Est-ce un H-5? Est-ce un Dragonfly? Non, c’est un S-51, Partie 4

Médias
Un Westland Dragonfly de la Fleet Air Arm de la Royal Navy transportant un home habillé en sorcière pour un événement spécial, septembre 1962. MAEC, négatif de la collection Molson.

Bienvenue, ami(e) lectrice ou lecteur, et veuillez vous asseoir, tandis que votre humble serviteur rassemble ses pensés. Vous souvenez-vous du Dragonfly?

En janvier 1947, un avionneur britannique bien connu achète une licence lui permettant de produire et vendre le Sikorsky S-51 partout dans le monde, sauf en Amérique du Nord, lançant ainsi des décennies de coopération avec la division Sikorsky Aircraft de United Aircraft Corporation. Cette approche permet à Westland Aircraft Limited de contourner le long et coûteux processus de conception et de développement d’un hélicoptère original. Elle ne concorde toutefois pas très bien avec les efforts du gouvernement britannique pour créer une industrie nationale de l’hélicoptère, un détail dûment noté à l’époque. Quoi qu’il en soit, un prototype du WS-51, le nom donné à la machine britannique, vole en octobre 1948. United Aircraft expédie six S-51 de fabrication américaine au Royaume-Uni pour donner une expérience pratique aux employés de Westland Aircraft et faire des vols de démonstration pour des clients potentiels.

La plupart des WS-51 servent avec la Royal Air Force ou, plus encore, la Fleet Air Arm de la Royal Navy. Ces hélicoptères de sauvetage et / ou de transport de blessés sont, vous l’aurez deviné, connus sous le nom de Dragonfly – un nom que United Aircraft et les forces armées américaines n’utilisent pas. Les 30 premiers WS-51 sont apparemment fabriqués à la main, sans outillage de production, pour économiser de l’argent.

Tous les WS-51 sauf 10 sont munis d’un moteur britannique qui tourne dans la direction opposée du moteur de leurs homologues américains. Le mécanisme de transmission de puissance doit être modifié en conséquence. De fait, le WS-51 et le S-51 n’ont pratiquement aucune pièce commune. Cette approche un peu inhabituelle tient au fait que le gouvernement et les entreprises manufacturières du Royaume-Uni parviennent difficilement à acquérir les dollars nécessaires pour acheter des produits et pièces américains.

Le dernier membre de la famille S-51 est financé à l’interne par Westland Aircraft. Connu sous le nom de WS-51 Widgeon, cet élégant hélicoptère à cinq places porte le mât rotor et la tête de rotor du Sikorsky S-55, une grosse machine fabriquée au Royaume-Uni sous le nom de WS-55. Et oui, le Musée de l’aviation et de l’espace du Canada a un S-55 dans sa collection, plus précisément un HO4S historiquement significatif utilisé par la Marine royale du Canada.

En tout et pour tout, 446 S-48, S-51 et WS-51 sont fabriqués aux États-Unis (285) et au Royaume-Uni (161) entre 1943 et 1959. Ces hélicoptères souvent sous-estimés mais robustes et fiables volent pendant de nombreuses années dans au moins 22 pays et colonies sur tous les continents, principalement avec les militaires. Souvent achetés en petits lots, les S-51 et WS-51 sont les premiers hélicoptères utilisés par les forces armées de nombreux pays. Plus important encore, ils contribuent fortement à faire de la division Sikorsky Aircraft de United Aircraft et de Westland Aircraft deux des principaux fabricants d’hélicoptères au monde.

Un certain nombre de S-51 et WS-51 peuvent être vus dans des musées autour du globe. Remarquablement, les quatre hélicoptères utilisés par l’ARC encore en état de vol en 1964-65 ont tous fini dans des musées, à savoir

– le Musée de l’aviation et de l’espace du Canada, à Ottawa / Rockcliffe, Ontario,

– le New England Air Museum, à Windsor Locks, Connecticut,

– l’American Helicopter Museum and Education Center, à West Chester, Pennsylvanie, et

– le Hangar Flight Museum, à Calgary, Alberta.

On se voit plus tard, hélicoptard. Désolé, mauvais jeu de mots.

Auteur(s)
Profile picture for user rfortier
Rénald Fortier