Diversité et inclusion : à Ingenium, on célèbre la différence

Normalement, les gens ne remarquent pas que mes pouces sont différents, même quand je leur fais mon habituel signal des pouces levés. Mais si vous les regardez de plus près, vous verrez à quel point les pouces peuvent être intéressants.

L’ensemble du personnel d’Ingenium a récemment participé, en équipe, à une merveilleuse formation visant à promouvoir la diversité et l’inclusion au travail. Je me compte chanceux de travailler au sein d’une organisation qui accorde autant d’importance à cette question, car je ne rentre pas souvent moi-même dans la norme.

Une main est posée sur un fond blanc, la paume vers l’objectif. Le pouce, qui est à la droite de l’image, est visiblement plus court et plus large qu’un pouce ordinaire.

Mon pouce droit est un peu plus court que le gauche. Comme vous voyez, il arrive à peine à l’endroit où commencent mes autres doigts.

Personne de la communauté BILGBT+, je suis aussi neurodivergent et atteint d’une maladie chronique. Comme des troubles d’apprentissage et la sclérose en plaques me classent dans une minorité, je dois travailler plus fort que la plupart des autres pour respecter mes rendez-vous, faires des courses, retourner aux études et réintégrer le marché du travail. Et je dois faire tout ça en consacrant une énergie supplémentaire pour obtenir les soins et les accommodements dont j’ai besoin. Heureusement, une protection du fédéral au municipal m’aide à maximiser mes chances d’épanouissement.

Pour moi, la question de la diversité et de l’inclusion dépasse les considérations touchant la mobilité, la lisibilité, la langue et les diverses options me permettant de m’absenter du travail. Pour expliquer tout ça, j’aime me servir de mes pouces.

Je suis atteint de brachydactylie bilatérale de type D, c’est-à-dire que j’ai les pouces plus courts et plus larges que la plupart des gens. En anglais, on donne à mes pouces toutes sortes de noms, affectueusement ou pas : « pouces matraques », « pouces-orteils », voire « pouces du meurtrier ». Normalement, les gens qui ont un ou deux pouces semblables aux miens sont la cible de moqueries : « tes doigts sont laids », « ils sont bizarres », « tu ne pourras jamais te faire manucurer », danser le ballet, trouver des gants qui te font, jouer aux quilles ou texter.

Quand j’apprends à faire quelque chose de manuel, comme utiliser des baguettes japonaises, jouer un instrument de musique, tricoter ou communiquer en langue des signes, je me demande toujours : « Comment mes pouces changeront-ils ma façon d’apprendre? » 

Je suis nerveux chaque fois que l’on prend mes empreintes digitales pour des documents officiels : si on ne les prend pas bien pour mon pouce, me refusera-t-on ensuite un passeport, ou un emploi? Heureusement, comme la communauté virtuelle de gens atteints de brachydactylie s’étend, nous arrivons mieux à nous retrouver et à nous conseiller les uns les autres. J’ai même trouvé un violiste sud-coréen atteint de brachydactylie bilatérale qui m’a aidé à comprendre comment tenir mon instrument et mon archet!

Je me sens très valorisé et respecté ici, à Ingenium. La diversité que je dévoile aux autres comme je le veux bien est acceptée et célébrée, quel que soit le département. Je sais aussi que si jamais mes pouces – ou autre chose – nuisent à ma capacité de travailler, je pourrai demander des accommodements et du soutien. Je sais que nous devons apprendre à être encore plus inclusifs et accueillants pour tous, mais je crois que nous sommes sur la bonne voie.

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Leo Joy-Clark

Leo Joy-Clark étudie au Collège algonquin en muséologie appliquée. Il effectue un stage au service Bibliothèque et Archives d’Ingenium pour mieux comprendre comment préparer les documents historiques pour tous les chercheurs.