Je mangeais sur la Lune un jour, dans le joyeux, joyeux mois de juillet

Médias
Robert L. Pavey, directeur, plats spéciaux chez Swift & Company, dégustant des cubes de rôti de bœuf que des astronautes du programme Apollo ont peut-être mangés. Anon., « Space foods, space fashions inspired by Moon. » The Desert Sun, 17 juillet 1969, 4.

Vous serez peut-être heureux d’entendre (lire?), ou pas, ami(e) lectrice ou lecteur, que votre humble serviteur, désireux comme je le suis de vous offrir une sélection toujours plus variée de mets savoureux, a avancé vers l’inconnu là où je n jamais allé à la recherche d’un sujet pour cette semaine. Et oui, je plaide coupable à 2 chefs d’accusation de paraphrasage maladroit, l’un contre William « Bill » Shatner, un acteur originaire de la région de Montréal, au Québec, et l’autre contre Leonard Simon Nimoy. Qu’y a-t-il? Vous comprenez la référence aux premiers mots de chaque épisode de la série télévisée Patrouille du cosmos, mais pas à l’autre, qui concerne Nimoy? Vous ne la comprenez pas? Vraiment?

Je ne peux que présumer que vous n’êtes pas familier avec In Search of, en français À la recherche de. Animée par, vous l’aurez deviné, Nimoy et diffusée en anglais entre avril 1977 et mars 1982, cette série télévisée américaine examine des sujets et événements controversés / mystérieux / originaux / paranormaux, en d’autres termes des sujets et événements fortéens, allant des objets volants non identifiés à la disparition de Amelia Mary Earhart et de son navigateur, Frederick Joseph « Fred » Noonan, sans oublier le monstre du Loch Ness. Il semble bien que pas moins de 144 épisodes d’une demi-heure de In Search of passent en ondes. Comme nous le savons tou(te)s les 2, Earhart et Noonan sont mentionnés dans des numéros de septembre 2018 et de mai 2019 de notre blogue / bulletin / machin. Shatner and Nimoy, en revanche, sont mentionnés dans des numéros de novembre 2018 et août 2017 de, bien, vous savez comment cette phrase se termine.

Incidemment, quelques épisodes de In Search of traitent de sujets canadiens, à savoir :

- The Ogopogo Monster (Saison 2, Épisode 8), diffusé pour la première fois en anglais le 28 janvier 1978,

- Lost Vikings (Saison 3, Épisode 13), diffusé pour la première fois en anglais le 28 décembre 1978, et

- The Money Pit Mystery (Saison 3, Épisode 16), diffusé pour la première fois en anglais le 18 janvier 1979.

Ogopogo / Naitaka, qui, dit-on, hante les eaux du lac Okanagan, Colombie-Britannique, est une cousine / cousin, nièce / neveu, sœur / frère, tante / oncle, etc. canadien(ne) de Nessie, le monstre de renommée mondiale du Loch Ness, en Écosse. Il y a de fortes chances que, peu importe ce qui a été / est / sera vu dans cette étendue d’eau, il n’y a pas de créature préhistorique dans l’un ou l’autre de ces lacs, ce qui est bien dommage.

Lost Vikings, quant à lui, traite des colonisateurs / envahisseurs vikings, dirigés par Leif Eiríkrsson, fils d’Eiríkr Thorvaldsson, également connu sous le nom d’Eiríkr Rauð, ou Eric le Rouge, qui mettent les pieds sur le continent américain, aux alentours de l’an 1000. Ces 2 personnes sont mentionnées dans un numéro d’octobre 2018 de notre blogue / bulletin / machin si vous devez le savoir.

The Money Pit Mystery, finalement, examine les nombreux chasseurs de trésors qui, depuis la fin des années 1700, creusent d’innombrables fosses sur l’île Oak, au large de la Nouvelle-Écosse, à la recherche de richesses déposées par qui sait qui. Les dites recherches se poursuivent en 2019, incidemment. S’il est vrai qu’une personne brillante a consacré beaucoup de temps et d’efforts à creuser et à protéger le tristement célèbre gouffre au trésor, la triste vérité est qu’aucun trésor n’a été trouvé. À ce jour.

Croiriez-vous qu’un épisode de In Search of (Saison 3, Épisode 16), diffusé à l’origine le 6 décembre 1979, traite du célèbre pirate de l’air D.B. Cooper, Dan Cooper en fait, comme nous le savons tou(te)s les 2? Cooper est mentionné dans un numéro de septembre 2018 de notre blogue / bulletin / machin.

Si vous me permettez d’interrompre un instant votre ligne de pensée, ami(e) lectrice ou lecteur, saviez-vous que Spock 2.0, autrement dit Zachary John Quinto, anime une nouvelle version de In Search of en 2018-19?

Comment puis-je en savoir autant sur In Search of? Et bien, dans le passé, j’étais très intéressé par les phénomènes fortéens, en d’autres mots les phénomènes anormaux qui semblent défier les connaissances scientifiques acceptées. Pour dire vrai, je dois plaider coupable à un grave cas d’intérêt pour de tels phénomènes. Croiriez-vous que le terme fortéen est mentionné dans des numéros d’octobre 2018, décembre 2018 et janvier 2019 de notre blogue / bulletin / machin? Je vous ai dit que j’étais intéressé par les phénomènes fortéens, non? Mais revenons à notre histoire. Et oui, je suis toujours intéressé par les phénomènes fortéens

La nourriture spatiale n’existe pas depuis longtemps mais elle a certainement beaucoup changé depuis le premier voyage dans l’espace d’un être humain, le pilote de chasse et cosmonaute soviétique Youri Alekseïevitch Gagarine. Comme nous le savons tou(te)s les 2, ce gentilhomme mentionné dans quelques numéros de notre blogue / bulletin / machin depuis juillet 2018 est entré en orbite en avril 1961. Et oui, Gagarine bénéficie d’une forme de subsistance quelque peu austère lors de sa brève incursion dans le vide : viande en purée et / ou sauce au chocolat dans des tubes de type dentifrice.

Le premier Américain ayant mangé dans l’espace, en février 1962, est John Glenn. Il est également le premier astronaute américain à orbiter autour de la Terre, bien sûr. Comme il ne reste pas très longtemps là-haut, le menu de Glenn est aussi un peu austère : bœuf en purée avec des légumes, et compote de pommes, dans des tubes en aluminium de style dentifrice, aspirés avec une paille; pastilles de sucre; et eau. Un ou quelques astronautes du programme Mercury peuvent, je répète peuvent, avoir essayé des mets de la taille d’une bouchée pendant leur séjour dans l’espace.

Quoi qu’il en soit, Gagarine et Glenn prouvent que des humains pouvaient prendre, mâcher, avaler et digérer des aliments dans un environnement de microgravité. S’étouffer ou respirer des particules d’aliments ou des gouttelettes de liquide n’est pas un problème. La, euh, dernière étape du processus de digestion n’a pas encore été testée, bien sûr, mais je digresse.

Basés sur des rations de survie de la United States Army, les aliments consommés par Glenn et les autres astronautes du programme Mercury sont, disons, adéquats. Ils ne sont pas particulièrement savoureux, cependant. La plupart des aliments semblent être élaborés par des spécialistes du Quartermaster Research and Engineering Command de la United States Army.

Passer plus de quelques heures dans l’espace élève la barre bien plus haute, au niveau alimentaire. Les besoins nutritionnels d’un être humain moyen ne sont pas tout à fait petits. En plus de cela, les experts en alimentation doivent concilier diverses considérations. Certaines sont biologiques (sécurité, valeur nutritionnelle, facilité d’ingestion, de digestion et d’absorption, etc.), alors que d’autres sont opérationnelles (élimination des déchets, stockage, stabilité, préparation, emballage, etc.) et techniques (poids, utilisation d’eau, besoin en puissance, etc.).

La phase suivante de la préparation des menus pour les astronautes / cosmonautes est l’introduction d’aliments déshydratés, lyophilisés et de la taille d’une bouchée, enrobés d’huile ou de gélatine pour éviter les miettes. Si je peux me permettre de paraphraser la créature créée par Victor Frankenstein, mais pas avec des mots trouvés dans le célèbre roman gothique / science-fiction Frankenstein; ou, le Prométhée moderne, miettes mauvaaises. Pourquoi sont-elles mauvaises, demandez-vous? Parce que des particules de nourriture peuvent se retrouver dans toutes sortes d’endroits en microgravité. On peut en dire autant des fluides ou de toutes sortes de particules, bien sûr.

Si je peux me permettre une digression totalement gratuite, avez-vous vu le duo plutôt amusant de l’excellent film de 1974 Frankenstein Junior? Si vous devez le savoir, Frederick Frankenstein et le monstre chantent Puttin ‘on the Ritz. La version synthpop de cette chanson, interprétée en 1981 par le chanteur néerlandais Taco, née Taco Ockerse, est plutôt agréable et connaît un bon succès. Remarques que votre humble serviteur aime plutôt la version « speed metal » de 2006 du groupe finlandais Leningrad Cowboys, mais revenons à notre histoire. Remarquez que d’autres chansons de l’album Zombies Paradise pourraient également vous plaire, à savoir Goldfinger, Happy Together, Manic Monday, My Sharona, Play That Funky Music, Ring of Fire, Starman et What Is Love.

Le processus de préservation par déshydratation / lyophilisation, dis-je, supprime presque toutes les molécules d’eau des aliments spatiaux potentiels, sans affecter leur goût ni leur valeur nutritive. Il réduit toutefois considérablement leur poids et leur volume. Mieux encore, ces aliments, une fois bien emballés, ne nécessitent pas de réfrigération. Ils peuvent être conservés à température ambiante pendant de longues périodes.

Chaque produit alimentaire est emballé sous vide dans un emballage stratifié qui a une valve d’eau à une voie à une extrémité. Un astronaute affamé a simplement besoin d’injecter de l’eau, de l’eau froide en fait, dans un emballage à l’aide d’un pistolet à eau, de masser le contenu pour le réhydrater, d’ouvrir l’emballage avec des ciseaux et d’en presser le contenu dans sa bouche à l’aide d’un tube plat stocké dans l’emballage. Je me demande si ces emballages de nourriture spatiale sont les ancêtres de l’ahurissante variété d’emballages utilisés par des campeurs gourmets en 2019. Et oui, ça fait beaucoup d’emballages pour un petit paragraphe.

C’est apparemment en mars 1965, lors de la mission Gemini 3, la première mission à 2 personnes organisée par la National Aeronautics and Space Administration (NASA), que des aliments solides sont consommés dans l’espace pour la première fois. Cette mission est aussi la première (et la dernière?) pendant laquelle de la nourriture est passée en contrebande à bord d’un vaisseau spatial. Et oui, un numéro de juillet 2018 de notre blogue / bulletin / machin décrit comment John Watts Young surprend son équipier, Virgil Ivan « Gus » Grissom, en tirant un lapin, désolé, un sandwich au corned beef âgé de 2 jours d’une poche de sa combinaison spatiale. Outre ce numéro de juillet 2018, Grissom est également mentionné dans des numéros de septembre 2018 et de juillet 2019 de notre blogue / bulletin / machin. La NASA elle-même est mentionnée plus d’une fois dans notre blogue / bulletin / machin depuis mars 2018, mais je digresse. Désolé.

Un repas typique de l’époque Gemini peut comprendre du bœuf avec sauce, des cubes de céréales à la fraise, des pêches et de l’eau. L’alcool de tout type est strictement verboten. Ce dernier mot signifie interdit en allemand, si vous ne le savez pas.

À première vue, la plupart des aliments consommés par les astronautes du programme Gemini sont mis au point par des spécialistes au laboratoire des aliments de Natick Laboratories, la nouvelle désignation du Quartermaster Research and Engineering Command adoptée à la fin de 1962. À cette époque, Natick Laboratories est un élément du United States Army Material Command.

La nourriture consommée par les astronautes du programme Gemini est préparée et emballée par Whirlpool Corporation, une entreprise mentionnée dans un numéro de novembre 2018 de, vous l’avez deviné, notre blogue / bulletin / machin. Certains / plusieurs de ces produits alimentaires sont fabriqués par un géant américain de l’alimentation, Swift & Company. Le responsable de ce projet hors de ce monde est Robert L. Pavey, directeur des plats spéciaux – le gentilhomme dont la photographie se trouve au début de cet article

Compte tenu de la teneur très variable en matières grasses dans une même découpe ou catégorie de viande, Swift & Company a beaucoup de difficulté à contrôler le poids des morceaux de taille standard qu’elle traite et livre. Pis encore, la société doit composer avec le fait que le contenu nutritionnel de la viande peut varier considérablement. Au total, elle dépense beaucoup de ressources pour préparer, nettoyer, inspecter et stocker la viande qui serait mangée par les astronautes. Étant donné les petites quantités en jeu, presque tous les items sont fabriqués à la main individuellement.

Saviez-vous que la United States Air Force (USAF) signe un contrat avec Whirlpool, en 1960, pour la construction de la première cuisine spatiale au monde? L’idée derrière cette expérience est de construire une unité autonome et intégrée capable de fournir toute la nourriture et les boissons dont un trio d’astronautes aurait besoin pour une mission dans l’espace de 14 jours. La Space Kitchen, avec majuscules bien sûr, comprend des unités d’évacuation des déchets solides et liquides, un système d’eau chaude, un réfrigérateur, un four, des espaces de rangement et un congélateur. Apparue pour la première fois en public en avril 1961, elle est démontrée pas moins de 1 100 fois, devant 142 000 personnes, par / pour la USAF et la NASA, entre cette date et le milieu de 1962. On ne peut qu’imaginer le nombre de fois où la Space Kitchen est démontrée par la suite. Whirlpool met fin à ses travaux sur sa cuisine spatiale, en minuscules bien sûr, à la fin de 1973. Le Space Kitchen elle-même est apparemment envoyée à la casse.

Toutes mes excuses pour les nombreux machins. Je dis (tape?) ceci parce que vous risquez de rencontrer davantage de machins avant de quitter cette page Web. Vous êtes prévenu(e). Où en étais-je? Oh oui.

Aimeriez-vous savoir d’où provient l’eau consommée par les astronautes du programme Gemini, ami(e) lectrice ou lecteur? C’est un sous-produit des piles à combustible montées dans leur vaisseau spatial pour produire l’électricité dont ils ont besoin, et… Votre humble serviteur sent venir une question. La voici. Elle est presque ici. Qu’est-ce qu’une pile à combustible, demandez-vous, ami(e) lectrice ou lecteur toujours curieuse / curieux bien que légèrement agaçant(e)? Comme indiqué dans un numéro de mars 2019 de notre blogue / bulletin / machin, une étude fascinante si je dois le dire moi-même, une pile à combustible est un générateur électrochimique d’énergie. En d’autres termes, c’est un dispositif permettant de transformer l’énergie chimique d’un combustible, l’hydrogène par exemple, en énergie électrique.

Lorsque la NASA commence à travailler sur le programme Apollo, elle supervise la conception d’un système d’alimentation amélioré. L’eau fournie par les piles à combustible peut être froide ou chaude, par exemple, une caractéristique très appréciée des astronautes. Une fois injectée dans de nouveaux emballages modifiés, cette eau sert à réhydrater des aliments qui peuvent être pressés dans leur bouche à travers un tube plat stocké dans le dit emballage, ou pelletés à la cuillère.

En 1968, la veille ou le jour de Noël, l’équipage de Apollo 8 utilise cet outil révolutionnaire pour tester une technologie récemment approuvée. À dire vrai, ils se régalent de dinde thermostabilisée et non déshydratée, avec sauce et sauce aux canneberges, mangée à la cuillère. Les fourchettes sont probablement jugées un peu trop dangereuses dans un environnement de microgravité. On peut se demander si la NASA s’oppose également aux coupe-ongles et aux gros tubes de dentifrice ou de shampoing. Désolé.

L’emballage humide, comme on appelle le type de nourriture humide testé par l’équipage de Apollo 8, est ajouté au menu des missions ultérieures. Votre humble serviteur se demande si le dit emballage humide est l’ancêtre de l’ahurissante variété de sachets de nourriture utilisés par les gens pressés en 2019. Il convient de noter que l’équipage de Apollo 9 prouve que des cuillères peuvent être utilisées pour manger le contenu d’un emballage contenant de la nourriture réhydratée ouvert avec des ciseaux. Cette option s’avère très populaire.

Les astronautes du programme Apollo aiment tellement leurs cuillères que cet outil de haute technologie et un nouveau type d’emballage pour aliments déshydratés qui lui est associé deviennent la norme à partir de Apollo 10. L’emballage cuillère-bol supprime les ciseaux en incluant une grande ouverture à fermeture à glissière en plastique qui permet aux astronautes de manger de gros morceaux de viande et de légumes réhydratés d’aspect et de texture presque terrestres. Certains astronautes préfèrent en fait la nourriture dans des emballages cuillère-bol à celle dans des emballages humides.

Ne craignez point, je ne vous rendrai pas dingo en énumérant le contenu du garde-manger de chaque vaisseau spatial Apollo Command Module qui va vers la Lune. Et oui, les aliments consommés par les astronautes sont également préparés et emballés par Whirlpool. Certains / plusieurs de ces produits alimentaires sont, encore une fois, fabriqués par Swift & Company. Cette société est peut-être un des principaux, sinon le principal fournisseur de produits alimentaires du programme Apollo. J’ai entendu (lu?) qu’à un moment donné au cours de ce programme, Swift & Company se voit demander de livrer des produits selon un poids et non plus une taille standard. La nouvelle approche lui rend la vie plus facile.

Même si votre humble serviteur ne va pas énumérer tous les articles du dit garde-manger, je me sens obligé de vous dire qu’il contient apparemment, du moins en théorie, 75 emballages de boissons, 57 emballages de -viande / salade, 51 emballages de petits déjeuners, 48 emballages de bouchées, 24 emballages de dessert, 18 emballages de fruits secs, 12 emballages de pain et 6 emballages de tartinades. En plus de ça, il y des repas quotidiens préemballés avec code de couleurs, appelés repas A, B et C, dont le nombre varie en fonction de la durée d’une mission. Devenez-vous dingo, ami(e) lectrice ou lecteur?

Chaque Apollo Lunar Module / Lunar Excursion Module transporte des repas quotidiens préemballés, appelés repas A et B, dont le nombre varie en fonction de la durée d’une mission, ainsi que des emballages individuels d’aliments de divers types.

Bien que la disponibilité d’un tel pactole conduise à une plus grande acceptation et à une consommation accrue, cette même disponibilité augmente les exigences en temps et en complexité associées à la préparation des repas, en particulier lors de la création de repas à l’aide d’items stockés dans le garde-manger. Qui a le temps de préparer un repas de 5 plats au cours d’un voyage vers la Lune?

Une chose que les astronautes gardent vraisemblablement à l’esprit est la nécessité de mettre une pilule germicide, après chaque repas, dans les divers emballages dont ils mangent le contenu. Cette simple précaution inhibe les bactéries, les gaz et la détérioration qui sont fortement indésirables dans l’espace confiné d’un vaisseau spatial.

Une chose que les astronautes ne gardent vraisemblablement pas à l’esprit, même s’ils sont très conscients de ce fait, était / est / sera qu’il a fallu / faut / faudra environ 185 kilogrammes de carburant pour amener 1 kilogramme de quoi que ce soit sur la Lune. On peut soutenir que les divers types de fusées développées depuis les débuts de l’exploration / conquête / invasion de l’espace, aussi impressionnants qu’elles étaient / sont / seront, étaient / sont / seront (?) incroyablement inefficaces et peu économique.

Il convient de noter que la qualité des aliments s’améliore sensiblement au cours des années du programme Apollo. Le cocktail de fruits original, par exemple, est écrasé à un point tel au cours de la transformation que sa réhydratation s’avère difficile.

De nouveaux produits alimentaires sont également introduits au fil du temps. L’équipage de Apollo 11, par exemple, a accès à de la tartinade de fromage cheddar thermostabilisé, à des saucisses de Francfort et à du café (15 tasses par personne). Celui de Apollo 12 mange des œufs brouillés réhydratés. L’équipage de Apollo 13 est le premier à être alimenté en jus d’orange déshydraté, un produit étonnamment difficile à mettre au point. Celui de Apollo 17 a le plaisir de manger des steaks de jambon et du gâteau aux fruits irradiés.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, Tang, une boisson instantanée sous forme de poudre souvent associée au programme spatial américain, n’est peut-être pas au menu lorsque l’équipage de Apollo 11 se rend sur la Lune. Lancé en 1959 par le géant américain de l’alimentation General Foods Corporation, Tang est bientôt disponible en 5 saveurs, dont l’orange, qui est la seule à laquelle des humains normaux ont alors accès. Croiriez-vous que les ventes sur cette Terre sont faibles jusqu’en 1962-63, lorsque la NASA décide d’utiliser ce produit lors de missions spatiales? Tang se rend apparemment dans l’espace pour la première fois en 1965, avec un équipage du programme Gemini, à moins bien sûr qu’il se rende dans l’espace pour la première fois avec Glenn.

Tout aussi choquant est le fait que la crème glacée lyophilisée, élément de base de toutes les boutiques de souvenirs de musées ou centres de l’aérospatiale / de l’aviation / des sciences, n’est pas au menu lorsque l’équipage de Apollo 11 se rend sur la Lune. De fait, ce produit peut ne pas être allé dans l’espace du tout.

Il va sans dire, et oui, je sais, votre humble serviteur est sur le point de le dire de toute façon, que les astronautes choisissent les aliments qu’ils préfèrent avant le début de leur mission. Les spécialistes de la NASA regroupent ensuite ces choix dans des repas équilibrés sur le plan nutritionnel qui sont soumis aux astronautes et examinés plus avant, le cas échéant. Dans l’ensemble, une foule de personnes aux compétences, intérêts et antécédents divers travaillent dans l’ombre pour nourrir les astronautes du programme Apollo. Oserai-je dire qu’elles aussi sont des figures de l’ombre? Ceci est un jeu de mots, ami(e) lectrice ou lecteur obtus(e). Comme vous devriez le savoir, Les figures de l’ombre est un film très réussi de 2016.

Qu’est-ce que j’entends? Une erreur flagrante, dites-vous? On ne peut pas avoir de pain dans l’espace à cause des miettes? Vous avez, bien sûr, raison en ce qui concerne les miettes. Vous avez également tout à fait tort de penser que les équipages Apollo ne peuvent pas faire de sandwiches. Ils le peuvent et ils en font, à commencer par celui de Apollo 10. Le pain (blanc, seigle et fromage) et les tartinades (salades de poulet, jambon ou thon, ou cheddar) sont spécialement préparé(e)s, conservé(e)s et emballé(e)s, séparément bien sûr. Personne n’aime un sandwich détrempé.

Personne n’aime souffrir de gaz ou de maux d’estomac non plus, surtout lorsqu’on est coincé plusieurs jours dans un espace vital de la taille d’un placard. Et non, ouvrir une fenêtre n’est pas une option.

Fait intéressant, 6 des emballages de bouchées dans les garde-manger de vaisseaux spatiaux Apollo consistent en bouchées de bœuf barbecue, avec 4 bouchées par emballage. Je me demande si les dites bouchées sont en fait les cubes de rôti de bœuf, ou boulettes de viande lunaires, de Swift & Company mentionnés dans la légende de la photographie au début de cet article.

Six des emballages de bouchées, en revanche, consistent en gâteaux aux fruits à l’ananas, avec 4 bouchées par emballage. Bonjour, EP! Malheureusement, le porto n’est pas au menu.

Cependant, il y a 3 emballages de bacon canadien et compote de pommes parmi les 51 emballages de petits déjeuners mentionnés ci-dessus, ce qui me donne l’occasion de digresser et pontifier. Après tout, ou on agit comme un conservateur ou ne le fait pas.

Avez-vous entendu parler du film Opération Canadian Bacon, une comédie américaine de 1995 écrite, produite et réalisée par le célèbre réalisateur, auteur et activiste américain Michael Francis Moore? Ce film, le seul film de fiction de Moore jusqu’à présent, satirise les relations parfois difficiles entre le Canada et les États-Unis. Pour résumer une histoire longue (90 minutes) rapidement (7 secondes), devant le fléchissement des résultats de sondages, le président fictif de Opération Canadian Bacon choisit le Canada comme pigeon commode contre lequel il peut déclarer la guerre.

Moore lancé le projet en réaction à la manipulation des médias par le gouvernement américain lors de l’opération Desert Storm, la guerre de janvier et février 1991 tenue contre l’Irak par une coalition dirigée par les États-Unis à la suite de l’invasion du Koweït en août 1990.

Et maintenant, quelque chose de complètement différent – et légèrement subversif. Croiriez-vous que, presque jusqu’au moment de l’invasion, l’Irak est soutenu par les États-Unis, quelques membres de cette coalition et quelques autres pays occidentaux? Cette dictature brutale achète des armes et reçoit une aide financière, dans une certaine mesure parce qu’elle mène une cruelle guerre d’attrition contre l’Iran, un pays considéré par beaucoup comme un ennemi de la civilisation occidentale, mais je digresse.

À dire vrai, les personnages canadiens de Opération Canadian Bacon, peu importe leur bêtise et leur absurdité, sont beaucoup moins dangereux que leurs vis-à-vis américains. Moore, par exemple, se donne un petit rôle de fou de la gâchette américain. Une spectatrice ou spectateur aux yeux ouverts aperçoit quelques acteurs et / ou personnalités canadiennes connu(e)s ou moins connu(e)s: l’acteur Daniel Edward « Dan » Aykroyd, le susmentionné Shatner, l’animateur de télévision George Alexander « Alex » Trebek et le lutteur Joseph Maurice Régis « Mad Dog » Vachon. Le Canadien John Franklin Candy joue un shérif américain bouffon de la région de Niagara.

Incidemment, Opération Canadian Bacon est filmé en Ontario (Hamilton, Niagara Falls, Oshawa, St. Catherines, Toronto, etc.) et aux États-Unis. Et non, les scènes représentant les rapides de la rivière Niagara ne sont pas filmées sur place. St. Catherines, vous dites? Très bien.

Votre humble serviteur aimerait pouvoir dire que Opération Canadian Bacon est un bon film. Malheureusement, bien que la première heure génèrent beaucoup de rires, les 30 dernières minutes sont assez décevantes, mais revenons à notre histoire. Encore. Désolé.

Il convient de noter que, assez tôt, la NASA met au point un système d’alimentation d’urgence si la cabine d’un vaisseau spatial Apollo se dépressurise au cours de son trajet vers ou depuis la Lune. Maintenant obligés de passer le reste de leur voyage dans leur combinaison spatiale, les astronautes ingéreraient des aliments liquides à l’aide d’une petite ouverture dans leur casque.

Compte tenu de la durée croissante de leur séjour sur la Lune, les astronautes du programme Apollo ont accès à une cantine pouvant fournir de l’eau ou des boissons aromatisées aux fruits (Apollo 13+) et à des barres alimentaires à haute densité nutritive (Apollo 15+) pendant leurs excursions. Les 2 sont accessibles depuis des distributeurs montés sur la zone de l’anneau du cou des combinaisons spatiales.

Et oui, à première vue, la plupart des aliments consommés par les astronautes du programme Apollo sont développés par des spécialistes au laboratoire des aliments de Natick Laboratories. Au moment où je tape ce texte, ce laboratoire est connu sous le nom de United States Army Soldier Systems Center.

À propos, saviez-vous que le biochimiste nutritionniste d’origine britannique de l’équipe de la NASA qui planifie les repas pris par des équipages de Apollo 14 et autres arrive au Canada en 1953 avec sa famille? Paul C. Rambaut a environ 13 ans à l’époque. Sa famille vient de quitter l’Afrique du Sud à la recherche d’un autre foyer.

Rambaut obtient sa licence de pilote privé alors qu’il va à l’école à Weyburn, Saskatchewan. Il obtient un diplôme en biochimie de McGill University à Montréal, Québec, puis une maîtrise. Quelques années plus tard, Rambaut obtient un doctorat (en biochimie?) du Massachusetts Institute of Technology. Il termine ses études en obtenant une maîtrise en santé publique à Harvard University. Après avoir passé environ un an à travailler pour une société privée, Rambaut rejoint la NASA en 1968. Croiriez-vous qu’il est à bord des porte-avions de la United States Navy qui ramènent chez eux les équipages de Apollo 11 et Apollo 17 en juillet 1969 et décembre 1972 – les premiers et derniers équipages à se poser sur la Lune?

Outre ses travaux sur la nutrition des astronautes, Rambaut étudie les effets de la microgravité sur les os et les muscles, sans mentionner les effets du rayonnement. Il est responsable de la plupart des expériences médicales menées dans le cadre du programme Skylab. Vous savez sans doute, ami(e) lectrice ou lecteur intelligent(e), que Skylab est la première station spatiale au monde. Lancé en mai 1973 et occupé jusqu’en février 1974, il s’écrase sur Terre en juillet 1979. Grâce à sa maîtrise de la langue russe, Rambaut est impliqué dans les discussions qui aboutissent au Apollo-Soyuz Test Project. Ce premier vol spatial commun entre les États-Unis et l’Union des Républiques socialistes soviétiques a lieu en juillet 1975. En 1981, Rambaut est affecté au siège de la NASA à Washington, District de Columbia, en tant que directeur de la recherche biomédicale.

Et oui, ami(e) lectrice ou lecteur spatial(e), un Orbiter, ou Space Shuttle, du Space Transportation System de la NASA va dans l’espace en 1981. Ce type de véhicule est mentionné dans certains numéros de notre blogue / bulletin / machin depuis mars 2018.

Rambaut quitte la NASA en 1986 et devient rapidement secrétaire général adjoint pour les affaires scientifiques et l’environnement au siège de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), à Bruxelles, Belgique. Après avoir quitté ce poste à la fin des années 1990 ou au début des années 2000, il est membre d’un comité consultatif de l’OTAN sur la politique scientifique et technologique.

Curieusement, Rambaut est le petit neveu de l’éminent astronome irlandais Arthur Alcock Rambaut, Royal Astronomer of Ireland (1892-1897) et astronome au Radcliffe Observatory de la University of Oxford (1897-1923).

Et oui, ami(e) lectrice ou lecteur, l’auguste établissement qui était / est / sera McGill University est mentionné dans des numéros de décembre 2018, janvier 2019 et juin 2019 de notre blogue / bulletin / machin. Oui le nôtre, c’est le nôtre. Vous êtes aussi responsable que moi pour ce beau gâchis.

Alors que je range lentement mes affaires, jusqu’à la semaine prochaine seulement bien sûr, permettez-moi de vous rappeler que, en 2019, la nourriture spatiale russe est réputée dans tout l’espace connu pour être plus diverse, naturelle et savoureuse que son homologue américaine. L’inconvénient de ce succès culinaire est que les cosmonautes russes encrassent parfois les Waste Collection System, ou bécosses orbitales, russe et américains de la International Space Station (ISS), un habitat spatial mentionné dans des numéros de juillet 2018, octobre 2018 et juillet 2019 de notre blogue / bulletin / machin.

Saviez-vous que certaines des étoiles filantes que vous pouvez voir la nuit sont en fait des conteneurs de déchets de la dite ISS qui brûlent dans la haute atmosphère de la Terre? Une question si je peux me le permettre, ami(e) lectrice ou lecteur. Approuveriez-vous l’utilisation, sur un panneau de texte d’exposition dédié à l’élimination des déchets sur la ISS, d’un titre comme Excréments filants, ou Caca filant? Laissez-moi un mot et, euh, bonjour SB, EG et EP!

Bon appétit tout le monde. À plus.

Et non, votre humble serviteur ne veut pas aller dans l’espace. À dire vrai, je n’aime même pas voler. Payer une somme d’argent abominable pour manger des aliments en plastique et respirer de l’air recyclé dans une boîte de conserve, les genoux repliés sous le menton, au milieu des rugissements de moteurs et des hurlements de nourrissons, en espérant que mes bagages ne sont pas en route vers l’Antarctique, n’est pas mon idée du plaisir. Je suis étrange, oui, je sais.

D’ailleurs, faut-il vraiment traverser un continent ou un océan pour partir en vacances? Le climat de notre seul et unique bateau de sauvetage, la bonne vieille planète Terre, s’en va au diable dans un panier et nous exigeons le droit de jouer du violon. L’observation faite en juillet 2006 par l’évêque anglican de Londres, Angleterre, Richard John Carew Chartres, est très intéressante à cet égard : « Faire des choix égoïstes, comme partir en vacances en avion ou acheter une grosse voiture, est un symptôme du péché. » Une phrase trouvée en 2006 par votre humble serviteur sur le site Web d’Atmosfair, un groupe environnemental allemand, est tout aussi intéressante : « La meilleure chose pour le climat, c’est de ne pas voler du tout. » Moi, j’utilise le bus ou le train. Salut, patronne, salut.

Et non, je ne suis pas meilleur que l’humain moyen. La vérité, c’est que je ne possède pas d’automobile parce que je suis trop radin pour en acheter une, pas parce que je me soucie de la flottabilité de notre canot de sauvetage planétaire. Quelqu’un peut-il jouer du violon s’il vous plaît, quelque chose de bruyant, de très bruyant, pour que je n’entende pas ma conscience?

Je souhaite remercier toutes les personnes qui ont fourni des informations. Toute erreur contenue dans cet article est de ma faute, pas de la leur.

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Rénald Fortier