Est-ce un H-5? Est-ce un Dragonfly? Non, c’est un S-51, Partie 3

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Le S-51 du musée, Rockcliffe, Ontario, 2 juin 1967. MAEC, positif de la collection Molson.

Si l’auteur de ces lignes peut se permettre un commentaire, le Sikorsky S-51 du Musée de l’aviation et de l’espace du Canada, le tout premier hélicoptère utilisée par l’Aviation royale du Canada (ARC), est un S-51 pur et simple, acheté plus ou moins en vente libre. En d’autres termes, il ne faudrait peut-être pas l’appeler un H-5, encore moins un Dragonfly. Et c’est ici que notre histoire commence.

L’ARC fait l’acquisition de trois S-51 en 1947 pour gagner de l’expérience dans l’utilisation d’hélicoptères dans des terrains variés et dans des conditions hivernales. Elle en reçoit deux autres en 1948 alors que deux autres entrent en service en 1949. Ces hélicoptères sont principalement utilisés pour la formation et des travaux expérimentaux. Trois des S-51 de l’ARC sont rayés des effectifs au fil des ans. Le dernier en service est mis à la retraite en 1965.

La machine du musée est le 18e S-51 à sortir de la chaîne de montage. Il est porté à l’effectif à Rockcliffe, Ontario, le 5 avril 1947. Cet hélicoptère voit beaucoup de pays au cours de ses 17 ans et demi de carrière militaire. Utilisé pour la formation à Trenton, Ontario, en 1947-48, il déménage à Edmonton, Alberta, où il vole avec la Section K, une unité de recherche et sauvetage, entre 1948 et 1950. Révisé et / ou réparé à Trenton en 1950-51, le S-51 passe plus de trois ans à Rivers, au Manitoba, à l’École interarmes canadienne d’entraînement aérien, où des pilotes de l’Armée canadienne, de la Marine royale du Canada et de l’ARC apprennent leur métier. Entre 1954 et 1958, il sert au sein de la 105e Section de recherche et sauvetage, une unité autrefois connue sous le nom de Section K et alors basée à Cold Lake, Alberta. Déménagé à Chatham, Nouveau-Brunswick, pour y être entreposé, le S-51 est transféré en septembre 1964 à la collection d’aéronefs historiques exposée à Rockcliffe. Cette collection est le point de départ du Musée de l’aviation et de l’espace du Canada, de renommée mondiale. Au milieu de 2017, le S-51 du musée est en exposition à Trenton, au Musée national de la force aérienne du Canada.

Mentionnons au passage que le premier hélicoptère utilisé par le ministère des Transports du Canada est également un S-51. Cette machine vole brièvement à partir du navire arctique polyvalent C.D. Howe, lors de son voyage inaugural vers le nord, en 1950. Le 5 août, près de Fort Chimo, maintenant Kuujjuaq, Québec, une attache non-détachée fait basculer le S-51 dans l’eau alors qu’il décolle. Un passager disparaît sans laisser de traces.

Un S-51 appartenant à la Division Sikorsky Aircraft de United Aircraft Corporation est impliqué dans le premier vol postal par hélicoptère au Canada. Cette expérience se déroule le 1er novembre 1946. Des sacs de courrier d’un avion de ligne Douglas DC-3 de Trans-Canada Air Lines, aujourd’hui air Canada, volent de l’aéroport d’Uplands, l’actuel aéroport international Macdonald-Cartier d’Ottawa, jusqu’au bureau de poste central de la ville. Igor Ivanovitch Sikorsky lui-même se trouve apparemment à bord. Et oui, la collection du Musée de l’aviation et de l’espace du Canada comprend un Douglas DC-3. Cet aéronef est en fait le premier DC-3 utilisé par les Lignes aériennes Trans-Canada. Au fait, ami(e) lectrice ou lecteur, saviez-vous que les annonces publicitaires de langue française de cette société d’état utilisent l’expression Air Canada au plus tard au début des années 1940?

Il vaut la peine de noter que la division Sikorsky Aircraft est représentée au Canada par une compagnie sœur, Canadian Pratt & Whitney Aircraft Company Limited de Longueuil, Québec – aujourd’hui Pratt & Whitney Canada Incorporated, un fabricant de moteurs d’aéronefs connu partout dans le monde.

Aussi intéressant que ce matériel soit, il y a encore quelques petites choses à dire mais vous devrez attendre, ami(e) lectrice ou lecteur. Jusque là, profitez de l’été.

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Rénald Fortier