Un pou qui défraye la manchette des deux côtés de l’Atlantique, Partie 2

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Le Mignet HM-14 Pou du Ciel fabriqué par George S. Lace, à droite sur la photo, mais immatriculé par le docteur Georges-Étienne Millette, à gauche. MAEC numéro de négatif 5212.

Bienvenue, ami(e) lectrice ou lecteur. Sommes-nous prêt(e)s? Allons-y. Comme promis, veuillez trouver ci-joint quelques mots sur le premier Mignet HM-14 Pou du Ciel canadien. Avant d’y arriver, cependant, votre humble serviteur aimerait souligner une curiosité concernant le Pou du Ciel. Les passionnés d’aviation d’expression anglaise appellent habituellement cet avion le Flying Flea, un nom qui se traduit par Puce volante. Une traduction plus littérale de Pou du Ciel serait Sky Louse, une expression qui, du moins selon moi, ne fonctionne pas très bien, mais je m’égare. Revenons donc à notre histoire.

Le premier Pou du Ciel canadien, en autant qu’on le sache, est construit sous contrat par George S. Lace de Montréal, Québec, un mécanicien navigant avec Canadian Airways Limited, la plus importante société aérienne / de vol de brousse au Canada à l’époque. La personne qui paye les factures et enregistre le Pou du Ciel, en mars 1936, est un chirurgien qui a servi dans un hôpital militaire pendant la Première Guerre mondiale. Le Georges-Étienne Millette compte aussi parmi les membres fondateurs du Montreal Light Airplane Club.

Ce Pou du Ciel n’est pas le premier avion avec lequel ce médecin est impliqué. En août 1930, un an environ après avoir obtenu sa licence de pilote privé, Millette fait l’acquisition d’un petit avion, un Aeromarine-Klemm AKL-25 si vous devez le savoir. Ce petit monoplan biplace, une version américaine d’une machine allemande réussie, le Klemm L 25, subit des dommages irréparables lors d’un accident survenu en août 1934. Le nom de la personne aux commandes à l’époque n’est pas connu, mais il est à espérer qu’il ou elle n’est pas blessé. Quoi qu’il en soit, la liberté acquise par la possession d’un aéronef est telle que Millette ntreprend le financement de la construction du Pou du Ciel. Fait intéressant, cet avion est peut-être l’une des premières, sinon la première machine de ce type à être équipée de skis, spécialement conçus à cet effet.

Au printemps 1936, le pilote pionnier du vol de brousse Stuart Graham, un des inspecteurs de district de la Division de l’aviation civile du ministère de la Défense nationale et un individu mentionné dans un numéro de décembre 2017 de ce blog / bulletin / machin, pilote le Pou du Ciel officiellement, à la demande de Millette, qui est un de ses amis. Il conclut que l’aéronef de Mignet peut s’avérer dangereux dans certaines circonstances, des paroles prophétiques s’il en est. Au début de juillet 1936, à Saint-Hubert, le Pou du Ciel de Millette s’écrase lorsque le moteur coupe juste après le décollage. Si son jeune pilote, Eric Webster, s’en tire avec quelques bleus, l’avion quant è lui ne volera plus. Son moteur est mis en vente dans une petite annonce publiée dans le numéro d’avril 1938 du mensuel Canadian Aviation. Votre humble serviteur se demande si Eric Webster peut être Eric Taylor Webster, une personne qui sert pendant la Seconde Guerre mondiale dans l’Aviation royale du Canada, une force aérienne connue à l’époque sous le nom de Corps d’aviation royal canadien.

On pourrait dire beaucoup plus sur Henri Mignet et sa création, le Pou du Ciel, l’un des avions légers les plus controversés de son époque. Des versions améliorées sortent après la Seconde Guerre mondiale, par exemple. Comme vous devez maintenant le savoir, ami(e) lectrice ou lecteur, votre humble serviteur ne demanderait pas mieux que de taper, taper et taper. Je vais cependant m’abstenir de le faire. Pour le moment.

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Rénald Fortier