Vous souvenez-vous de Joan Trefethen? Moi si, moi si!, Partie 1

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Alfred Trefethen et le Mace-Trefethen Seamaster. Charles Tracy, “Aeronews – Y-tail pusher racer.” Air Progress, novembre 1967, 12.

Votre humble serviteur aimerait vraiment savoir si vous vous souvenez de Joan Trefethen, une pilote californienne que nous avons rencontrée dans un numéro de septembre de ce blog / bulletin / machin. Oui? Bien. Maintenant, vous souvenez-vous de son mari, Alfred « Al » Trefethen? Oui? Encore mieux, car il est un personnage principal de l’histoire qui est sur le point de se dérouler ici-même. Et oui, il y aura du contenu canadien.

 

Il était une fois, en 1948 plus précisément, quatre diplômés du Parks College avec un rêve. Cette institution du Missouri, la première école d’aéronautique américaine approuvée par le gouvernement fédéral, associée depuis un certain temps à Saint-Louis University, est connue en 2017 sous le nom de Parks College of Engineering, Aviation and Technology. Ces diplômés, dis-je, travaillent pour McDonnell Aircraft Corporation, un petit avionneur lui aussi basé à Saint-Louis. Ce sont George Allen Owl, Jr., Errol Painter et Robert Bruce « Bob » Short. Intéressés par la conception d’un aéronef bien à eux, ces passionnés d’aviation forment Parks Alumni Racebuilders Consortium, ou PAR, en septembre 1948.

The Parks Alumni Racebuilders Consortium PAR Special. Anon., “Have you seen?” Flying, February 1951, 35.

Le Parks Alumni Racebuilders Consortium PAR Special. Anon., « Have you seen? » Flying, février 1951, 35.

 

Le monoplace conçu par Owl, le PAR Special, est un avion de course Goodyear. En d’autres termes, c’est un avion de course de petite taille, peu coûteux mais bien conçu réalisé par une petite équipe afin de participer à des compétitions lancées en 1946 par Goodyear Tire and Rubber Company, un géant de l’industrie automobile américaine. De telles machines sont communément appelées aéronefs de course Formule 1, une expression mieux connue pour son utilisation dans le monde de la course automobile. La construction du Special débute au printemps 1949. Mis à l’essai en janvier 1950, cet aéronef original, pour ne pas dire radical participe à un certain nombre de courses mais ne connaît guère de succès. Il est démonté à une date encore indéterminée, peut-être dès 1952.

 

À un certain moment dans les années 1960, deux constructeurs amateurs californiens, en d’autres mots deux personnes impliquées dans la fabrication d’aéronefs pour leur propre usage, acquièrent les ailes, le fuselage arrière et la queue du Special. Trefethen et un ami, Harvey F. Mace, se proposent de concevoir un hydravion à flotteur monoplace à partir de ces éléments. Thomas R. « Tom » Trefethen aide son père de temps à autre. La machine résultante est, vous l’avez deviné, le Mace-Trefethen Seamaster. Le « Blue Bullet, » comme on l’appelle également, est complété en 1966. Ses essais de flottaison sont effectués dans un réservoir excavé visible dans la photo au début de cet article – une photo trouvée dans le numéro de novembre 1967 d’un magazine mensuel américain visuellement fort intéressant, Air Progress.

 

L’hydravion non encore mis à l’essai est brièvement exposé en 1967, à Abbotsford, Colombie-Britannique, lors du spectacle aérien annuel qui s’y déroule depuis 1962. Comme vous le savez peut-être, cet événement de renommée mondiale est connu en 2017 sous le nom d’Abbotsford International Airshow. Et oui, c’est là l’étendue du contenu canadien pour ce numéro de notre blogue / bulletin / machin. Le Seamaster retourne par la suite aux États-Unis, au Washington, l’état et non pas la ville plus précisément, pour effectuer son premier vol. Après quelques essais sur l’eau à basse vitesse satisfaisants, une rafale pousse un bout d’aile dans l’eau. Trefethen sort du cockpit mais tombe dans le fleuve Colombia. Il est possible que le Seamaster ne vole jamais.

 

Cela étant dit, il ne fait pas conclure que Mace et Trefethen sont de piètres constructeurs amateurs. Entre la fin des années 1950 et le début des années 1980, ce duo dynamique conçoit et fabrique au moins quatre aéronefs, de petits avions de course selon toute vraisemblance. Le plus ancien et le plus récent sont le M-101 Macerschmitt, également connu sous le nom de Could Be, nommé d’après un fameux avion de chasse de la Seconde Guerre mondiale, le Messerschmitt Bf 109 / Me 109 allemand, et le M-102 Scorchy. Les R-1 Mr. B et R-2 Shark sortent vers 1969-70. Et oui, le Musée de l’aviation et de l’espace du Canada, à Ottawa, Ontario, a un Bf 109 / Me 109 dans sa collection de classe mondiale. Et non, votre humble serviteur n’a vraiment aucune intention de pontifier sur cette machine à ce point particulier du continuum spatio-temporel. Je ne mentionnerai même pas le changement de nom, en 1938, de Bayerische Flugzeugwerke Aktiengesellschaft à Messerschmitt Aktiengesellschaft, à l’origine d’une des grandes querelles de l’histoire de l’aviation. Bf ou pas Bf, voilà la question.

 

Votre humble serviteur pensait que cet article allait se conclure ici. Une trouvaille imprévue dans la magnifique bibliothèque du Musée de l’aviation et de l’espace du Canada a tout changé. Nous allons donc nous rencontrer bien vite.

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Rénald Fortier