Visite à Membertou, au cap Breton

2 m
Catégories
Médias
Des élèves de l’école primaire Maupeltuewey Kina’matno’kuom (1re à 8e années), à Membertou.

On trouve au cap Breton, en Nouvelle-Écosse, certains des programmes et projets liés aux connaissances et aux sciences autochtones les plus technologiquement avancés au Canada. Au printemps dernier, j’ai visité Membertou, une collectivité Mi’kmaq située près de Sydney, pour rencontrer des enseignements et étudiants afin d’en savoir davantage sur leurs travaux scientifiques et pédagogiques novateurs. J’étais là dans le cadre d’une collaboration entre Ingenium, l’École des Océans et Pêches et Océans Canada.

Un des faits saillants de mon séjour a été une rencontre au parc patrimonial Membertou avec des représentants du programme de « science intégrative » de l’Université Cape Breton. Carola Knockwood, du Programme de réussite scolaire des étudiants des Premières Nations piloté par le groupe Mi’kmaw Kina’matnewey, a rallié des scientifiques, des éducateurs et des aînés de la collectivité pour une discussion sur le sujet des sciences autochtones. J’en ai appris beaucoup sur les efforts déployés pour rapprocher les perspectives occidentales et autochtones par l’éducation, la recherche, l’activité industrielle, et les sciences environnementales et de la vie en général. J’ai également profité de l’occasion pour demander l’avis des intervenants sur nos propres initiatives, comme l’École des Océans, l’exposition sur la science océanique au Musée des sciences et de la technologie du Canada, nos récentes acquisitions en lien avec la mer ainsi que le projet et l’exposition sur les connaissances astronomiques autochtones.

Le parc patrimonial Membertou est le noyau culturel de cette florissante collectivité Mi’kmaq au cap Breton.

Le parc patrimonial Membertou est le noyau culturel de cette florissante collectivité Mi’kmaq au cap Breton.

Sur le plan de l’éducation, on m’a rappelé l’urgent défi, pour les musées et les établissements d’enseignement, de se diversifier et de rendre pertinents leur offre et leurs travaux pour tous les Canadiens. En présentant des diapositives sur l’histoire de la science des océans au Canada — d’un point de vue plutôt occidental —, une enseignante a demandé qu’on lui dise précisément comment rendre de tels contenus pertinents aux yeux de ses élèves : en quoi tout cela nous concerne? Cette question a donné lieu à une discussion animée sur les connaissances qu’ont les Mi’kmaq des côtes maritimes, sur les dimensions humaines de la science et de la technologie, sur la « puissance » de la perspective autochtone et sur les façons de savoir et d’apprendre.

Un autre moment marquant de mon périple a été ma visite à l’école primaire Maupeltuewey Kina’matno’kuom (1re à 8e années), à Membertou. Il s’agit d’un tout nouvel établissement équipé des plus récentes technologies « intelligentes », où les corridors et salles de cours témoignent des projets créatifs réalisés par les élèves, et où on trouve non seulement des programmes pédagogiques innovants tels que l’Initiative de la famille Martin, mais aussi des élèves incroyablement curieux et brillants. J’ai eu le plaisir de me présenter à des jeunes de la 5e à la 8e année, et d’échanger avec eux.

J’adore rencontrer de jeunes étudiants. Les groupes bifurquaient joyeusement du sujet de mes présentations, formulant leurs questionnements et commentaires tous aussi diversifiés, judicieux, personnels et surprenants les uns que les autres. Beaucoup de nos discussions sur les connaissances autochtones ont convergé vers la santé et la médecine, et la nécessité de voir toutes les sciences d’un point de vue plus général. Nous avons également abordé le sujet de la santé de nos cours d’eau et de l’océan, lesquels font partie intégrante de la vie au cap Breton. Les élèves ont été fort intéressés par ma présentation sur le plastique dans l’océan, ce qui confirme qu’il s’agit là d’un des nombreux sujets qu’il conviendrait de soulever auprès des jeunes auditoires soucieux de l’environnement.

Aqua Mess et le problème du plastique et de la pollution dans les océans du monde, qui fait partie de la nouvelle exposition sur les océans au Musée des sciences et de la technologie du Canada.

Aqua Mess et le problème du plastique et de la pollution dans les océans du monde, qui fait partie de la nouvelle exposition sur les océans au Musée des sciences et de la technologie du Canada.

Auteur(s)
Profile picture for user David Pantalony
David Pantalony, Ph.D.

En tant que conservateur, Sciences physiques et médicales, à Ingenium – Musées des sciences et de l’innovation du Canada, David Pantalony est un passionné de l’histoire des instruments scientifiques. Il a dirigé l’exposition Les sens et la médecine au Musée des sciences et de la technologie du Canada renouvelé. Ayant travaillé sur l’exposition sur l’astronomie Un seul ciel, beaucoup d’astronomies à Ingenium, il contribue présentement à un projet sur les connaissances autochtones en matière d’étoiles réalisé en collaboration avec les partenaires autochtones du musée, projet qui pourrait mener à un symposium international, en 2020. M. Pantalony, de concert avec le boursier Ingenium-McGill et une stagiaire de recherche, ont récemment reçu le Prix d’excellence de l’Association des musées canadiens, catégorie recherche, pour le travail qu’ils ont fait sur la collection Petrovic, laquelle établit des liens culturels grâce à notre patrimoine mathématique commun. Il contribue également au programme de bourses et de recherche qui est en pleine croissance à Ingenium, ayant récemment supervisé les travaux de la chercheuse Jennifer Thivierge portant sur les perforatrices, ces figures méconnues de l’histoire du Canada.

Professeur auxiliaire d’histoire à l’Université d’Ottawa, M. Pantalony présente un séminaire sur le musée numérique qui est fondé sur la collection. Il a en outre été conservateur au Collège de Dartmouth, au New Hampshire, et au Bakken Museum, à Minneapolis. Il a obtenu son doctorat (Ph.D.) à l’Institute for the History and Philosophy of Science and Technology de l’Université de Toronto. Il adore faire du ski et jouer au tennis avec sa famille. Une partie de sa collection personnelle de raquettes de tennis anciennes (il en possède plus de 130, dont certaines datent des années 1880) est exposée au restaurant Cameron, de l’Ottawa Tennis and Lawn Bowling Club.