Il y a autre chose dans la vie que les avions, Partie 1

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Le prototype de l’aéroglisseur utilitaire léger Cushioncraft CC7, St. Helens, Île de Wight, Angleterre, avril 1968. John Bentley, « Latest Light Utility: Cushioncraft CC7. » Flight International (Air-Cushion Vehicles supplement), 23 mai 1968, 61.

Pour dire vrai, il y a effectivement autre chose dans la vie que les avions. Une liste d’objets couverts dans cette catégorie non aéronautique serait très longue. Toute liste digne de ce nom devrait toutefois inclure les bières de style belge, les dinosaures et les ptérosaures (Gag privé. Bien le bonjour, Numéro un.), ainsi que les véhicules à coussin d’air. En d’autres termes, les aéroglisseurs. Qu’est-ce qu’un aéroglisseur, demandez-vous? La question en soi est douloureuse, ami(e) lectrice ou lecteur. Elle montre à quel point les gens oublient une machine qui promettait de révolutionner le transport dans des zones assez plates où les véhicules conventionnels ne pouvaient pas, et ne peuvent toujours pas, passer – de la toundra arctique aux marais équatoriaux.

Un aéroglisseur utilise des ventilateurs de types variés pour accumuler énorme volume d’air sous sa coque. Cet air est typiquement contenu dans une jupe flexible. Une ou des hélices entraînées par le ou les moteurs fournissent généralement la poussée nécessaire pour déplacer l’aéroglisseur. Canaliser une partie de l’air aspiré par les ventilateurs fonctionne tout aussi bien, au moins pour les véhicules relativement petits.

Ce que votre humble serviteur a trouvé dans un numéro d’avril 1968 du célèbre magazine hebdomadaire britannique Flight International est l’un des nombreux aéroglisseurs prometteurs lancés il y a un demi-siècle. Et oui, un aéroglisseur est mentionné dans un numéro de mars 2018 de notre blogue / bulletin / machin.

Notre histoire commence en fait en 1960 quand un petit avionneur britannique, Britten-Norman Limited, fonde une filiale pour développer et construire, vous l’avez deviné, des aéroglisseurs. Entre 1960 et 1968, Cushioncraft Limited développe pas moins de 7 modèles. Six d’entre eux sont effectivement testés mais un seul, le CC7, va au-delà de la phase du prototype – et de bien peu. Cushioncraft devient une société distincte en 1967, afin que British Hovercraft Corporation (BHC), un leader mondial incontesté dans le domaine mentionné dans le numéro susmentionné de mars 2018 de notre blog / bulletin / machin, puisse acheter une part minoritaire. Confronté à de graves problèmes financiers, Britten-Norman cède ses parts restantes dans Cushioncraft à BHC vers le mois d’octobre 1971. Cette vente, qui a eu lieu quelques jours avant la mise sous séquestre de la petite entreprise, annule pratiquement tout travail de développement, vu le manque d’intérêt du nouveau propriétaire dans ce que Cushioncraft a conçu.

Après avoir mis la scène en place et pour ainsi dire dévoilé le cœur de ce récit, votre humble serviteur suggère néanmoins de poursuivre avec l’histoire du CC7, un dérivé amélioré et légèrement agrandi du CC5, un aéroglisseur testé pour la première fois vers mars 1966 et endommagé de manière irréparable pendant des essais, en octobre de la même année. Le CC7 doit en fait ses origines à une demande de la British Army pour un aéroglisseur peu bruyant qu’elle pourrait utiliser pour la reconnaissance. Cushioncraft et le Ministry of Technology, ou Mintech, comme on l’appelle communément, signent un contrat de recherche à une date indéterminée. Testé pour la première fois en avril 1968, le CC7 est la première machine de Cushioncraft à ne pas être conçue comme prototype de validation de principe ou de recherche. L’entreprise souhaite vivement produire ce véhicule utilitaire léger de 8 / 10 places.

Le prototype du CC7, un concept relativement peu coûteux mais polyvalent capable de remplir des rôles aussi variés que le sauvetage en cas d’accident, la reconnaissance, la patrouille, la lutte contre les incendies et l’entraînement, est propulsé par une turbine à gaz ST6, un dérivé du magnifique turbopropulseur PT6 de United Aircraft of Canada Limited (UACL), une filiale de la division Pratt & Whitney Aircraft du géant aéronautique américain United Aircraft Corporation. Ce moteur un peu coûteux fournit à la fois la portance et la propulsion du véhicule. L’absence d’hélice réduit considérablement la quantité de bruit produite par le CC7. Sans doute l’aéroglisseur le plus silencieux de sa génération, il est parfois connu sous le nom de « Whispering Hovercraft » ou aéroglisseur qui murmure. Et oui, UACL est aujourd’hui connu sous le nom de Pratt & Whitney Canada Incorporée.

Est-ce là l’ensemble du contenu canadien pour aujourd’hui, demandez-vous, ami(e) lectrice ou lecteur? J’en ai bien peur, dis-je. Or donc, à la revoyure.

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Rénald Fortier