Glacier la baleine : Une étude de cas sur le déclin de la population de baleines noires de l’Atlantique Nord

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Géante de l’océan, la baleine noire de l’Atlantique Nord (BNAN) peut vivre au moins 75 ans dans un écosystème sain. Malheureusement, cette espèce est maintenant à deux doigts de disparaître. En juillet 2020, l’Union internationale pour la Conservation de la Nature a changé le statut de la BNAN de « en danger d’extinction » à « en danger critique d’extinction ». 

Selon le rapport de 2020 du Réseau canadien pour la santé de la faune, 21 BNAN sont mortes dans les eaux canadiennes entre juin 2017 et juillet 2019. À l’été 2017, Glacier, un mâle de 33 ans, comptait parmi ces baleines mortes. 

Il s’est valu le nom Glacier en raison d’une cicatrice qui était visible sur son dos et qui ressemblait à un glacier en train de fondre. Il faisait environ 14 m de long et avait des cicatrices superficielles sur son pédoncule (partie qui relie les lobes de queue au corps) ainsi que possiblement le long du côté droit de son corps. On croit qu’elles ont été causées par des enchevêtrements antérieurs.     

Tirer des leçons de la mort de Glacier

Glacier a été vu vivant pour la dernière fois à l’été 2016, dans le golfe du Saint-Laurent. À l’été 2017, Glacier allait tristement devenir Carcasse no 2. Le 29 juin 2017, le Réseau canadien pour la santé de la faune et la Marine Animal Response Society ont effectué une nécropsie sur Glacier à Norway, à l’Île-du-Prince-Édouard. Une nécropsie est l’examen chirurgical d’un corps mort, le but étant de découvrir la cause du décès de l’animal.

Ils ont pris de nombreuses mesures, et examiné et retiré des tissus. Toutefois, puisqu’il était mort depuis près de 10 jours, ses organes s’étaient liquéfiés (le lard épais emprisonne la chaleur qui se dégage lorsque le corps se décompose, cuisant littéralement les organes). Voici certains des principaux résultats de la nécropsie :

  • L’épaisseur du lard était correcte.
  • Il semblait peu probable qu’il ait souffert d’une infection.
  • Aucune biotoxine n’a été trouvée dans la portion du foie qui a été recueillie. 
  • Les tests effectués sur le plancton dans le golfe du Saint-Laurent ne présentaient rien d’inhabituel.
  • Des changements anormaux ont été observés sur la surface de sa langue et l’intérieur de ses lèvres, lesquels pourraient révéler la présence d’une infection virale sous-jacente (malheureusement, aucun de ces changements ne pouvaient être définis par l’examen microscopique). 
  • La présence d’une quantité abondante de matière ressemblant à du mastic brun foncé à noir a été interprétée comme étant du sang coagulé (cuit par la chaleur interne et la pression générée par la décomposition post mortem) dans la zone thoracique, tout comme la matière semblable remplissant le foramen occipital (ouverture dans le crâne à travers laquelle la moelle épinière rejoint le canal rachidien).

On a finalement déterminé que la cause de sa mort était une grave hémorragie interne compatible avec un traumatisme contondant (soupçonné). En général, les résultats indiquent que la majorité des morts de BNAN sont dues à des traumatismes (on croit qu’ils sont souvent causés par des collisions probables avec des navires) ou des enchevêtrements dans des engins de pêche.  

Dans le troisième article de cette série en quatre parties, découvrez comment une équipe de recherche canadienne s'est lancée dans un projet pour créer un modèle 3D de son squelette et pour composter les restes.                              

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Sylvie Jones

Sylvie travaille en éducation au Musée des sciences et de la technologie du Canada. Elle possède de nombreuses années d’expérience en éducation scientifique informelle et adore rendre les sciences et la technologie intéressantes et accessibles pour tous. Sylvie a une formation en génie mécanique et croit fortement à l’importance d’encourager les groupes sous-représentés à saisir des occasions en sciences, technologie, ingénierie, arts et mathématiques (STIAM).    

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