5 choses à savoir sur la COVID-19, les moustiques et les abeilles

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Faites connaissance avec Renée-Claude Goulet, Jesse Rogerson et Michelle Campbell Mekarski.

Conseillers scientifiques d’Ingenium, ils fournissent des conseils d’experts scientifiques sur des sujets importants en lien avec nos trois musées — le Musée de l’agriculture et de l’alimentation du Canada, le Musée de l’aviation et de l’espace du Canada et le Musée des sciences et de la technologie du Canada.

Dans cette série colorée de billets de blogue mensuels, les conseillers scientifiques d’Ingenium présentent jusqu’à trois pépites insolites touchant leur champ d’expertise. Pour l’édition de juin, ils ont invité leurs stagiaires à contribuer à cette rubrique. Ensemble, ils se sont penchés sur les moyens à prendre pour éviter d’attirer les moustiques, sur la façon d’aménager un jardin qui bourdonne d’activité et sur trois choses importantes à savoir sur la COVID-19.

Un moustique pique la peau d’un humain.

L’activité physique, la couleur des vêtements et même la consommation de bière peuvent rendre certaines personnes particulièrement attirantes pour les moustiques.

Comment éviter d’attirer les moustiques comme un aimant

L’été est arrivé et, avec lui, le soleil, de doux plaisirs… et ces fichus moustiques. Vous faites peut-être partie des chanceux qui ne se font jamais piquer. D’autres semblent toutefois attirer les moustiques et passent leurs soirées à les chasser frénétiquement, mais en vain. Si vous faites partie de cette dernière catégorie, vous vous demandez peut-être : « Pourquoi est-ce que je me fais toujours piquer? »

Des scientifiques se sont posé la même question. Depuis les années 1950, des entomologistes tentent de découvrir ce qui attire les moustiques femelles — elles seules piquent — chez leurs hôtes. Les moustiques femelles se servent du sang riche en protéines pour assurer le développement de leurs œufs. Mais comment choisissent-elles leurs victimes au juste? Certaines personnes sont plus susceptibles de se faire piquer que d’autres en raison d’une combinaison de facteurs, à savoir la température corporelle, le dioxyde de carbone produit et les odeurs dégagées par la peau. Si on ne peut rien contre certains facteurs, comme le métabolisme et le groupe sanguin (les moustiques semblent trouver le type O particulièrement délicieux), en voici quelques-uns qu’on peut maîtriser :

  1. Activité physique : Il s’avère que les moustiques sont de grands adeptes de votre programme d’entraînement estival. Le corps produit plus de chaleur, de dioxyde de carbone et de sueur quand on fait de l’exercice et qu’on respire plus fort. Les substances présentes dans la sueur, comme l’acide lactique et l’ammoniaque, attirent les moustiques.
  2. Tenues à éviter : Les moustiques préfèrent se poser sur des surfaces sombres, alors vous pourriez décider de ne pas porter de vêtements foncés durant l’été. Les moustiques se dirigent vers des repères visuels sombres, surtout s’ils sont associés à une température corporelle élevée et à du dioxyde de carbone.
  3. Consommation d’alcool : Vous sortez prendre une bière sur la terrasse? Vous devriez également emporter un répulsif à moustiques. La consommation de bière pourrait modifier votre haleine et vos odeurs corporelles, et attirer les moustiques vers vous.

Vous ne rêvez donc pas. Ces satanés moustiques s’en prennent peut-être à vous, mais vous pouvez essayer de les tenir à distance pendant que vous profitez du beau temps.

Par Aarani Mathialagan

Une abeille verte aux reflets irisés de la famille de l’halicte vert s’est posée sur un pétale violet.

On prend souvent l’halicte vert (genre Agapostemon) pour une mouche en raison de sa couleur verte aux reflets irisés. Photo Larry Crovo.

Cultiver un jardin qui bourdonne d’activité

L’Ontario abrite plus de 400 espèces d’abeilles indigènes qui fertilisent les plantes, comme les bleuetiers et les pêchers, en transportant le pollen de fleur en fleur. Mais les populations d’abeilles indigènes diminuent rapidement en raison de la disparition des habitats, des pesticides, des maladies et des changements climatiques. Quinze espèces d’abeilles sauvages canadiennes sont menacées et une espèce, celle du bourdon à tache rousse vu pour la dernière fois en 2009, est considérée comme en péril. Heureusement, nous pouvons aisément contribuer à sauver les abeilles indigènes grâce à nos arrière-cours.

Contrairement aux abeilles jaunes qui produisent du miel et qui vivent en colonies dans des ruches (et auxquelles vous pensez probablement), la plupart des abeilles indigènes canadiennes ne produisent pas de miel et sont de tailles et de couleurs différentes. Vous pourriez même confondre l’halicte vert avec une mouche si elle voltigeait près de vous! La plupart des abeilles indigènes hibernent, élèvent leurs couvains dans des nids et récoltent le nectar et le pollen de fleurs colorées. Malheureusement, nos pelouses soignées sont dépourvues de nourriture et de litière végétale nécessaire à la nidification. Il suffit donc de cultiver diverses sortes de fleurs indigènes dans nos cours pour fournir aux abeilles locales ce dont elles ont besoin pour se nourrir et s’abriter.

Voici quelques conseils :

  • Renseignez-vous en ligne sur les végétaux propres à votre région (voici un guide pour le Canada)
  • Plantez une variété de plantes indigènes pour attirer de nombreuses espèces d’abeilles
  • Gardez des bouts de bois et des feuilles mortes dans votre cour pour permettre aux abeilles de s’y établir et de s’y reproduire
  • Ne craignez pas de vous faire piquer, car les bestioles qui aiment vos grillades sur le barbecue sont probablement des guêpes, et non des abeilles

En plantant dans votre cour des végétaux qui plaisent aux abeilles, vous savourerez davantage les pêches juteuses des producteurs locaux, puisque vous aurez joué un petit rôle dans leur culture.

Par Victoria Banderob

Une vétérinaire portant des gants, un masque médical et une combinaison examine un poulet dans un poulailler.

Les porcs et les poulets étant vulnérables à certaines maladies qui affectent les humains, les visiteurs, comme les vétérinaires, doivent porter un équipement de protection individuelle lorsqu’ils sont en contact avec les animaux.

La COVID-19 et les animaux d’élevage

Supposons que vous visitiez une ferme. L’hôte qui vous accueille vous tend des couvre-bottes en plastique jetables qu’il vous demande d’enfiler avant de marcher dans un pédiluve contenant une solution désinfectante. Dans l’étable, vous ne pouvez observer les animaux qu’à travers une fenêtre et, lorsque vous sortez, vous devez passer à nouveau dans un pédiluve.

Il ne s’agit pas de nouvelles restrictions imposées en raison de la COVID-19, mais de mesures de biosécurité typiques que les agriculteurs mettent en place pour protéger leurs animaux et leurs cultures contre les maladies infectieuses. Malades ou non, nous pouvons être porteurs d’agents pathogènes (capables de provoquer la maladie) issus de notre environnement et susceptibles d’avoir des effets dévastateurs sur les animaux et les cultures. La biosécurité réduit les risques de propagation des maladies entre les exploitations agricoles, entre les animaux d’un même troupeau, entre les hommes et les animaux, mais aussi entre les populations d’animaux sauvages et domestiques, comme les oiseaux.

Durant une pandémie virale humaine, la biosécurité est vitale. Si les humains transmettaient le virus aux populations animales, celles-ci pourraient devenir pour eux des sources d’infection éventuelles. L’infection d’un nouvel hôte fournit également l’occasion à un virus de muter, ce qui peut accroître son infectiosité, aggraver ses symptômes ou lui permettre de se propager à une autre espèce.

Ce ne sont pas tous les virus qui peuvent se transmettre de l’humain au bétail et vice-versa. Certaines espèces sont toutefois plus susceptibles de nous transmettre des maladies, comme les porcs et les poulets, qui peuvent contracter et propager diverses formes de grippe.

Partout dans le monde, des chercheurs tentent actuellement de déterminer si la COVID-19 peut infecter différentes espèces animales et, dans l’affirmative, si cela représente un risque pour nous. Selon les données recueillies à ce jour, les porcs et la volaille ne seraient pas touchés par le virus. On ignore encore si le bétail et les autres animaux d’élevage peuvent être infectés, mais on poursuit activement la recherche dans ce domaine. En attendant d’en savoir plus, nous devrions éviter tout contact inutile avec les animaux d’élevage.

Par Par Renée-Claude Goulet

Une main tient un téléphone intelligent, dont l’écran affiche Tracing Enabled (« Recherche activée »). L’arrière-plan comporte de nombreuses illustrations animées du virus de la COVID-19.

Selon des experts, l’utilisation d’applications pour téléphone intelligent rendrait la recherche de contacts plus efficace.

La recherche de contacts avec la COVID-19 au moyen d’applis pour téléphone intelligent

Utiliseriez-vous une application capable de retracer vos contacts avec d’autres utilisateurs de celle-ci afin qu’une alerte puisse être envoyée rapidement à tous si l’on diagnostiquait la COVID-19 chez l’un de vous?

Dans un article publié récemment dans la revue Science, des scientifiques de l’Université d’Oxford avancent que cette méthode pourrait s’avérer la plus efficace pour freiner la pandémie, si elle était combinée à d’autres mesures bien implantées (comme l’éloignement physique et le lavage des mains).

Dès qu’une personne obtient un résultat positif au test de dépistage de la COVID-19, on doit lui demander d’identifier les personnes avec lesquelles a été en contact. Le fait de retrouver ces personnes, notamment afin de les informer du risque d’infection, pourrait contribuer grandement à ralentir la transmission de la maladie. Malheureusement, les méthodes classiques de recherche des contacts seraient trop lentes. Le taux de reproduction actuel de la COVID-19 est trop élevé pour que l’on puisse freiner la propagation grâce à la simple recherche manuelle des contacts. Selon les auteurs de l’étude, le recours à une solution numérique adaptée aux téléphones intelligents pour rechercher les contacts permettrait de retracer instantanément les contacts humains.

Imaginez ceci : vous téléchargez et activez une application, et que vous l’autorisez à fonctionner en arrière-plan. Chaque fois que vous vous approchez à moins de deux mètres d’un autre utilisateur de l’application, celle-ci consigne l’interaction. Si vous ou un autre utilisateur obtenez un résultat positif au test de la COVID-19, l’application peut analyser vos interactions afin d’alerter toutes les personnes qui ont été exposées au virus.

Les auteurs de l’article soulignent qu’il faudrait qu’un nombre suffisant de personnes adoptent l’application pour qu’elle soit viable et ils font état de plusieurs motifs de préoccupation sur le plan éthique en ce qui concerne la transparence, les données collectées et la surveillance. Alors qu’on réfléchit aux implications d’une telle application, on doit se rappeler de garder une distance physique de deux mètres avec autrui, de rester chez soi autant que possible et de se laver les mains aussi souvent que possible.

Par Jesse Rogerson

Le diagramme montre de grosses gouttelettes expulsées par la bouche d’une personne sous forme de jet. La plupart des grosses particules tombent au sol à environ 1,83 m (6 pi) de la personne (d’autres particules se rendent plus loin). L’illustration montre un second nuage de fines gouttelettes (aérosols); celles-ci sont projetées à plus de 1,83 m (6 pi) de la personne et ne retombent pas au sol.

Question de distanciation physique : pourquoi deux mètres?

Après plusieurs mois d’annonces de la santé publique, tout le monde connaît la consigne concernant l’éloignement physique, selon laquelle on doit se tenir à deux mètres de toute personne avec laquelle on n’habite pas. Mais d’où vient ce nombre? Pour mieux comprendre, il est essentiel de savoir comment les virus se propagent.

Les virus, dont les coronavirus, peuvent se transmettre d’une personne à l’autre de plusieurs façons. En respirant, en toussant, en éternuant ou en parlant, la personne infectée projette des gouttelettes contenant des particules virales. Les virus se propagent tantôt en gouttelettes relativement grosses (par exemple, quand on éternue ou tousse), tantôt en gouttelettes très fines appelées aérosols.

Les grosses gouttelettes peuvent transporter davantage de particules virales, mais comme elles sont plus lourdes, elles tombent rapidement au sol et parcourent des distances plus courtes. En fait, la plupart des grosses gouttelettes tombent au sol (ou sur la surface la plus proche) dans un rayon de deux mètres : voilà pourquoi on recommande une distance physique de deux mètres entre les personnes. En couvrant sa bouche quand on tousse ou éternue et en portant un couvre-visage, on peut réduire encore la distance que parcourent les grosses gouttelettes. Quant aux aérosols, ils sont si fins qu’ils peuvent flotter dans l’air et se rendre beaucoup plus loin (comme ils sont plus petits, ils transportent moins de particules virales et présentent un risque moindre).

Cela signifie-t-il qu’on est protégé des gouttelettes chargées de coronavirus en se tenant à plus de deux mètres d’autrui? Hélas non, car certaines grosses gouttelettes parcourent plus de deux mètres. Une nouvelle étude révèle que le SRAS-CoV-2 peut se déplacer sous forme d’aérosols dans l’air. En résumé, en suivant la consigne de deux mètres, on s’éloigne de la grande majorité des particules virales propagées par les personnes à proximité de soi, mais plus on s’éloigne, mieux on est protégé.

Par Michelle Campbell Mekarski

Auteur(s)
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Jesse Rogerson, Ph.D.

Passionné par la communication de la science, Jesse Rogerson adore promouvoir la culture scientifique auprès du public. Il représente fréquemment le Musée de l’aviation et de l’espace du Canada à la télévision et à la radio, ainsi que dans les réseaux sociaux et lors de congrès. Il a participé à l’élaboration d’un atelier sur la communication scientifique visant à enseigner aux professionnels de la science du Canada des méthodes plus efficaces pour communiquer leurs constats scientifiques. Astrophysicien de formation qui exerce sa profession, M. Rogerson détient un doctorat (Ph.D.) en astrophysique d’observation de l’Université York, et a récemment publié un article revu par les pairs dans The Astrophysical Journal. Il aime faire de la moto, jouer à des jeux de société et jouer au « frisbee extrême ». 

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Michelle Campbell Mekarski

En tant que conseillière scientifique au Musée des sciences et de la technologie du Canada, Michelle Campbell Mekarski vise à combler l’écart entre la communauté scientifique et le public en rendant les sciences et la technologie intéressantes, accessibles et amusantes. Détentrice d’un doctorat en biologie évolutionniste et en paléontologie, elle possède de nombreuses années d’expérience en conception et en animation d’activités de vulgarisation scientifique. Dans ses temps libres à l’extérieur du Musée, elle enseigne à l’Université d’Ottawa ou à l’Université Carleton, fouille le sol à la recherche de fossiles ou se détend au bord de l’eau.

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Renée-Claude Goulet

Renée-Claude Goulet est conseillère scientifique au Musée de l’agriculture et de l’alimentation du Canada.

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Aarani Mathialagan

Aarani Mathialagan effectue un stage au Musée de l’aviation et de l’espace du Canada sous la supervision du conseiller scientifique Jesse Rogerson. Elle nourrit sa passion pour la communication scientifique en étudiant à la maîtrise en communication scientifique à l’Université Laurentienne. Elle souhaite éveiller l’intérêt de publics de non-spécialistes pour la science sous toutes ses formes par le biais de l’art et de la mise en récit.

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Victoria Banderob

Inspirée par le rôle de la science au quotidien, Victoria Banderob a à cœur de susciter l’intérêt de divers publics pour la science en piquant leur curiosité et en leur lançant une invitation à la découverte. Étudiante au programme de maîtrise en communication scientifique de l’Université Laurentienne, elle effectue un stage en communication scientifique au Musée des sciences et de la technologie du Canada. Elle est détentrice d’un baccalauréat ès sciences de l’Université de Toronto en santé et maladies, et en anthropologie. Quand elle ne lit pas ou n’écrit pas des articles… scientifiques, on peut trouver Victoria Banderob en train de peindre ou de se promener à vélo dans les rues de Toronto à la recherche de la brioche à la cannelle.