Journée internationale des femmes en génie : l’histoire d’Elsie MacGill

3 m
Médias
Ingenium – Musées des sciences et de l’innovation du Canada

Pour souligner la Journée internationale des femmes en génie (le 23 juin), le Réseau Ingenium a rencontré deux jeunes femmes dynamiques pour discuter de leur projet de recherche sur Elsie MacGill. Karen Wang (8e année) et Gloria Pan (9e année) — deux élèves des écoles Cedarview Middle School et Colonel By Secondary School respectivement  — ont récemment présenté leur projet aux visiteurs du Musée canadien de la guerre. Toutes deux faisaient partie d’un groupe d’élèves de huit écoles de la région d’Ottawa qui s’est réuni au Musée à l’occasion d’une conférence et d’une exposition étudiante intitulée « Le chemin parcouru » (Getting from Here to There), le 24 mai 2019. Dans le cadre de cet événement, on a lancé aux élèves le défi de se pencher sur les sciences et l’histoire du siècle dernier en tenant compte des changements sociaux et géopolitiques nécessaires à l’atteinte d’un avenir pacifique et équitable.   

Elsie MacGill

Qu’est-ce qui vous a d’abord incitées à participer à ce projet?

Pour notre projet dans le cadre de la Célébration du Patrimoine, nous voulions chercher des histoires de femmes ayant œuvré dans le domaine de l’ingénierie et ayant contribué aux efforts de guerre. Nous sommes tombées sur l’histoire d’Elsie MacGill, dont le profil correspondait exactement à celui que nous recherchions : ingénieure en chef en aéronautique et féministe. De plus, cette femme a survécu à la polio. Nous avons vu en elle un excellent modèle pour les jeunes et nous avons été inspirées par son courage et son dévouement. Dans le cadre de ce projet, nous avons voulu apprendre des leçons et tirer des idées précieuses à partir de ce qu’elle a vécu et faire connaître son histoire à d’autres.

~ Gloria Pan

En tant que jeunes femmes, pourquoi trouvez-vous important que les gens connaissent Elsie MacGill?

Elsie MacGill a été la première femme à s’illustrer de différentes façons : première diplômée en génie électrique au Canada et héroïne de guerre. Au début du XXe siècle, comme femme aspirant à une formation en génie, elle a eu bien des obstacles et des difficultés à surmonter, et a été maintes fois été rabaissée par les gens de son entourage. Cependant, elle ne s’est jamais laissée décourager par qui que ce soit et s’est lancée dans la conception de l’avion de chasse Hurricane, ce qui lui a valu le surnom de « Queen of the Hurricanes » (Reine des ouragans).

~ Gloria Pan

L’histoire d’Elsie MacGill est porteuse d’espoir pour les jeunes femmes qui hésitent à s’investir dans le domaine qui les passionne, à s’affirmer et à défier les normes de la société. Son courage révèle au monde que la résilience est la clé du succès, car si elle avait abandonné lorsque le doyen de sa faculté lui a dit de partir, elle n’aurait jamais découvert ce dont elle était vraiment capable. Elsie MacGill a été et demeure une inspiration pour bien des gens, et surtout pour les jeunes femmes.

Elsie MacGill

Quelle a été la chose la plus surprenante que vous avez apprise au fil de votre recherche?

Elsie MacGill a été congédiée pour la simple raison qu’elle et son compagnon travaillaient pour la même entreprise! De nos jours, on entend rarement parler de gens qui se font congédier parce qu’ils ont une relation avec un collègue. Bien sûr, ce serait une tout autre histoire si la relation causait de grandes distractions au travail, mais les écrits ne relatent rien à cet égard dans leur cas. On croit aussi que leur congédiement était en partie lié au fait que la production des appareils Helldiver ne se déroulait pas aussi vite que l’aurait souhaité la marine américaine. La marine était peut-être légitimée d’être contrariée de ce retard, mais il faut garder à l’esprit qu’elle avait commandé plus de 800 modifications à Elsie MacGill pour le Helldiver. Elle a également repéré quelques erreurs qu’elle avait elle-même faites et a pris le temps de les corriger. Si elle avait travaillé de façon précipitée au lieu de prendre le temps de bien accomplir chaque tâche, les milliers de soldats qui se fiaient à cet appareil en auraient subi les conséquences. Une telle charge de travail pour une seule personne doit entraîner un stress inimaginable. De nos jours, une personne ne se verrait sûrement pas confier autant de travail en une si courte période.

~ Karen Wang

Ce projet a-t-il changé votre regard sur l’histoire?

Après avoir découvert l’histoire d’Elsie MacGill, j’ai compris que l’histoire du Canada est bien loin de se résumer à ce qu’on nous enseigne à l’école. Une bonne partie de ce que l’on apprend à l’école repose sur les manuels qui nous sont fournis. Il n’y a rien de mauvais dans ces manuels. En fait, ce sont d’excellents outils d’apprentissage, mais ils ne mettent pas nécessairement en évidence tout ce qui s’est produit dans le passé. La majorité des manuels d’histoire se concentrent sur les hommes qui ont dirigé notre pays et sur les retombées positives de leurs accomplissements pour notre pays. Même si j’estime que leur rôle à la direction du pays constitue une partie très importante de notre histoire, je trouve aussi très important que l’on apprenne tout ce qui se passe à l’arrière-scène. Des personnes de différentes ethnies, de différentes nationalités et de sexes différents ont fait beaucoup de travail. Elsie MacGill fait partie de nos femmes au talent remarquable et son travail a sauvé d’innombrables vies. La découverte de son histoire m’incite à découvrir d’autres héroïnes et héros méconnus de notre histoire.   

~ Karen Wang

Que vous a apporté l’expérience de la présentation de votre projet à la conférence et à l’exposition étudiante au Musée canadien de la guerre?

On peut apprendre tant de choses à l’extérieur de la classe et j’en ai beaucoup appris durant les quelques heures que j’ai passées ici! Toute la salle était remplie de projets réalisés par des élèves brillants et j’ai pu en apprendre sur les sciences, l’histoire et d’autres domaines. J’ai bien aimé toute cette expérience, rehaussée par le fait de pouvoir faire connaître Elsie MacGill aux visiteurs qui passaient nous voir. Bien des visiteurs, élèves et adultes, n’avaient jamais entendu parler d’Elsie MacGill et cela a été un honneur pour moi de la leur faire découvrir. Cela a été une expérience très enrichissante.

~ Karen Wang

Auteur(s)
Profile picture for user Sonia Mendes
Sonia Mendes

Sonia Mendes est la rédactrice/réviseure anglophone pour Ingenium. Elle adore fouiller en coulisse pour raconter les histoires cocasses et colorées de la vie au musée ainsi que tout ce qui touche la science et l’innovation.