Engagement expérimental envers la collection de locomotives et de matériel roulant

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Médias
Ingenium - Musées des sciences et de l’innovation du Canada
La salle d’entreposage des locomotives et du matériel roulant au Centre Ingenium.

La majeure partie de la collection de locomotives et de matériel roulant d’Ingenium n’est pas actuellement exposée au public, et ne le sera probablement jamais en raison de la taille, du poids et de la difficile manœuvrabilité des artefacts. Les nouvelles technologies et outils numériques offrent toutefois la possibilité de faire découvrir ces objets ferroviaires à un auditoire plus large. C’est dans cet esprit que j’ai créé une visite virtuelle qui rassemble des images à 360 degrés, des histoires d’artefacts, des archives, des habillages sonores et d’autres projets Ingenium pour raconter l’histoire des technologies ferroviaires conservées au Centre Ingenium. Participez à la visite virtuelle ici.

Panification et démarche

Au début du projet, mon expérience avec des outils numériques et la narration numérique était limitée. Afin de me familiariser avec cette technologie et cette façon de travailler, j’ai fait des recherches sur les activités d’engagement numérique avec les collections d’autres musées pour voir ce qui existait déjà dans ce domaine. J’ai rapidement compris que les visites virtuelles sont la principale forme d’engagement numérique qu’offrent les autres institutions patrimoniales. On parle ici surtout d’images fixes interactives, de visites à 360° et de type Google Street View, de visites vidéo ou d’environnements virtuels construits numériquement. J’ai visité les espaces virtuels d’autres institutions, j’ai pris note de ce qui fonctionne et de ce qui ne fonctionne pas, et je m’en suis inspirée. Une des visites que j’ai effectuées est celle du Musée Bytown à Ottawa; cliquez ici pour faire cette visite virtuelle à 360°. 

Un appareil photo sphérique fixé à un trépied.

À l’aide d’un appareil photo Insta360 Pro, j’ai photographié l’espace en prenant des photos tous les deux ou trois mètres autour du périmètre de la pièce, ainsi que des photos à l’extérieur du bâtiment et à l’intérieur de certains des artefacts. Les photos à 360° donnent aux visiteurs la possibilité de voyager virtuellement dans l’espace et de voir les artefacts sous plusieurs angles. Par rapport aux photos traditionnelles, les images à 360° aident à saisir l’échelle de ces gros artefacts par rapport aux espaces qui les abritent.

Une femme se tenant à côté d’un appareil photo sphérique sur un trépied, devant une grosse locomotive en arrière-plan.
Image panoramique à 360° d’une grosse locomotive rouillée.
Capture d’écran d’une page Web affichant une grande image d’une locomotive bleue. Sur les côtés de la page Web, une liste d’images et de multiples boutons de réglage sont affichés

Lapentor, le logiciel que j’ai choisi pour héberger la visite virtuelle, offre plusieurs façons de naviguer dans l’espace. Les utilisateurs ont la possibilité de se déplacer dans l’espace en cliquant sur des flèches qui les dirigent d’un point de vue à l’autre, ou ils peuvent sélectionner des images à visualiser en fonction de leurs intérêts. Lapentor est également compatible avec les casques de réalité virtuelle qui permettent aux utilisateurs de s’immerger totalement dans l’espace.

Afin de rendre la visite interactive et de proposer différents types de contenus pour les intérêts variés des utilisateurs, j’ai utilisé une combinaison de textes, d’images et de zones d’accès. J’ai assemblé les contenus de manière à ce que les textes interactifs racontent l’histoire des artefacts de la visite, tandis que les images complémentaires mettent en valeur des éléments particuliers, comme des dessins d’archives ou des gros plans de certains détails des artefacts. J’ai intégré des liens Internet pour permettre de relier les artefacts entreposés à des projets et articles d’Ingenium qui portent sur ces reliques ferroviaires.

Capture d’écran montrant des ondes sonores de fichiers audio fragmentés, en trois rangées.

Étant donné que ce projet utilise la photographie, un support visuel, j’ai pensé en améliorer l’accessibilité pour des auditoires particuliers, comme les personnes aveugles ou malvoyantes, et j’ai donc demandé conseil à mes collègues. Des contenus audio ont ainsi été ajoutés, soit des enregistrements des textes et des descriptions des artefacts. La bande audio est rehaussée de paysages sonores liés à chaque artefact, utilisant des sons provenant principalement de Freesound.org. J’ai créé ces ambiances sonores à l’aide d’Audacity, un logiciel d’enregistrement et de montage audio gratuit et à code ouvert.

Lapentor a toutefois des limites en ce qui concerne l’accessibilité. D’abord, lorsqu’il est associé à des lecteurs d’écran, les zones d’accès ne sont pas toutes reconnues. Il est donc extrêmement difficile d’ouvrir et de fermer les zones d’accès pour les utilisateurs de lecteurs d’écran. Ensuite, il n’y a pas d’option pour inclure du texte alternatif pour les images, alors j’ai dû inclure des descriptions d’images dans les légendes des photos et les clips audio. Il faudrait plus de logiciels ouverts pour visites virtuelles accessibles à tous.

Photo noir et blanc du tramway no 854 de la OTC, au centre-ville d’Ottawa.

Conclusion et réflexions sur le projet

Dans ce projet, mes artefacts préférés ont été le chasse-neige électrique et le tramway utilisés par l’Ottawa Electric Railway Company dans la première moitié du XXe siècle. Ces deux artefacts font partie de l’histoire locale d’Ottawa, un sujet qui me passionne. Mes recherches à l’Université Carleton portent sur Ottawa au XIXe siècle et le cimetière Beechwood. En fait, le créateur du service de tramway d’Ottawa et du chasse-neige électrique, Thomas Ahearn, est enterré à Beechwood, et figure dans le document Sur les traces d’éminents Canadiens qu’on peut consulter ici.

Paysage grandiose, avec deux personnes dans un canot, sur un lac, les Rocheuses canadiennes en arrière-plan.

J’ai également aimé travailler avec les wagons du gouverneur général et le fourgon de queue de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada. J’ai aimé voir leurs intérieurs décorés. En entrant dans ces artefacts, j’ai vraiment eu l’impression de remonter dans le temps. Cette expérience est difficile à saisir numériquement, mais j’espère que les photos de l’intérieur du fourgon de queue et la visite virtuelle des wagons du gouverneur général (accessible ici) permettront aux visiteurs de vivre une expérience similaire.

A scene of a two people in a canoe on a lake with the Canadian Rockies in the background.

Les visites virtuelles avec images panoramiques à 360° ont été jugées au mieux « satisfaisantes » par des experts du domaine muséal . Cela dit, ce support permet d’accroître l’accès virtuel aux collections, ce qui est une priorité pour de nombreux musées. Le nouveau Centre Ingenium, et le fait qu’il n’existait pas de visites guidées de ce genre, sont une occasion irrésistible d’expérimenter. Ce projet a été réalisé en partant du principe que les médias numériques devraient être utilisés comme outil qui permet aux musées de créer des espaces virtuels que les visiteurs peuvent activement utiliser . En créant une possibilité d’engagement envers des contenus, en considérant des expériences utilisateur (UX) accessibles et en diffusant les histoires d’artefacts, cette visite atteint cet objectif, selon moi – et est certainement plus que simplement « satisfaisante »!

J’invite tout le monde à visiter virtuellement la collection de locomotives et de matériel roulant. Vous découvrirez les nombreux récits de l’histoire ferroviaire du Canada qui se trouvent ici même à Ingenium. 

En savoir plus sur la visite virtuelle


Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont fourni leur aide, leur expertise et leurs conseils au cours de ce projet, notamment : Sharon Babaian, Camil Carrier, Ralph Daguilh, Jonathan Desrosiers, Lauren DiVito, Emily Gann, Bridjet Lee, Pierre Martin, Sonia Mendes, Samantha Moore, Marcia Mordfield, Renée Racicot, Jaime Simons, Annie Tanguay, Adele Torrance, Erica Vanden Bosch et Kristy von Moos.


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Chloe Dennis

Chloe Dennis travaille à Ingenium – Musées des sciences et de l’innovation du Canada sur des projets d’engagement expérimental envers la collection de locomotives et de matériel roulant. Elle termine sa maîtrise en histoire publique à l’Université Carleton, où elle effectue de la recherche sur les cimetières établis au XIXe siècle, et travaille à l’élaboration d’une visite numérique du cimetière Beechwood, à Ottawa. Elle est passionnée par l’histoire locale d’Ottawa et par l’expérimentation avec la narration numérique.