Des élèves autochtones contribuent à une exposition sur l’astronomie

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Ingenium – Musées des sciences et de l’innovation du Canada

En mars, avant les mesures de distanciation sociale, un groupe d’élèves autochtones venus de communautés nordiques ont mis leurs idées à contribution en vue d’une exposition sur l’astronomie que prépare le Musée des sciences et de la technologie du Canada. 

Les 20 élèves du secondaire, venus de trois communautés du Nord du Manitoba, de la Saskatchewan et des Territoires-du-Nord-Ouest, se sont rendus à Ottawa et ont passé une journée entière au nouveau Centre Ingenium. Des membres du personnel d’Ingenium ont travaillé côte à côte avec ces jeunes dans le cadre de séances interactives où ils leur ont appris en quoi consistera une exposition en développement sur l’astronomie autochtone et ont recueilli leurs idées et commentaires.

« Le groupe a proposé des idées créatives et imaginatives, que nous examinons avec beaucoup d’enthousiasme en vue de l’exposition Un ciel, plusieurs mondes, raconte Carolyn Holland, Agente d’interprétation des expositions. Un des groupes a créé une réplique immersive d’un site sacré éloigné que les visiteurs pourraient expérimenter par eux-mêmes. Un autre a conçu une carte des étoiles illuminée pour initier les visiteurs aux constellations autochtones. »

Différentes idées sont inscrites sur des notes adhésives collées au mur : installation sur les animaux, couture, lignes de piégeage, valeurs des Inuvialuit et des Gwich’in, installations interactives, installation sur les vêtements, art corporel, médecine traditionnelle, contes, histoire des peuples autochtones.

L’exposition collaborative Un ciel, plusieurs mondes : voix autochtones en astronomie est actuellement en développement sous la direction de gardiens du savoir traditionnel du monde entier. L’exposition examinera le lien et la relation durables qu’entretiennent les peuples autochtones avec le ciel nocturne, et comment celui-ci a été - et continue d’être - un guide spirituel, culturel et pratique qui éclaire leur vie. 

Après un exposé du conservateur David Pantalony et de Lindsey McGregor, étudiante diplômée de l’Université d’Ottawa, les élèves se sont exprimés sur ce qui contribue à une expérience muséale positive et sur l’aspect que prendrait une exposition fondée sur une conception autochtone.

Maquette d’exposition en forêt fabriquée à partir de carton, de styromousse, de papier, de tiges en bois et de cure-pipes

Maquette d’exposition en forêt fabriquée 

On a ensuite invité les élèves à concrétiser ces idées en construisant des maquettes d’expositions.

Certains élèves connaissaient les constellations autochtones et des contes sur les étoiles; d’autres non.

« Quand nous avons vu la carte des étoiles, les élèves de ma communauté ont pensé à Wesakaychak, le trickster, un esprit espiègle, a raconté un étudiant venu d’Opaskwayak, au Manitoba. D’autres ne savaient pas ce qu’ils voyaient et ont tiré d’autres conclusions. C’est intéressant de voir que le même espace peut être vu de plusieurs perspectives. »

Après la fabrication des maquettes, le groupe a pu poser des questions d’astrophysique au conseiller scientifique Jesse Rogerson. Celui-ci a expliqué comment naissent les étoiles et ce qui fait que les trous noirs sont obscurs, et il a parlé des dernières découvertes sur les exoplanètes.

« J’aimerais savoir si une planète est née le même jour que moi, a demandé un autre étudiant d’Opaskwayak, au Manitoba. Ce serait vraiment chouette. »

Cette visite a eu lieu dans le cadre de l’édition de 2020 d’Essor : Rassemblement pour l’autonomisation des jeunes autochtones, où les élèves peuvent s’informer sur les possibilités d’études et de carrières qui s’offrent à eux. L’objectif de ce rassemblement est d’inspirer les jeunes pour qu’ils terminent leur secondaire puis aillent au collège ou à l’université pour embrasser ensuite des carrières stimulantes. Mais ces jeunes ont aussi inspiré le personnel d’Ingenium.

« Notre rencontre avec le groupe Essor d’Indspire était un véritable cadeau, estime David Pantalony. Les propos des élèves représentaient des expériences et des communautés diverses, et ils ont posé des questions auxquelles nous n’avions pas pensé. On peut rencontrer tous les experts du monde, mais pour quelque projet que ce soit, rencontrer les élèves est pour moi l’exercice le plus précieux qui soit. »

Carolyn Holland a elle aussi apprécié la contribution des élèves.
« Découvrir comment les participants interprètent les thèmes de l’exposition Un ciel, plusieurs mondes de leurs points de vue, par leur filtre culturel, et voir ces thèmes refléter leur expérience personnelle a consolidé la façon dont nous abordons le développement de cette exposition », a-t-elle affirmé.

L’ouverture de l’exposition Un ciel, plusieurs mondes : voix autochtones en astronomie est prévue pour mai 2022.

Des élèves sont assis par petits groupes à des tables disposées autour d’une salle. Ils écrivent des commentaires sur des notes adhésives et les placent sur un des murs de la salle. Ils vont chercher du matériel de bricolage, puis créent des maquettes d’expositions à partir de leurs idées.

(Des élèves sont assis par petits groupes à des tables disposées autour d’une salle.)

(Ils écrivent des commentaires sur des notes adhésives et les placent sur un des murs de la salle.)

(Ils vont chercher du matériel de bricolage, puis créent des maquettes d’expositions à partir de leurs idées.)

Auteur(s)
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Melissa Gruber

Melissa Gruber est agente de communications stratégique à Ingenium – Musées des sciences et de l’innovation du Canada. Elle a œuvré au sein d’organisations de sensibilisation, de financement et de programmation nationales dans les secteurs public, privé et sans but lucratif. Melissa s’intéresse beaucoup au pouvoir qu’ont les établissements culturels d’améliorer les résultats sociaux et de nous permettre d’imaginer le monde tel qu’il pourrait être.