiriez-vous que Katsumiya libère Shiraishi d’un groupe de Natal désarmés, si, si, totalement désarmés, en les réduisant à néant avec son arme portable à rayon thermique / mortel? Je ne peux pas m’empêcher de me sentir un peu choqué par cette exécution.

Soumise à des tirs d’armes intenses, la base des Natal prend feu et explose, ce qui libère Iwamura du dispositif de contrôle mental des Natal, et…

Qu’y a-t-il, ami(e) lectrice ou lecteur? Pourquoi une telle préoccupation? Oh, je vois, Iwamura ayant détruit le deuxième SPIP après avoir détruit le premier, les survivants humains sont piégés sur la Lune. Et bien, n’ayez pas peur, car Iwamura n’a pas détruit l’autre SPIP. Le contrôle mental des Natal est brisé avant qu’il ne puisse exécuter cet acte ignoble. Je suppose.

Se précipitant vers leurs véhicules tout terrain à chenilles, les humains commencent leur voyage de retour vers le seul vaisseau spatial survivant. Certains d’entre eux se demandent où les soucoupes volantes qui ont quitté la base des Natal avant qu’elle ne fasse badaboum ont pu aller. Si je peux paraphraser Steven Grant « Steve » Rogers, plus connu sous le nom de Capitaine America, dans le film à succès Avengers: L’ère d’Ultron de 2015, il a fallu qu’ils le demande. Les Natal lancent rapidement une attaque. Ils sont repoussés, mais un des véhicules tout terrain est mis hors d’usage. S’empilant à l’intérieur de celui qui survit, les humains se précipitent vers le SPIP qui survit.

Accablé par des sentiments de culpabilité, Iwamura dit à ses compagne et compagnons de rentrer sur Terre le plus rapidement possible. Il reste courageusement derrière, tirant sur toutes les soucoupes volantes natal qui tentent de les empêcher de partir. Katsumiya, Shiraishi, Richardson et les autres survivant(e)s atteignent la Terre en toute sécurité. Et non, les Natal ne tentent apparemment pas de détruire le SPIP entre la Lune et la Terre. Je sais, c’est étrange.

Craignant pour leur vie, le petit peuple de la Terre exhorte ses grands dirigeants à faire quelque chose. Les dits dirigeants décident d’écouter le peuple, un choix rafraîchissant bien qu’un peu inhabituel. Maintenant unis contre un ennemi commun, un événement unique et édifiant dans l’histoire de notre espèce et un que nous voudrons peut-être organiser dans la vie réelle si les choses commencent à devenir vraiment sombres à l’avenir, je vous dis ça comme ça, moi, les peuples de la Terre se préparent pour la bataille finale qu’ils savent / craignent venir. Ils construisent de grandes armes à rayon thermique nucléaires et un très grand nombre de petits vaisseaux spatiaux armés.

Dérivés des susmentionnés vaisseaux spatiaux pilotés à distance, les petits vaisseaux spatiaux armés déployés par les États-Unis et le Japon sont similaires en apparence à l’avion spatial de recherche / expérimental propulsé par fusée North American X-15. Ceux qui sont déployés par l’Union des Républiques socialistes soviétiques, quant à eux, sont des machines à aile delta. Et non, votre humble serviteur ne sait pas sur quel aéronef réel ces petits vaisseaux spatiaux armés sont basés. Curieusement, les pilotes des vaisseaux spatiaux visibles dans Uchû Daisensô portent le type de vêtements que portent les pilotes de chasse des années 1950, pas des combinaisons spatiales.

Si je peux me permettre de pontifier un instant, ou quelques instants, ou plusieurs, après tout c’est moi qui décide, smiley (Bonjour, EP!), le X-15 vole pour la première fois début juin 1959, guère plus de 6 mois avant la première de Uchû Daisensô. Croiriez-vous que Walter Robert Dornberger, le quelque peu arrogant et désagréable officier qui dirige le (tristement) célèbre programme de missile A-4 / V-2 pendant la Seconde Guerre mondiale, est étroitement associé à l’étude de concept (de 1954?) qui mène au développement du X-15?

Votre humble serviteur oserait-il suggérer que sans l’aide d’anciens membres du Nationalsozialistische Deutsche Arbeitpartei comme Dornberger, ou Wernher Magnus Maximilian von Braun, il n’y aurait pas eu d’alunissage en 1969? Oui, je suppose que j’ose. Comme nous le savons toutes et tous les 2, Dornberger est mentionné dans un numéro de février 2019 de notre blogue / bulletin / machin. Von Braun, quant à lui, est mentionné à quelques reprises depuis janvier 2019.

Une question un peu délicate, si je peux me le permettre, compte tenu du recours au travail forcé à l’usine où le V-2 est fabriqué et à la mort de nombreux individus, ce dont von Braun est parfaitement conscient, aurait-il pu / dû être jugé pour crimes contre l’humanité? Je vous dis ça comme ça, moi.

Croiriez-vous que Neil Alden Armstrong, un gentilhomme mentionné dans des numéros de juin, juillet 2019 et septembre 2019 de notre blogue / bulletin / machin, pilote un X-15 à au moins une occasion?

Il est intéressant de noter que les pilotes de la United States Air Force qui atteignent une altitude de presque 80.5 kilomètres (50 milles) reçoivent immédiatement leur insigne d’aile d’astronaute. Les pilotes civils, par contre, obtiennent leur insigne d’aile d’astronaute de la National Aeronautics and Space Administration (NASA) en… 2005, plus de 35 ans après le dernier vol d’un X-15. Et oui, la NASA est mentionnée dans de nombreux numéros de notre blogue / bulletin / machin depuis mars 2018. Mais je digresse. Désolé.

Comme vous vous en doutez, ami(e) lectrice ou lecteur, les Natal attaquent finalement la Terre, avec un nombre de soucoupes volantes et un père / mère de vaisseau personne. Les escadrons de petits vaisseaux spatiaux armés, principalement ceux d’apparence similaire au X-15, se lèvent vers les cieux pour les affronter. Une bataille spatiale intense, gigantesque et excitante, pleine d’urgence et de péril, s’ensuit. La multitude de vaisseaux spatiaux, qui ne sont que des modèles, pas des simulations sur ordinateur, manœuvrent de manière si fluide que la bataille ressemble à une vraie, à une bataille aérienne de la Seconde Guerre mondiale plus précisément.

Les pertes sont lourdes des 2 côtés, dis-je, mais le vaisseau personne survit. Pis encore, il peut envoyer des météores pilotés à distance vers New York, New York, et San Francisco, Californie, dévastant / détruisant ces métropoles américaines. Il utilise ensuite son rayon anti-gravité, vous vous souvenez de cette arme, n’est-ce pas?, contre Tokyo, dévastant cette métropole japonaise.

Le vaisseau personne et la soucoupe volante restante se sont dirigent ensuite vers le susmentionné centre international des sciences spatiales. Tout semble perdu, mais attendez. Les grandes armes à rayon thermique nucléaires entrent en action. Elles pulvérisent le vaisseau personne. La Terre est sauvée par les efforts gigantesques de personnes de tous les coins du monde.

Fin.

Du film – mais aussi probablement de l’esprit de coopération globale qui a sauvé nos postérieurs simiens. Retour à la destruction mutuellement assurée tout le monde. Zut. Désolé.

Je suppose que les changements climatiques ne représentent / représenteront pas une menace aussi grave pour notre survie que des munchkins extra-atmosphériques qui agitent beaucoup les bras et sonnent comme des canards en caoutchouc. Désolé.

Une pensée si je peux me le permettre. Pourquoi, au nom du Monstre spaghetti volant les Natal attendent-ils que les Terriennes et Terriens aient renforcé leurs défenses pour lancer leur attaque? De fait, pourquoi alarmer tout le monde en soulevant un pont ferroviaire japonais ou un navire américain de la surface de la planète, ou en pulvérisant une station spatiale, et ne rien faire ensuite? Comme Tiny, le Tyrannosaurus rex étonnamment perspicace du film d’animation Bienvenue chez les Robinson de 2007, votre humble serviteur n’est tout simplement pas sûr de la qualité de ce plan. (Bonjour, EP!)

Si je peux me le permettre, l’intelligence du dit roi tyran-lézard est peut-être bien supérieure à ce que l’on pensait auparavant. Nous ne devrions jamais oublier qu’un grand esprit du nom de Calvin fait piloter des chasseurs à réaction supersoniques Grumman F-14 Tomcat de la United States Navy par quelques-un(e)s de ces incroyables habitant(e)s de notre Terre – tout comme Thomas « Tom » Cruise, né Thomas Cruise Mapother IV, dans la superproduction Top Gun de 1986, mais je digresse.

Avez-vous une question, ami(e) lectrice ou lecteur? Qu’est-ce exactement qui empêcherait les Natal d’attaquer la Terre une seconde fois, avec une force plus grande? Une bonne question. Si seulement j’en connaissais la réponse. De fait, les Natal peuvent être sur le point de lancer un assaut dévastateur contre notre planète, oh, si pacifique. Surveillez les cieux!

Pendant que vous le faites, et que vous ne pouvez pas vous enfuir, je vous enchanterai avec quelques mots sur la réception que Uchû Daisensô reçoit lorsqu’il atteint les côtes des États-Unis, en 1960, en version mal doublée avec quelques dialogues assez loufoques intitulée Battle in Outer Space.

La réaction des critiques de cinéma américains est un peu mitigée. L’intrigue de Battle in Outer Space est décrite comme étant absurde. De plus, les interprètes jouent leur rôle héroïque avec un sérieux exagéré.

Votre humble serviteur oserait-il dire que l’héroïne, singulière, et les héros, pluriel, du film sont si nobles que du beurre ne fondrait pas dans leur bouche, ou qu’ils sont si droits qu’ils marchent sans plier les genoux? Exagéré, dites-vous, ami(e) lectrice ou lecteur? Vous avez probablement raison. Des gens si nobles et droits ne se trouvent pas dans l’industrie cinématographique; elles et ils travaillent dans des musées. (Bonjour, SB, EG et EP!)

Cela étant dit (tapé ?), ces mêmes critiques américains, sans parler des passionné(e)s de science-fiction américain(e)s du 21ème siècle, pensent que Battle in Outer Space est un film de science-fiction à grande échelle avec des illustrations chouettes et saisissantes; des arrière-plans astronomiques détaillés et convaincants; du superbe, voire incroyable travail de miniature; un scénario imaginatif; des décors bien conçus; des effets spéciaux éblouissants et spectaculaires; et des trucages photographiques incroyablement réalistes. De fait, on peut se demander si le travail réalisé pour ce film n’est pas le meilleur qui sort d’un studio de cinéma japonais à l’époque.

Un exemple possible du travail de l’équipe de tournage peut être la destruction de Tokyo par le rayon anti-gravité du vaisseau personne natal, obtenue en plaçant des modèles légers de bâtiments au-dessus de jets d’air comprimé, mais le fait est que le susmentionné studio connu sous le nom de Tōhō a une certaine expérience en la matière, soit la destruction de Tokyo. Compte tenu de la qualité du travail effectué dans d’autres films par des équipes de Tōhō, celui qui est effectué ici aurait pu être un tantinet meilleur.

Croiriez-vous que ce studio de cinéma de renommée mondiale lance la mère / père de tous les films de monstres, Gojira / Godzilla, en 1954? Votre humble serviteur a de vagues souvenirs d’avoir vu Godzilla et d’autres monstres comme Mothra et Rodan sur le grand écran monté dans le sous-sol d’une église paroissiale de ma ville natale de Sherbrooke, Québec, du milieu à la fin des années 1960, mais je digresse. Encore.

Si le premier tiers de Uchû Daisensô, celui qui se déroule sur Terre, est un peu lourd, longuet, lent et ennuyeux, le film commence à prendre vie lorsque les personnages se lancent dans l’espace. Il décolle vraiment alors que débute son dernier tiers. L’intrigue du film, noble mais simple, évolue à un rythme soutenu, avec un rugissement rugissant, sans discours interminables ni, oserais-je le dire, enchevêtrements romantiques. À dire vrai, on peut affirmer que les meilleurs moments du film, principalement les scènes de combat, n’incluent aucun dialogue.

La musique, finalement, est vigoureuse, vibrante et entraînante, tandis que les couleurs sont stupéfiantes, magnifiques, intenses et glorieuses. Compte tenu du statut relativement bas de la science-fiction dans les années 1950, ces couleurs constituent une rareté / curiosité, et une très appréciée des cinéphiles, en particulier des plus jeunes.

D’aucuns suggèrent que le réalisateur de Uchû Daisensô, Honda Ishiro, est le Steven Allan Spielberg japonais, en d’autres mots un géant du cinéma dont l’énorme corpus, composé de films fantastiques / de science-fiction emblématiques et passionnants, dépasse celui de la plupart de ses pairs. Réalisateur avec une conscience, il a tendance à faire 2 types de films de science-fiction: des appels à la coopération internationale afin de rendre notre Terre meilleure, et des commentaires sur des problèmes socio-politiques contemporains, du commercialisme excessif à la guerre nucléaire. Uchû Daisensô fait clairement partie du premier type.

Au total, Uchû Daisensô / Battle in Outer Space était / est aussi bon que les films de science-fiction produits à la fin des années 1950 aux États-Unis. À bien des égards, c’est un pur divertissement insensé, un film de cinéma en plein air parfait, sinon le film de science-fiction japonais parfait. En plus de cela, il est filmé en TohoScope, l’équivalent japonais du CinemaScope de 1957, un système d’objectifs pour caméra de cinéma introduit en 1953 pour filmer des films sur écran large. La version japonaise avec sous-titres de notre film est celle à regarder, soit dit en passant.

Croiriez-vous que certains passionné(e)s de cinéma de science-fiction se demandent si George Walter Lucas, Junior, peut avoir ramassé 1 ou 2 idées en regardant la bataille spatiale épique de Uchû Daisensô / Battle in Outer Space? De telles pensées peuvent ne pas être aussi absurdes que vous pourriez le penser. Après tout, le réalisateur mondialement connu de la superproduction La Guerre des étoiles de 1976 est apparemment inspiré par certaines scènes d’un film classique sur la Seconde Guerre mondiale, un film britannique sorti en 1955, Les briseurs de barrages, qui décrit l’attaque lancée par la susmentionnée RAF, en 1943, contre des barrages hydroélectriques situés en Allemagne – un raid audacieux mais seulement partiellement réussi auquel quelques Canadiens ont prennent part.

Aussi intéressant que Uchû Daisensô / Battle in Outer Space soit, une spectatrice ou spectateur avec un bon œil pouvait trouver un certain nombre de bêtises d’importance variable. Lectrice et lecteur avec un bon œil que vous êtes, ami(e) lectrice ou lecteur, vous êtes familières / familiers avec celles que j’ai mentionnées ci-dessus. Et oui, les fils tenant les soucoupes volantes des Natal et les différents types de vaisseaux spatiaux humains peuvent être vus à quelques / plusieurs reprises.

Soit dit en passant, alors qu’ils préparent les décors représentant une ou quelques bases à partir desquelles des modèles d’armes, les susmentionnés petits vaisseaux spatiaux armés peut-être, seraient lancé contre les Natal pendant la bataille décisive, des membres de l’équipe de tournage réalisent que le plafond du bâtiment dans lesquels les dits décors se trouveraient est trop bas. Croiriez-vous que certaines de ces personnes creusent dans le plancher du dit bâtiment, pour créer de la place? Curieusement, la direction de Tōhō n’est pas heureuse. Imaginez ça. Quelques hauts cris sont poussés mais il semble que personne n’est canonisé (Bonjour, IL!), et… Vous n’avez pas compris, n’est-ce pas? Canonisé? Comme dans tiré? D’un canon? Soupir… Peu importe.

Je me demande si ces derniers mots peuvent être décrits comme une flèche du Parthe. Incidemment, contrairement à ce qui est le cas en anglais, cette expression dérive du fait que la cavalerie des Parthes, ou Arsacides, est réputée / redoutée pour sa capacité à tirer des volées de flèches lorsqu’elle s’éloigne d’un ennemi, et cela sans utiliser d’étriers. Ces gars sont aussi meurtriers alors qu’ils retraitent, ou feignent une retraite, que lorsqu’ils attaquent. Centré sur l’Iran actuel, l’empire parthe dure d’environ 250 avant l’ère commune à environ 225 de l’ère commune, mais je digresse. Une dernière fois. Aujourd’hui.

À plus.

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Rénald Fortier