Amateurs d’histoire ferroviaire, venez voir des artefacts canadiens s’engager sur les rails!

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Ingenium – Musées des sciences et de l’innovation du Canada
La locomotive 1201 du CP qui se trouve dans un entrepôt et qui attend son déménagement au nouveau Centre de conservation des collections d’Ingenium.

Déménager des objets pesant des centaines de tonnes n’est pas une mince affaire, mais Ingenium est sur la bonne voie.

Plus tard ce mois-ci, trois artefacts de la riche histoire ferroviaire du Canada seront remis sur les rails lors d’un événement public en vue de les déménager de leur entrepôt au nouveau Centre de conservation des collections d’Ingenium, à Ottawa. La Bytown Rail Society, un organisme bénévole qui restaure et manœuvre de l’équipement ferroviaire à vapeur, jouera un rôle important durant ce déménagement.

« Lors du déménagement dans les nouvelles installations d’entreposage des collections, la Bytown Railway Society utilisera sa locomotive diesel pour pousser la locomotive 1201 du Canadien Pacifique (CP) et deux voitures du gouverneur général afin de les déplacer du terrain du Musée des sciences et de la technologie du Canada jusqu’au Centre de conservation des collections, explique Charls Gendron, président de la Bytown Railway Society. Une voie ferrée a été aménagée à l’arrière du Musée des sciences et de la technologie du Canada et se rend jusqu’au nouveau centre ultramoderne. »

Le matin de l’événement, la population est invitée à venir assister sur le site du Musée à ce déménagement, qui devrait durer environ une heure selon Charls Gendron (afin d’obtenir les détails, consultez le site Web d’Ingenium). Des aliments pour le déjeuner et du café seront vendus sur place.

La locomotive 1201 du CP

La locomotive 1201 du Canadien Pacifique a été construite en 1944 par des ouvriers dans les ateliers Angus du CP, à Montréal.

« Pendant la Seconde Guerre mondiale, le CP s’est concentré sur la production d’équipement militaire, explique Sharon Babaian, conservatrice du Musée des sciences et de la technologie du Canada en matière de technologies des transports. Cela signifie qu’il utilisait de nombreuses locomotives construites dans les années 1920 et reconstruites plusieurs fois par la suite. En 1944, le CP a décidé de produire deux prototypes, les 1200 et 1201, pour commencer à remplacer son parc de locomotives vieillissantes. »

Les améliorations apportées au concept ont donné lieu à une locomotive polyvalente et ont fait du modèle 1201 du CP la locomotive idéale pour le transport de marchandises et de voyageurs, principalement à Ottawa et à Montréal et dans leurs environs. Bien qu’elle soit, à 185 tonnes métriques, le plus gros artefact de la collection d’Ingenium, la 1201 du CP était, toutes proportions gardées, une petite locomotive. Duncan DuFresne, pompier du CP qui a également consacré des années à la 1201 du CP comme bénévole au Musée, la surnommait « la plus grosse petite locomotive du parc ».

En tant que dernière locomotive à vapeur construite par les ouvriers des ateliers Angus, la 1201 du CP revêtait une valeur sentimentale. Ainsi, lorsque des milliers de locomotives à vapeur ont été déclassées et que les ateliers Angus sont devenus un cimetière de locomotives, la 1201 du CP a été préservée de la destruction.

« À la fin de 1960, 42 locomotives G5 avaient succombé [au chalumeau coupeur], 19 autres ont été détruites en 1961, 15 en 1962 et 5 en 1963, indique Paul Bown de la Bytown Railway Society. Selon la légende, la 1201 a échappé à ce sort ignominieux en raison de sa qualité de dernière locomotive construite dans les ateliers Angus. Alors qu’elle arrivait en tête de la ligne des véhicules destinés à la ferraille, elle a souvent été mystérieusement déplacée vers la fin de la file. »

Quelques années plus tard, on a donné une seconde vie à la locomotive 1201 du CP.

« Par un heureux hasard, il était devenu certain en 1966 qu’un musée des sciences serait fondé à Ottawa, alors on a entrepris d’acquérir des artefacts », raconte Sharon Babaian.

Après avoir été donnée au Musée des sciences et de la technologie du Canada en 1967, la locomotive 1201 du CP a servi d’ambassadrice nationale du Musée, notamment lorsque le personnel du Musée et des bénévoles de la Bytown Railyway Society l’ont conduite jusqu’à Craigellachie, en Colombie-Britannique, pour célébrer le centenaire de la pose du dernier crampon en 1985. La locomotive a également servi lors de la visite royale de 1977, durant laquelle elle a tiré les voitures du gouverneur général à bord desquelles la reine Elizabeth et le prince Philip ont voyagé jusqu’à Wakefield.

Les voitures du gouverneur général

Construites en 1927 pour assurer le transport des représentants vice-royaux durant leurs voyages, les voitures du gouverneur général sont faites d’acier et pèsent environ 100 tonnes chacune; elles comptent parmi les équipements ferroviaires les plus lourds à avoir été fabriqués au Canada. Les voitures ont été utilisées pour les visites royales du roi George VI et de la reine Elizabeth (1939), de la princesse Elizabeth et du prince Philip (1951), de la princesse Margaret (1958), puis de la reine Elizabeth (1959). Acquis par le Musée des sciences et de la technologie du Canada en 1967, ces véhicules sont de beaux exemples des voitures bien équipées qu’ont utilisées de nombreux fonctionnaires et dirigeants d’affaires de haut rang pour se déplacer sur le continent à l’époque où le transport aérien n’était pas une option envisageable. En 1977, à l’occasion du jubilé d’argent de la reine, le Musée a organisé un voyage pour la reine Elizabeth II et le prince Philip à bord de ces voitures, tirées par la locomotive CP 1201, pour faire le trajet entre Ottawa (Ontario) et Wakefield (Québec).

Dans le cadre du déménagement de ses artefacts dans le Centre de conservation des collections, Ingenium déménagera en tout huit locomotives et neuf voitures qui étaient, jusqu’à présent, remisées dans un entrepôt loué. Les Salles des locomotives du Centre conviendront davantage à ces artefacts, et un horaire de visites est en cours d’élaboration.

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Sonia Mendes

Sonia Mendes est la rédactrice/réviseure anglophone pour Ingenium. Elle adore fouiller en coulisse pour raconter les histoires cocasses et colorées de la vie au musée ainsi que tout ce qui touche la science et l’innovation.