Réexaminer la recherche archivistique après la pandémie de la COVID-19

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Photo prise au Musée canadien de l’automobile.

La pandémie de la COVID-19 a entraîné toute une série de conséquences sur la vie quotidienne, lesquelles sont bien trop nombreuses pour être résumées ici dans un seul blogue. Par conséquent, je me limiterai à l’incidence qu’a eue la pandémie sur la recherche archivistique. Pendant la majeure partie des deux dernières années, les archives physiques ont été fermées aux chercheurs. Par exemple, les collections d’archives de l’Université de Toronto ont été fermées pour les consultations en personne, bien que les collections et services en ligne soient restés accessibles. Ce virage vers le numérique, bien que nécessaire et justifié, a eu des répercussions notables sur la recherche universitaire. Comme beaucoup de mes collègues étudiants, pendant la pandémie, j’ai axé mes recherches sur ce qui était accessible dans les archives en ligne. Je savais être parfaitement capable de naviguer dans l’interface fastidieuse de Bibliothèque et Archives Canada, dans les captivantes photos numérisées de la Bibliothèque publique de Toronto et dans les étagères virtuelles de la bibliothèque Robarts de l’Université de Toronto. Bien que ces recherches en ligne aient été incroyablement précieuses, de nombreuses institutions n’ont pas numérisé leurs collections, ce qui signifie qu’au cours des dernières années, ces sources n’ont pas pu alimenter notre analyse savante du passé. 

Une page du dépliant de GM Canada pour l’expo de 1986.

Dans le cadre du projet Ingenium-Université de Toronto intitulé Contesting Closure: Life Stories of Work and Community in Oshawa’s Motor City, 1980-2019, nous nous sommes rendus à Oshawa pour une visite de recherche intensive. Notre journée a commencé par une visite du musée d’Oshawa. Dans l’après-midi, quelques membres de notre équipe de recherche ont réalisé des entrevues d’histoire orale avec d’anciens employés de GM à Oshawa, tandis que de mon côté, j’ai fouillé dans les archives conservées au Musée canadien de l’automobile. En entrant dans la salle des archives, la première chose que j’ai remarquée est que l’histoire est, en fait, désordonnée, aussi cliché que cela puisse paraître. Mes seules autres expériences de recherche en personne dans des archives avaient consisté à consulter des documents dont je connaissais déjà l’existence. Mais cette fois, au musée de l’automobile, mon travail était de naviguer parmi des centaines de boîtes de documents, un mélange de dossiers classés et de papiers rassemblés pêle-mêle. Contrairement à des archives numériques, impossible d’utiliser des mots-clés pour amorcer la recherche. J’ouvrais une boîte, j’en examinais le contenu, puis je passais à la boîte suivante. J’ai trouvé des choses qui n’avaient rien à voir avec notre projet ou l’époque qui nous intéressait. J’ai également trouvé des documents qui m’ont apporté un nouvel éclairage sur notre sujet. Par exemple, avant de me rendre à Oshawa, j’avais lu quelque chose sur la réaction de l’usine GM face au mouvement de la mondialisation et de l’autonomation, et la mise en œuvre d’une stratégie « usine du futur » de production automobile. En fouillant dans les archives du musée, j’ai trouvé un dépliant de GM pour l’expo de 1986 qui disait « The future of transportation is here », l’avenir des transports est ici. Ce dépliant est la preuve matérielle de la mise en œuvre de la stratégie de l’entreprise, et une source primaire incroyablement riche!

En repensant à cette expérience, je suis frappé par la façon dont les archives peuvent permettre un lien physique avec l’histoire. En interagissant avec ces documents physiques, j’ai pu relier mes recherches antérieures à des preuves réelles et tangibles d’événements du passé. J’aurais pu – et c’est sûr que je le ferai à l’avenir – passer des heures dans ces archives.


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Sean Garner

Sean Garner est un jeune diplômé de l’Université de Toronto, où il a étudié les sciences politiques, l’histoire et les études canadiennes.