Initiative Femmes en STIM : entretien avec Micaela Gray

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Ingenium – Musées des sciences et de l’innovation du Canada

Selon l’astronaute et neurologue canadienne Roberta Bondar, l’exploration n’est pas une activité dont on peut prendre sa retraite, mais un principe qui guide la vie d’une personne. Nous devons absolument nourrir le sentiment de continuité, c’est-à-dire nous efforcer d’innover, alors que nous célébrons, pendant le Mois de l’histoire des femmes, les réalisations des femmes qui nous ont précédées.

Dans le cadre de son initiative Femmes en STIM, Ingenium raconte l’histoire de celles qui ont osé penser différemment afin d’engager une conversation sur l’égalité des sexes et d’inciter les femmes à faire carrière en science, technologie, ingénierie et mathématiques (STIM). De même, le Programme de développement de carrière Dre Roberta Bondar permet aux femmes qui travaillent dans les STIM de réseauter avec des pairs et des leaders de leur domaine d’activité, et de bénéficier d’une perspective privilégiée sur les secteurs canadiens des sciences et de la technologie.

Ce mois-ci, Réseau Ingenium trace le portrait de plusieurs Canadiennes talentueuses qui participent au Programme de développement de carrière Dre Roberta Bondar. Nous vous présentons aujourd’hui Micaela Gray, technicienne en recherche, qui contribue à assurer la sécurité et la salubrité des grains céréaliers canadiens.

Une jeune femme portant des lunettes à monture foncée et un chandail blanc sourit à l’objectif de l’appareil photo.

Réseau Ingenium (RI) : Parlez-moi de votre domaine de compétences. Où travaillez-vous et en quoi consiste l’un de vos projets actuels?

Micaela Gray (MG) : Mon parcours universitaire m’a menée d’un baccalauréat ès sciences en toxicologie à une maîtrise en chimie axée sur la recherche, que j’ai obtenus à l’Université de Guelph, en Ontario. Je travaille actuellement comme technicienne en recherche à Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), dans une petite ville des Prairies située dans le sud du Manitoba. À mon arrivée à AAC, j’ai eu la chance incroyable de concevoir et d’équiper un nouveau laboratoire de recherche sur les mycotoxines, où nous évaluons la teneur en mycotoxines des grains de céréales à l’aide de techniques de chimie analytique et d’immunologie. Nous collaborons avec des sélectionneurs de plantes, des phytopathologistes et des microbiologistes afin de réduire la contamination par les mycotoxines et d’assurer la sécurité et la salubrité des céréales canadiennes. En tant que technicienne de laboratoire principale, je génère des données sur une variété de mycotoxines au moyen de notre nouveau chromatographe en phase liquide couplé à un spectromètre de masse. Je guide également les techniciens débutants dans les essais d’immunoabsorption enzymatique, je mène de front plusieurs projets de recherche et je veille à ce que le laboratoire fonctionne de manière sûre et efficace.

RI : Une personne en particulier vous a-t-elle inspiré votre parcours scolaire et votre carrière, incitée à faire ces choix?

MG : Je voudrais remercier M. Ross, mon professeur de sciences de 8e année, qui a su éveiller mon enthousiasme pour la science. Il a été la première personne à me démontrer le côté tangible, visuel et passionnant de la science! Ma passion pour la science n’a jamais cessé de croître durant mes études à l’école secondaire et à l’université. Dès que j’ai commencé à effectuer mes propres recherches scientifiques comme étudiante de cycle supérieur, j’ai pris goût à la liberté associée aux expériences menées de façon autonome et au côté « pratique » de la chimie. Ironiquement, c’est dans un laboratoire d’enseignement de la chimie que j’ai vécu plusieurs des moments les plus mémorables de mes études axées sur la recherche. Je me sentais vraiment dans mon élément comme assistante d’enseignement : je résolvais de nouveaux problèmes et je transmettais mon enthousiasme et mes connaissances scientifiques aux étudiants afin de les inspirer, mais aussi de les aider à réaliser tout leur potentiel. J’ai canalisé cette même énergie dans mes travaux de recherche, qui ont abouti à la production de biocapteurs pour des composés utiles sur le plan biologique et qui ont été publiés dans l’une des plus grandes revues de chimie au monde.

RI : Parmi les femmes présentées par la série d’affiches Femmes en STIM, y en a-t-il une qui vous inspire?

MG : Assurément, ce sont toutes des femmes géniales! J’admire particulièrement l’attachement de la Dre Hind Al-Abadleh à la gérance environnementale et son parcours universitaire jalonné de succès en tant que femme et membre d’une minorité visible en STIM. Cette femme inspirante conjugue son amour d’autrui et la science dans des programmes de recherche primés, qui lui permettent de susciter des réactions dans le domaine de la chimie physique de l’environnement tout en encadrant des étudiants de plusieurs niveaux. Elle privilégie aussi l’engagement communautaire et elle est une vaillante championne de la sensibilisation au changement climatique.

La Dre Al-Abadleh et moi sommes toutes deux intéressées par le mentorat et le développement personnel, et j’espère moi aussi influencer la carrière d’autres personnes dans le domaine scientifique. Elle est une figure de proue inspirante dans mon domaine et un formidable exemple de ce qu’on peut accomplir grâce à son assiduité, à sa détermination et à sa passion pour la science!

RI : Racontez-nous une des difficultés ou un des préjugés que vous avez dû surmonter durant votre parcours professionnel.

MG : Selon moi, le développement personnel et professionnel, c’est le cheminement d’une vie rythmé par les occasions saisies et les connaissances acquises auprès de personnes captivantes. Cela dit, comme jeune femme en début de carrière, j’ai parfois du mal à trouver la confiance nécessaire pour développer mon réseau professionnel et le courage de briguer des postes de direction ou de gestion qui impliquent d’importantes responsabilités. En participant à l’édition 2020 du Programme de développement de carrière Dre Roberta Bondar, j’ai pu faire la connaissance des membres d’un réseau de leaders féminines fortes et inspirantes en STIM, qui m’ont prodigué des conseils pour cheminer à ma façon afin de me développer sur le plan professionnel et d’exercer un leadership. Ce mentorat s’est révélé très fructueux, car il a renforcé ma confiance en moi et il m’incite encore à revoir à la hausse mes objectifs professionnels.

RI : Quels sont vos plans pour la suite de votre carrière?

MG : Le mentorat dont j’ai bénéficié dans le cadre du Programme de développement de carrière Dre Roberta Bondar m’a amenée à réfléchir plus profondément à la façon de concilier mes valeurs personnelles, mes aptitudes et mes aspirations professionnelles. Cet exercice d’introspection m’a permis de découvrir que je me passionne pour la résolution de problèmes scientifiques complexes et l’enseignement et que je désire fortement exercer un leadership. Je cherche actuellement un parcours professionnel dans mon domaine de la chimie analytique qui me permettrait d’accorder ces trois aspects. J’ai le goût d’assumer plusieurs rôles dans diverses organisations, jusqu’à ce que je trouve celui qui correspond vraiment à mes valeurs et à mes aspirations.

RI : Quels conseils donneriez-vous à une jeune fille qui voudrait marcher sur vos traces?

MG : J’encourage les jeunes filles intéressées par les STIM à se lancer et à ne pas laisser leur enthousiasme s’émousser! Les STIM sont des disciplines de vastes domaines en constante évolution, dans lesquels tout le monde peut y trouver son compte, peu importe son origine, son âge ou son sexe. Amusez-vous à explorer vos centres d’intérêt; vous n’avez pas besoin de vous cantonner à une seule discipline. Moi, par exemple, quand j’ai commencé l’université, je voulais devenir physicienne biomédicale, mais j’ai fini par m’orienter vers le domaine interdisciplinaire de la toxicologie. Cela m’a permis de m’adonner à la fois à la chimie et à la biologie, tout en m’ouvrant la porte à un éventail de carrières dans ces deux domaines. Voici mon conseil : adonnez-vous à ce qui vous intéresse le plus et saisissez les occasions qui se présentent — qui sait où elles pourraient vous mener!

Entrez en contact avec Micaela

J’aimerais inviter les lecteurs du Réseau Ingenium à prendre contact avec moi sur LinkedIn afin de poursuivre cette conversation sur le développement personnel et professionnel, et sur l’autonomisation des femmes en STIM. Je suis également toujours disposée à servir de mentor à autrui et je serais ravie de vous aider à déterminer votre propre parcours de carrière!

Profil LinkedIn de Micaela Gray : www.linkedin.com/in/micaelagray

 

Auteur(s)
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Sonia Mendes

Sonia Mendes est la rédactrice/réviseure anglophone pour Ingenium. Elle adore fouiller en coulisse pour raconter les histoires cocasses et colorées de la vie au musée ainsi que tout ce qui touche la science et l’innovation.