Les hôtels des chemins de fer canadiens

Ce texte a été adapté à partir du site Web Histoires en images, développé par le Musée des sciences et de la technologie du Canada en 2006.

En plus de construire le réseau ferroviaire à l'échelle du pays, les deux chemins de fer canadiens – le Canadien National et le Canadien Pacifique- ont construit une chaîne de grands hôtels dans les grandes villes et les plus beaux endroits de villégiature du pays.

Le salon de Jasper Lodge, Jasper, Alberta, 1954

Le salon de Jasper Lodge, Jasper, Alberta, 1954

Nombre d’entre eux sont encore en exploitation aujourd’hui et illustrent la grandeur et l’élégance de l’ère qui les ont vu naître. Beaucoup de ces hôtels fonctionnent encore aujourd'hui, avec des styles qui reflètent l'élégance commercialisée aux clients potentiels. En leur temps, ils étaient parmi les principaux hôtels dans le monde, et ont établi les normes pour ce qu'un grand hôtel "devrait être" pour les visiteurs.

Dans certaines villes, ces structures ont défini le panorama architectural. En effet, on peut difficilement imaginer la ville de Québec sans la majestueuse silhouette du Château Frontenac. Dans de nombreuses villes, l’hôtel était le principal immeuble tant par la grandeur de son architecture que par sa taille et sa situation centrale. Dans de nombreux endroits de villégiature, comme à Banff et à Jasper dans les Rocheuses, à Minaki dans le Nord de l’Ontario et à Montebello dans l’Ouest du Québec, l’hôtel est devenu le centre de tout développement local subséquent et la raison d’être de la collectivité. Les chemins de fer et leur chaîne d’hôtels ont été à l’origine de l’établissement de l’industrie touristique et de sa contribution à l’économie moderne du Canada.

Vue de la rotonde dans la gare de triage depuis les quais, avec l’hôtel Royal York à l’arrière-plan

Vue de la rotonde dans la gare de triage depuis les quais, avec l’hôtel Royal York à l’arrière-plan. Toronto, ON, 1933

La pièce de résistance de tout le réseau était l’hôtel Royal York de Toronto. Le Canadien Pacifique en avait commencé la construction en 1927 et, quand il a été inauguré en 1929, c’était l’immeuble le plus haut du Commonwealth. Le Royal York était, disait-on, une ville dans la ville. Haut de 28 étages, véritable exploit architectural, le Royal York était à la fine pointe du génie mécanique du temps et paré d’une opulence jamais vue à Toronto. L’hôtel comptait 1 048 chambres – chacune avec radio, douche et bain privés.

L’hôtel Royal York comptaient un hôpital de 12 lits, une bibliothèque de 12 000 livres et 10 ascenseurs admirablement décorés. Dans la salle de concert, il y avait une scène de bonne dimension et un grand orgue pesant 45 000 kilos (et comportant 480 kilomètres de fil de cuivre) unique au Canada. L’hôtel possédait en outre une serre-jardin sur le toit, la plus grande cuisine d’hôtel au Canada (la boulangerie pouvait produire 15 000 petits pains par jour), un standard téléphonique de 20 mètres de longueur pouvant accueillir 35 opératrices, une banque et un terrain de golf (connu sous le nom de St. George Golf & Country). Entre 1988 et 1993, l’hôtel a été restauré (au coût de 100 millions de $) et a retrouvé son élégance d’antan : les chambres et les espaces communs ont été rénovés, et on y trouve dorénavant une salle d’exercice, et une piscine à toit vitré.

Plusieurs des magnifiques hôtels construits par les chemins de fer sont présentés dans le diaporama ci-dessous. Tous ces hôtels sont toujours en exploitation et la plupart ont été soigneusement restaurés et ont retrouvé leur élégance d’origine.

On trouve des images de ces hôtels dans plusieurs fonds d'archives d'Ingenium, y compris les collections de photos du Canadian National et du Mattingly. Visitez notre nouveau portail Archives numériques pour plus de photos.

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Kristy von Moos

Kristy von Moos est la Coordinatrice de le projet de gestion des actifs numériques à Ingenium. Kristy est titulaire d’un baccalauréat en histoire et philosophie de l’Université St Thomas, et d’une maîtrise en histoire publique de l’Université Carleton. Elle a travaillé au sein d’entreprises de médias culturels, de recherche et d’expositions virtuelles. Elle adore associer histoire, éducation et technologie.