Les merveilleux ballons en plomb de Claude Williams Coffee, Junior, Walter Edward Bressette et William J. O’Sullivan : Les satellites-ballons Echo au Québec et ailleurs, Partie 2

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Le satellite-ballon Echo 1A au cours d’un essai de gonflement, 1960. National Aeronautics and Space Administration.

Avez-vous surveillé le ciel récemment, amie(e) lectrice ou lecteur, comme l’implore un des personnages principaux d’un long métrage américain de 1951, La chose venue d’ailleurs / La chose d’un autre monde – un des classiques du cinéma de science-fiction des années 1950? Oui? Non? Peu importe.

Et oui, votre humble serviteur écrit (tape?) ces mêmes mots au début de la première partie de cet article sur les satellites-ballon Echo 1A et Echo 2.

La présente et seconde partie de cet article consiste en quelques lignes sur ce qui se dit sur Echo 1A au Québec en août et septembre 1960.

Êtes-vous prêt(e)s? Commençons.

Le 16 août 1960, La Presse, un important quotidien de Montréal, Québec, mentionne qu’un couple de Grand-Mère, Québec, Jean-Paul Bernard et son épouse, voient Echo 1A pendant environ 5 minutes, vers 1h 10, au cours de la nuit du 13 au 14 août.

Ce même 16 août, un journal quotidien respecté de Montréal, Le Devoir, souligne que Echo 1A est observé dans le ciel de la métropole du Canada pendant la nuit au 15 au 16 août, vers minuit, 2h et 4h 15.

Le 17 août, La Presse rapporte que le chanoine / abbé Jean-Paul Laliberté, le directeur des élèves au Petit Séminaire de Chicoutimi, à Chicoutimi, aujourd’hui un des arrondissements de la ville de Saguenay, Québec, et un compagnon de voyage (de pêche ou chasse?) non identifié observent une lueur dans le ciel, le 13 août, entre 5 et 10 minutes, un peu avant 23 heures. Les 2 hommes se trouvent au lac Huard, dans la région québécoise du Saguenay. N’ayant pas entendu parler du lancement de Echo 1A, Laliberté et son co-observateur ne savent trop que penser.

Soit dit en passant, Laliberté devient par la suite le directeur général fondateur du Collège d’enseignement général et professionnel (CEGEP) de Chicoutimi (1967-71). Détenteur d’un brevet de pilote privé depuis 1961, cet amateur de chasse et de pêche juge aberrant le fait que ce sont des pilotes anglophones qui le transportent lors de ses expéditions.

Il conçoit ainsi l’idée de créer une école de pilotage commercial francophone, la première école de pilotage commercial francophone en Amérique du nord en fait, à Saint-Honoré, à moins de 15 kilomètres (moins de 10 milles) de Chicoutimi, là où se trouve un petit aéroport, un ancien terrain de dégagement de la 1ère Unité d’entraînement opérationnel de Bagotville, Québec, une des écoles du Plan d’entraînement aérien du Commonwealth britannique, un hénaurme plan d’entraînement dirigé par l’Aviation royale du Canada et une des principales contributions du Canada à la victoire alliée lors de la Seconde Guerre mondiale. (Bonjour, EP!)

L’École de pilotage du CEGEP de Chicoutimi ouvre ses portes en septembre 1968. Elle offre une formation de 3 ans en vol de brousse et en vol commercial. Pierre Rivest, un pilote civil / commercial depuis 1949 et inspecteur de l’aviation civile du ministère des Transports fédéral responsable de toutes les écoles de pilotage du Québec, conçoit l’ensemble des programmes de formation théorique et pratique. Le programme de formation en vol de brousse est le premier du genre offert au Canada, sinon en Amérique du nord.

Il est à noter que l’École de pilotage du CEGEP de Chicoutimi forme des pilotes d’hélicoptères depuis le milieu des années 1970. L’école chicoutimienne devient le Centre québécois de formation aéronautique (CQFA) vers 1983. En 2007, le CQFA devient la première école de pilotage de drones civile en Amérique du nord. Toujours lié au CEGEP de Chicoutimi, il compte parmi les 5 écoles nationales du Québec. Maintenant situé à Dorval, Québec, le CQFA est le plus important centre de formation aéronautique civile au Canada et le plus important centre francophone du genre en Amérique du nord.

Une autre école nationale du Québec est liée de près à l’industrie aérospatiale québécoise. Il s’agit de l’École nationale d’aérotechnique de Saint-Hubert, Québec. Votre humble serviteur envisage la possibilité de pontifier sur cette institution dans un avenir plus ou moins éloigné.

Si je peux me permettre une minuscule digression, une autre de ces écoles nationales du Québec, l’École nationale du meuble et de l’ébénisterie de Montréal et Victoriaville, Québec, est mentionnée dans un numéro de septembre 2018 de notre blogue / bulletin / machin, mais revenons à notre Echo. Echo. Echo. Echo. Désolé.

Le 17 août 1960, le journal quotidien Le Nouvelliste de Trois-Rivières, Québec, informe ses lectrices et lecteurs qu’un astronome amateur de Saint-Maurice, Québec, pense avoir observé Echo 1A le 16 août, pendant environ 10 minutes, vers 21h 45. Un télescope permet à André Hamelin de s’assurer que la lueur observé n’est pas un aéronef.

Toujours le 17 août, un journal quotidien de Chicoutimi, Le Progrès du Saguenay, rapporte que Damien Tremblay, un astronome amateur de Jonquière, une ville qui fait de nos jours partie de Saguenay, voit Echo 1A pendant environ 5 minutes, le 16 août, un peu après minuit. Il se trouve alors sur le toit de la maison familiale.

Le 18 août, un journaliste non identifié du plus important quotidien de la région de Québec, Québec, Le Soleil, observe Echo 1A pendant une dizaine de minutes à partir de 20h 50 – l’heure même prévue par Albert Cholette, le directeur fondateur du Département de Génie chimique de l’Université Laval, à Québec. Le quotidien publie un article le lendemain.

Ce même jour, dans le même article en fait, Le Soleil informe ses lectrices et lecteurs que Paul Thibault, un résident de Saint-Sauveur, Québec, ainsi que 3 autres personnes, voient non pas 1 mais 2 satellites se déplaçant de concert, en parallèle, pendant la soirée du 18 août. Le journaliste du quotidien québécois ne sait trop quoi penser.

Le 19 août, Le Progrès du Golfe, un journal hebdomadaire de Rimouski, Québec, rapporte que 2 résidents de l’endroit, Fernand Arseneault et John Young, observent Echo 1A pendant plusieurs minutes, le 17 août, vers 21h 15.

Ce même 19 août, Le Nouvelliste indique à ses lectrices et lecteurs que l’épouse de Lucien Lord croit avoir observé Echo 1A le 15 août, à Trois-Rivières, entre 22h et 22h 30. Son époux et son fils aperçoivent eux aussi une lueur dans le ciel.

Dans son édition du 19 août, La Presse mentionne que des milliers de Montréalaises et Montréalais suivent des yeux Echo 1A vers 21h 5 alors qu’il file dans le ciel, le 18 août. Le quotidien rapporte par ailleurs le satellite-ballon repasse au-dessus de la métropole du Canada vers 23h 10, puis, tôt le matin du 19 août, vers 1h 15 et 3h 20.

Le 20 août, Le Soleil rapporte qu’un résident de Loretteville, Québec, observe Echo 1A le 19 août, vers 20h 30, pendant environ 10 minutes. Ses 2 fils voient également le satellite-ballon. Un second satellite de couleur rougeâtre circulant en sens inverse fait par la suite son apparition – à la grande surprise du trio. Alors qu’il rapporte son observation à un journaliste du quotidien de Québec, le résident affirme être convaincu qu’il a vu 2 satellites.

Dans son édition du 22 août, Sherbrooke Daily Record, le quotidien anglophone de Sherbrooke, Québec, la ville natale de votre humble serviteur, s’offre le luxe de publier, en première page, un article avec photographie dans lequel il souligne qu’un observateur de satellites amateur de Winnipeg, Manitoba, a trouvé une (sérieuse?) erreur dans les heures de passage de Echo 1A au-dessus de sa ville publiées par la NASA. Une erreur de 35 minutes, affirme Richard Bendall. Ce jeune homme fait en fait partie des membres amateurs de l’équipe de poursuites des satellites de la Royal Astronomical Society britannique.

Aussi intéressants et utiles que soient les articles mentionnés dans les paragraphes précédents, ils sont totalement éclipsés par ce qui paraît dans l’édition du 27 août du Le Progrès du Saguenay. Le chef de l’information du quotidien, Dominique Lapointe, consacre pour ainsi dire une page entière aux visites nocturnes de Echo 1A. Le dit article comprend 2 photographies prises le 25 août et une carte du centre-ville de Chicoutimi qui montre les 4 trajectoires suivies par le satellite-ballon au cours de la nuit du 25 au 26 (?) août. Lapointe et au moins une autre personne observent Echo 1A à 3 reprises le 24 août et à 3 autres reprises le jour suivant. Le préposé au chauffage de l’Orphelinat de l’Immaculée, à Chicoutimi, Henri Bouchard, fait preuve d’un enthousiasme plus grand encore. Il observe Echo 1A à toutes les nuits entre les 15 et 22 août.

Conscients de l’intérêt palpable de leurs lectrices et lecteurs, des quotidiens québécois tels que Le Progrès du Saguenay et Sherbrooke Daily Record, sans parler d’au moins un hebdomadaire, La Patrie du Dimanche, publient des horaires des passages de Echo 1A au tout début de septembre. De fait, quelques jours plus tard, Le Nouvelliste mentionne avec le plus grand sérieux qu’il n’est pas rare de voir des petits groupes de résident(e)s de l’endroit, en plein milieu d’une rue, la nuit, scruter la voute céleste.

Sherbrooke Daily Record souligne qu’un astronome demeurant à Massawippi, Québec, mentionne la possibilité que le satellite-ballon soit éclipsé par la Terre dans les jours qui vont suivre. James Hargreaves s’y connaît en éclipse. En février 1952… Et puis non, je ne consacrerai pas seulement 1 phrase ou 3 à ce fort intéressant personnage. Hargreaves mérite qu’on lui consacre un article de notre blogue / bulletin / machin, et ce au plus tard en février 2022. Promis juré. Maybe.

Pour une raison ou pour une autre, dont le passage du satellite-ballon dans l’ombre de la Terre peut-être, Echo 1A n’est apparemment plus visible à partir du début du mois d’octobre 1960, et ce tant au Québec / Canada qu’aux États-Unis, ce qui est bien dommage.

Cela étant dit (tapé?), notre blogue / bulletin / machin sera de nouveau bien visible la semaine prochaine, si le Monstre spaghetti volant et ma patronne n’y voient pas d’inconvénient.

À la revoyure.

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Rénald Fortier