Une forme unique d’éducation de haut niveau, Partie 2

Médias
Un Douglas DC-6 modifié utilisé par le Midwest Program on Airborne Television Instruction. Anon., « Airborne educational TV. » Flying, juillet 1961, 96.

Bienvenue, ami(e) lectrice ou lecteur. Sommes-nous prêt(e)s? Pas tout à fait? Est-ce que vous étudiez encore pour le test? Eh bien, tant pis, c’est bien triste. Il est temps de commencer. Même si des essais ont lieu en mai 1961 pour 500 000 élèves / étudiant(e)s, le Midwest Program on Airborne Television Instruction (MPATI) commencé à diffuser régulièrement dans les écoles en septembre de la même année. Le signal télévisé est fort et clair. On peut vraiment dire de ce mini-réseau que lorsque ses 2 stations de télévision sont en ondes, elles sont aussi en l’air. Désolé, piètre calembour. Pour être plus précis, un seul des Douglas DC-6 utilisés par Purdue Aeronautics Corporation, une division de Purdue University, vole à la fois. L’autre avion est au sol, en attente. Purdue Aeronautics, si vous devez le savoir, utilise également environ 6 Douglas DC-3 pour former des pilotes inscrits au département de technologie aéronautique de l’université et pour offrir un quelconque vol charter, mais je m’égare.

Le DC-6, comme vous le savez bien, est un développement plus rapide, plus puissant, plus lourd et plus long de l’avion de ligne DC-4, et ... Qu’y a-t-il? Vous ne vous souciez pas de l’avion? Vous voulez surtout savoir pourquoi un avion de ligne est muni d’un hénaurme bras pliant contenant une antenne de télévision, un appendice de la longueur d’un poteau téléphonique qui pointe vers le bas à tout moment, indépendamment des mouvements de l’avion, tout cela grâce à un gyroscope?! Je suis choqué, et consterné, et ... Peu importe. Il y a autre chose dans la vie que les avions. Quoiqu’il en soit, le DC-4 est brièvement mentionné dans un numéro de novembre 2017 de notre blogue / bulletin / machin. Et oui, ami(e) lectrice ou lecteur préoccupé(e), l’appendice susmentionné, une antenne de télévision si vous devez savoir, est replié contre le fuselage inférieur du DC-6 avant l’atterrissage.

Et oui, il y a un DC-3 dans la magnifique collection du Musée de l’aviation et de l’espace du Canada, à Ottawa, Ontario. Cet avion est en fait le premier DC-3 exploité par la société d’état Lignes aériennes Trans-Canada, l’actuelle Air Canada privatisée. Si vous êtes un(e) aimable ami(e) lectrice ou lecteur, votre humble serviteur va peut-être écrire plus tard un court texte sur cet avion. Si vous n’êtes pas aimable, je vais écrire un article en trois parties, mais revenons à notre histoire.

Le DC-6 du MPATI en service effectue un parcours en huit, en maintenant à une altitude assez élevée, pour maximiser la couverture. Une émission de 5 heures équivaut à un voyage de 2 750 kilomètres (1 700 milles), une distance qu’un avion de ligne de taille moyenne en service en 2018 peut couvrir en 3 heures ou moins. Les pilotes des avions du MPATI s’ennuient à périr, dit-on. Les 2 signaux distincts que la station de télévision volante envoie simultanément, avec l’aide de plusieurs tonnes d’équipement embarqué, peuvent être captés à 325 kilomètres (200 miles) de distance, en Illinois, Indiana, Kentucky, Michigan, Ohio et Wisconsin. Ledit équipement est développé et testé par Westinghouse Electric Corporation en coopération avec Douglas Aircraft Company Incorporated.

À la fin de l’année scolaire 1961-62, le MPATI dispense 20 heures d’enseignement chaque semaine (4 jours par semaine) à plus d’un million d’élèves dans 2 200 écoles. Les leçons de niveau primaires et secondaires durent de 15 à 20 minutes tandis que celles pour les étudiant(e)s de niveau universitaire (premier cycle) durent 30 minutes. La zone géographique couverte par les 2 chaînes de télévision exploitées par le MPATI est de loin la plus importante du monde. Avec du temps et de l’argent, ses promoteurs espèrent atteindre 5 millions d’élèves dans 13 000 écoles et universités de premier cycle des 6 états susmentionnés. Ces mêmes promoteurs espèrent que les essais dans le Midwest conduiront au développement de programmes similaires dans d’autres régions des États-Unis et dans des pays sous-développés / en développement. Certains d’entre eux pensent que, si elles sont utilisées outremer, les émissions aériennes montrant les merveilles du mode de vie américain pourraient changer le cours de la Guerre froide. Vous savez ce qu’est la Guerre froide, n’est-ce pas?

Soupir. S’il vous plaît, prenez le temps d’aller en ligne et de lire. J’attendrai le jour et la nuit. J’attendrai toujours votre retour. Toutes mes excuses pour cette paraphrase d’une adaptation française de 1938 de Tornerai, une chanson italienne de 1933, popularisée par quelques artistes, dont la chanteuse française Dalida, née Iolanda Cristina Gigliotti, au milieu des années 1970. D’accord. Revenons à notre histoire. Les émissions transmises par les « Satellites des années 1960, » comme on appelle parfois les avions de Stratovision, s’avèrent très populaires, surtout dans les écoles, souvent rurales, qui ne disposent pas des ressources nécessaires pour étoffer leur programme. N’oublions pas que, vers 1960, un quart des écoles opérant aux États-Unis sont des institutions n’ayant qu’un(e) enseignant(e). Certains / plusieurs des enseignant(e?)s du MPATI deviennent des célébrités mineures qui reçoivent un accueil enthousiaste lors de leurs apparitions dans les écoles et / ou les universités de premier cycle. Dans l’ensemble, la programmation éducative du MPATI reçoit de meilleures critiques dans les écoles primaires que dans les écoles secondaires ou les universités de premier cycle. De fait, comme on peut s’y attendre, il y a des problèmes.

Le financement de la Ford Foundation n’est apparemment pas disponible pour la troisième année du programme. Cela signifie que le MPATI doit frapper aux portes d’un grand nombre d’écoles pour vendre des adhésions, et de nombreuses directrices et directeurs ont des doutes. La disponibilité des cours télévisés est une question délicate. Les élèves ne voient que des images enneigées à plus d’une occasion. Il faut se rappeler que l’équipement de bande vidéo lourd et encombrant embarqué sur les DC-6 utilise un grand nombre de tubes à vide, qui nécessitent un système de climatisation puissant. Les dits tubes n’apprécient pas les secousses et vibrations rencontrés au cours de certains vols. De plus, les écoles ne se trouvent pas toutes dans le même fuseau horaire, ce qui rend la planification difficile, et de nombreuses enseignant(e)s n’ont pas accès à un magnétoscope.

En outre, le MPATI ne peut compter que sur 2 signaux, c’est-à-dire 2 canaux, parce que la Federal Communications Commission refuse d’en allouer davantage au projet. Soit dit en passant, ces canaux se trouvent dans la bande ultra haute fréquence (UHF) que certaines marques de téléviseurs ne peuvent pas recevoir sans l’aide d’un convertisseur. La cerise sur le gâteau, bien sûr, tient au fait que les émissions ne sont pas brouillées. Toute école équipée d’un téléviseur et, le cas échéant, d’un convertisseur peut recevoir les émissions du MPATI sans avoir à payer un sou.

Malheureusement, l’espoir exprimé par certaines / de nombreuses personnes que l’expérience du MPATI pourrait mener au développement de programmes similaires dans d’autres régions des États-Unis et dans des pays sous-développés / en développement ne se réalise pas. En proie à des problèmes financiers et face aux progrès technologiques, les premiers satellites de télécommunication par exemple, le MPATI met fin à ses émissions et abandonne ses avions et licences de télévision en 1967-1968. Retapé et réorganisé, il devient une vidéothèque, répondant aux besoins des écoles membres. En 1971, les bandes sont remises à une bibliothèque de télévision éducative et le MPATI, un véritable effort de pionnier dans le domaine de l’apprentissage à distance, cesse d’exister.

À cette époque, bien sûr, le Public Broadcasting Service (PBS) a vu le jour. L’une des 2 premières stations membres, en 1969, est, vous l’avez deviné, WTTW Channel 11, à Chicago, Illinois. J’admets volontiers que j’adore PBS et ... Peu importe. On peut argumenter que de nombreux promoteurs du MPATI étaient des télé-utopistes qui croyaient que le nouveau médium pourrait révolutionner l’éducation. La même chose avait été dite de la radio, en fait. Que penseraient ces vrais croyants de la téléréalité? Alors, fin de l’histoire? Et bien, pas tout à fait.

Croiriez-vous que, entre 1966 et 1972, les militaires américains ont exploité leur propre réseau Stratovision au-dessus de Saïgon, Vietnam du Sud, l’actuelle Thành phô Hô Chí Minh, Vietnam, en utilisant une paire d’aéronefs? Un des canaux diffuse des programmes et / ou de la propagande du gouvernement sud-vietnamien à la population locale tandis que l’autre, contenant à la fois des programmes d’information et de divertissement, est destiné aux troupes américaines stationnées / combattant dans ce pays d’Asie de l’Est. Ce projet dérive apparemment d’un projet utilisant un seul avion utilisé pour diffuser des programmes de radio et de télévision en République dominicaine et à Cuba, le premier un petit pays insulaire confronté à plusieurs crises graves du début et au milieu des années 1960 et le second un petit pays insulaire dont le chef, Fidel Alejandro Castro Ruz, est à peu près aussi populaire aux États-Unis que l’Antéchrist.

Ceci conclut notre diffusion pour la semaine. Votre humble serviteur a décidé de laisser tomber l’examen. À plus.

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Rénald Fortier