Rêver un impossible rêve, Partie 2

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Un Doman LZ-5, le seul et unique hélicoptère de ce type fabriqué au Canada pour être plus précis, au cours d’un vol d’essai. Jacques Gambu, « Le premier hélicoptère à pales encastrées : Doman LZ-5. » Aviation Magazine, 19 janvier 1956, 17.

Re-bonjour, ami(e) lectrice ou lecteur. Reprenons sans plus attendre le fil de notre histoire. Glidden Sweet « Glid » Doman voit le jour en janvier 1921. Adolescent, cet Américain fabrique des go-karts et des caisses à savon. Doman participe à de nombreuses courses. En 1943, ce jeune ingénieur aéronautique se joint au personnel de la division Sikorsky de United Aircraft Corporation, un géant de l’industrie aéronautique américaine. Il contribue à la mise au point du Sikorsky R-4, le premier hélicoptère produit en série au monde et un type d’aéronef présent dans la collection du Musée de l’aviation et de l’espace du Canada, à Ottawa, Ontario. Entreposé depuis son acquisition, en 1983, l’exemplaire incomplet du musée n’a aucune histoire ou importance canadienne. Oserais-je suggérer que ce R-4 est un bon candidat pour un retrait d’inventaire? Oui, j’ose, mais revenons à notre sujet.

Fasciné par les hélicoptères, Doman peut avoir fondé Doman Helicopter Company en août 1945. Il met par la suite au point le rotor rigide mentionné dans la première partie de cet article. Doman conçoit son premier hélicoptère en 1946. Surnommé « Little Zipper » par une personne impliquée dans le projet, cette machine devient le LZ-1. Ce style de désignation plaît tellement à Doman qu’il l’utilise pour la plupart des hélicoptères qu’il met au point au fil des ans. Le LZ-1 ne dépasse toutefois pas l’étape de la table à dessins.

Doman et ses employés installent par la suite un rotor rigide sur un Sikorsky R-6 acquis des United States Army Air Forces, l’actuelle United States Air Force (USAF). Ce prototype de validation de principe, le LZ-1A, vole en août 1947. La fabrication de cette machine entraîne la formation de Doman-Frasier Helicopters, Incorporated. Avant même la fin de l’année, cette société cède la place à Doman Helicopters, Incorporated. Cette dernière entame la conception d’une machine à 8 places afin de répondre aux exigences d’un concours de la USAF, alors en quête d’un hélicoptère de recherche et sauvetage utilisable dans l’Arctique.

Ce LZ-4 attire l’attention d’un géant fatigué de l’industrie aéronautique américaine. Espérant diversifier sa production et conscient de la popularité grandissante de l’hélicoptère, Curtiss-Wright Corporation achète les droits de production du LZ-4. Mieux encore, cette société fabrique un prototype, connu sous le nom de CW-40, qui vole en novembre 1950. La USAF commande en fin de compte un autre hélicoptère, en 1952, le Piasecki H-21 Workhorse / Shawnee, un descendant du HRP Rescuer, ou « banane volante, » mentionné dans un numéro d’octobre de ce bulletin / blogue / machin. Curtiss-Wright ne tarde pas à renoncer à sa licence de production. Le LZ-4 / CW-40 ne dépasse pas l’étape du prototype.

Il est à noter que l’Aviation royale du Canada, une force aérienne connue à l’époque sous le nom de Corps d’aviation royal canadien, compte parmi les clients de Piasecki Helicopter Corporation. Ce service reçoit en effet 20 hélicoptères à rotors en tandem fabriqués par cet avionneur à partir de septembre 1954.

Généralement satisfait par le concept du LZ-4, Doman met au point un hélicoptère à 8 places un peu plus gros et plus puissant, le LZ-5, parfois connu sous le nom de Air Taxi et mentionné dans la première partie de cet article. Consciente du fait que ce prototype semble intéresser certains officiers de la United States Army, Hiller Helicopters (Incorporated ?) achète les droits de production en septembre 1953. Des mois, puis des années passent, sans aucune commande de série. Le LZ-5 n’est finalement produit qu’en trois exemplaires, dont celui construit au Canada et 2 pour la United States Army.

Votre humble serviteur doit avouer avoir sous la main plus de matériel que prévu. J’ai bien peur que vous devrez revenir sur ce site Web connaître le fin fond de l’histoire des hélicoptères Doman. Je dois aussi avouer parler (taper?) beaucoup d’hélicoptères dans ce bulletin / blogue / machin. J’en suis le premier surpris car les « batteurs à œufs » ne m’intéressent habituellement pas tant que ça.

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Rénald Fortier