Récits stellaires : les coulisses du projet sur les connaissances stellaires autochtones

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L’activité « Tipis et télescopes » de Wilfred Buck près d’East Selkirk, au Manitoba, soutenu par le Manitoba First Nation’s Education Resource Centre.

Wilfred Buck rassemble depuis longue date les gens autour des connaissances stellaires autochtones. Surnommé « l’homme des étoiles » (Star Guy), M. Buck a travaillé comme animateur scientifique pour transmettre le savoir stellaire issu des Cris aux Premières Nations du Manitoba dans le câdre d’un programme du Manitoba First Nations Education Resource Centre (MFNERC), dont il a récemment pris sa retraite. Grâce au MFNERC, M. Buck a organisé « Tipis et télescopes » où il a réuni les amoureux des étoiles de participer à des séances de sudation, de se raconter des histoires sur les étoiles et d’observer le ciel nocturne. J’ai eu la chance de participer à l’activité près d’East Selkirk, au Manitoba, en mai 2019.

Il y a quelques années, Wilfred Buck a offert du tabac à Annette Lee, artiste et astronome qui dirige l’initiative de revitalisation de l’astronomie autochtone Native Skywatchers. Cette offrande a officialisé un partenariat entre les deux qui les a amenés à devenir les coconservateurs d’une exposition sur les connaissances stellaires autochtones à Ingenium – Musées des sciences et de l’innovation du Canada. Avec Ingenium, le duo a eu l’idée de mettre sur pied un événement qui réunirait des gardiens du savoir stellaire, des chercheurs, des scientifiques et des éducateurs autochtones afin qu’ils puissent prendre part à une cérémonie et diffuser leurs récits, et concevoir des outils pédagogiques à partager avec les autres. C’est ainsi qu’est née la série de symposiums sur les connaissances stellaires autochtones, une collaboration entre Ingenium et l’Institut de recherche et d’études autochtones de l’Université d’Ottawa. Cette initiative reçoit le soutien de :

  • le Conseil de recherches en sciences humaines;
  • le Virtual U.S. Speaker Program de l’ambassade et des consulats des États-Unis au Canada;
  • l’Association pour l’histoire de la science et de la technologie au Canada;
  • le Conseil national de recherches du Canada;
  • un cercle consultatif comprenant M. Buck et Mme Lee ainsi que Peter Decontie, aîné partenaire algonquin, Anita Tenasco, directrice du secteur de l’éducation de Kitigan Zibi, Carola Knockwood, pédagogue mi’kmaq, et Daniella Scalice, responsable de l’éducation et des communications du programme d’astrobiologie de la NASA.

Par la suite, le projet sur les connaissances stellaires autochtones a mis Wilfred Buck en contact avec Shawn Wilson. Comme M. Buck, M. Wilson est originaire de la nation crie Opaskwayak, mais vit désormais sur les terres de Bundjalung, dans l’est de l’Australie. M. Wilson a été grandement applaudi par les universitaires pour son ouvrage de 2008 intitulé Research is Ceremony: Indigenous Research Methods et ses publications ultérieures. De son côté, M. Buck a largement publié et enseigné sur les connaissances stellaires autochtones, et surtout cries.

M. Wilson se souvient que, lorsque les deux ont commencé à discuter de savoir stellaire, M. Buck lui a demandé comment régénérer ces connaissances si elles avaient été perdues en raison de la colonisation. Ce point relevé au premier d’une série de symposiums d’Ingenium sur les connaissances stellaires m’a semblé particulièrement frappant. J’avais posé la même question à M. Buck lors de notre première rencontre – je lui avais demandé si beaucoup des gens qu’il rencontrait dans ses voyages en tant que « the Star Guy » avaient des connaissances ou des histoires sur les étoiles. Il m’a répondu que certains en avaient mais que beaucoup n’en avaient pas, mais qu’il ne fallait pas s’en inquiéter. Ce savoir, a-t-il dit, avait été acquis lors de cérémonies, et il pouvait être régénéré de la même façon. Cette compréhension a imprégné les discussions du 21 septembre 2020, qui ont porté sur la manière dont les cérémonies et les protocoles sous-tendent la régénération des connaissances stellaires autochtones. Cette idée a continué d’influencer les autres rencontres de la série, le 21 décembre 2020 et le 28 avril 2021.

Depuis la première rencontre, des connaissances et des histoires considérables ont été diffusées à un auditoire international, et des projets ont continué d’évoluer pour mettre de l’avant le savoir autochtone sur les étoiles dans diverses communautés. Apprenez-en davantage – et visionnez des enregistrements des webinaires – en visitant la page des symposiums sur les connaissances stellaires autochtones.

Le 22 juin 2021, le public est invité à participer au prochain webinaire, Solstice d’été : une célébration des connaissances stellaires de l’Afrique et de Rapa Nui (l’île de Pâques).

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Lindsey Kirby-McGregor

Lindsey Kirby-McGregor est membre de la Première Nation de Whitefish River, et vit à Ottawa avec son fils de 7 ans. Elle est titulaire d’un baccalauréat en travail social (spécialisation en études autochtones) de l’Université de Victoria et d’une maîtrise en éducation de l’Université d’Ottawa, et effectue présentement une maîtrise ès arts en éducation avec accent sur l’évaluation de programmes. Elle apporte son appui au projet sur les connaissances stellaires en tant qu’adjointe de recherche, et est reconnaissante de cette occasion d’apprendre de tous les membres de l’équipe.