Semaine de l’action bénévole : la Bytown Railway Society cultive une passion pour les locomotives

4 m
Catégories
Médias
(Légende) Bill Weiler, membre de la Bytown Railway Society, teint des planches de bois pour la restauration de la voiture-fauteuils de 1924.

Ici, à Ingenium, la Semaine de l’action bénévole (du 7 au 13 avril) donne l’occasion de reconnaître et de célébrer tous les bénévoles qui améliorent les incroyables expériences offertes aux visiteurs dans nos trois musées : le Musée de l’agriculture et de l’alimentation du Canada, le Musée de l’aviation et de l'espace du Canada et le Musée des sciences et de la technologie du Canada. Connor Wilkie, collaborateur occasionnel, s’est récemment entretenu avec certains des bénévoles les plus dévoués de la Bytown Railway Society pour savoir pourquoi ils consacrent de leur temps au bénévolat.


Si vous êtes déjà allé au Musée des sciences et de la technologie du Canada, vous avez sûrement remarqué le train emblématique sur le terrain avant de l’établissement. Par le passé, le Musée était reconnu pour sa populaire collection de trains. Toutefois, les visiteurs ne savent peut-être pas que plusieurs des locomotives sont entretenues par une équipe de bénévoles dévoués, et ce, depuis avant la conception du Musée en 1966.

Cédric St-Amour, coordonnateur des bénévoles à Ingenium – Musées des sciences et de l’innovation du Canada, est chargé de maintenir les relations avec les bénévoles et de superviser leurs activités dans les trois musées.

« La Bytown Railway Society (BRS) est une organisation privée qui, par le bénévolat, est en partenariat avec le Musée. L’organisation participe aux activités du Musée depuis ses tout débuts, même avant son ouverture, dit M. St-Amour. En 1966, des membres de la BRS ont aidé le Musée à acquérir sa collection. »

(Légende) Duncan Dufresne était une des personnes qui faisait du bénévolat au Musée depuis 1966. M. Dufresne a accumulé une quantité incroyable d’heures de bénévolat au fil des années.

(Légende) Duncan Dufresne était une des personnes qui faisait du bénévolat au Musée depuis 1966. M. Dufresne a accumulé une quantité incroyable d’heures de bénévolat au fil des années.

Duncan Dufresne était un de ces bénévoles très fidèles. M. Dufresne, qui est décédé en 2012, était un pilier du groupe depuis les premiers jours. Au cours de cette période, il a consacré 12 000 heures à faire du bénévolat à Ingenium.

Grâce à leurs diverses compétences, les bénévoles de la BRS offrent un service unique dont peu de musées peuvent profiter. Bon nombre d’entre eux ont déjà travaillé ou ont une certaine expérience dans l’industrie ferroviaire.

« Beaucoup de ces bénévoles ont de l’expérience dans l’industrie ferroviaire, tandis que d’autres non et certains ont plus de facilité avec le travail manuel, explique M. St-Amour. Ils aiment bricoler la tôle de métal, le bois, etc. Avoir la chance de profiter de leur expérience et de leurs compétences, ça n’a pas de prix. En plus, ils offrent tout ça bénévolement. »

Grâce à leur expérience, les bénévoles de la BRS sont beaucoup mieux placés que la plupart des gens pour conseiller le Musée sur sa collection.

« Ils aident parfois le Musée à identifier des pièces, à trier la collection et aussi à restaurer la collection, dit M. St-Amour. Essentiellement, ils fournissent de leur temps et de leur expertise pour entretenir la collection. »

Les bénévoles de la BRS contribuent à rehausser l’expérience des visiteurs du Musée. Bien qu’il ne soit pas offert maintenant, les bénévoles participaient autrefois à un programme bien spécial qui offrait une expérience immersive aux visiteurs.

« Jusqu’à la fermeture du Musée en 2014, nous proposions des tours à bord d’une locomotive, dit M. St-Amour. Il nous était possible d’offrir cette activité grâce aux bénévoles. Ils venaient deux fois par semaine, même quand il faisait très chaud, pour s’assurer que les visiteurs puissent toujours faire un tour du site. »

Depuis 40 ans, Phillip Jago, membre de la BRS, donne de son temps pour restaurer et entretenir la collection du Musée.

« J’aime l’histoire et, d’aussi loin que je me souvienne, je suis passionné de chemins de fer. J’ai 65 ans, ça fait donc pas mal longtemps, dit M. Jago. J’aime travailler avec mes mains et les occasions que nous avons eues dans le passé étaient très intéressantes. Je profite maintenant de la possibilité d’aider à faire fonctionner l’équipement. »

(Légende) Phillip Jago pose avec un train à l’extérieur du Musée des sciences et de la technologie du Canada. Jusqu’à 2014, les bénévoles de la BRS offraient des tours de train en collaboration avec le Musée.

(Légende) Phillip Jago pose avec un train à l’extérieur du Musée des sciences et de la technologie du Canada. Jusqu’à 2014, les bénévoles de la BRS offraient des tours de train en collaboration avec le Musée.

M. Jago, lorsqu’il était étudiant à l’université, a travaillé pour les chemins de fer, sur les wagons couverts du service des marchandises. Pour M. Jago, ce n’était pas un problème que le travail ne soit pas prestigieux, il voulait simplement être sur un chemin de fer. Au fil des ans, il a participé à plusieurs projets de restauration. Actuellement, M. Jago et l’équipe de bénévoles restaurent une voiture-fauteuils de première classe de 1924 que le Canadien National avait originalement acquise à ses tout débuts.

« Cette tâche est en cours depuis environ six ans, dit M. Jago. Nous avons commencé ce travail parce que le toit [de la voiture-fauteuils] coulait. De fil en aiguille, les choses ont progressé. Nous n’avons pas tout refait, mais nous avons enlevé le toit et en avons bâti un nouveau. Puis, il a fallu faire les côtés et construire de nouvelles fenêtres. Ensuite, nous avons refait l’intérieur. » 

Selon M. Jago, l’objectif final de bien des projets de restauration vise à faire fonctionner ces artefacts. Il croit également qu’il est important de bien préserver ces objets pour que le public puisse voir l’évolution de l’équipement. 

« Je pense qu’il est important que les gens voient l’évolution de la technologie et, au final, c’est un de nos principaux buts à Ingenium », affirme M. Jago.

Il explique qu’il ne s’agit pas simplement de restaurer et d’entretenir les trains. Il faut aussi transmettre des compétences importantes et la passion pour les chemins de fer aux nouveaux bénévoles plus jeunes.

« Un jeune homme qui avait très peu d’aptitudes techniques a travaillé ici et a en quelque sorte été encouragé par ce qu’il faisait. Il a même fini par s’inscrire à un cours de soudure, dit M. Jago. Nous aimons croire qu’une partie de tout ça a été influencée par les applications pratiques qu’il a apprises ici. Et c’est très important, parce nous souhaitons transmettre ces compétences à une autre génération, tout comme on nous les a transmises lorsque nous avons été formés. » 

Attirer de nouveaux membres, plus jeunes, est une des difficultés auxquelles la BRS est confrontée. 

« Le plus grand défi que nous avons présentement est d’attirer les jeunes et de leur inculquer la même passion que nous avons, dit M. Jago. Lorsque nous avons commencé, nous étions dans la vingtaine et trentaine, maintenant nous avons tous entre 60 et 80 ans. » 

Ian Stuart, un des plus jeunes membres de la BRS, est devenu bénévole grâce au programme Katimavik qui permet aux jeunes du Canada d’avoir accès à des occasions de bénévolat qu’ils n’auraient pas normalement. M. Stuart a adoré l’expérience et a choisi de donner de son temps à la BRS.

« La BRS se trouve à Ottawa, donc je m’y suis joint en 2010, dit M. Stuart. Avoir la chance de restaurer l’équipement et de faire fonctionner la grue à vapeur sont des expériences vraiment intéressantes. J’ai vraiment beaucoup de plaisir, donc je continue de faire du bénévolat ici. »

En plus des connaissances qu’il acquiert de certains des bénévoles plus âgés de la BRS, M. Stuart choisit d’y revenir parce que l’histoire des chemins de fer le fascine et il a ainsi la chance de prendre part à des tâches manuelles.

« L’histoire m’intéresse et j’aime travailler avec mes mains, dit-il. C’est pourquoi je viens ici. » 

Auteur(s)
Profile picture for user Connor Wilkie
Connor Wilkie

En tant qu’étudiant inscrit à un programme coopératif à Ingenium, Connor s’apprête à faire de la recherche et à rédiger une panoplie d’histoires au cours des prochaines semaines. Détenteur d’une formation en journalisme, Connor aime rester informé sur toute sorte de sujets, qu’il s’agisse des sciences et de la technologie ou des actualités quotidiennes. Lorsqu’il n’est pas occupé à écrire, Connor aime passer du temps à faire de la photo et des vidéos.