3 choses à savoir sur les concombres emballés dans du plastique, le télescope James Webb et les inflammations

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Trois images côte à côte : des concombres emballés dans du plastique, une femme avec une épaule enflammée et le télescope spatial James Webb.

Faites la connaissance de Renée-Claude Goulet et Michelle Campbell Mekarski. 

Ces deux conseillères scientifiques à Ingenium offrent leurs conseils d’expertes sur d’importantes questions d’intérêt pour le Musée de l’agriculture et de l’alimentation du Canada et le Musée des sciences et de la technologie du Canada. Jesse Rogerson, ancien conseiller scientifique au Musée de l’aviation et de l’espace du Canada, continue de prêter son expertise au Réseau. 

Dans ce pittoresque blogue mensuel, l’ancien conseiller et les conseillères scientifiques actuelles d’Ingenium proposent trois faits insolites liés à leur domaine d’expertise. Pour le blogue de juillet, ils expliquent comment le film plastique sur les concombres pourrait bientôt être inutile, les premières images du télescope spatial James Webb et comment l'inflammation aide à la guérison.

Une main tendue tenant quatre concombres anglais dans un film plastique transparent.

Le film plastique à usage unique qui recouvre les concombres anglais et de nombreux autres types de produits pourrait bientôt être chose du passé, grâce à des technologies innovantes de conservation des aliments.

Pourquoi les concombres sont-ils emballés dans un film plastique et que faisons-nous à cet égard?

Si vous vous êtes déjà demandé pourquoi les concombres anglais sont emballés dans un film plastique, vous n’êtes pas seul! Sachant que les plastiques à usage unique sont un véritable fléau pour l’environnement, il peut sembler futile d’emballer nos aliments de cette façon. Par contre, il y a en fait une bonne raison d’emballer certains produits dans un film plastique : la prévention du gaspillage alimentaire. Pour les sceptiques, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture estime que 40 % des aliments produits dans le monde sont gaspillés. C’est un problème grave.

Les concombres non emballés se déshydratent rapidement, deviennent mous et peuvent être endommagés pendant leur trajet de la serre à votre réfrigérateur. En servant de seconde peau, le film plastique prolonge leur durée de conservation de près d’une semaine entière. Le plastique protège des dommages qui peuvent laisser pénétrer des acteurs responsables de la pourriture comme les bactéries, les champignons et les mouches à fruits, tout en conservant l’humidité et en bloquant l’oxygène, principal responsable de l’accélération de la pourriture. Certains types de concombres ont une peau plus épaisse, ils se conservent donc naturellement plus longtemps et ne nécessitent pas autant l’usage d’un film plastique.

Alors que nous tentons de passer en mode zéro plastique, nous nous trouvons dans un bourbier lorsqu’il s’agit de conserver les aliments frais. En réalité, dans de nombreux cas, il est impossible de se débarrasser des emballages sans nuire à la durée de conservation, ce qui n’aide pas à lutter contre le gaspillage alimentaire. Ainsi, depuis une dizaine d’années environ, les chercheurs et les innovateurs ont exploré diverses solutions pour remplacer ce film qui permettraient de conserver une fraîcheur optimale, tout en éliminant les déchets de plastique.

Les producteurs et les distributeurs tentent actuellement de mettre en œuvre certaines des solutions les plus viables. L’entreprise Westmorland Topline Farms à Leamington, en Ontario, est un des principaux serriculteurs. Elle renonce entièrement à l’utilisation du film plastique et opte pour un vaporisateur à base de plantes fabriqué par Apeel, une entreprise californienne. Le film est composé de lipides (graisses, huiles, cires) et contribue à la protection naturelle des concombres contre l’oxygène, l’évaporation et les envahisseurs. Le film comestible et incolore est aussi efficace que le plastique pour constituer une barrière contre l’humidité et l’oxygène. Nature Fresh, un autre serriculteur de Leamington, opte plutôt pour un film bioplastique compostable à base d’amidon, fabriqué en entreprise.

Bien d’autres solutions potentielles sont en cours d’élaboration et les innovations adoptées pour les concombres s’appliqueront certainement à d’autres fruits et légumes, ce qui permettra de réduire davantage notre dépendance aux articles de plastique à usage unique tout en diminuant le gaspillage alimentaire dû à la détérioration. Nous avons également notre rôle à jouer à la maison en nous informant sur les meilleures méthodes de conservation de différents produits. Pour conserver vos concombres croquants et verts, et éviter que plus de plastique ne se retrouve dans les déchets, l’environnement et les cours d’eau, conservez-les au réfrigérateur, emballés dans des enveloppes de cire d’abeille ou dans un récipient ou sac hermétique et réutilisable. Pour un avenir sans déchets!

Par Renée-Claude Goulet

Une image animée par ordinateur du télescope spatial James Webb flottant dans l’espace.

Le télescope spatial James Webb (JWST) est le fruit d’un partenariat entre l’Agence spatiale canadienne, l’Agence spatiale européenne et la NASA.

Les premières images scientifiques du télescope spatial James Webb

Le télescope spatial James Webb tant attendu est la prochaine grande avancée en matière de télescopes spatiaux, s’appuyant sur les connaissances acquises grâce au télescope spatial Hubble. Le télescope spatial James Webb est composé de quatre instruments scientifiques, dont un a été fourni par l’Agence spatiale canadienne. Cet instrument est le détecteur de guidage de précision/imageur proche infrarouge et spectrographe sans fente ou FGS/NIRISS. 

Le lancement de télescope spatial James Webb a eu lieu en décembre 2021 et après des mois de préparation, il est enfin prêt à faire progresser les sciences expérimentales. Pour donner le coup d’envoi, l’équipe responsable du télescope spatial James Webb a publié les premières données scientifiques en couleur, une série de cinq images mettant en évidence une variété de cibles et de données scientifiques. Vous pouvez voir les cinq images ici, mais nous allons nous concentrer sur une image en particulier : le spectre de l’atmosphère de l’exoplanète WASP-96 b, lequel a été obtenu par NIRISS.

Un graphique montrant la « quantité de lumière bloquée » sur l’axe des y et la « longueur d’onde de la lumière » sur l’axe des x. Les données affichent des pics indiquant la présence de vapeur d’eau dans l’atmosphère de l’exoplanète.

Cette image présente le spectre de l’atmosphère de l’exoplanète WASP-96 b; les données ont été recueillies par NIRISS, un instrument fourni par le Canada à l’équipe responsable du télescope spatial James Webb.

Ce graphique montre la composition de l’atmosphère de WASP-96 b, une exoplanète en orbite autour d’une étoile située à 1 150 années-lumière. WASP-96 b est une planète géante gazeuse (comme Jupiter) qui tourne autour de son étoile une fois tous les 3,4 jours (comparativement à l’orbite de 365 jours de la Terre autour du Soleil)! Alors comment ce graphique montre-t-il la composition de l’atmosphère?

De notre point de vue sur Terre, chaque fois que cette planète décrit une orbite, elle passe entre nous et son étoile, ce qui signifie qu’elle masque une partie de la lumière de l’étoile pendant un bref instant tous les 3,4 jours. Mais une partie de cette lumière stellaire filtre en fait à travers de l’atmosphère de la planète géante gazeuse et continue vers la Terre. Lorsque la lumière traverse l’atmosphère de l’exoplanète, une partie de cette lumière est absorbée par les molécules qui s’y trouvent, laissant une signature, ou une empreinte, des matériaux qui s’y retrouvent.

Dans les données publiées le 12 juillet, l’instrument NIRISS a relevé des signes manifestes de vapeur d’eau dans l’atmosphère de l’exoplanète. Ne vous laissez pas méprendre : oui, c’est de la vapeur d’eau, mais elle se trouve dans l’atmosphère d’une planète semblable à Jupiter, incroyablement proche d’une étoile. Il n’y a aucun signe de vie à cet endroit. Mais ce que nous voyons réellement est la preuve d’un concept, soit que le télescope spatial James Webb, avec l’aide de l’instrument canadien NIRISS, sera en mesure d’étudier les atmosphères des exoplanètes! Autrement dit, nous pouvons rechercher dans l’atmosphère des exoplanètes des signes d’eau, de méthane ou même d’oxygène. Toutes les caractéristiques de la vie ici sur Terre peuvent être découvertes dans un monde lointain, grâce à un télescope aussi sophistiqué que celui que nous avons lancé dans l’espace.

C’est passionnant de voir le télescope spatial le plus avancé jamais conçu fonctionner et être prêt à aborder les grandes questions et encore plus stimulant de savoir que le Canada est à l’avant-garde de cette recherche. Ces données publiées ne sont que la pointe de l’iceberg. Des décennies de découvertes astronomiques nous attendent.

Par Jesse Rogerson

Photo en noir et blanc de la tête, du cou et des épaules d’une femme, prise de dos. La femme tient son épaule, qui est rougeoyante.

Bien que nous associions la douleur, la rougeur, le gonflement et la chaleur à une blessure, ce sont en fait des signes que votre corps est en train de guérir.  

Chaud, rouge, gonflé et douloureux? Vous souffrez d’une inflammation 

Imaginez : vous marchez dans votre chambre et BAM! Vous heurtez votre orteil. Après avoir hurlé et sautillé pendant une minute, vous regardez votre orteil de plus près et remarquez qu’il est rouge, gonflé, chaud au toucher et douloureux. En fait, chaque fois que vous vous blessez, une coupure, une éraflure, une ecchymose, une dislocation ou même une fracture, vous remarquerez que votre corps, au départ, réagit presque de la même manière. Cette combinaison de quatre symptômes (chaleur, gonflement, rougeur et douleur) s’appelle l’inflammation et c’est une des premières lignes de défense de votre corps contre les blessures, les toxines et les maladies. 

En cas de blessure, votre corps a quelques priorités : il veut contenir la propagation de tout agent pathogène, y compris les virus et les bactéries, nettoyer les dégâts causés par la blessure et commencer le processus de guérison. Il accomplit tout cela au moyen de l’inflammation. 

Lorsque vous êtes blessé (si vous vous coupez ou si vous heurtez votre orteil contre un cadre de lit), des cellules spécifiques appelées mastocytes commencent à émettre des molécules d’histamine qui activent l’inflammation. 

En interagissant avec vos vaisseaux sanguins, l’histamine provoque leur étirement (dilatation). Les vaisseaux plus larges transportent du sang supplémentaire vers le site de la blessure, ce qui le rend rouge et chaud. Cela peut sembler alarmant, mais c’est en réalité un élément favorable, car le sang additionnel transporte des globules blancs et des protéines supplémentaires qui seront nécessaires pour combattre les infections et réparer les dommages. L’augmentation de la température rend également les cellules de la zone plus actives, afin qu’elles puissent se rétablir plus rapidement. 

L’histamine ne se contente pas d’étirer vos vaisseaux sanguins, elle les rend également plus perméables autour du site de la blessure. C’est-à-dire qu’ils commencent à fuir, permettant ainsi aux globules blancs et aux protéines de quitter votre circulation sanguine et de se rendre directement sur le site de la blessure. C’est ce qui provoque le gonflement. Le gonflement peut être douloureux, mais c’est un signe que votre corps tue les agents pathogènes, forme des caillots et des croûtes, et répare les cellules. 

Enfin, l’histamine agit comme un système d’alarme. Elle attire des globules blancs supplémentaires vers la zone concernée, les faisant venir d’autres régions de votre corps. Ces renforts s’échappent facilement par les vaisseaux sanguins qui fuient et engagent le combat, nettoyant les agents pathogènes et les cellules mortes. Dans le cas d’une infection particulièrement grave, ils peuvent également demander à votre corps de mobiliser des cellules d’attaque plus spécialisées. 

L’inflammation n’est qu’une des nombreuses stratégies que votre système immunitaire utilise pour vous maintenir en bonne santé. L’inflammation permet à votre orteil de guérir, de sorte que vous pouvez continuer à le heurter autant que vous le souhaitez. 

Aller plus loin : 

  • Si vous avez déjà eu des allergies saisonnières, vous avez probablement pris des antihistaminiques. Comme son nom l’indique, ils agissent en bloquant les effets de l’histamine qui est libérée lorsque votre corps interagit avec un allergène. Le blocage de l’histamine aide à prévenir l’inflammation dans la zone de votre corps touchée par l’allergène; comme votre peau si vous caressez un chat qui vous rend allergique, ou vos yeux et votre nez si vous êtes à l’extérieur au printemps et êtes allergique au pollen. 
  • L’inflammation est un système de protection puissant et essentiel. Cependant, lorsque l’inflammation est incontrôlée dans l’organisme, elle peut entraîner des maladies et des affections chroniques, comme l’arthrite, les maladies inflammatoires de l’intestin, l’asthme et le rejet de greffe.

Par Michelle Campbell Mekarski


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Michelle Campbell Mekarski

En tant que conseillière scientifique au Musée des sciences et de la technologie du Canada, Michelle Campbell Mekarski vise à combler l’écart entre la communauté scientifique et le public en rendant les sciences et la technologie intéressantes, accessibles et amusantes. Détentrice d’un doctorat en biologie évolutionniste et en paléontologie, elle possède de nombreuses années d’expérience en conception et en animation d’activités de vulgarisation scientifique. Dans ses temps libres à l’extérieur du Musée, elle enseigne à l’Université d’Ottawa ou à l’Université Carleton, fouille le sol à la recherche de fossiles ou se détend au bord de l’eau.

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Renée-Claude Goulet

Renée-Claude est conseillère scientifique au Musée de l'agriculture et de l'alimentation du Canada et enseignante agréée de l'Ontario. Grâce à sa formation en biologie, en éducation et à ses nombreuses années d'expérience dans le développement et la mise en œuvre de programmes et expos au musée, elle a développé une expertise dans la communication de sujets liés à la science et à l'innovation qui sous-tendent la production d'aliments, de fibres et de carburants, auprès de publics variés.  

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Jesse Rogerson, Ph.D.

Jesse est un scientifique, un éducateur et un communicateur scientifique passionné. En tant que professeur adjoint à l'Université York, au département des sciences, de la technologie et de la société, il enseigne trois cours : Histoire de l'astronomie, Introduction à l'astronomie et Exploration du système solaire. Il collabore fréquemment avec le Musée de l'aviation et de l'espace du Canada, et prête sa voix d’expert au Réseau Ingenium. Jesse est un astrophysicien et ses recherches explorent la façon dont les trous noirs supermassifs évoluent à travers le temps. Que ce soit en classe, par le biais des médias sociaux ou à la télévision, il encourage les conversations sur la façon dont la science et la société se croisent et sur la raison pour laquelle la science est pertinente dans notre vie quotidienne.