Trois choses que vous devriez savoir sur les vaches « technologiques », les météores et la presbytie.

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Voici Renée-Claude Goulet, Cassandra Marion et Michelle Campbell Mekarski.

Ces conseillères scientifiques d’Ingenium fournissent des conseils éclairés sur des sujets importants pour le Musée de l’agriculture et de l’alimentation du Canada, le Musée de l’aviation et de l’espace du Canada et le Musée des sciences et de la technologie du Canada.

Dans cette captivante série mensuelle de billets publiés sur le blogue, les conseillères scientifiques d’Ingenium présentent des « pépites » d’information insolite en lien avec leur champ d’expertise respectif. Pour l’édition de janvier, elles parlent une nouvelle technologie qui rend le vêlage des vaches plus sécuritaire, d’une initiative citoyenne scientifique internationale pour la surveillance des météores et de comment de nouvelles gouttes ophtalmiques améliorent la vision des consommateurs d’âge mûr.

Un boîtier ovale vert recouvert d’un manchon rouge est fixé à la queue de la vache à l’aide d’une sangle à cliquet.

Ce capteur de vêlage se fixe directement à la queue de la vache pour détecter ses mouvements et le début du travail actif.

Des vaches « technologiques » textent leurs accoucheurs.

Ce n’est pas un secret que l’élevage de bétail est un travail ardu, mais être un « accoucheur de vaches » n’est probablement pas ce qui vient à l’esprit quand on imagine le travail d’un éleveur de bétail à lait ou de boucherie. En fait, s’occuper de la gestation et du vêlage des vaches constitue une grande partie des tâches régulières à la ferme. Maintenant, un appareil sophistiqué fixé à la queue de l’animal peut faciliter cette partie du travail, car il alerte l’éleveur qu’un veau est sur le point de naître et peut ainsi potentiellement sauver des vies. 
 
Sur les fermes d’élevage de bétail de boucherie, les nouveaux veaux naissent sur une base régulière ou saisonnière; tandis que pour le bétail à lait, il y a des naissances constantes tout au long de l’année pour assurer la stabilité de la production de lait du troupeau. Le vêlage est un moment très vulnérable pour les animaux concernés. Il est donc sage pour les éleveurs de fournir des soins avant et après la mise bas. 
 
Généralement, une vache donne naissance à son veau sans complications. L’éleveur peut simplement la laisser faire. Après la naissance, l’éleveur doit s’assurer que le nouveau-né respire bien et qu’il est en sécurité, qu’il peut se lever, trouver les pis de sa mère et boire le colostrum. L’éleveur doit également enrichir la nourriture et les fluides de la mère qui vient de mettre bas, et lui donner les suppléments nécessaires, comme du calcium.
 
Cependant, tout comme pour les humains, une vaste gamme de problèmes peuvent compliquer le processus d’accouchement. Parfois les éleveurs doivent intervenir et réajuster la position du veau pour qu’il puisse sortir de façon sécuritaire, ou aider à dégager un veau plus gros qui peut rester pris dans la filière pelvigénitale. Ces soins peuvent représenter la différence entre la vie ou la mort pour les deux animaux.
 
Mis à part le fait que l’on sache quand elle est tombée enceinte (les vaches ont une gestation de neuf mois) et la surveillance attentive des symptômes physiques, il est difficile de savoir exactement quand le travail d’une vache va commencer. Parfois, le vêlage se produit plutôt soudainement, pendant que les éleveurs et les employés s’occupent d’autres tâches, ou en plein milieu de la nuit lorsqu’il n’y a personne au travail.
 
Voici donc le capteur de vêlage Moocall, lequel offre une solution élégante aux éleveurs occupés. Fixé à la queue, il recueille 600 points de données par seconde pour détecter et analyser le mouvement de la queue. Lorsque la queue commence à bouger selon des motifs typiques au vêlage, le capteur fait appel au réseau Wi-Fi pour envoyer un message texte au téléphone cellulaire de l’éleveur et déclencher la notification d’une application. Cela se produit environ une heure avant que le travail actif de la vache commence, offrant ainsi amplement de temps aux éleveurs pour s’occuper de Bessie. Même si ce capteur est nouveau sur le marché, il est très prometteur pour permettre aux éleveurs d’accroître le bien-être des animaux, et de réduire la mortalité et les blessures chez les veaux et les vaches durant et après le vêlage. 
 
L’utilisation créative d’une technologie assez élémentaire aide à résoudre de véritables problèmes, bien que parfois pas très évidents, et ce, dans toutes les industries. Cette technologie agricole en est un bon exemple. Malgré le fait que le coût d’une adoption à grande échelle demeure un obstacle, la révolution numérique n’a pas laissé les éleveurs en plan. Au cours des prochaines années, nous verrons certainement d’autres innovations du genre, qui permettront aux éleveurs d’optimiser la productivité, la durabilité environnementale et le bien-être des animaux sur leurs fermes. 

Par : Renée-Claude Goulet

Des centaines de traînées blanches représentant des météores, dont la plupart sont allongées le long du bas de l’image, sur un fond noir, et de fines lignes radiales blanches représentant le mouvement des étoiles.

Une nuit complète d’images superposées de 929 météores détectés durant le point culminant de la pluie de météores Géminides du 14 décembre 2021. Les images ont été recueillies par une caméra du Global Meteor Network en Espagne.

Des scientifiques citoyens surveillent le ciel pour y voir des bolides.

Un projet mondial pour installer des caméras vidéo ultra-sensibles afin de détecter les météores prend forme. Le Global Meteor Network (GMN), une initiative citoyenne scientifique internationale, vise à surveiller et à recueillir des observations de météores à l’échelle de la planète afin de capter les rares passages de météores et de météorites tombés de bolides, en plus des pluies de météores bien connues, comme celle de Géminides le mois dernier. 

Les météores sont des roches spatiales qui entrent dans l’atmosphère de la Terre à très grande vitesse, puis qui se réchauffent à cause de la compression et de la friction avec l’air. Dans le processus, ils exposent une traînée brève, mais brillante, de lumière dans le ciel, d’où le terme « bolide » ou « étoile filante ». Des roches plus grosses peuvent survivre à l’étape du bolide, tomber sur le sol, puis devenir une météorite, ou de multiples météorites, puisqu’elles se brisent souvent en plusieurs fragments. 

Les météores ne peuvent être observés qu’à l’échelle locale, car ils passent seulement 100 km au-dessus de la Terre et ne peuvent être vus qu’à 300 km de distance. Bien que la Terre soit quotidiennement bombardée de météores, très peu d’entre eux ont été suffisamment surveillés pour déterminer leur orbite (d’où ils viennent dans le système solaire) et leur trajectoire (le couloir de vol qu’un météore prend à son entrée), lesquelles sont utilisées pour prédire où on doit se rendre pour trouver des météorites au sol. Des observations d’au moins deux caméras installées dans différents lieux sont nécessaires pour obtenir cette information. Plus il y a de caméras, plus la mesure est précise. 

L’initiative GMN est menée et coordonnée par Dr Denis Vida, un chercheur postdoctoral en physique des météores à l’Université Western de London, en Ontario. Depuis 2017, Dr Vida et ses collègues ont agrandi leur réseau de caméras pour inclure 550 caméras vidéo qui détectent les météores dans 35 pays, et le nombre augmente rapidement confirme-t-il. 
Le réseau consiste de caméras vidéo peu coûteuses et hautement sensibles qui sont reliées à un tout petit ordinateur Raspberry Pi 4, lequel fait fonctionner un logiciel libre gratuit de détection de météores qui est connecté au réseau par Internet. 

Vous souhaitez vous joindre au réseau? Les caméras sont déployées par des astronomes experts et amateurs. Plusieurs d’entre eux ont installé la caméra sur leur maison ou leur chalet. Les opérateurs peuvent choisir de construire une caméra à partir de zéro à l’aide d’instructions en ligne détaillées ou d’acheter un système prêt à utiliser. Consultez le site Web GMN pour commencer ou en savoir plus.

Le GMN a déjà remporté un certain succès international puisque des caméras au Royaume-Uni ont observé la chute du météorite Winchcombe en février 2021, événement qui a permis de récupérer plusieurs météorites.

Aller plus loin

Consultez plus d’images recueillies par le GMN

Science citoyenne : observer des pluies de météores (par Pierre Martin d’Ingenium)

Par Cassandra Marion

Une paire de lunettes brunes reposent sur le dessus d’un livre ouvert. Le texte que l’on voit à travers les lunettes est clair, le reste est flou.

Depuis l’époque médiévale, les lunettes de lecture ont aidé bien des gens à voir des objets clairement.

Pourquoi les lunettes de lecture pourraient être chose du passé.

Je me rappelle que je dessinais beaucoup quand j’étais enfant. Après avoir terminé chaque chef-d'œuvre, je me pressais d’aller voir mes parents ou mes grands-parents pour les entendre s’exclamer d’admiration. Quand j’y repense, je remarque que ces éloges ne venaient pas sur le champ. Je me souviens qu’ils me demandaient d’allumer les lumières, qu’ils voulaient aller chercher leurs lunettes ou qu’ils me disaient de l’éloigner de leur visage pour pouvoir mieux voir. 

Même si je pouvais voir mon dessin clairement à seulement quelques centimètres de mon visage, mes proches plus âgés avaient besoin d’un peu plus de distance. Et, plus ils étaient vieux, plus le dessin devait être tenu éloigné. 

Pourquoi? À cause de la presbytie : un trouble faisant que la vision devient plus floue avec l’âge. 

Dans votre œil, juste derrière votre pupille, se trouve une structure nommée cristallin. Tout comme la lentille d’une caméra, le cristallin dans votre œil aide à concentrer la lumière provenant de diverses directions afin de créer une image claire. Pour focaliser sur des objets à diverses distances, le cristallin de l'œil doit changer de forme. Lorsque les gens vieillissent, leur cristallin devient moins flexible, rendant la focalisation plus difficile. C’est un peu comme une caméra qui perd la capacité de « zoomer » avec le temps. 

La presbytie se développe généralement entre 40 ans et 45 ans, soit l’étape de la vie où bien des gens achètent leur première paire de lunettes de lecture ou commencent à utiliser la fonction de grossissement sur leurs appareils numériques. Cependant, les lunettes peuvent facilement être égarées et il est impossible d’agrandir le texte imprimé se trouvant dans un livre, un journal ou un menu. 

Une nouvelle découverte épatante vise à fournir une option plus pratique pour composer avec la presbytie : des gouttes ophtalmiques!

De nouvelles gouttes ophtalmiques approuvées par la FDA en octobre 2021 contiennent un ingrédient spécial nommé pilocarpine qui stimule la pupille afin qu’elle se rétrécisse pendant environ six heures. La réduction de la taille de la pupille signifie que la lumière entre dans l'œil par un petit trou plutôt qu’un gros. Ainsi, la lumière ne peut pénétrer dans l'œil à partir de plusieurs directions de façon désordonnée, ce qui brouille normalement l’image que l'œil voit. De cette façon, puisqu’on ne permet à la lumière d’entrer que de droit devant, on obtient des images plus claires. Ce « truc de la lumière » naturel est également la raison pour laquelle les photographes se servent de petites ouvertures s’ils souhaitent qu’une plus grande partie de l’image soit nette. 

Si vous êtes le genre de personne qui préfère ne pas dépendre de lunettes de lecture parce que vous faites du sport, vous avez tendance à perdre vos lunettes ou vous avez des enfants aux doigts collants dans votre vie qui salissent vos lentilles... cette solution novatrice pourrait être pour vous! 

Aller plus loin

Comment voir sans lunettes : https://www.youtube.com/watch?v=OydqR_7_DjI
(lien YouTube disponible en anglais seulement)

Par Michelle Campbell Mekarski


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Cassandra Marion

Cassandra est la conseillère scientifique du Musée de l'aviation et de l'espace du Canada. Elle est titulaire d'un doctorat en géologie et en science et exploration planétaires. Ses recherches portent sur les cratères d'impact de météorites dans l'Arctique canadien. Elle a plus d'une décennie d'expérience dans le domaine de l'éducation et de la sensibilisation dans l’élaboration et la prestation de programmes scientifiques. Elle se consacre à partager sa passion pour les sciences avec les communautés proches et lointaines, et à améliorer la culture scientifique au Canada. 

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Renée-Claude Goulet

Renée-Claude est conseillère scientifique au Musée de l'agriculture et de l'alimentation du Canada et enseignante agréée de l'Ontario. Grâce à sa formation en biologie, en éducation et à ses nombreuses années d'expérience dans le développement et la mise en œuvre de programmes et expos au musée, elle a développé une expertise dans la communication de sujets liés à la science et à l'innovation qui sous-tendent la production d'aliments, de fibres et de carburants, auprès de publics variés.  

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Michelle Campbell Mekarski

En tant que conseillière scientifique au Musée des sciences et de la technologie du Canada, Michelle Campbell Mekarski vise à combler l’écart entre la communauté scientifique et le public en rendant les sciences et la technologie intéressantes, accessibles et amusantes. Détentrice d’un doctorat en biologie évolutionniste et en paléontologie, elle possède de nombreuses années d’expérience en conception et en animation d’activités de vulgarisation scientifique. Dans ses temps libres à l’extérieur du Musée, elle enseigne à l’Université d’Ottawa ou à l’Université Carleton, fouille le sol à la recherche de fossiles ou se détend au bord de l’eau.