« Code in Place » : apprendre le langage Python durant une pandémie

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C’était une journée normale de mars 2020 et mes collègues d’Ingenium et moi étions au bureau, faisant notre travail comme d’habitude. Le lendemain, le monde a basculé. En quelques heures, les directives sont passées de « nous vous encourageons à faire du télétravail » à « vous devez travailler à la maison ». Les écoles et les garderies ont fermé, alors mon fils était également à la maison. C’était (et ce l’est toujours) angoissant, accablant et, parfois, impossible.

Je ne vous apprends rien. La plupart des gens partout sur la planète sont dans le même bateau. Le cycle des nouvelles est rapide. Ce que l’on sait sur le virus de la COVID-19 ne cesse d’évoluer. Et les réactions des gens sont presque aussi fluctuantes. Dans cet article, je veux vous parler d’une réaction particulièrement extraordinaire à se faire dire « restez chez vous », soit la décision de deux professeurs de Stanford de mener une expérience éducative exceptionnelle.

Un soir, alors que je furetais sur Twitter, je suis tombée sur ce gazouillis (en anglais seulement) :

Une capture d’écran d’une grille 4 x 6 présentant un petit carré nommé Karel, prêt à suivre les instructions simples, comme « bouger vers l’avant », données par le programmeur dans Python.

Le programme « Karel », un outil utilisé par Stanford Computer Science pour présenter les principes fondamentaux de Python et d’autres langages de programmation aux étudiants.

J’étais intriguée. Je ne connaissais rien du programme d’informatique de Stanford et je n’avais jamais participé à aucun cours de programmation. Ma formation est fortement ancrée dans les « arts libéraux », mais je devais admettre que découvrir Python, un langage de programmation général de niveau supérieur, pourrait m’aider à mieux prendre part au côté technique de mon travail en tant qu’agente de contenu numérique pour Ingenium ou, du moins, me permettre de discuter de façon plus cohérente avec les développeurs sur ce que je recherche.

J’ai donc fait une demande. La page d’inscription demandait une brève description de la raison pour laquelle je voulais apprendre le langage Python, un engagement exigeant de consacrer au moins 15 heures par semaine au cours et quelques exercices de programmation de base à l’aide d’un petit programme « robot » nommé Karel. La demande d’inscription envoyée, j’ai continué de vaquer à mes occupations, ignorant ce qui se passait en coulisses. Chris Piech et Mehran Sahami, les professeurs derrière l’expérience, ont été étonnés de découvrir que leur offre généreuse répondait à un besoin. Ils s’attendaient à recevoir 1 000 inscriptions tout au plus. Ils en ont reçu plus de 80 000.

Étonnamment, on m’a acceptée dans le programme. Ils ont choisi près de 10 000 étudiants et recruté des chefs de section bénévoles pour des groupes de 10 à 12 apprenants. Il y avait des participants de partout dans le monde, provenant d’horizons encore plus variés que les lieux d’origine. Dans ma petite section, nous avions des étudiants des États-Unis, de l’Italie, de l’Ukraine et du Canada.

Dès le départ, l’expérience était incroyable. Des babillards avec une communauté active et engagée ont pris vie. Nous avons commencé à nous rendre compte que nous n’étions pas seulement inscrits à un cours, mais à quelque chose de plus grand.

Les exposés étaient exceptionnels, grâce au style d’enseignements détendu et facile à comprendre de Dr Sahami et de Dr Piech. De plus, des exercices stimulants aidaient à renforcer les concepts. Les groupes de section étaient un espace où 10 à 12 participants pouvaient s’attaquer à des concepts difficiles ensemble avec un chef de section bénévole. L’apprentissage était intense, et demandait du temps et de la patience. Mais le tout en a tellement valu la peine (même lorsque nos enfants se pointaient pendant le cours!).

Je dois admettre que je ne suis pas une pro de la programmation (même si j’en sais beaucoup plus qu’avant). Aucun cours de cinq semaines ne peut faire ça. Toutefois, savoir un peu mieux comment les choses fonctionnent sous le capot m’a aidé à comprendre beaucoup plus comment marche la technologie. Aussi, le sentiment de communauté, le style accessible et le temps que tous partageaient généreusement ont créé une source de lumière dans une situation plutôt sombre.

Nous devions décider de notre projet final pour le cours. Les participants devaient bâtir un programme de leur choix. J’ai choisi de créer un petit programme qui pourrait lire un fichier contenant les noms de fichiers et les renseignements des légendes pour certaines photos d’archive d’Ingenium, et trouver une image de fond Zoom selon un mot-clé attribué par l’utilisateur. Le développement de ce projet m’a permis d’approfondir mes compétences et d’inclure l’importation et la manipulation de données, ce que je fais souvent dans le cadre de mon emploi chez Ingenium. Voici un lien vers une vidéo qui vous montre comment ça fonctionne. Pendant que vous y êtes, jetez un coup d'œil à d’autres projets, ils sont vraiment incroyables! Le cours a aussi donné lieu au balado Humans of Code in Place, qui raconte l’histoire remarquable de certains participants.

Pour conclure, j’aimerais remercier chaleureusement l’équipe de Code in Place. Des occasions comme celle-là ne se pointent pas tous les jours et je suis heureuse d’avoir eu la chance d’y participer.

Apprenez-en davantage sur le projet Code in Place dans la publication The Stanford Daily (article en anglais seulement).

Auteur(s)
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Kristy von Moos

Kristy von Moos est la Coordinatrice de le projet de gestion des actifs numériques à Ingenium. Kristy est titulaire d’un baccalauréat en histoire et philosophie de l’Université St Thomas, et d’une maîtrise en histoire publique de l’Université Carleton. Elle a travaillé au sein d’entreprises de médias culturels, de recherche et d’expositions virtuelles. Elle adore associer histoire, éducation et technologie.