The Box of Life : une boîte grouillante de vie pour un jardin fertile

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Ingenium – Musées des sciences et de l’innovation du Canada

Si vous souhaitez donner un coup de pouce à votre jardin cet été, faites comme Akil Mesiwala et lancez-vous dans le vermicompostage.

Sa petite entreprise sociale The Box of Life, qu’il a fondée à Ottawa, vend des systèmes de vermicompostage compacts, conçus pour être utilisés à l’intérieur.

« J’ai l’impression que les vers de terre peuvent vraiment changer le monde », déclare M. Mesiwala.

Le vermicompostage est un procédé qui fait appel à des vers de terre pour transformer la matière organique, comme les épluchures des fruits et légumes, en une sorte d’humus appelé « vermicompost ».

Trois boîtes en cèdre de couleur claire sont empilées l’une sur l’autre sur une surface de couleur claire. Chaque boîte est munie d’une anse souple noire contrastante sur le devant, et on trouve une autre anse noire sur le couvercle de la boîte supérieure.

Les vermicomposteurs de M. Mesiwala, judicieusement baptisés Worm Studios (« Studios de vers »), consistent en quelques boîtes en cèdre élégamment empilées. Ces boîtes forment un système de migration verticale pour les vers. On dépose les restes de table dans le bac inférieur, et lorsque celui-ci est plein, on ajoute un deuxième bac. Une fois que ce dernier est plein, on ajoute le troisième bac. Dès que les vers ont fini de manger les déchets du bac inférieur, ils cheminent lentement vers le haut à travers le fond grillagé du bac, laissant derrière eux leurs déjections. Lorsque le bac supérieur est presque plein, soit au bout d’un an environ, c’est le temps de récolter les précieuses déjections. Le bac inférieur ne contient alors que les déjections, aucun ver; il suffit donc de le vider et de le placer sur le dessus de la pile. Par la suite, on récolte tous les trois ou quatre mois le vermicompost du bac inférieur, qu’on pose ensuite sur les deux autres.

« J’adore ce procédé et je ne suis pas le seul, affirme M. Mesiwala. Quiconque pratique le vermicompostage vous dira être devenu adepte du procédé après quelques mois seulement — c’est vraiment captivant. »

M. Mesiwala, qui a grandi à Mumbai, en Inde, n’a jamais imaginé qu’il serait un jour entrepreneur. Il a émigré en Amérique du Nord afin d’étudier les systèmes d’énergie renouvelable à Boston, et il a travaillé comme consultant en analyse des données pendant quatre ans avant de fonder son entreprise.

« Les consultants ne voient pas vraiment de résultats, leur travail est particulièrement intangible, explique-t-il. Je voulais créer littéralement quelque chose d’utile, et j’ai constaté que le vermicompostage n’était pas très connu. »

De toute évidence, sensibiliser les gens au vermicompostage et à la notion de durabilité est une passion pour M. Mesiwala. Il s’estime privilégié d’avoir pu visiter des sites de conservation et des jungles pendant sa jeunesse, car ses parents avaient les moyens de le faire. Il est conscient que tous n’ont pas cette chance.

« De nombreuses personnes sont tout simplement complètement coupées de la nature. Les parents veulent faire découvrir à leurs enfants les systèmes naturels, mais comment peuvent-ils le faire s’ils vivent dans une jungle de béton où les parcs se font rares? Au moyen d’un petit bac à vers placé dans la cuisine, on peut parler aux enfants des insectes, de la production de terreau et du cycle alimentaire. »

~ Akil Mesiwala

Gros plan de deux mains tendues : la main du côté gauche de la photo est pleine de carton déchiqueté et celle du côté droit est pleine d’une matière semblable à de la terre et de petits vers de terre rouges.

Source de carbone, le carton déchiqueté sert de « litière » dans le bac à vers. Tout comme les restes de fruits et de légumes, il finit par être transformé en déjections de vers.

De nombreuses villes canadiennes, dont Ottawa, ont un programme de collecte en bordure de rue de matières organiques destinées au compostage, mais les résultats diffèrent grandement de ceux qu’on obtient grâce à The Box of Life, selon M. Mesiwala. Depuis qu’on permet l’utilisation de sacs de plastique pour participer au programme de compostage de la Ville d’Ottawa, on trouve des microplastiques dans le compost produit.

« Étant donné sa contamination par les plastiques, le produit n’est pas vraiment adapté à la culture d’aliments, explique M. Mesiwala. On peut s’en servir pour les cultures commerciales, mais je ne pense pas qu’on devrait utiliser ce type de compost dans son jardin. »

Il ajoute que les programmes de collecte sélective traitent le compostage comme une solution de gestion des déchets, alors qu’il ne se limite pas qu’à cela.

« Je ne pense pas que les gens savent vraiment en quoi consiste le compostage ni pourquoi il revêt une telle importance. Le compostage est plus qu’un moyen de gérer les déchets, il concerne aussi les systèmes alimentaires. Il sert à réintroduire des éléments nutritifs dans le sol. L’agriculture, c’est comme l’exploitation minière : [en cultivant des aliments], on extrait des nutriments du sol, et si on ne réintroduit pas ces nutriments dans le sol, ce dernier s’appauvrit. »

Les bacs proposés par The Box of Life sont conçus pour les vers rouges ou les lombrics des jardins; l’entreprise vend les deux types. Les vers de terre communs qu’on trouve dans sa cour ne conviennent pas : ils ne sont pas adaptés au compostage et n’aiment pas les espaces exigus. M. Mesiwala estime que les vers mangent en moyenne de deux à trois kilos de restes de table par semaine grâce au système à trois niveaux (et davantage avec le système à quatre niveaux).

Selon lui, le vermicompost obtenu grâce à The Box of Life est un produit vivant de très grande qualité.

« Sans entrer dans les détails scientifiques, j’aime dire qu’on produit un terreau sain, comme on en trouve dans les forêts, grâce à l’écosystème qu’on a créé. On y retrouve les organismes, visibles et invisibles, qui contribuent à établir les bases nécessaires à la formation d’un terreau vivant dans un bac à vers. »

Il est préférable d’ajouter aux plantes, aux jardins ou même à un arbre du voisinage le vermicompost ainsi récolté plutôt que n’importe quel engrais commercial.

« En milieu urbain, on a recours à des engrais synthétiques pour réintroduire des nutriments dans le sol, mais la nature ne fonctionne pas comme ça, souligne M. Mesiwala. La nature n’absorbe pas tout simplement les nutriments qu’on lui donne, elle a besoin d’écosystèmes vivants dans le sol pour vraiment favoriser la croissance des végétaux. »

Tout bien considéré, M. Mesiwala estime qu’il faut le voir pour le croire.

« Rien de ce que je pourrais dire ne saurait se révéler plus convaincant que le fait de le constater par soi-même la première fois l’effet qu’il [le vermicompost] a sur les végétaux, dit-il. On le voit pratiquement du jour au lendemain… On voit la différence sur les végétaux. »

Participez à une séance GRATUITE et sympa sur le vermicompostage animée sur ZOOM par Renée-Claude Goulet, conseillère scientifique au Musée de l’agriculture et de l’alimentation du Canada, et par Akil Mesiwala, fondateur de l’entreprise The Box of Life. Pour en savoir plus et vous inscrire, consultez la page Vermicompostage 101 : faire du compost à l’intérieur avec des vers.
 

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Sonia Mendes

Sonia Mendes est la rédactrice/réviseure anglophone pour Ingenium. Elle adore fouiller en coulisse pour raconter les histoires cocasses et colorées de la vie au musée ainsi que tout ce qui touche la science et l’innovation.