Trois choses que vous devriez savoir sur la pédobiologie, le tourisme spatial et le pouvoir de guérison de la nature.

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Musée de l'agriculture et de l'alimentation du Canada

Faites connaissance avec Renée-Claude Goulet, Cassandra Marion et Olivia Béchard.

Elles sont les conseillères scientifiques d’Ingenium qui fournissent des conseils d’expertes sur des sujets importants en lien avec le Musée de l’agriculture et de l’alimentation du Canada, le Musée de l'aviation et de l'espace du Canada et le Musée des sciences et de la technologie du Canada. 

Dans cette série mensuelle de billets de blogue colorés, les conseillères scientifiques d’Ingenium présentent des pépites insolites touchant à leur champ d’expertise. Pour l’édition de juillet, Renée-Claude Goulet a laissé sa place à la stagiaire Kyra Simone pour qu’elle ajoute sa voix à l’article. Collectivement, les autrices ont entrepris de traiter des organismes dans le sol, de ce qui se dessine à l’horizon pour le tourisme spatial, et du lien fascinant entre la nature et la santé mentale. Poursuivez votre lecture! 
 

Gros plan d’une main à la paume ouverte, tenant de la terre d’un brun riche et plus de cailloux, de terre et de branches au sol sont visibles en arrière-plan.

Dans le sol, des milliards d’organismes microscopiques digèrent des matières organiques, font circuler les substances nutritives et sécrètent même des composés pouvant être utilisés en médecine humaine.

Déterrer des possibilités : Des organismes essentiels du sol en médecine et agriculture

Lorsque nous entendons le mot « pédobiologie », la plupart d’entre nous pensent à des vers, à des scarabées et à d’autres petites bestioles. Bien que ces créatures jouent un important rôle d’ingénierie en mélangeant et façonnant le sol, les écosystèmes souterrains sont en fait beaucoup plus complexes que ce que nous pouvons voir à l'œil nu.

Au 16e siècle, Léonard de Vinci croyait que nous en savions « plus sur le mouvement des corps célestes que sur le sol sous nos pieds ». C’est encore vrai aujourd’hui. Plus nous en apprenons sur le sol, plus nous constatons tout ce que nous n’avons pas encore découvert. La communauté diverse du sol compte des champignons, dont certains ont une relation mutuellement bénéfique avec les plantes, desquelles ils reçoivent du sucre, puis ils aident les plantes à absorber l’eau et les substances nutritives. Les protistes abondent également dans le sol. Ces organismes unicellulaires incluent des protozoaires qui se déplacent de façon indépendante et se nourrissent de bactéries, ainsi que des algues qui font de la photosynthèse et produisent de l’oxygène dans le sol.

Lorsqu’il s’agit de chiffres, les bactéries sont en tête de peloton. Ces décomposeuses microscopiques ne font qu’un millionième de mètre de large. Les chercheurs estiment qu’il pourrait y avoir jusqu’à un million d’espèces de bactéries uniques par gramme dans le sol! La plupart des espèces n’ont pas encore été identifiées, car certaines sont extrêmement difficiles à cultiver en laboratoire et peuvent seulement être détectées à l’aide de techniques de recherche génétique. Malheureusement, cela signifie que bien que nous sachions qu’elles existent, nous ne savons pas ce qu’elles font.

Les microbes du sol que nous pouvons étudier sont assez incroyables. Certains ont des effets dévastateurs, du champignon qui a provoqué la Grande famine irlandaise à la bactérie E. coli et au protozoaire responsable de la dysenterie. Il y a même des virus dans le sol qui infectent les champignons, les plantes, les bactéries et les animaux. D’un autre côté, c’est grâce aux microbes du sol que nous avons créé de nombreux traitements médicaux qui sauvent des vies. La rapamycine, un médicament immunosuppresseur, a été développée à partir d’une bactérie du sol trouvée sur l’île de Pâques, et environ 80 % des antibiotiques sont dérivés de bactéries du sol du genre Streptomyces.

Dans l’écosystème du sol, la plupart des organismes vivent dans les 15 premiers centimètres du sol, lesquels agissent comme l’estomac de la Terre. Ici, les matières organiques sont digérées pour rendre le carbone et les substances nutritives accessibles à d’autres organismes, et les bactéries convertissent l’azote pour les puissent l’utiliser plantes. L’activité microbienne stabilise le sol en produisant des substances qui aident les particules à s’agglutiner, tout en maintenant une texture spongieuse pour maintenir l’eau, l’oxygène et les substances nutritives disponibles.

Historiquement, les activités agricoles ont omis de tenir compte de ces fonctions importantes. Le labourage, la surutilisation d’engrais et le compactage fait par la machinerie ont mené à une réduction de la biodiversité du sol et du rendement des cultures. Heureusement, les pratiques continuent d’évoluer pour tenir compte du rôle que jouent les organismes du sol dans l’industrie et la santé humaine. Après tout, pourquoi ne pas travailler ensemble avec tous ces petits spécialistes vivant dans le sol pour réaliser de grandes choses?

Par Kyra Simone

Une illustration cosmique colorée de cinq différents astronefs volant vers la gauche avec un arrière-plan composé de quatre planètes multicolores et de Saturne au centre. Au bas de l’image, en caractères gras, on peut lire « The Grand Tour » en grosses lettres. En plus petit, on peut lire « A once in a lifetime getaway » qui est annoncé comme ayant lieu tous les 173 ans.

Affiche d’une destination touristique exotique pour des vacances fictives vers les quatre planètes géantes gazeuses, une de plusieurs conçues par la NASA afin de nous inspirer à rêves au futur tourisme spatial.

Tourisme spatial : Le prix élevé d’une expérience intersidérale

Les voyages récréatifs dans l’espace semblent être des vacances d’aventure incroyables, mais à quel point sont-ils vraiment accessibles? 

Jusqu’à maintenant, seulement sept personnes très riches se sont envolées à bord de la fusée Soyuz russe pour un court séjour sur la Station spatiale internationale (SSI), et ce, pour la modique somme de 20 à 35 millions de dollars américains. Aujourd’hui, les vols spatiaux privés révolutionnent l’industrie, en offrant des services par satellite, du transport national d’astronaute vers la SSI ainsi que, roulement de tambour s’il vous plaît... du tourisme spatial suborbital (atteint l’espace, mais n’effectue pas une orbite complète) à orbital.  

De nombreux vols spatiaux touristiques sont prévus, dont certains avant la fin de l’année! 

Suborbital

Le vol New Shepard de Blue Origin doit faire un vol d’essai suborbital ce mois-ci. Parmi l’équipage, on comptera le fondateur et milliardaire de Blue Origin, Jeff Bezos, son frère, une femme aviatrice de 82 ans, Wally Funk, qui s'est entraînée pour devenir astronaute dans les années 60 dans le cadre du Mercury 13, et le gagnant d’une récente mise aux enchères en ligne qui a acheté son billet pour le prix de 28 millions de dollars américains. 

Virgin Galactic vient tout juste de recevoir son permis pour envoyer des clients payant leur place à bord de l’avion spatial SpaceShipTwo pour des vols suborbitaux. Trois autres vols d’essai sont prévus, à bord desquels le milliardaire fondateur, Sir Richard Branson, a réservé un siège. Des places supplémentaires pour les vols d’essai sont destinées à la formation professionnelle d’astronautes. Virgin Glactic a déjà vendu plusieurs centaines de billets à l’avance pour 200 à 250 mille dollars et le prix pour les vols de Blue Origin sera environ le même. 

Au-delà de l’orbite 

Inspiration4 est le premier équipage composé de civils destiné à s’envoler en orbite basse à bord d’un SpaceX Dragon à l’automne 2021. La mission sera menée et financée par le milliardaire, pilote et PDG de Shift4 payments, Jared Isaacman. Il a également acheté deux places supplémentaires pour l’hôpital pour enfants St. Jude dans le cadre d’une collecte de fonds. Un employé de 29 ans de l’hôpital et survivant du cancer a aussi été choisi, ainsi qu’un généreux donateur (ancien combattant qui travaille dans l’industrie aérospatiale). Le quatrième billet est allé à Dre Sian Proctor, une entrepreneure, géoscientifique et vulgarisatrice scientifique, qui a déposé sa demande lors d’une campagne vidéo en ligne pour faire croître son entreprise Space2inspire.

La mission Ax-1 d’Axiom Space est composée d’un équipage privé comptant quatre hommes d’affaires qui s’envoleront vers la SSI à bord d’un SpaceX Dragon au début de 2022. Un forfait tout-inclus dans un hôtel spatial sur la SSI coûte 35 000 $ par nuit (comprend le soutien vital, la toilette, la nourriture, matériel, etc.), tarif qui se reflète dans le prix du billet de 55 000 millions de dollars américains. 

La première mission lunaire touristique, DearMoon de SpaceX, enverra un équipage autour de la Lune à bord de l’astronef Starship de SpaceX en 2023. L’entrepreneur japonais Yusaku Maezawa a acheté toutes les places à bord de Starship et invité des artistes talentueux à lui envoyer une demande pour embarquer gratuitement avec lui.

Ces missions n’auraient pas été possibles avant 2019, car la NASA avait une règle interdisant les astronautes privés de décoller à partir du sol américain. Bien que les vols suborbitaux coûtent moins cher, le tourisme spatial demeure hors de portée pour la plupart des gens, sauf les Terriens les plus riches et quelques chanceux. Pour les Canadiens qui souhaitent devenir astronautes, je recommande de parfaire leur ensemble de compétences pour répondre au prochain appel de l’Agence spatiale canadienne.

Aller plus loin 

Space.com : Il s’agit d’un excellent endroit où trouver des articles de presse traitant des dernières nouvelles en matière de tourisme spatial! (En anglais seulement)
Omaze.com : Participez pour gagner une place à bord d'un vol Virgin Galactic ! (En anglais seulement)
NASA : Affiches Visions of the Future  

Par Cassandra Marion 
 

Un sentier pédestre estival, bordé d’arbres caducifoliés et de feuillage vert.

Le sentier pédestre du centre d’accueil au parc de la Gatineau, au Québec.

La nature pourrait être le meilleur remède contre la déprime

Une quantité considérable de recherche suggère que du temps passé en nature offre de nombreux effets positifs sur la santé mentale et le bien-être. Mais qu’est-ce que cela signifie réellement? Une recherche rapide dans Google présentera des douzaines d’études démontrant que du temps passé en nature réduit le stress, la dépression et l’anxiété, tout en améliorant la concentration. 

Plus spécifiquement, la recherche a prouvé que du temps passé en nature réduit la quantité de cortisol (hormone du stress) que nous produisons. Cela n’est pas surprenant lorsqu’on considère à quel point notre environnement (espaces physiques dans lesquels nous existons) peut avoir une incidence sur notre humeur, notre santé mentale et notre bien-être. Les environnements urbains tellement stimulants nous bombardent d’un nombre ahurissant de distractions visuelles, sonores et odorantes, à tel point que notre cerveau tente constamment de traiter et de déchiffrer. Ainsi, notre cerveau nous a conditionnés à être continuellement en état d’alerte. Il n’est donc pas étonnant que tant de gens se sentent stressés! 

Le stress lui-même a des effets négatifs sur notre corps, notamment l’augmentation de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque, tout en affaiblissant notre système immunitaire. En plus de tout ça, le temps passé à l’écran (ce que de nombreuses personnes ont fait au cours de la dernière année) a également une incidence négative sur notre santé mentale et notre bien-être, laquelle contribue à l’accentuation de l’humeur sombre et de la dépression

Un autre résultat intéressant suggère que profiter de la nature a été ancré dans notre bagage génétique au fil du processus d’évolution. Nos ancêtres vivaient dans la nature et en dépendaient pour leur survie. C’est naturel pour les humains d’être dans la nature! Certains travaux de recherche suggèrent même que la nature peut renflouer nos ressources mentales, pour nous aider à mieux nous concentrer et à être attentifs. Le spectacle visuel et sonore de la nature semble avoir des fonctions réparatrices sur notre cerveau, et ce, même si nous n’en faisons l’expérience que pour une courte durée. Alors, pourquoi ne pas sortir pour changer d’air et découvrir si cette recherche sur la nature fonctionne pour vous? 

Jetez un coup d'œil à la Commission de la capitale nationale pour découvrir des espaces verts dans la Région de la capitale nationale, à Parcs Canada pour découvrir les parcs nationaux partout au pays, ou au site Web des parcs provinciaux de votre province pour découvrir les occasions de sortir et de profiter de la nature. Si vous souhaitez trouver quelque chose de vraiment différent à faire, consultez certaines des Réserves de ciel étoilé du Canada. Ces zones sont dépourvues de pollution lumineuse et vous offriront des points de vue spectaculaires du ciel nocturne! 

Par Olivia Béchard

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Olivia Béchard

Olivia Béchard est agente des communications scientifiques et de l’engagement au Musée des sciences et de la technologie du Canada. Détentrice d’un baccalauréat en sciences sociales spécialisé bidisciplinaire en science politique et histoire, en plus d’un diplôme du Collège algonquin en études muséales appliquées, elle étudie actuellement en psychologie. Désireuse d’offrir aux jeunes des possibilités d’apprentissage informel pour les aider à acquérir de nouvelles compétences et à nouer des liens, Olivia Béchard possède plusieurs années d’expérience dans l’élaboration et la mise en œuvre de programmes éducatifs dans divers musées et institutions culturelles au pays.

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Kyra Simone

Scientifique de l’environnement, Kyra Simone termine une maîtrise en communication scientifique. Son bagage interdisciplinaire comprend une maîtrise en biologie et des travaux de recherche sur les effets du changement climatique, les reptiles à risque et les contaminants. Dans sa chronique sur l’environnement dans le journal The Lake Report de Niagara-on-the-Lake, elle privilégie la communication empathique pour susciter des changements durables.