Miss Daisy et son chauffeur / pilote, Partie 1

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Le seul et unique hélicoptère routier Wagner Aerocar. Anon., “Aviation générale.” Aviation magazine international, 1er août 1967, 42.

Bienvenue, ami(e) lectrice ou lecteur, à cette addition de dernière minute à ce bulletin / blogue / machin. Ayant réalisé qu’il y avait cinq semaines en août, votre humble serviteur s’est démené comme un beau diable pour trouver un sujet qui pourrait vous intéresser – et inclure du contenu canadien. Le voici.

Vers 1960, une nouvelle petite compagnie ouest-allemande se donne pour objectif de concevoir une famille d’hélicoptères polyvalents équipés de deux rotors coaxiaux tournant en sens opposés. Le gouvernement lui fournit un peu d’argent pour l’aider. Un des deux concepts complété par Wagner Helicopter Technik est, non, pas le Wagner Autocar. L’hélicoptère en question est le Rotocar III, le prédécesseur immédiat de l’Aerocar. Ce prototype de validation de principe triplace est l’un des premiers, sinon le premier hélicoptère routier jamais conçu. Transformer ce véhicule aérien en véhicule terrestre est relativement simple. Le pilote / conducteur replie et fixe les quatre pales des deux rotors coaxiaux. La liaison mécanique entre les rotors et le moteur est par la suite désengagée de quelque façon afin d’actionner les quatre roues, remarquablement petites, du véhicule. Reste à savoir si le Rotocar III a réellement volé.

Avant d’aller plus loin, votre humble serviteur ressent le besoin d’écrire, de pontifier oserais-je dire, sur les rotors de l’Aerocar. Pour ainsi dire tous les hélicoptères que vous et moi voyons tous les jours ont un rotor principal et un petit rotor de queue. Le premier fournit à la fois la portance et la poussée à ces hélicoptères. Le rotor de queue, quant à lui, empêche leur fuselage de tourner dans le sens opposé au rotor principal. En tant que tel, il est indispensable au bon fonctionnement de ce type de machine. En comparaison, un hélicoptère avec deux coaxiaux a besoin d’un rotor de queue comme un poisson a besoin d’une bicyclette, si je peux emprunter cette expression bien connue. Un tel hélicoptère peut utiliser toute sa puissance pour soulever une charge au lieu d’en gaspiller une partie sur un rotor de queue. Mieux encore, l’absence de ce rotor de queue élimine une source majeure de blessures et, malheureusement, de décès pour le personnel au sol et les spectateurs. Les hélicoptères à rotors coaxiaux tendent également à être plus silencieux, moins sujets aux vibrations et plus compacts que ceux équipés d’un rotor de queue. Cela dit, les systèmes de rotor coaxiaux sont plus complexes et, du moins potentiellement, plus susceptibles aux défaillances. Mais revenons à notre histoire.

Raisonnablement satisfait de la conception du Rotocar III, Wagner Helicopter Technik le raffine pour créer l’Aerocar. Un prototype de cette machine quadriplace futuriste est complété et vole en 1965. Selon certains, l’Aerocar ressemble un peu à la voiture volante familiale qui appartient aux personnages principaux de la série animée de télévision américaine Les Jetsons, diffusés (en anglais) en 1962-63 et 1984-87. Contrairement à son équivalent fictif, il ne connaît pas de succès commercial. Vers 1971, Wagner Helicopter Technik vend les droits de production de ses différents projets, y compris l’Aerocar, à une petite compagnie ouest-allemande avec un nom vraiment long. Helicopter Technik München Gesellschaft mit beschränkter Haftung & Company Anlagen Kommanditgesellschaft met fin au développement de l’Aerocar presque immédiatement.

La conduite d’un Aerocar sur une autoroute ou une rue bondée en pleine ville aurait-elle été sûre, voilà la question. Tous les aéronefs routiers et voitures volantes doivent faire face à ce problème. C’est l’humble et controversée opinion de cet auteur que la plupart de ces véhicules seraient dangereux peu importe la vitesse.

Après avoir lu tout cela, ami(e) lectrice ou lecteur, vous pouvez vous demander, ou non, si cette histoire a le moindre contenu canadien. Ne craignez point, vous dis-je, car il s’en vient, dans la seconde partie de ce bref, oui, bref, article.

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Rénald Fortier