Séjour à Londres, ville extraordinaire

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Égoportrait de couple devant la tour blanche.
Égoportrait de couple devant la tour blanche. De vrais maniaques.

Mon mari a eu 40 ans cette année, et j’ai décidé de le surprendre en l’emmenant à Londres pendant le congé de mars. Nous aimons tous les deux voyager, et quand nous le faisons, nous tentons de profiter d’un maximum d’attraits touristiques. La plupart du temps, nous visitons des lieux historiques : rien d’étonnant pour une conservatrice, je suppose. Comme Londres ne manque pas d’attraits, notre liste d’incontournables était longue. Et nous n’avions que six jours pour tout voir. Je vous annonce que nous avons réussi, et ce, sans trop endommager nos pauvres pieds épuisés! Pour souligner la Journée internationale des musées, le 18 mai, j’aimerais vous présenter trois des endroits magnifiques que nous avons eu le bonheur de visiter.

Vue du gratte-ciel The Shard depuis le parterre de la tour blanche.

Vue du gratte-ciel The Shard depuis le parterre de la tour blanche.

La Tour de Londres

La Tour de Londres est extraordinaire. Rien de moins. Pendant trois heures, sous une pluie brumeuse, nous avons exploré à pied les parterres et les bâtiments, construits sur plusieurs generations.

À partir des murailles, les points de vue sur la ville étaient extraordinaires.

Une des choses qui me plaît beaucoup à Londres, c’est la cohabitation du très ancien et du très moderne. Et ce contraste était on ne peut plus visible de là-haut, sur les murailles de la tour. À un endroit, on peut contempler le gratte-ciel appelé « The Shard » en regardant dans une direction, alors que dans l’autre direction se trouve le plus vieux bâtiment de l’endroit, la White Tower, qui remonte à 1078.

Cette tour blanche était fermée lors de ma première visite à Londres. J’étais donc enchantée de pouvoir y entrer cette fois-ci. À l’intérieur, on trouve une impressionnante collection d’armures, dont un exemple assez comique qui appartenait à Henri VIII. Une sorte de monument témoigne du passé de cette tour comme lieu de captivité, de torture et de mort : il marque l’endroit où plusieurs personnages, dont la célèbre Anne Boleyn, ont été exécutés. Les murs de certaines salles portent d’ailleurs de nombreuses inscriptions gravées, dernières traces matérielles des nombreux occupants de la tour, retenus captifs et souvent exécutés pour leur foi.

Une curieuse armure ayant appartenu à Henri VIII.

Une curieuse armure ayant appartenu à Henri VIII.

Pour moi, avide lectrice et passionnée des Plantagenet, des Tudor et de leur époque, cette visite de la tour a donné vie à de nombreux événements historiques présents dans mon imaginaire. Avoir été là, dans ces salles où Elizabeth I fut détenue avant d’être couronnée, où elle a fait, à son tour, emprisonner Marie, reine d’Écosse, où les tristement célèbres princes de la Tour ont été logés avant d’être assassinés, présume-t-on… Cet endroit est véritablement magique, hanté par son passé. À mon avis, aucun séjour à Londres ne serait complet sans une visite d’une demi-journée à la Tour de Londres.

L’entrée de Down House.

L’entrée de Down House.  

Down House

Cet endroit nous a touchés, et je suppose que peu de gens l’inscrivent à leur liste de choses à voir autour de Londres. Down House était la résidence de Charles Darwin, père de la théorie de l’évolution. (Je ne suis pas vraiment certaine qu’on puisse encore l’appeler « théorie ». Il s’agit plutôt d’un fait généralement accepté, mais à son époque, il s’agissait assurément d’une théorie.) Mon mari est un grand admirateur de Darwin… c’est le moins qu’on puisse dire. Et au cours de sa vie, Dennis tenait absolument à voir l’endroit où Darwin a vécu, travaillé et élevé sa famille. Il n’a pas été déçu.

Dennis attablé dans la cuisine de la famille Darwin.

Dennis attablé dans la cuisine de la famille Darwin.

Habituellement, au Canada, les demeures historiques sont remplies de meubles d’époque, mais pas nécessairement ceux qui appartenaient aux résidents mêmes. Nous présumions que ce serait pareil pour la résidence de Darwin. Mais un guide nous a assuré que, non, presque tous les meubles de la maison appartenaient et ont servi à la famille Darwin. Absolument magique!

Nous étions là, dans le bureau de Darwin, bourré de livres, vous pensez bien, et de papiers, de carnets et de spécimens de plantes et de créatures diverses, avec une table de travail en désordre au beau milieu. Le fauteuil, fabriqué par Darwin même, était doté de roulettes pour qu’il puisse se déplacer facilement d’un endroit à l’autre de la pièce pendant qu’il travaillait.

La cuisine des Darwin a été transformée en un joli café où nous avons dégusté des pâtisseries artisanales. Darwin passait beaucoup de temps à réfléchir, et ses réflexions lui semblaient à leur mieux lorsqu’il déambulait sur les terres du domaine. Son itinéraire a été préservé, mais le sentier était fermé à cause des conditions pluvieuses. Toutefois, l’un des employés a eu la gentillesse de nous laisser longer l’arrière de la propriété brièvement. Nous avons donc pu admirer le paysage : dans le vent frais et la bruine, le soleil tentait de percer les nuages au-dessus de pâturages où broutaient des moutons. Quoi de plus anglais?

Note : Les photos étaient interdites dans presque toute la maison.

Le bâtiment Grahame-White et son hangar.

Le bâtiment Grahame-White et son hangar.

Le musée de la Royal Air Force

Puisque ce voyage était le cadeau d’anniversaire de mon mari et son premier séjour à Londres, je l’ai laissé choisir la plupart de nos activités. Mais il y avait un endroit, un seul, que je tenais à revoir : le musée de la Royal Air Force (RAF). J’y étais déjà allée une fois, en 2016, et depuis ce temps, des collègues avaient travaillé d’arrache-pied pour remettre à neuf le musée et ses terrains environnants avant le centenaire de la RAF, en 2018. J’avais très hâte de voir le résultat.

Ce qui a le plus changé, c’est l’ancien hangar consacré à la bataille d’Angleterre. On y trouve maintenant l’entrée, un petit café, la boutique de souvenirs ainsi qu’une énorme exposition sur la RAF, son rôle et son évolution au cours du siècle dernier. L’exposition est formidable, avec ses nombreux éléments nouveaux, ses expériences immersives, ses bornes interactives et, bien entendu, de magnifiques avions. Que de bonnes idées pouvant servir à notre musée!

L’endroit que je préfère au musée de la RAF, c’est encore le bâtiment Grahame-White, où se trouve l’exposition sur l’aviation pendant la Première Guerre mondiale. Comme j’ai un intérêt particulier pour cette période, ma préférence n’a rien d’étonnant.

La réplique superbement détaillée du bureau de Claude Grahame-White.

La réplique superbement détaillée du bureau de Claude Grahame-White.

Construit en 1915 comme annexe à l’usine de la Grahame-White, le bâtiment même est le plus ancien du musée. Une magnifique réplique du bureau qu’occupait Claude Grahame-White, le propriétaire de l’usine, célèbre sa mémoire. Le reste du bâtiment est consacré à l’histoire de l’aviation à l’époque de la Première Guerre mondiale, y compris la fabrication d’avions et les divers rôles qu’a joués l’aviation, tant au front qu’en Angleterre. Les artefacts qui composent l’exposition sont remarquables. Je ne peux réprimer une pointe d’envie face à la richesse de la collection et à tant d’espace. Le Musée de l’aviation et de l’espace du Canada possède une superbe collection d’avions de la Première Guerre mondiale, et j’aimerais tant disposer d’un bâtiment où les mettre tous en valeur!

Après six jours de visite, nous étions tout à fait exténués, et très contents de revenir. Nous avons vu une multitude de choses, mais Londres a tant à offrir que nous y retournerons certainement. Il y aurait encore beaucoup à dire, sur l’abbaye de Westminster, le château de Windsor, Stonehenge et Oxford, ou sur les cinq pubs réputés les plus anciens de Londres, ou les parcs et monuments qui abondent à Londres, mais je pense que je m’en tiendrai à ces faits saillants. Tout ce que je peux dire, c’est que me remémorer ce voyage inoubliable est pour moi la meilleure façon de souligner la Journée internationale des musées. Londres, je t’aime!

Auteur(s)
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Erin Gregory

Erin Gregory adore susciter l’intérêt du public par le récit dans son rôle de conservatrice adjointe au Musée de l’aviation et de l’espace du Canada. Elle cherche toujours à présenter de l’information historique de façon nouvelle et intéressante, et travaille présentement à élaborer des stratégies pour miser sur le jeu vidéo afin de promouvoir la collection et de diffuser les connaissances à de nouveaux auditoires. Mme Gregory a piloté la réalisation de plusieurs expositions et produits numériques, dont Les tout débuts de l’aviation, Vivre en orbite, L’expérience Académie de Starfleet, L’Académie des as (Escadrille noire et Ciels blindés), et Ciels blindés DX (pour la Switch de Nintendo). Ses domaines d’intérêt comprennent l’aviation et la fabrication d’aéronefs au Canada pendant la Première Guerre mondiale, le Programme d’entraînement aérien du Commonwealth, les femmes dans l’aviation canadienne, le contrôle de la circulation aérienne au Canada, l’Arrow d’Avro, et l’histoire des vols spatiaux habités. Mme Gregory a obtenu sa maîtrise ès arts en histoire canadienne à l’Université Memorial, son baccalauréat ès arts en histoire et en anglais à l’Université McMaster, et un diplôme postdoctoral en gestion des ressources culturelles à l’Université de Victoria. Dans ses temps libres, elle aime confectionner et décorer des gâteaux et passer de bons moments en famille.