Initiative Femmes en STIM : entretien avec Cecilia Odonkor

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Médias
Ingenium – Musées des sciences et de l’innovation du Canada

Selon l’astronaute et neurologue canadienne Roberta Bondar, l’exploration n’est pas une activité dont on peut prendre sa retraite, mais un principe qui guide la vie d’une personne. Nous devons absolument nourrir le sentiment de continuité, c’est-à-dire nous efforcer d’innover, alors que nous célébrons, pendant le Mois de l’histoire des femmes, les réalisations des femmes qui nous ont précédées.

Dans le cadre de son initiative Femmes en STIM, Ingenium raconte l’histoire de celles qui ont osé penser différemment afin d’engager une conversation sur l’égalité des sexes et d’inciter les femmes à faire carrière en science, technologie, ingénierie et mathématiques (STIM). De même, le Programme de développement de carrière Dre Roberta Bondar permet aux femmes qui travaillent dans les STIM de réseauter avec des pairs et des leaders de leur domaine d’activité, et de bénéficier d’une perspective privilégiée sur les secteurs canadiens des sciences et de la technologie.

Une jeune femme, vêtue d’un blazer en tissu écossais, sourit à l’objectif de l’appareil photo.

Réseau Ingenium (RC) : Parlez-moi de votre expertise comme ingénieure biomédicale et électricienne. Quelle utilisation faites-vous actuellement de vos compétences?

Cecilia Odonkor (CO) : Je possède cinq ans d’expérience en recherche universitaire et clinique, mais aussi dans l’industrie. En ce moment, je suis conceptrice de systèmes à Zimmer Biomet, une entreprise montréalaise qui fabrique des dispositifs biomédicaux visant à faciliter la chirurgie orthopédique. Je travaille à l’amélioration d’un produit qui aide les chirurgiens à positionner durant l’intervention les composants d’implants orthopédiques lors d’arthroplasties totales du genou.

RI : Une personne en particulier vous a-t-elle inspiré votre parcours scolaire et votre carrière, incitée à faire ces choix?

CO : Personne en particulier, mais je dois dire que plusieurs membres de ma famille sont des professionnels de la santé, notamment des infirmières et des médecins. Des bribes de conversations avec eux ont peut-être éveillé, sans que je m’en rende compte, mon intérêt pour le fonctionnement du corps humain.

À l’instar de mon père, la technologie m’a toujours intéressée et intriguée, et le corps humain me fascine au plus haut point. Selon moi, le génie biomédical marie parfaitement la technologie et l’étude de la médecine.

RI : Parmi les femmes présentées par la série d’affiches Femmes en STIM, y en a-t-il une qui vous inspire?

CO : Oui. La détermination avec laquelle la Dre Eugenia Duodu et Mme Charity Wanjiku emploient leurs énergies et leurs ressources pour changer les choses dans leurs communautés respectives m’incite à agir.

En tant qu’immigrante du Ghana et, jusqu’à récemment, résidente de longue date d’Ottawa, territoire traditionnel non cédé de la nation algonquine anishinaabe, j’ai toujours su que je devais utiliser les moyens à ma disposition pour contribuer au développement et à l’amélioration continus de mon pays. L’action de Mme Wanjiku comme ingénieure dans sa communauté est une source de motivation pour moi.

En tant que femme noire en STIM, j’ai malheureusement toujours été consciente de la sous-représentation des minorités visibles dans les milieux des STIM. L’œuvre de la Dre Duodo, qui consiste à offrir des programmes axés sur les STIM aux jeunes issus de familles à faible revenu et marginalisés, me pousse à poursuivre mes efforts pour faire de la place dans les STIM aux jeunes qui me ressemblent et d’ouvrir à ceux-ci des perspectives.

RI : Racontez-nous une des difficultés ou un des préjugés que vous avez dû surmonter durant votre parcours professionnel.

CO : L’un des problèmes auxquels je me suis heurtée concerne le mérite de mes travaux ou de mes idées; j’ai dû veiller à ce qu’on ne l’attribue pas à un supérieur, mais bien à moi. J’ai appris à faire preuve d’assurance et à parler franchement de mes victoires comme de mes erreurs. En surmontant cette difficulté, j’ai appris une importante leçon : quand on participe à une réunion, on doit prendre la parole.

RI : Quels sont vos plans pour la suite de votre carrière?

CO : Je souhaite poursuivre mon action communautaire avec les organismes Society of Women Engineers Ottawa Chapter et Immigrant and International Women in Sciences afin d’accroître l’influence des femmes en STIM, de faire de la place et d’ouvrir des perspectives dans les STIM aux membres des minorités visibles.

RI : Aimez-vous réfléchir à une citation particulière en ces temps difficiles?

CO : « Je suis un être humain : rien de ce qui est humain ne m’est étranger. »

~ Térence (Publius Terentius Afer), esclave romain devenu dramaturge

Envie d’aller plus loin?

Entrez en contact avec Cecilia Odonkor et découvrez les organisations dans lesquelles elle s’implique :

•    LinkedIn : Cecilia Odonkor

•    Society of Women Engineers Ottawa Chapter — elle vise à favoriser le maintien en emploi et la promotion des ingénieures dans la région d’Ottawa

•    Immigrant and International Women in Sciences — elle offre des programmes d’accompagnement et de mentorat aux femmes immigrantes et étrangères dans le domaine des sciences au Canada

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Sonia Mendes

Sonia Mendes est la rédactrice/réviseure anglophone pour Ingenium. Elle adore fouiller en coulisse pour raconter les histoires cocasses et colorées de la vie au musée ainsi que tout ce qui touche la science et l’innovation.