Regard sur le passé : le Musée de l’aviation et de l’espace du Canada célèbre trente ans d’histoire

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Photo d’un biplan Nieuport 17 devant le musée prise par le célèbre photographe canadien Malak Karsh, probablement en 1988. Karsh était d’origine arménienne et surtout connu pour ses photos du Canada et d’Ottawa.

Cette année, le Musée de l’aviation et de l’espace du Canada célèbre le trentième anniversaire de l’ouverture officielle de son nouvel édifice. D’abord connu sous le nom de Musée national de l’aviation, il a ouvert ses portes en 1960 à l’aéroport Uplands d’Ottawa avant l’ouverture du nouvel édifice le 17 juin 1988.

Trois décennies après cette journée historique, il est temps de regarder en arrière pour voir où tout a commencé. La série de photos qui suit offre un aperçu de l’histoire du musée tandis que deux employés de longue date, Gail Lacombe et Rénald Fortier, nous font part de leur perspective unique sur ce que c’était de travailler au musée au fil des ans.

En tant que l’un des tout nouveaux employés d’Ingenium, j’ai aimé entendre leurs histoires et apprendre qu’à mesure que la technologie a progressé et que le bâtiment et le site ont subi des changements, la passion et l’esprit de corps de l’équipe sont demeurés les mêmes.

Le Musée de l’aviation et de l’espace du Canada se concentre sur l’histoire et la technologie de l’aviation et de l’espace dans un contexte international. Mme Lacombe, une graphiste qui travaille au musée depuis l’ouverture du nouveau bâtiment, souligne le caractère iconique de cette image qui a été utilisée dans de nombreux documents de marketing et de promotion.

Un ensemble d’aéronefs civils et de l’ARC d’époque stationnés devant un ancien hangar à Rockcliffe

Un ensemble d’aéronefs civils et de l’ARC d’époque stationnés devant un ancien hangar à Rockcliffe, vers 1930. (Archives publiques du Canada PA 2578)

Le musée est situé sur le site historique de l’aéroport de Rockcliffe, qui était, à la fin des années 1890, un champ de tir avant de devenir une base de l’Aviation royale canadienne (ARC) en 1924.

M. Fortier, actuellement conservateur, s’est joint au musée à titre de chercheur contractuel environ dix-huit mois avant l’ouverture. Il est devenu agent d’éducation à l’automne 1987. Il explique que bien qu’un vaste pourcentage des aéronefs exposés soient de nature militaire, la collection comprend à la fois des avions militaires et civils. Le mandat spatial du musée a été ajouté il y a environ dix ans.

Plans du niveau 1 illustrant la phase 2 de la construction du Musée national de l’aviation.

Date inconnue. Plans du niveau 1 illustrant la phase 2 de la construction du Musée national de l’aviation.

Après la fin des opérations aériennes de l’ARC à Rockcliffe en 1964, la Collection aéronautique nationale du Canada (une fusion des collections du Musée national de l’aviation, du Musée canadien de la guerre et de l’ARC) a été établie et loge dans trois hangars de la Deuxième Guerre mondiale du côté sud du champ. Au milieu des années 1980, la construction du nouveau musée était en cours.

Modèle 3D du Musée national de l’aviation.

Date inconnue. Modèle 3D du Musée national de l’aviation.

« Ça a été fou jusqu’à l’ouverture », se souvient Mme Lacombe.

En tant que graphiste, une des principales responsabilités de Mme Lacombe était de concevoir les consoles, qui sont les panneaux d’information expliquant les détails de chaque avion d’une exposition. Les consoles du nouveau bâtiment ont été conçues à l’aide d’ordinateurs—le MacPlus d’Apple pour être précis—ce qui était une première pour la société.

« Nous avons fait beaucoup d’heures supplémentaires, mais maintenant, nous pouvons faire beaucoup plus en moins de temps grâce à la technologie. Aujourd’hui, produire une quarantaine de consoles ne semble pas si important », dit-elle.

Le Musée national de l’aviation pendant la construction

Le Musée national de l’aviation pendant la construction.

M. Fortier, dont la contribution à l’ouverture du musée a été d’être le « coursier » de l’équipe de conception, décrit son poste actuel de conservateur comme étant réellement varié, mais fait écho aux sentiments de Mme Lacombe que la technologie a modifié divers aspects de son rôle. Il explique qu’une grande partie de son travail de conservateur consistait notamment à répondre aux demandes de renseignements du public, mais que maintenant, les gens font leurs propres recherches en ligne. Ce changement a permis à M. Fortier de se concentrer sur le partage de ses connaissances en aéronautique avec le personnel des boutiques du musée, ainsi qu’avec les employés chargés d’élaborer les programmes publics. Aujourd’hui, il se consacre principalement aux collections, qu’il s’agisse d’acquérir des pièces, de les documenter ou de s’en départir.

Construction montrant les piliers de soutien que l’on peut voir dans tout le musée aujourd’hui.

Construction montrant les piliers de soutien que l’on peut voir dans tout le musée aujourd’hui.

Mme Lacombe, qui n’était pas une passionnée d’aviation avant de se joindre au musée, dit qu’elle avait pris l’habitude de regarder beaucoup de films pour en devenir une et que tout le monde au bureau se lançait dans des discussions sur les avions.

« Cela fait de nous des personnes très bien informées; nous apprenons à connaître une époque et à quoi elle ressemblait afin de pouvoir transmettre nos impressions à son sujet au visiteur. Ce qui est si extraordinaire dans mon travail, c’est que c’est comme un mini-cours universitaire sur de nombreuses matières ».

Le sol du musée pendant la construction, montrant les piliers de soutien en place

Le sol du musée pendant la construction, montrant les piliers de soutien en place

Une des expositions préférées de M. Fortier? Une exposition avec le Musée Stewart à Montréal et le Musée de l’Air et de l’Espace à Paris sur les montgolfières, qui a ouvert ses portes vers 1995.

« Le musée de Paris nous a prêté un tas de matériel qui était exposé sur la mezzanine. La plus grande partie était du matériel original, c’est pourquoi nous avons accueilli cette exposition internationale ici. J’y travaillais comme chercheur et on m’a envoyé à Paris pendant deux semaines pour regarder des illustrations, etc. qui pourraient être utilisées pour l’exposition sur la montgolfière au XVIIIe siècle. Cette exposition s’est retrouvée au Musée Stewart et a voyagé pendant un certain temps », se souvient-il.

« À ma connaissance, elle a été très populaire auprès des visiteurs. Il y avait beaucoup de matériel, allant des tabatières à des éventails, des assiettes et des tasses ».

Vue aérienne du musée pendant la construction

Vue aérienne du musée pendant la construction

Mme Lacombe décrit le musée comme un bel édifice et un lieu de travail merveilleux, ajoutant que la forme triangulaire de l’édifice visible sur la photo aérienne a été intégrée dans l’un des tout premiers logos du musée.

L’équipe est très passionnée, ajoute Mme Lacombe; elle a d’excellents souvenirs de l’équipe de conception ayant beaucoup de plaisir ensemble et qui a même conçu des chandails en molleton sur le thème de l’aviation à porter en groupe!

Le sol du musée pendant la construction

Le sol du musée pendant la construction

M. Fortier partage le sentiment de Mme Lacombe à propos de la passion de l’équipe du musée au fil des ans.

« L’équipe a toujours été excellente tout comme l’esprit de corps. Les mêmes personnes ont travaillé pendant longtemps ici pour finalement y rester toute leur carrière ».

Il ajoute : « Peu importe le département, qu’il s’agisse de l’atelier, des relations publiques ou de la conservation, le personnel est dévoué et passionné ».

Le directeur du musée R.W. Bradford prononçant un discours lors de l’ouverture du Musée national de l’aviation le 17 juin 1988.

Le directeur du musée R.W. Bradford prononçant un discours lors de l’ouverture du Musée national de l’aviation le 17 juin 1988.

« L’ouverture a été un véritable zoo », rigole M. Fortier. « Mais ce fut indéniablement un moment marquant ».

Il garde le souvenir d’une journée très occupée, d’une foule de ballons, de nombreuses personnalités importantes présentes, dont la gouverneure générale, la très honorable Jeanne Sauvé.

« Je me souviens d’avoir été convoqué à l’avant pour faire une entrevue en français parce que j’étais le seul employé francophone supposé bien connaître l’aviation et son histoire. Je n’avais jamais eu affaire aux médias auparavant. J’étais probablement trop hébété pour avoir peur, mais je pense que je me suis bien débrouillé, ou pas trop mal en tout cas »!

Le directeur du musée R.W. Bradford avec la très honorable Jeanne Sauvé, gouverneure générale du Canada, (deuxième à partir de la droite) et Flora MacDonald, ministre des Communications (à l’extrême droite) le jour de l’ouverture du Musée national de l’aviation le 17 juin 1988.

Le directeur du musée R.W. Bradford avec la très honorable Jeanne Sauvé, gouverneure générale du Canada, (deuxième à partir de la droite) et Flora MacDonald, ministre des Communications (à l’extrême droite) le jour de l’ouverture du Musée national de l’aviation le 17 juin 1988. (McQuarrie)

« Le soir avant l’ouverture, une fois tout terminé, il était minuit et nous admirions notre travail, un peu comme le calme avant la tempête »! se souvient Mme Lacombe, qui est d’accord avec M. Fortier que le jour de l’ouverture a été très occupé.

« Je me souviens que la cérémonie se déroulait à l’extérieur et que le temps était chaud et ensoleillé; il y avait de la nourriture dans les tentes et que tout le monde se promenait et visitait le musée ».

Le conservateur fondateur du Musée national de l’aviation, K.M. Molson, (à gauche) serre la main à Punch Dickins, un pionnier de l’aviation canadienne lors de la conférence de l’Association internationale des musées de transports, qui a eu lieu du 26 au 30 septembre 1988.

Le conservateur fondateur du Musée national de l’aviation, K.M. Molson, (à gauche) serre la main à Punch Dickins, un pionnier de l’aviation canadienne lors de la conférence de l’Association internationale des musées de transports, qui a eu lieu du 26 au 30 septembre 1988.

L’aviation joue un rôle essentiel au Canada et, par conséquent, l’ouverture du musée était importante pour tous les Canadiens et les générations futures.

 

L’Avro 683 Lancaster X.

L’Avro 683 Lancaster X. Utilisé lors de nombreux raids de bombardement réussis (surtout la nuit), « le Lanc » a probablement été le bombardier lourd le plus connu de la Deuxième Guerre mondiale.

« Le Canada est un vaste territoire avec une très petite population, de sorte que les besoins en matière de transport et de communication sont vitaux. Ici, aller du point A au point B peut être très compliqué et, par conséquent, depuis le début du vingtième siècle, l’aviation fait partie intégrante du Canada en tant que mode de communication et de transport », explique M. Fortier.

« L’industrie de l’aviation est vitale et son rôle doit être reconnu, documenté et préservé afin que les gens puissent voir et connaître l’histoire de l’aviation au Canada et partout dans le monde ».

Le CF-105 Arrow

Chef-d’œuvre technique à l’avant-garde du génie aéronautique de l’époque, le CF-105 Arrow était destiné à remplacer l’Avro Canada CF-100.

Dévoilement du bras canadien avec l’astronaute canadien Chris Hadfield.

Dévoilement du bras canadien avec l’astronaute canadien Chris Hadfield. Ce bras canadien, prêté par l’Agence spatiale canadienne, a fait partie de la contribution du Canada au programme de navette spatiale des États-Unis et a été une entreprise commerciale réussie pour l’industrie spatiale canadienne.

Mme Lacombe est également enthousiaste à propos de l’offre du musée.

« C’est une collection de calibre mondial. Elle est plutôt incroyable. Vous n’êtes pas obligé d’être fou des avions pour venir ici et apprécier la collection ».

Mme Lacombe poursuit, « Et maintenant, nous avons ajouté l’espace… à la fois physiquement et dans la programmation de sorte qu’il y en a pour tous les goûts, que vous soyez un généraliste ou un enthousiaste »!

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Lindsay Wolcott

Lindsay Wolcott est agente Communications et marketing à Ingenium. Elle adore raconter des histoires et s’intéresse beaucoup aux gens.