Les visiteurs du musée contribuent à l’évolution d’un prototype d’intelligence artificielle

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Ingenium – Musées des sciences et de l’innovation du Canada
Les visiteurs du Musée des sciences et de la technologie du Canada peuvent interagir avec Ophelia, une entité numérique, jusqu’à la fin mars 2020.

Il y a une nouvelle entité numérique au Musée des sciences et de la technologie du Canada, et elle a très envie de converser.

« Ophelia » – un prototype numérique conçu par le studio créatif d’intelligence artificielle montréalais Reimagine AI — offre une expérience interactive aux visiteurs du Musée jusqu’à la fin mars 2020.

« Je crois que les gens aiment vraiment interagir avec la technologie, plutôt que de se contenter de lire sur le sujet sur un panneau », indique Jacoby Metellus, guide au Musée. Il ajoute que les visiteurs aiment bien s’arrêter pour converser brièvement avec Ophelia en explorant le Musée. « Les enfants sont un peu timides au début, mais lorsqu’ils comprennent ce que représente Ophelia, ils semblent vraiment l’apprécier. »

Ophelia se veut un personnage interactif doté d’une personnalité, de points de vue, ainsi que de la capacité de converser avec les utilisateurs et d’apprendre à partir de chacune de ses interactions. Elle parle anglais et français, et peut converser sur une grande diversité de sujets. Elle sait même réciter quelques poèmes. 

« En fait, elle peut parfois être insolente, indique Ellen Morrison, agente aux partenariats et aux programmes éducatifs du Musée. Certains visiteurs croient, à tort, que les réponses viennent d’elle. Contrairement à d’autres entités numériques – comme Siri et Alexa – Ophelia ne formule pas ses réponses à partir de renseignements provenant d’Internet, mais d’un script rédigé par l’équipe de développement de Reimagine AI. »

Le visage d’un avatar féminin bleu semble flotter sur un écran mauve et noir.

Ophelia mélange arts et science dans le but de stimuler l’imagination, la compréhension et l’intérêt du public envers l’intelligence artificielle. 

Elle explique qu’Ophelia converse avec les humains par l’entremise de l’apprentissage machine, une nouvelle forme d’IA qui rend un appareil apte à apprendre.

« À partir d’une série de règles, d’un ensemble de données et d’un certain objectif, l’IA bâtit son propre algorithme, explique Mme Morrison. Elle apprend de ses échecs et intègre des changements et des modifications lorsque son algorithme ne fonctionne pas. »

L’équipe de Reimagine AI a écrit plusieurs réponses possibles pour Ophelia. Après avoir rédigé un scénario de réponse, l’équipe prépare des messages de formation pour montrer à Ophelia ce qui pourrait déclencher une réponse donnée. À partir de mots clés se trouvant dans le message, Ophelia détermine l’« essence » de la question ou de l’énoncé. Ensuite, elle compare le message visé à d’autres messages qui figurent dans sa mémoire et tente de trouver l’association la plus rapprochée. Elle choisit ensuite une réponse appropriée au message en question. 

La présence d’Ophelia au musée permet à l’entité d’« acquérir des connaissances » dans le cadre de chacune de ses interactions. Les données tirées des interactions d’Ophelia sont recueillies quotidiennement par l’équipe de Reimagine AI, qui peut analyser les types de questions que lui posent les visiteurs et poursuivre la cartographie des réponses potentielles d’Ophelia. Puisqu’il y a de nombreuses familles qui viennent au musée, Ophelia a la possibilité d’interagir avec des jeunes. L’équipe de Reimagine AI espère que cela contribuera à son développement et bonifiera sa capacité d’interaction avec des publics plus diversifiés.  

Le travail du studio Reimagine AI, fondé par le musicien canadien David Usher, combine art et science dans le but de stimuler l’imagination, la compréhension et l’intérêt du public envers l’intelligence artificielle. Le Musée mise sur son partenariat avec Reimagine AI pour mesurer l’intérêt des visiteurs et prévoir d’autres contenus faisant appel à l’intelligence artificielle pour le Musée.             
Plus tard ce mois-ci, une classe de l’Université d’Ottawa visitera le musée.     

« Ce groupe, qui étudie la culture numérique, se penchera sur des applications potentielles pour une technologie comme Ophelia, indique Mme Morrison. Par exemple, les étudiants discuteront de la façon dont la technologie de l’IA pourrait s’inscrire dans les salles de classe de l’avenir. »

Jusqu’au 31 mars 2020, les visiteurs du Musée des sciences et de la technologie du Canada peuvent discuter avec Ophelia tous les jours, de 10 h à 11 h et de 13 h 30 à 14 h 30, dans le carrefour du musée.

Auteur(s)
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Sonia Mendes

Sonia Mendes est la rédactrice/réviseure anglophone pour Ingenium. Elle adore fouiller en coulisse pour raconter les histoires cocasses et colorées de la vie au musée ainsi que tout ce qui touche la science et l’innovation.