Une légende vivante : Dire au revoir à la douce tradition de Johnny May

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Ingenium – Musées des sciences et de l’innovation du Canada
Des personnes assistent à un largage de bonbons effectué à Kuujjuaq à l’occasion de Noël par Johnny May tandis que l’avion de celui-ci les survole.

Une tradition bien spéciale sera, de toute évidence, absente cette année pour les enfants de Kuujjuaq.

Il s’agit de la première période des Fêtes en 50 ans où le ciel ne sera pas rempli de bonbons pour Noël, une livraison spéciale pour les résidents du village. L’an passé, le légendaire pilote de brousse inuit Johnny May se préparait à larguer ses bonbons pour la dernière fois et à dire au revoir à une douce tradition.
 

« Depuis plus de 50 ans, Johnny May a fidèlement largué des bonbons et des cadeaux au-dessus de Kuujjuaq pour les habitants de ce village du Nunavik, au Québec », explique Linda Brand, agente d’interprétation pour les programmes communautaires du Musée de l’aviation et de l’espace du Canada. « Il s’agissait d’une tradition appréciée, et  Noël l’an dernier a marqué la fin d’une époque. »

Un pilote portant un casque d’écoute sur les oreilles est assis aux commandes d’un avion.

Johnny May a effectué son premier vol solo à l’âge de 16 ans.

Johnny May est né à Kangiqsualujjuaq, à l’embouchure de la rivière George, dans le nord du Québec. Résident de longue date de Kuujjuaq, le pilote de 75 ans est bien connu des résidents de la municipalité, qui compte environ 3000 habitants, pour sa distribution annuelle qu’il effectue le 25 décembre à l’instar du père Noël.

« Ce qui a commencé par des bonbons en 1965 avait beaucoup évolué avec le temps », remarque Mme Brand avant d’ajouter que le comité des loisirs de Kuujjuaq organisait des parties de bingo pour recueillir des fonds afin d’acheter les différents articles de la distribution. « Au fil des années, Johnny May a largué des vêtements d’hiver et parfois des enveloppes contenant des bons échangeables contre des articles coûteux. »
Un héros dans le Nord.

Aussi remarquables que soient ses distributions de bonbons, ce sont ses missions héroïques de recherche et de sauvetage menées dans le Nord inhospitalier qui valent à Johnny May la plus grande admiration. Il a passé la majeure partie de sa carrière à survoler des régions pour lesquelles il n’existait aucune carte topographique. Il lui est arrivé souvent de faire atterrir son avion de brousse sur la toundra ou sur la glace, selon la période de l’année et le temps qu’il faisait, afin de secourir des personnes qui s’étaient égarées dans des conditions difficiles.

Le pilote, entouré de sa femme et de l’auteur du livre, se tient debout devant une peinture de son avion.

Johnny May en compagnie de sa femme, Louisa (à gauche), et de l’auteure de livres pour enfants Linda Brand (à droite).

En 2013, l’Office national du film a produit un long métrage documentaire intitulé Les ailes de Johnny May. Le film raconte plusieurs des aventures vécues par le pilote durant ses heures de vol, qui s’élèvent à plus de 35 000, et montre la beauté sauvage du territoire du Nunavik. Les réalisateurs ont toutefois déclaré qu’il s’est avéré difficile de convaincre le très modeste Johnny May de consentir à la création d’un film sur sa vie.

La brasserie ontarienne Bush Pilot Brewing Company a même nommé en l’honneur du pilote la troisième bière qu’elle a mise en bouteille. Son nom « Pengo Pally » signifie « Tu me manques » dans la langue inuktitute. Ce message, inscrit en anglais et en inuktitut sur le fuselage du Beaver construit par de Havilland et piloté par Johnny May, s’adresse à la femme de celui-ci.

Le pilote se tient debout à côté d’un petit aéronef blanc flottant sur l’eau près d’un quai.

Johnny May à côté de son fidèle aéronef.

Une histoire inspirante

Le personnel du Musée de l’aviation et de l’espace du Canada a trouvé une façon bien à lui de rendre hommage à Johnny May. Mme Brand est l’auteure de Bonbons dans le ciel de Noël à Kuujjuaq, un livre illustré pour enfants publié en 2015.

« Cette histoire édifiante et inspirante a été écrite pour les jeunes Inuits du Canada », souligne cette dernière, ajoutant du même souffle qu’un lot d’exemplaires a été offert aux élèves inuits de plus de 30 classes au Labrador en 2017. « Johnny May est un merveilleux modèle à suivre. »

« Bien qu’il ait accroché son sac de bonbons, l’héritage de cet homme exceptionnel demeurera certainement une source d’inspiration pendant de nombreuses années », affirme Mme Brand.

Pour connaître les détails de la programmation des Fêtes, rendez-vous à Une livraison exprès du Musée de l’aviation et de l’espace du Canada.

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Sonia Mendes

Sonia Mendes est la rédactrice/réviseure anglophone pour Ingenium. Elle adore fouiller en coulisse pour raconter les histoires cocasses et colorées de la vie au musée ainsi que tout ce qui touche la science et l’innovation.