De l’idée lumineuse à la réalité : coup d’œil sur la préparation d’une activité pour l’Halloween

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Ingenium – Musées des sciences et de l’innovation du Canada
Monsieur Courge-Musclé

Il y a de ça plusieurs années, j’ai vu un article en ligne sur un concours de décoration de citrouilles organisé par la NASA. Les résultats étaient spectaculaires : pièces mobiles, dont certaines tournoyaient, ordinateurs affichant des messages sur écrans DEL, représentations de la science et thèmes complètements fous! En tant que coordonnatrice des activités Exploratek au Musée des sciences et de la technologie du Canada, j’ai tout de suite eu envie d’offrir une activité semblable à nos visiteurs.

L’ennui, c’est que les participants à ce concours, des experts en aéronautique, avaient consacré des journées entières (voire des semaines!) à perfectionner leurs concepts. La question, donc, était la suivante : comment garder l’idée centrale et en préparer une version légèrement simplifiée pour l’atelier de fabrication Exploratek, offert aux visiteurs du Musée?

Citrouilles transformées en vaisseau pirate et en robot extraterrestre

Voilà ce qui arrive quand des ingénieurs de la NASA participent à un concours de citrouilles. Image : NASA/JPL-Caltech (CC-BY-NC-ND 2.0)

Pourquoi des citrouilles?  

Avant d’examiner le comment, j’ai dû répondre au pourquoi. Pourquoi le Musée des sciences et de la technologie du Canada devrait-il organiser une activité de décoration de citrouilles? 

Quand le Musée a été reconçu repensé, on a ajouté l’atelier de fabrication Exploratek pour offrir  aux  visiteurs des activités amusantes et inattendues d’exploration et de découverte scientifique dans un espace d’apprentissage par l’action. La décoration de citrouille pourrait-elle en faire partie?

L’atelier de fabrication Exploratek s’inscrit dans une tendance générale qui encourage l’apprentissage par l’action dans un contexte social décontracté, motivant et amusant. Faisant appel à l’électronique, à la robotique, à l’impression 3D, à la menuiserie et à l’artisanat traditionnel, la culture de fabrication collective (maker culture) défend quatre principes : la collaboration, la créativité, la communication et la pensée critique.

Lorsque je songeais à l’atelier, j’étais certaine que les jeunes participants relèveraient le défi de décorer des citrouilles. Ce que j’espère maintenant, c’est qu’ils auront envie de développer leurs propres idées, d’expérimenter, de bricoler, et qu’ils apprendront en même temps à se servir d’outils et de composantes électroniques. Quant aux adultes, j’espère qu’ils verront dans la modification de citrouilles une activité qui dépasse le bricolage et qu’ils constateront la valeur d’une activité consistant à fabriquer quelque chose.
 
 

Comment se crée une activité d’Exploratek 

Une courge, un melon d’eau et un cantaloup dans un panier d’épicerie

En l’absence de citrouilles, il faut bien faire preuve de créativité.

Une fois confortable avec ce raisonnement, je me sentais d’attaque pour examiner le comment. Voici les étapes qui ont mené à ce concept. 

Étape 1 : Démontrer la faisabilité

Lorsque l’on crée une nouvelle activité pour un musée, la première étape consiste à démontrer sa faisabilité. Autrement dit : l’idée est-elle réalisable? Nous avons commencé par créer des prototypes sommaires. Mais il y a un hic : les activités du musée sont planifiées plusieurs mois à l’avance, et malheureusement, les citrouilles sont introuvables en août! Nous nous sommes donc tournés vers ce que nous pouvions trouver à l’épicerie : des courges et des melons. Après tout, ils ressemblent à des citrouilles, non?

Nous avons d’abord tenté de sculpter un melon d’eau. Puis, nous avons mis de la lumière et une boule disco motorisée à l’intérieur. Mais le résultat n’était pas, disons… très concluant. 

Cantaloup avec des yeux lumineux et un casque en carton

Un maléfique cantaloup prêt à se battre pour devenir maître du monde!

Ensuite, nous avons opté pour la technique « M. Patate ». Plutôt que de découper l’écorce de notre « citrouille », nous y avons inséré divers éléments et accessoires. Nous étions si contents du résultat que nous avons retenu cette méthode pour l’atelier.

 

Étape 2 : Faire un remue-méninges 

Une fois la faisabilité démontrée, le temps du remue-méninges est arrivé : nous avons pensé à tous les éléments et accessoires que nous aimerions fixer aux citrouilles. Nous avons ensuite trié ces idées par catégories, en avons éliminé un bon nombre, puis avons commencé à créer des fichiers pour découpe laser.

Tableau blanc couvert d’idées : thèmes, éléments divers, dont certains mobiles, pouvant servir à modifier des citrouilles.

Certaines de nos meilleures idées surgissent lors des séances de remue-méninges, devant un tableau blanc. À vos marques, prêts, pastèques!

Un guide est assis à un bureau couvert de multiples formes en plastique et en carton, dont des tentacules, des ailes, des yeux de robot et des épées.

Nous nous sommes servi de découpes lasers pour produire la forme parfaite.

Étape 3 : Procéder par essais et erreurs

Ensuite, nous avons essayé de nombreuses méthodes d’assemblage, pour trouver celles qui permettraient la plus grande créativité. Nous avons pensé aux outils nécessaires (pistolets à colle, marteaux, tournevis), puis nous avons examiné avec soin les risques ou dangers associés à chacun. Nous avons créé une variété de prototypes dotés de moteurs et d’ampoules DEL. Nous avons documenté, photographié, filmé, et beaucoup rit en cours de route!

Le prototypage est un processus continu. Chaque membre de l’équipe apporte sa touche et son point de vue personnels, qui mèneront à une citrouille tout à fait unique. Je doute que nous ayons terminé avant le premier atelier, et là encore, nous continuerons à perfectionner les prototypes.

 

Étape 4 : Mettre tout le monde à contribution

Comme vous le voyez, avant que l’idée de cette activité se concrétise, il se passe beaucoup de choses en coulisses. En plus de la conception de l’activité en tant que telle, toute une démarche de marketing se met en branle : publicité sur la toile, communication avec les membres, préparation de formulaires d’inscription et révision des textes. De nombreux employés et employées d’Ingenium mettent la main à la pâte, et chacun est essentiel à la réussite de l’activité. J’aimerais remercier chacune de ces personnes, sans qui l’atelier n’aurait pas été possible.

Le 27 octobre 2019, serez-vous prêts à relever le défi?

Je suis certaine que cette activité sera extraordinaire. Cela étant dit, elle ne sera peut-être pas facile : je m’attends à ce que les participants essaient, échouent, puis essaient encore! C’est ainsi que l’on apprend. Nous espérons vivement que cet atelier saura vous plaire autant que nous nous sommes amusés à le concevoir, et nous avons hâte de voir vos créations.

 

Pour obtenir tous les détails ou pour vous inscrire, consultez Les ateliers fabrico-créatifs : Ingénio-citrouilles

Auteur(s)
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Catherine Émond

C’est dans des musées que Catherine s’est découvert une passion pour la transmission de connaissances. Elle fait partie de l’équipe affectée à l’Expérience des visiteurs au Musée des sciences et de la technologie du Canada. Elle aime tester et créer des activités ingénieuses pour l’atelier de fabrication Exploratek, où elle invite les gens à relever divers défis consistant à bricoler quelque chose. Elle puise son inspiration dans les créations des visiteurs et adore inventer de nouveaux projets de sciences, technologies, ingénierie, arts et mathématiques (STIAM).

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Michelle Campbell Mekarski

En tant qu’agente, Communication et Engagement scientifique au Musée des sciences et de la technologie du Canada, Michelle Campbell Mekarski vise à combler l’écart entre la communauté scientifique et le public en rendant les sciences et la technologie intéressantes, accessibles et amusantes. Détentrice d’un doctorat en biologie évolutionniste et en paléontologie, elle possède de nombreuses années d’expérience en conception et en animation d’activités de vulgarisation scientifique. Dans ses temps libres à l’extérieur du Musée, elle enseigne à l’Université d’Ottawa ou à l’Université Carleton, fouille le sol à la recherche de fossiles ou se détend au bord de l’eau.