Des ailes sur la manche - David H. Tate, Capitaine de vaisseau / Colonel FAC

Des ailes sur la manche - David H. Tate, Capitaine de vaisseau / Colonel FAC

David Tate nous raconte ses nombreux souvenirs, comme le jour où il a reçu son brevet de pilote de l'aéronavale ou encore quand il posait son appareil sur des porte-avions et pilotait des avions à réaction pour l'aéronavale ainsi que ses missions anti-sous-marines pour la Marine royale du Canada. Ayant piloté de nombreux avions au cours de son illustre et longue carrière, M. Tate nous fait visiter le Hawker Sea Fury, un chasseur qu'il dit affectueusement avoir été « son premier amour ».

Nouvelle série de films documentaires réalisée par le Musée de l'aviation et de l'espace du Canada en collaboration avec Outsiders Films Inc., "Les voix du Musée de l'aviation et de l'espace du Canada" met en vedette des hommes qui ont marqué l'histoire de l'aviation canadienne.
 

David Tate nous raconte ses nombreux souvenirs, comme le jour où il a reçu son brevet de pilote de l'aéronavale ou encore quand il posait son appareil sur des porte-avions et pilotait des avions à réaction pour l'aéronavale ainsi que ses missions anti-sous-marines pour la Marine royale du Canada. Ayant piloté de nombreux avions au cours de son illustre et longue carrière, M. Tate nous fait visiter le Hawker Sea Fury, un chasseur qu'il dit affectueusement avoir été « son premier amour ».

Nouvelle série de films documentaires réalisée par le Musée de l'aviation et de l'espace du Canada en collaboration avec Outsiders Films Inc., "Les voix du Musée de l'aviation et de l'espace du Canada" met en vedette des hommes qui ont marqué l'histoire de l'aviation canadienne.
 

Les voix du Musée de l’aviation et de l’espace du Canada 

Entrevue de David H. Tate 

 

00:00:00 (LOGO ANIMÉ)

    OUTSIDERS FILMS        

 

 

 00:00:10 (TITRE)    Musée de l'aviation et de l’espace du Canada

 00:00:15 (TITRE)    Des ailes sur la manche

 00:00:24 (TITRE)    David H. Tate

Capitaine de vaisseau / Colonel FAC

 

00:00:31    Tout d’abord, j’aimerais vous demander quel est votre meilleur souvenir d’aviation? 

00:00:36    Je pense que mon meilleur souvenir, c’est quand j’ai reçu mes ailes. Il m’a fallu beaucoup d’entraînement pour en arriver là : onze mois à Centralia. Mais recevoir mes ailes en présence de ma mère et de mon père, lors de la remise des diplômes, c’était un grand moment.

00:00:53    Pourriez-vous nous dire ce que signifie l’expression  « recevoir ses ailes ».

00:00:58    C’est vrai que j’imagine que tout le monde est au courant. 

00:01:00    Je vous explique : vous suivez la formation et quand les instructeurs – la hiérarchie, disons – considèrent que vous êtes qualifié pour piloter un avion tout seul et accomplir certaines tâches, que vous êtes donc prêt pour l’entraînement opérationnel, on vous dit : « OK, tu as gagné tes ailes! » En janvier 1951, j’ai donc eu droit à mes ailes qui ont été épinglées sur ma manche, parce que dans l’aéronavale on porte les ailes sur la manche.

00:01:29    (VISUEL)

00:01:35    De toute votre carrière en aviation, quel est l’événement dont vous êtes le plus fier, que ce soit quand vous étiez sur Lockheed, ou que vous travailliez pour une des autres compagnies ou lorsque vous voliez?

00:01:43    L’événement dont je suis le plus fier, je pense que c’est sans doute quand on a fait l’essai d’un système embarqué, ça s’appelait le système de navigation tactique pour la guerre anti-sous-marine. C’était principalement un système électrique, mécanique et optique qui intégrait les paramètres de vol de l’avion tels que la hauteur, la vitesse, le cap, et tout et tout, ainsi que les paramètres des capteurs du système de détection des sous-marins.  

00:02:14    (VISUEL)

00:02:22    On nous a donné l’occasion de l’essayer. Il y avait un groupe appelé « Task Force Alpha » rattaché au porte-avions américain Valley Forge. On était à Halifax. On a été déployé à bord de ce navire qui a mis le cap vers le sud pour participer à un exercice contre le sous-marin nucléaire Skipjack, histoire de voir comment on se débrouillerait. 

00:02:50    On a entrepris l’exercice et l’objectif du Skipjack était de pénétrer à l’intérieur de ce qu’on appelle « l’écran mobile de protection » et de semer la panique dans le convoi. Un matin, après le briefing, nous sommes allés au devant du convoi. Heureusement, on a capté la position du Skipjack à l’aide du détecteur d’anomalie magnétique, c’est-à-dire un dispositif qui détecte les perturbations du champ magnétique terrestre. 

00:03:26    J’ai jeté un coup d’œil dehors, sur le côté de l’avion, et j’ai vu une longue coque sous l’eau, à une grande profondeur. On a lâché une bouée fumigène et commencé à suivre la cible. On est alors passés à un autre système, la localisation d'échos par charge explosive, qui applique les propriétés de la saturation acoustique. J’ai fait virer l’avion et j’ai dû flanquer une sacrée frousse aux gars à l’arrière parce qu’en 40 secondes environ, j’étais revenu au point de contact initial, et en Tracker, iI faut virer plutôt serré pour faire ça!  

00:04:00    On a donc rétabli le contact et continué. On a fait la poursuite du Skipjack pendant 55 minutes. Le meilleur temps jamais accompli avant, lors de la poursuite du Skipjack, un navire nucléaire, était de 5 minutes. Vous comprenez que ce système de navigation tactique faisait ses preuves ce jour-là. On a appelé d’autres navires : ils établissaient le contact avec la cible, puis le perdaient. Nous, on retrouvait le sous-marin. Les hélicoptères sont arrivés, ils perdaient la cible, et nous on la retrouvait. Et ça a continué comme ça pendant 55 minutes.

00:04:34    (VISUEL)

00:04:44    Je crois que bien des gens ne savent pas que le Canada disposait de forces aéronavales. Voulez-vous nous parler un peu des pilotes d’aéronavale canadiens.   

00:04:55    Je pourrais en parler pendant des heures. C’est bien entendu mon sujet favori. On peut remonter au premier porte-avion … On a eu cinq porte-avions que bien des gens ne connaissent pas : le Puncher, le Nabob et, à partir de 1948, on a eu le Warrior, puis le Magnificent et enfin le Bonaventure. Faut dire que nous autres, les pilotes d’aéronavale, on est une race à part! 

00:05:23    Vous ne rencontrez pas souvent des gens aussi dévoués et disciplinés que les pilotes d’aéronavale; c’est aussi toujours les premiers à vouloir faire la fête. Ils croient en ce qu’ils font et, encore aujourd’hui, quiconque a fait partie de la Marine royale du Canada et de l’aéronavale en garde un sentiment de fierté et de dévouement.  

00:05:42    (VISUEL)

00:06:03    Je ne demanderai donc pas quel est votre avion préféré; je crois que nous sommes assis dedans!

00:06:07    Tout juste! 

00:06:08    Alors, la question que tout le monde voudrait poser : « Qu’est-ce que ça fait de le piloter? »

00:06:13    Comme je le dis souvent, cet avion est mon premier amour. Ah, bien sûr, maintenant ma femme est mon premier amour. Mais je me suis senti tout de suite à l’aise dans cette machine, malgré son énorme puissance. En fait, cette puissance est l’une de ses caractéristiques majeures. On dispose de 2500 chevaux sur un avion de 12 000 livres. C’est beaucoup de puissance pour un petit avion.

00:06:37    L’harmonisation, le temps de réaction et l’efficacité des commandes n’étaient pas comme sur les avions d’aujourd’hui. Mais on s’y habituait et on se sentait à l’aise aux commandes. Je pourrais dire que cet avion finissait par être un prolongement de soi-même.     

00:06:58    De tous les avions que j’ai piloté, et il y en a eu plusieurs, celui-ci est resté mon préféré. 

 

 

Une entrevue de David H. Tate, Capitaine de vaisseau / Colonel FAC    Musée de l’aviation et de l’espace du Canada

 

Directeur général associé Stephen Quick

Chef de projet Renée Racicot

Coordonnateur du site Johic Nicolas

Assistance technique Jean-François Labrosse

Adjointe administrative / Responsable des volontaires Linda Dupuis

Opérateur de la nacelle élévatrice Gary Sanford

Technicien en restauration (aéronefs) Matt Bruce              Spécialistes en restauration des aéronefs Lee Norris, Corey Stephen, Mike Irvin    Photographe Richard Lawrence

 

Directeur général Anthony Smyth

Directeur des opérations Marc Ducharme

Gestionnaire – Service de conservation Sue Warren

Gestionnaire –Services techniques Bruce Malanka

Gestionnaire – Communications internes, nouveaux médias et affaires inter-gouvernementales David Sutin

 

Équipe de tournage d’Outsiders Films

 

Intervieweur Stephen Quick

Productrice Ginette Petit

Directeur de la photographie et Monteur Alain Baril

Preneur de son Marc Larouche

Maquilleuse Sara Kryszak

Musique Westar Music

 

Version française

 

Traduction Didier Feminier

Coordination Nathalie Albert

 

Studio d’enregistrement Cinélume

Direction de plateau Lisette Dufour et Mario Desmarais

Enregistrement Dino Castrilli et Alain Rivard

Mixage Alain Rivard

 

Voix Hubert Fielden et Mario Desmarais

 

Nous remercions monsieur David H. Tate de nous avoir donné accès  à ses archives personnelles.

 

Nous tenons à remercier les employés du Musée de l’aviation et de l’espace du Canada pour leur passion, leur dévouement et la patience avec laquelle ils nous ont soutenus tout au long du tournage de cette production.

    ©Musée de l’aviation et de l’espace du Canada – 2010

MUSÉE DE L’AVIATION ET DE L’ESPACE DU CANADA

 

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