Hans Lundberg, le plus grand détective minier du Canada, Partie 2

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Hans Lundberg examinant le magnétomètre remorqué par un Beech Modèle 18 uti-lisé par U.S. Geological Survey, Rockcliffe, Ontario, 12 septembre 1946. MAEC, Coll. Spartan Air Services, numéro de négatif 35818.

Bienvenu, ami(e) lectrice ou lecteur quelque peu impatient. Reprenons notre récit avec une brève biographie du personnage principal de cet article, Hans Torkel Fredrik Lundberg, un individu né à Malmö, Suède, le 22 juillet 1893. Alors qu’il est adolescent, ce garçon aventureux fait l’essai d’un planeur fait de bambou et de papier d’emballage en sautant d’une falaise qui surplombe la mer Baltique. Quelques arbres amortissent la chute de Lundberg et lui sauvent peut-être la vie. Il s’en tire avec une clavicule fracturée.

Vers 1918, après avoir obtenu un diplôme du Kungliga Tekniska Högskola, ou Institut technique royal, à Stockholm, Lundberg conçoit et met à l’essai un dispositif d’exploration géophysique en collaboration avec un autre ingénieur, Harry Nathörst. Cet équipement est utilisé pour découvrir de gros gisements de minerais en 1918 et 1922, dans le nord de la Suède. Une des découvertes à laquelle Lundberg contribue tire ses origines d’une rencontre avec un chaman de la population indigène Sami de Scandinavie en attente de procès suite au décès de quelques patients qui avaient respiré les vapeurs d’une de ses potions. Le jeune homme analyse la dite potion et découvre qu’elle contient de l’arsenic et du cuivre, deux ingrédients dont le chaman ignorait le présence. Une quête pour le gisement de cuivre commence aussitôt. Elle mène à la fondation d’une mine qui rend la Suède autosuffisante pour des années à venir. En 1926, Lundberg est apparemment impliqué dans la découverte d’une importante veine d’or, également dans le nord du pays. Le fait est que la Suède est sur le point de devenir un chef de file mondial en matière d’exploration géophysique.

La direction de la société new-yorkaise Swedish-American Prospecting Corporation est suffisamment impressionnée par cette nouvelle technologie pour offrir à Lundberg un emploi de gestionnaire de terrain vers 1923-24. Le jeune homme déménage aux États-Unis avec son épouse, Signe Maria Lundberg, et leurs deux jeunes fils, Torkel Torkelsson et Sten Torkelsson Lundberg. À partir de 1926, Lundberg effectue des levés près de la rivière Buchans, à Terre-Neuve, un Dominion intégré au Canada en 1949. Les dépôts de minerai qu’il découvre au cours de sa première année là-bas comptent parmi les plus riches jamais trouvés en sol canadien. Convaincu que l’exploration géophysique a un brillant avenir au Canada, Lundberg accepte le poste de vice-président et gérant de Swedish-American Prospecting Company of Canada. Initialement basé à Haileybury, Ontario, un site clé pendant les premières années du vol de brousse au Canada, il s’installe finalement à Toronto, Ontario. Vue l’absence de citoyenneté canadienne avant 1947, Lundberg devient sujet britannique en 1936. Il fonde un cabinet de conseil, Hans Lundberg Limited, à une date indéterminée et augmente peu à peu sa clientèle en tant que détective minier indépendant.

En dépit de la découverte du site Buchans, les premières années de Lundberg au Canada s’avèrent difficiles. Plusieurs personnes qui affirment être des géophysiciens sont des charlatans. Vers 1928-29, la situation est à ce point mauvaise que le Canadian Institute of Mining and Metallurgy demande au gouvernement fédéral d’examiner la valeur du travail effectué par les géophysiciens. On leur demande ainsi de préciser la position d’un gisement connu. Parmi les 25 participants environ, seuls Lundberg et une autre personne donnent une bonne réponse. Alors que les années 1920 cèdent la place aux années 1930, sa chance commence à tourner. L’industrie minière canadienne fait de plus en plus confiance à l’expertise de Lundberg. Il n’est plus le Suédois veinard qui a une baguette de sourcier dernier cri.

La fascinante histoire du plus grand détective minier du Canada se poursuit dans la 3e partie de cet article. Ne la manquez pas.

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Rénald Fortier