Un camp d’été haut en couleur pour faire découvrir aux enfants des emplois dans l’aviation

Un camp d’été original a peut-être incité ses jeunes participants à envisager une carrière d’enquêteur d’accidents d’aéronefs.

Tout a débuté lorsque Jared Smith, adjoint à la programmation du Musée de l’aviation et de l’espace du Canada, a communiqué avec Beverley Harvey du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) afin de lui demander quelques conseils sur la façon de mettre en scène un accident d’avion. Ce scénario avait pour but de présenter divers emplois dans le domaine de l’aviation aux enfants qui participeraient au camp d’été SONART au Musée. M. Smith souhaitait qu’ils découvrent ces emplois par la pratique plutôt que par des exposés théoriques.

Parmi les emplois présentés durant le camp, on trouvait celui d’enquêteur d’accidents d’aéronefs. M. Smith avait besoin d’un scénario à la fois réaliste et intéressant, mais pas trop effrayant, facile à mettre en scène à l’extérieur (ses éléments devaient aussi être faciles à désinstaller ou à transférer à l’intérieur par mauvais temps) et réalisable en une heure. Comme ressource sur la sécurité des vols, Mme Harvey lui a recommandé la Direction — Sécurité des vols (DSV) des Forces armées canadiennes, ayant elle-même passé quelque temps avec le DSV durant un exercice annuel de formation des enquêteurs. Le DSV a ainsi eu l’occasion de promouvoir la sécurité des vols d’une façon plutôt originale.

La collaboration entre le Musée, le BST et le DSV a mené à l’élaboration d’un scénario impliquant un pilote rouillé et distrait, contraint de prendre des moyens extrêmes pour éviter un drone en faisant atterrir son Volksplane à l’aéroport de Rockcliffe. Le personnel des trois organisations a collaboré à la réalisation de ce scénario. Les enfants ont été répartis de leur plein gré en deux équipes : d’une part, il y avait l’équipe des spécialistes des facteurs humains, dont le rôle était d’interviewer le pilote, et d’autre part, l’équipe technique, qui était chargée d’inspecter l’épave.

Un groupe d’enfants inspecte et mesure la queue de l’avion.

Un groupe d'enfants inspecte et mesure la queue de l'avion.

Les enfants devaient découvrir la cause de l’accident en observant la scène et en posant des questions. Le rôle d’un « pilote de drone » surgissant sur les lieux à la recherche de son aéronef perdu était souvent interprété par un enfant du camp plein d’entrain. Si Hollywood recherche de bons candidats pour une audition, nous en connaissons quelques-uns!

En parlant des candidats… nous savons maintenant d’où viendront nos futurs enquêteurs d’accidents! Les enfants étaient fantastiques. Ils étaient curieux, enthousiastes et investis dans l’activité. Ils ont rigoureusement utilisé la matrice de gestion des dangers sur le site d’un écrasement afin de déterminer les dangers potentiels au lieu de l’accident. Ils ont bouclé le site de l’accident afin d’assurer la sécurité des passants à l’extérieur du périmètre et de préserver les preuves à l’intérieur de cette zone. Ils ont informé le pilote qu’ils étaient là pour déterminer la cause de l’accident, et non pour en imputer la responsabilité à quelqu’un, parce qu’ils voulaient prévenir d’autres accidents.

L’équipe des spécialistes des facteurs humains a posé au pilote des questions pertinentes, comme :

  • Avez-vous déjeuné? (Non!)
  • Avez-vous suffisamment dormi la nuit dernière? (Probablement pas…)
  • Avez-vous consommé de l’alcool dans les 12 heures qui ont précédé le vol? (Absolument pas!)
  • Saviez-vous que vous pilotiez un aéronef non certifié? (Oups!)
  • Et pourquoi trouve-t-on un livre ouvert sur la mécanique du vol dans le poste de pilotage? (Ai-je mentionné que le pilote était « rouillé »?)

Quant à l’équipe technique, elle a même déduit que le moteur fonctionnait en raison des dommages matériels attribuables à une hélice tournante — leurs professeurs de sciences devraient être fiers d’eux! Les membres de cette équipe ont aussi voulu savoir si les ailes manquantes avaient quelque chose à voir avec l’écrasement… leur absence a été imputée à un excès de zèle des techniciens chargés de la maintenance de l’aéronef après l’accident.

De nombreux enfants sont rassemblés autour d’un tableau blanc sur lequel plusieurs notes ont été écrites.

De nombreux enfants sont rassemblés autour d’un tableau blanc sur lequel plusieurs notes ont été écrites.

La découverte d’un drone logé dans un arbre à proximité des lieux de l’accident et l’arrivée d’un pilote de drone désemparé ont toujours suscité un certain bourdonnement (excusez le jeu de mots) parmi les participants. Cela a aussi constitué le point de départ d’une conversation fructueuse sur la sécurité et sur les règles concernant l’exploitation des drones énoncées par Transports Canada… surtout celle qui stipule qu’on ne doit pas piloter un drone à moins de 5,6 kilomètres (3 milles nautiques) d’un aéroport [1].

Un drone blanc aux hélices brisées repose sur la pelouse, à côté d’une balise d’indice.

Un drone blanc aux hélices brisées repose sur la pelouse, à côté d’une balise d’indice.

Globalement, cette activité a fourni au DSV une excellente occasion de véhiculer un message sur la sécurité aérienne et de présenter cet emploi à ceux et celles qui seront éventuellement invités à nous remplacer. Nous tenons à remercier Jared Smith et le personnel du Musée ainsi que Mme Harvey du BST pour cette expérience aussi amusante qu’éducative.

Pilotez prudemment et prenez votre déjeuner, car les jeunes vous ont à l’œil!


[1] https://www.tc.gc.ca/en/services/aviation/drone-safety/flying-drone-safely-legally.html

Auteur(s)
Profile picture for user Major Claire Maxwell
Major Claire Maxwell

Le major Claire Maxwell, qui a servi dans les Forces armées canadiennes pendant 23 ans, est rédactrice en chef de Propos de vol, le magazine sur la sécurité des vols publié par l’Aviation royale canadienne. Pilote de profession, le major Maxwell a piloté un hélicoptère Griffon dans le cadre d’activités de recherche et de sauvetage et de missions tactiques.