Hommage aux braves : William Avery « Billy » Bishop, illustre aviateur canadien

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William Avery Bishop à bord d’un aéronef Nieuport, vers 1917. À cette époque, il devait être un pilote accompli et capable de voler seul.

William Avery « Billy » Bishop est l’un des aviateurs canadiens les plus célèbres de tous les temps et probablement le plus connu après la Première Guerre mondiale.

La légende veut qu’il ait abattu le fameux as de l’aviation allemande Manfred van Richtofen, également surnommé le « Baron rouge », mais cela n’a jamais été prouvé. Cependant, M. Bishop accomplit, pendant la Première Guerre mondiale, de nombreux autres exploits qui lui valurent non seulement la Croix de Victoria pour ses actes de bravoure, mais d’autres décorations : Compagnon de l’Ordre du Bain, Médaille du service distingué avec barrette, Croix militaire, Croix du service distingué dans l’Aviation et Décoration d’efficacité du Canada. En fait, le seul aviateur canadien plus décoré que M. Bishop est M. William George Barker, qui combattit pendant la Première Guerre mondiale et qui reçut la Croix de Victoria.

Photo en noir et blanc du jeune William Avery Bishop vêtu de son uniforme de cadet.

Photo du jeune William Avery Bishop prise en 1914, alors qu’il était cadet au Collège militaire royal de Kingston, en Ontario.

M. Bishop naquit le 8 février 1894 à Owen Sound, en Ontario. L’aîné de trois enfants, il fut, très jeune, considéré comme un excellent tireur. Lorsque la Première Guerre mondiale éclata en 1914, M. Bishop était cadet au Collège militaire royal à Kingston, en Ontario. D’abord affecté au détachement de cavalerie du 9th Mississauga Horse de Toronto, il contracta une pneumonie avant d’être envoyé outre-mer. La maladie l’obligea donc à demeurer au pays au départ du Mississauga Horse pour l’Angleterre. Une fois rétabli, M. Bishop s’enrôla dans le 7e Bataillon canadien de fusiliers à cheval, avec lequel il se rendit en Europe en juin 1915.

Des tranchées jusque dans les airs

Il est notoire que la guerre de tranchées durant la Première Guerre mondiale fut épouvantable. Nombre de soldats souffrirent de maux comme le pied de tranchée, un trouble causé par l’exposition prolongée des pieds à l’humidité. Après un mois, constatant que les conditions dans les tranchées ne lui convenaient pas, M. Bishop demanda à être muté dans le Royal Flying Corps en tant qu’observateur (la mutation en qualité d’observateur se faisait plus rapidement qu’à titre de pilote).

En septembre 2015, M. Bishop commença sa formation d’observateur au sein du 21e Escadron. Toutefois, après seulement quatre mois de formation, il fut rapatrié au Canada afin qu’il puisse se remettre de blessures non liées au combat. Déterminé, M. Bishop était résolu à devenir pilote. Il fut finalement admis au cours de pilotage et, son entraînement achevé, il fut affecté au 37e Escadron de défense territoriale (en poste sur un aérodrome en Angleterre). En mars 1917, affecté au 60e Escadron cantonné en France, il retourna au front. À la fin d’avril 1917, M. Bishop avait déjà été abattu 14 avions ennemis. Après une pause en Angleterre, il retourna en France afin d’entreprendre la mission qui lui vaudra la Croix de Victoria.

Portrait sur fond noir de William Avery Bishop en uniforme, peint par un artiste.

Portrait de William Avery Bishop réalisé par le peintre australien James Peter Quinn. Ce tableau fait partie de la collection du Musée canadien de la guerre.

Une mission en solitaire exceptionnelle

Avec M. Albert Ball, un autre aviateur canadien d’exception, M. Bishop avait planifié une mission visant à attaquer un aérodrome allemand tôt le matin. Après la mort de M. Ball, ne trouvant personne pour l’accompagner, il décida d’exécuter cette mission en solitaire.

Le matin du 2 juin 1917, M. Bishop décolla et se dirigea seul vers un aérodrome ennemi situé près de Cambrai, en France. Apercevant sept aéronefs au sol, il parvint à en détruire un qui s’apprêtait à décoller et à en abattre un deuxième se trouvant à 18 mètres (60 pieds) d’altitude, tout en essuyant les tirs des mitrailleuses au sol. À 305 mètres (1000 pieds) dans les airs, il fut attaqué par un autre avion qui avait réussi à décoller, mais il parvint à le descendre avant de retourner en territoire allié. Le 11 août 1917, la London Gazette publia un article récapitulant l’acte de bravoure de M. Bishop.

« Deux autres appareils ont ensuite décollé de l’aérodrome. Il a attaqué l’un d’eux à 1000 pieds d’altitude en vidant le reste de son chargeur de munitions. Cet appareil s’est écrasé à 300 verges de l’aérodrome, après quoi le capitaine Bishop a vidé tout un chargeur de munitions sur un quatrième avion ennemi avant de rentrer à sa base. »

Après la Première Guerre mondiale, M. Bishop retourna à la vie civile, dont il profita aux côtés de son épouse Margaret Burden. Le couple s’installa en Angleterre en 1921, où il eut trois enfants. Toutefois, le krach boursier de 1929 mit à mal ses finances et l’incita à rentrer au Canada. M. Bishop se lança dans les affaires avec M. William George Barker. Le duo fonda la Bishop-Barker Aeroplane Limited, mais l’entreprise de transport de passagers ne dura pas longtemps. Quand la guerre éclata en nouveau en Europe, M. Bishop reprit du service. Nommé colonel d’aviation honoraire de l’Aviation royale du Canada en 1931, puis vice-maréchal de l’Air honoraire en 1936, il reçut le grade honorifique de maréchal de l’Air en 1938. À ce titre, M. Bishop contribua grandement au recrutement au Canada.

Véritable légende de son vivant, M. Bishop demeure l’un des héros de guerre canadiens les plus estimés. Il mourut le 11 septembre 1956, alors qu’il était en vacances en Floride. Il était âgé de 61 ans.

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Connor Wilkie

En tant qu’étudiant inscrit à un programme coopératif à Ingenium, Connor s’apprête à faire de la recherche et à rédiger une panoplie d’histoires au cours des prochaines semaines. Détenteur d’une formation en journalisme, Connor aime rester informé sur toute sorte de sujets, qu’il s’agisse des sciences et de la technologie ou des actualités quotidiennes. Lorsqu’il n’est pas occupé à écrire, Connor aime passer du temps à faire de la photo et des vidéos.