Une bombe qui fait du bien
Cet article a initialement été rédigé et soumis pour faire partie du recueil de récits d’innovation du projet Canada 150 visant à réunir des témoignages sur l’innovation canadienne en collaboration avec des partenaires de partout au pays. Il a maintenant été intégré au Réseau Ingenium, un portail numérique qui met en vedette du contenu en lien avec les sciences, la technologie et l’innovation.
Depuis plus de cinquante ans, le Conseil national de recherches Canada (CNRC) est un leader dans la recherche sur le cancer. Au début des années 1950, la création de la bombe au cobalt 60 a marqué le début d’une ère nouvelle pour le traitement du cancer, et a permis de sauver des millions de personnes dans le monde entier. Depuis, les chercheurs du CNRC n’ont cessé de faire progresser la radiothérapie.
Dans les années 1940, à peine une personne atteinte du cancer sur cinq survivait plus de cinq ans à sa maladie. Les chances de survie s’améliorèrent considérablement quand deux médecins canadiens demandèrent au CNRC du cobalt radioactif pour soigner leurs malades. Le CNRC répondit à cette requête en produisant l’isotope cobalt-60 à son réacteur nucléaire de Chalk River, en Ontario. Le taux de survie de certains cancers passa bientôt de 25 à 75 pour cent. Aujourd’hui, le laboratoire de Chalk River est le plus grand producteur d’isotopes médicaux de la planète et chaque année, ces isotopes servent à traiter plus de 20 millions de personnes dans 80 pays.
Entre-temps, le CNRC a simplifié la radiothérapie. Les physiciens médicaux déterminent avec précision la dose de rayonnements qui ne détruira que les tissus cancéreux, un calcul qui exige normalement des heures. Les scientifiques du CNRC ont donc mis au point une technique révolutionnaire pour cibler les tumeurs en l’espace de quelques minutes. Le logiciel novateur qu’ils ont créé tient compte de l’anatomie du patient, de la taille et de la profondeur de la tumeur, et d’autres facteurs déterminants. Le programme a été cédé pour exploitation sous licence en 2000 et le CNRC a entrepris de former des physiciens médicaux de l’étranger pour les aider à calculer la dose exacte de rayonnements