Les titres de films peuvent être tellement… positifs et joyeux : Le danger vient de l’espace

Catégories
Médias
Une affiche du film italo-français La morte viene dallo spazio. On y voit 2 membres de l’équipe du centre de contrôle : le chercheur français peu ragoutant et la jolie mais froide mathématicienne.

Bonjour / buongiorno / good day, ami(e) lectrice ou lecteur. Êtes-vous intéressé(e) ou, mieux encore, fasciné(e) par la science fiction? Si oui, votre humble serviteur vous conseille de quitter cette page Web. Non, non, ne partez pas! Votre humble serviteur plaisantait. Cela étant dit (tapé?), je me dois de vous prévenir que le film que nous allons examiner cette semaine ne compte pas parmi les chefs d’œuvres du 7e art. La morte viene dallo spazio / Le danger vient de l’espace n’est pourtant pas sans mérite. La version originale de ce long métrage italo-français arrive en salle, en Italie, en septembre 1958.

L’intrigue de cette production en noir et blanc au budget limité se lit comme suit. De nombreux journaux de par le monde annoncent en première page que les États-Unis et l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) travaillent de concert, dans le cadre d’un projet de l’Organisation des nations unies, afin de lancer vers la Lune une fusée à propulsion nucléaire. De fait, l’équipe qui a conçu cette merveille technologique est dirigée par un ingénieur soviétique. La dite fusée doit s’envoler de la base de Cape Schark / Shark, Australie, un site fictif, avec un pilote soviétique, britannique ou américain. Ce pilote, le premier être humain lancé dans l’espace, va survoler la Lune sans s’y poser.

Le jour du lancement, l’Américain John McLaren monte à bord de la capsule de l’énorme fusée. Une caméra de télévision montée en face de lui transmet son image au centre de contrôle. La fusée ayant décollé sans problème, McLaren se retrouve en orbite. Les quelques météores / météoroïdes qu’il observe ne semblent poser aucun danger. Bien attaché sur son siège, McLaren affirme ne pas être affecté par la quasi absence de gravité. Son moral est bon mais il semble un peu sonné. L’Américain s’amuse un bref instant avec un crayon qui flotte devant son visage.

Ravi par la tournure des événements, le personnel du centre de contrôle trinque à la santé de McLaren. Leur joie cède la place à de l’inquiétude lorsque le contact radio avec la fusée est coupé alors que celle-ci survole la Lune. McLaren se trouve alors en situation d’urgence. La fusée s’éloigne de la trajectoire prévue et il ne parvient pas à remédier à la situation. En désespoir de cause, McLaren actionne le dispositif qui sépare sa capsule de la fusée. Il rentre sur Terre sain et sauf, au grand soulagement de toutes et tous.

La fusée, pendant ce temps, poursuit sa course folle. Elle explose dans une région du système solaire où se trouvent des astéroïdes. La dite explosion entraîne l’agglomération de bon nombre d’entre eux. Sans que personne sur Terre ne le sache, l’imposant essaim né de cette fusion commence peu après à se diriger vers notre planète. Il ne tarde toutefois pas à être détecté.

D’étranges signaux radio ne tardent pas à être captés sur Terre. Des effets de lumière tout aussi étranges apparaissent dans les cieux. Le compagnon canin du personnel du centre de contrôlé, Geiger, est très rapidement affecté. Le champ magnétique terrestre diminue et la température commence à augmenter. Plusieurs régions du globe sont touchées par des inondations ou des incendies. Alors que la situation se détériore, de nombreux oiseaux et mammifères entament des migrations imprévues.

Quelques chercheurs indiquent toutefois une lueur d’espoir. L’essaim d’astéroïdes va passer à ce point près de la Lune que sa trajectoire pourrait être affectée. De nombreux astéroïdes pourraient par ailleurs heurter notre satellite. Cela étant dit (tapé?), à supposer que la Terre ne subisse pas un impact direct, ses régions côtières seraient dévastées par de terribles raz de marée. Il faut par conséquent évacuer les populations menacées vers l’intérieur des terres. La panique règne et il y a des émeutes. Alors que les heures s’écoulent, le monde retient son souffle. Le miracle tant espéré ne se produit pas. La trajectoire de l’astéroïde le plus imposant n’a pas vraiment changé.

Un chercheur du nom de Randowsky craque sous la pression des événements. Il crie que l’essaim d’astéroïdes qui fonce vers la Terre est une punition divine. L’exploration de l’espace s’effectue en effet à l’aide de fusées dérivées plus ou moins directement de missiles balistiques intercontinentaux à ogive (thermo)nucléaire. Ses propos, aussi incohérents qu’ils soient, donnent une idée à McLaren.

Les grandes puissances doivent lancer leurs missiles balistiques intercontinentaux en direction de l’essaim d’astéroïdes. L’explosion de leurs ogives pourrait sauver l’humanité. Le calcul des trajectoires des missiles nécessite évidemment des calculs complexes qui ne peuvent être réalisés que par les calculateurs / ordinateurs de la base de Cape Schark. Le réchauffement climatique mondial entraîne toutefois un réchauffement de la salle où se trouvent les ordinateurs. Leur bon fonctionnement étant menacé, le système de refroidissement doit fonctionner à plein régime. Brandissant une arme, Randowsky semble arrêter ce système. McLaren et un groupe de chercheurs se lancent contre lui. Un chercheur meurt, victime d’une balle. Randowsky meurt électrocuté.

Une fois le système de refroidissement relancé, les ordinateurs effectuent leurs calculs. McLaren souligne gravement que la survie de l’humanité dépend maintenant des armes crées pour la détruire. Une nuée de missiles, jusqu’à 3 000 peut-être, s’élève peu après vers l’espace. Les explosions détruisent et / ou éloignent les astéroïdes. La Terre est sauvée. Geiger est bien content. Fin.

Permettez-moi de commencer mon analyse de La morte viene dallo spazio / Le danger vient de l’espace en soulignant que c’est l’un des premiers, sinon le premier film de science fiction italien. Et non, ami(e) lectrice ou lecteur cinéphile, ce n’est pas le premier film dont l’intrigue repose sur un corps céleste qui menace notre bonne vieille Terre. Il suffit de songer à des films catastrophes tels que La fin du monde d’Abel Gance, né Abel Eugène Alexandre Perthon, et Le choc des mondes de Rudolph Maté, né Rudolph Mayer, sortis en 1931 et 1951, en France et aux États-Unis. Ces 2 longs métrages ne sont pas non plus les premiers films du genre.

Consciente que le monde où elle vit est soumis à de fortes tensions occasionnées par la Guerre froide, l’équipe de production de La morte viene dallo spazio / Le danger vient de l’espace veut transmettre un message optimiste aux spectatrices et spectateurs. Elle propose que les États-Unis et l’URSS peuvent mettre leur rivalité de côté afin de coopérer en matière d’exploration spatiale. Mieux encore, ces 2 superpuissances peuvent travailler de concert afin de sauver l’humanité. Si l’optimisme de l’équipe de production semble bien naïf, on ne peut nier la nécessité de réduire les tensions occasionnées par la Guerre froide. La survie de la Terre en tant qu’environnement capable de supporter la vie en dépendait.

Comme il a été dit (tapé?) plus haut, la version italienne de La morte viene dallo spazio / Le danger vient de l’espace arrive en salle en septembre 1958. La version française suit en février ou juillet 1959. Compte tenu du fait que la distribution compte des comédiennes et comédiens né(e)s dans divers pays du monde (Allemagne, Brésil, France, Italie et Suisse par exemple), votre humble serviteur aimerait bien savoir quelle(s) langue(s) tout ce beau monde parle au cours du tournage. De fait, les dialogues de certains personnages sont doublés dans la version française du film.

Dans un tout autre ordre d’idée, permettez-moi de mentionner que les premières américaine et britannique de notre long métrage se tiennent en septembre 1961 et à une date indéterminée (1960?). Votre humble serviteur doit avouer ne pas comprendre pourquoi le titre du film présenté aux États-Unis, The Day the Sky Exploded, diffère de celui qui est offert aux cinéphiles britanniques, Death Comes from Outer Space. Cela étant dit (tapé?), j’aimerais soumettre une suggestion aux cinéclubs et cinémas de répertoire. Ils devraient envisager la possibilité d’offrir un programme double comprenant The Day the Sky Exploded et un long métrage américain sorti en salle en juin 1957, The Night the World Exploded. Je vous dis ça comme ça. Avant que je ne l’oublie, veuillez noter que ce dernier film catastrophe décrit les aventures de chercheurs aux prises avec une série de violents tremblements de terre.

Détail intéressant, la voix de la personne qui lit les quelques lignes de dialogue d’une assistante de laboratoire ressemble beaucoup à celle de Lois Maxwell Marriott, née Lois Ruth Hooker. Quelques années plus tard, cette comédienne canadienne encore largement inconnue prête ses traits à un personnage à la fois secondaire et iconique de la plus importante série de longs métrages des 20e et 21e siècles, Eve / Jane Moneypenny, l’adjointe exécutive du patron de l’agent secret britannique James Bond, un personnage connu entre tous mentionné dans un numéro de mai 2018 de notre blogue / bulletin / machin.

La voix de la personne qui lit les nombreuses lignes de dialogue de McLaren ressemble quant à elle beaucoup à celle d’un comédien canadien, Shane Rimmer. Et ici repose une histoire. Désolé.

Après avoir supervisé la production de 3 séries télévisées pour enfants et adolescentes / adolescents fort innovatrices qui se déroulent sur Terre, dans l’espace et sous la mer, le Britannique Gerry Anderson, né Gerald Alexander Abrahams, lance Les sentinelles de l’air en septembre 1965, avec l’aide de son épouse, Sylvia, née Sylvia Thamm. Cette série, de beaucoup sa plus populaire, fait aussi appel à une technique dite Supermarionation, fondée sur l’utilisation de marionnettes à fils. Les sentinelles de l’air relate les aventures des membres d’une équipe de sauvetage international dont la base secrète se trouve sur une île où demeurent son chef, un ex-astronaute américain, Jeff Tracy, ses 5 fils, ainsi que leurs collègues et ami(e)s. Utopie technologique avec bien peu de minorités visibles, Les sentinelles de l’air se déroule dans les années 2060.

Si je peux me le permettre, certain(e)s d’entre vous peuvent avoir vu des marionnettes de Les sentinelles de l’air dans un vidéoclip de Dire Straits, un des plus importants groupes rock britanniques des années 1980. Produit en 1991 et coréalisé par Anderson, Calling Elvis met en vedette des marionnettes à fils qui reproduisent également les traits des membres du groupe.

Anderson conçoit Les sentinelles de l’air en partie en fonction du lucratif marché américain. Il donne aux fils de Tracy le prénom de 5 astronautes américains du programme Mercury de la National Aeronautics and Space Administration, par exemple. Trois comédiens canadiens aujourd’hui bien oubliés, le susmentionné Rimmer, ainsi que Peter Dyneley et Matthew Zimmerman, prêtent leurs voix aux personnages de Scott, Jeff et Alan Tracy. Un quatrième, Jeremy Wilkins, remplace un Américain qui est rentré chez lui. Il prête sa voix à Virgil Tracy. Détail intéressant, Anderson et son équipe donnent à leurs nombreuses marionnettes l’apparence de comédiens plus ou moins bien connus. Il suffit de songer à Thomas Sean Connery, Charlton Heston, né John Charles Carter, et Anthony Perkins. Jeff Tracy, quant à lui, porte les traits d’un comédien canadien tout aussi bien connu et annonceur de Canadian Broadcasting Corporation pendant la Seconde Guerre mondiale, Lorne Greene, né Lorne Himan Green. Anderson croit selon toute vraisemblance que les voix de comédiens britanniques plairaient moins à de jeunes téléspectatrices et téléspectateurs américains.

Et oui, ami(e) lectrice ou lecteur assidu(e), l’astronaute du programme Mercury dont le prénom est Virgil est nul autre que Virgil Ivan « Gus » Grissom, mentionné dans un numéro de juillet 2018 de notre blogue / bulletin / machin. Accordez vous une petite étoile dorée et achetez-vous un sandwich au corned beef, parce que vous le valez bien.

Les 64 épisodes de Les sentinelles de l’air passent en ondes entre septembre 1965 et décembre 1966. Au fils des ans, cette série est traduite et diffusée dans au moins 65 pays, dont le Canada – et le Québec. Elle donne naissance à une multitude de produits dérivés, des barres de chocolat au lait aux figurines, en passant par les bandes dessinées, les romans et les jeux vidéo.

Dans ce dernier cas, permettez-moi de mentionner Thunderbirds, lancé en 1985 par Firebird Software Limited, une filiale de la division Telecomsoft d’un géant britannique, British Telecommunications Public Limited Company. Au moins une autre compagnie britannique, Activision Incorporated, publie un jeu intitulé Thunderbirds, en 1990. Au moins un de ces produits est disponible en version compatible avec un des plus fameux ordinateurs britanniques de tous les temps et un des plus importants ordinateurs personnels de l’histoire des jeux vidéos, le Sinclair Research ZX Spectrum, ou « Speccy, » lancé en 1982.

Anderson et son équipe produisent 2 long métrages, Thunderbirds et l’odyssée du cosmos et L’odyssée du cosmos / Thunderbirds et Lady Pénélope, en 1966 et 1968, qui ne connaissent guère de succès. Un troisième film, Les sentinelles de l’air, sorti en 2004, fait appel à des personnages humains. Il n’est pas très réussi non plus. Une série japonaise de dessins animés, Thunderbird 2086, entre en ondes en 1982. Une autre version animée, Thunderbirds – Les sentinelles de l’air, arrive sur le petit écran en 2015. Elle n’est pas particulièrement intéressante, et je m’éloigne vraiment du sujet. Toutes mes excuses.

Passons maintenant en revue certains aspects de La morte viene dallo spazio / Le danger vient de l’espace. Avant d’aller plus loin, votre humble serviteur se doit de souligner que l’Australie joue un rôle dans l’évolution d’un personnage de bande dessinée bien connu. Dan Cooper, un pilote de chasse canadien imaginé par le dessinateur et scénariste belge Albert Weinberg, se rend dans ce pays pour mettre à l’essai le Triangle Bleu, un avion de chasse supersonique à décollage et atterrissage verticaux conçu par son père. L’hebdomadaire illustré belge Tintin présente cette première aventure de Cooper à ses lectrices et lecteurs à partir de décembre 1954. Les histoires de Weinberg touchent plus d’une fois à l’espace. Elles frôlent aussi la science fiction, tout particulièrement au cours des années 1950. Symbole de la dualité canadienne, Cooper a un père anglophone et une mère francophone. Au fil des ans, il sert au sein de la Royal Air Force britannique, de l’Aviation royale du Canada (ARC), des Forces armées canadiennes (FAC) et des Forces canadiennes.

Croiriez-vous qu’une fusée à propulsion nucléaire est utilisée pour envoyer jusqu’à la Lune un héros de bande dessinée connu autour du monde? Cet épisode des aventures de Tintin paraît à l’origine dans l’hebdomadaire illustré belge Tintin entre mai 1952 et décembre 1953. Et oui, ce voyage épique est mentionné dans un numéro de juillet 2018 de notre blogue / bulletin / machin.

Les scénarios de 3 aventures que le Belge Jean-Michel Charlier rédige pour dépanner Weinberg, alors surchargé de travail, constituent un point tournant. Ce dernier y trouve des enseignements qui lui sont précieux. Charlier agit en secret afin de ne pas entrer en conflit avec la direction de l’hebdomadaire illustré belge Spirou, pour laquelle il rédige les scénarios des aventures de Buck Danny, un autre classique de la bande dessinée aéronautique. Pas moins de 20 millions d’exemplaires des 54 albums détaillant les aventures de ce pilote de chasse américain paraissent entre 1948 et 2015. La première histoire paraît en fait dans Spirou dès 1947. Et oui, ami(e) lectrice ou lecteur aux yeux bien ouverts, cet hebdomadaire est mentionné dans un numéro de juin 2018 de notre blogue / bulletin / machin.

En guise de comparaison, pas moins de 25 millions d’exemplaires des 41 albums détaillant les aventures de Cooper paraissent entre 1957 et 1992. Au fil des ans, les aventures de Cooper sont traduites en plusieurs langues, mais pas en anglais, ce qui est un peu curieux compte tenu de la popularité du personnage parmi les officiers de l’ARC et des FAC. Votre humble serviteur se souvient avoir reçu en cadeau un album détaillant une des aventures de Cooper vers la fin des années 1960.

Il est à noter que le principal quotidien de Québec, Québec, Le Soleil, publie un épisode de l’album 3 cosmonautes à chaque semaine, entre février 1971 et avril 1972. Le principal quotidien francophone canadien, La Presse de Montréal, Québec, fait de même avec l’album Les hommes aux ailes d’or, entre août 1975 et juin 1976.

En novembre 1971, un homme qui dit s’appeler Dan Cooper, et non pas D.B. Cooper, détourne un avion de ligne à réaction au-dessus de l’Orégon. Il saute par la suite en parachute et disparaît. Vers 2007, l’agent du Federal Bureau of Investigation qui hérite du dossier conclut que ce fameux pirate de l’air, probablement un ex-membre de la United States Air Force ayant servi en Europe, choisit son nom d’emprunt pour « honorer » le personnage créé par Weinberg. Un long métrage américain de bien mauvaise qualité, 200 000 dollars en cavale, sorti en 1981, raconte cette histoire pour le moins fascinante.

Le Musée national de l’aviation, l’actuel Musée de l’aviation et de l’espace du Canada, à Ottawa, Ontario, offre à ses visiteuses et visiteurs une exposition sur Cooper en 1994. Du beau travail, MD! Quelques autres institutions canadiennes empruntent Dan Cooper : Héros canadien au cours des mois suivants, mais revenons encore une fois à notre sujet d’aujourd’hui.

Soit dit en passant, une troisième bande dessinée aéronautique francophone voit le jour, en 1959, dans le nouvel hebdomadaire illustré français Pilote. Le susmentionné Charlier fait équipe avec Albert Uderzo, né Alberto Aleandro Uderzo, pour créer Michel Tanguy et son ami Ernest Laverdure. Les aventures de ces 2 pilotes de chasse dans la force aérienne française, l’Armée de l’Air, se retrouvent dans 29 albums publiés à 6 millions d’exemplaires entre 1961 et 2015. Dès 1960, Radio Luxembourg ou, plus exactement, la Compagnie luxembourgeoise de télédiffusion, diffuse un feuilleton radiophonique hebdomadaire consacré à Tanguy et Laverdure et à d’autres personnages de Pilote, dont Astérix le Gaulois, un des grands personnages de la bande dessinée francophone du 20e siècle.

La très grande popularité de Tanguy et Laverdure entraîne la création de 2 séries télévisées, Les Chevaliers du ciel et Les Nouveaux chevaliers du ciel, en onde en 1967-69 et 1988-91. La chanson thème de la première série est interprétée par nul autre que l’Elvis Aaron Presley français, Johnny Halliday, né Jean-Philippe Smet. Un film somme toute peu réussi, Les Chevaliers du ciel, entre en salle en 2005. Votre humble serviteur se souvient avoir vu des épisodes de Les Chevaliers du ciel à la télévision au cours des années 1970, au Québec.

Cela étant dit (tapé?), Uderzo ne dessine plus les aventures de Tanguy et Laverdure à partir de 1966. D’autres personnages, plus populaires encore, occupent une bonne partie de son temps. Uderzo et René Gosciny lancent en effet les aventures du susmentionné Astérix et de son ami Obélix. Pas moins de 8 dessinateurs remplacent ainsi Uderzo au fil des ans. Le décès de Charlier, en 1989, fait en sorte qu’aucun album des aventures de Tanguy et Laverdure ne sort entre 1988 et 2002.

Où en étais-je? Ah oui, je passais en revue certains aspects de La morte viene dallo spazio / Le danger vient de l’espace. Plusieurs commentateurs notent la présence de nombreux extraits de films d’archives ou d’actualité tout au long de ce film. Ce matériel disparate est somme toute bien assemblé et bien utilisé. Mentionnons à titre d’exemple les tristes scènes de gens qui fuient les régions côtières. De même, l’atmosphère et les effets spéciaux du film ne sont pas mauvais. Il suffit de songer au modèle réduit de la fusée lunaire, fort élégant et bien filmé au moment du décollage et plus tard dans l’espace. N’oublions pas non plus la musique originale du film, qui ajoute beaucoup au sentiment de danger venue de l’espace tout, et ce même si elle est un tant soit peu agaçante par moment. La morte viene dallo spazio / Le danger vient de l’espace s’inscrit en fait dans une nouvelle phase de l’évolution du cinéma italien. Les studios cherchent en effet à percer les lucratifs marchés britannique et américain à l’aide de films qui ressemblent à ceux qui sont produits dans ces pays.

Permettez-moi de souligner l’absence de candidat pilote italien ou français pour la fusée lunaire de La morte viene dallo spazio / Le danger vient de l’espace. Une telle absence a de quoi surprendre dans un film italo-français. De fait, la distribution ne comprend pas beaucoup de comédiens français. Pis encore, un des rares personnages identifiés comme français est un dragueur arrogant. Croiriez-vous que ce chercheur peu ragoutant ose parier avec des collègues qu’il peut séduire la jolie mais froide mathématicienne de l’équipe? Celle-ci le gifle lorsqu’elle réalise ce qui se passe. Ironiquement, ce sont ces 2 personnages qui supervisent le calcul des trajectoires des missiles et sauvent le monde.

Prises dans leur ensemble, les actions et / ou propos de l’ensemble des personnages du film frôlent la caricature. La longueur même des scènes filmées dans le centre de contrôle rend cette carence plus visible encore.

La décision de l’équipe de tournage de placer McLaren, un Américain, dans la capsule de la fusée lunaire, tient peut-être au fait que les États-Unis se trouvent au premier rang en matière de puissance économique et militaire. Les Américaines et Américains achètent aussi beaucoup de billets de cinéma. Quoiqu’il en soit, McLaren est un homme d’action. Il porte une combinaison et un casque lorsqu’il prend place dans la capsule de la fusée lunaire. Cela étant dit (tapé?), la visière du dit casque ne couvre pas entièrement son visage – une carence potentiellement fatale en cas de bris de la capsule. La présence d’une caméra de télévision à l’intérieur de celle-ci est toutefois pour le moins prophétique. Une telle caméra se trouve en effet dans au moins 1 capsule spatiale Vostok de même que dans 1 capsule spatiale Mercury, lancées respectivement par l’URSS et les États-Unis au cours des années 1960. Le personnel des centres de contrôle au sol soviétique et américain ne peuvent toutefois pas converser avec les cosmonautes / astronautes. Et oui, ami(e) lectrice ou lecteur, la capsule spatiale Vostok est mentionnée dans un numéro de juillet de notre blogue / bulletin / machin.

Si McLaren, bien attaché sur son siège, ne flotte pas au cours de son voyage dans l’espace, la scène montrant le crayon avec lequel il s’amuse illustre bien et à un coût peu élevé l’état d’apesanteur qui sévit à bord de la capsule. La présence de météores / météoroïdes n’a rien d’exceptionnel dans les longs métrages spatiaux de l’époque. En somme, le vol de McLaren est présenté de manière réaliste.

Les choses commencent à se gâter en ce qui concerne le réalisme lorsque l’explosion de la fusée entraîne la création d’un essaim d’astéroïdes – un résultat somme toute paradoxal. Les phénomènes qui affectent la Terre, de la baisse du champ magnétique aux incendies, sont tout aussi absurdes.

Aussi originale et bien intentionnée qu’elle soit, l’utilisation des missiles intercontinentaux pour détruire l’essaim d’astéroïdes n’est guère réaliste. Les armes disponibles ou en cours de mise au point à l’époque, les Korolev R-7 soviétique et Convair SM-65 Atlas américain par exemple, 2 missiles mentionnés dans un numéro de juillet 2018 de notre blogue / bulletin / machin, ne peuvent pas s’élever à une très grande distance de la Terre. Leur explosion, même simultanée et en un point précis, ne pourrait ni détruire ni dévier un énorme astéroïde. À supposer que celui-ci ait été fractionné, les dégâts occasionnés auraient néanmoins été catastrophiques.

À la différence de certains films spatiaux américains ou britanniques de l’époque qui incluent des catastrophes, La morte viene dallo spazio / Le danger vient de l’espace laisse entendre que l’exploration de l’espace ne doit pas se poursuivre. Peut-être qu’il ya une limite que nous n’avons pas le droit de traverser, affirme un des chercheurs présents dans le centre de contrôle Veuillez ne pas hésiter à cogiter sur cette question, ami(e) lectrice ou lecteur. Je serai ici la semaine prochaine, si le ciel ne me tombe pas sur la tête, par Bélénos, par Toutatis et par exemple.

Auteur(s)
Profile picture for user rfortier
Rénald Fortier