Réaliser un rêve : Le Centre de conservation des collections

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Un paysage enneigé présentant un gros édifice en chantier au loin, le Centre de conservation des collections.
Le nouveau Centre de conservation des collections, actuellement en chantier à côté du Musée des sciences et de la technologie du Canada.

Actuellement en construction à Ottawa, le Centre de conservation des collections abritera prochainement des centaines de milliers d’artefacts scientifiques et technologiques d’importance nationale. Ces objets représentent les trois musées d’Ingenium — le Musée de l'aviation et de l'espace du Canada, le Musée de l'agriculture et de l'alimentation du Canada et le Musée des sciences et de la technologie du Canada — mais sont également emblématiques de l’ingéniosité canadienne et des expériences quotidiennes des Canadiens.

Pour réfléchir à cette incroyable étape et ce qu’elle signifie pour l’avenir, le Réseau Ingenium s’est entretenu avec Fern Proulx, directeur général des opérations et projets capitaux, qui cumule près de 25 ans d’expérience muséale.

Qu’est-ce que le Centre de conservation des collections signifie pour vous?

La concrétisation du Centre de conservation des collections m’apporte énormément de satisfaction tant sur le plan professionnel que personnel.

D’un point de vue personnel, cette installation était un de mes objectifs à long terme. En 1995, lorsque je suis arrivé au Musée, qu’on appelait autrefois le Musée national des sciences et de la technologie, j’avais très peu d’expérience muséale. J’avais précédemment baigné dans le monde des musées pendant trois ans au Musée canadien de l’histoire, c’est tout ce que je connaissais de l’entreposage et des normes concernant les collections avant d’arriver ici.

Ma première visite de la collection nationale des sciences et de la technologie m’a complètement renversé. La richesse de la collection (taille et diversité) était phénoménale. Il y avait des voitures d’époque, des peintures, des locomotives, de l’équipement scientifique, de rares boîtes à musique d’époque et des caméras. Des entrepôts remplis à ras bord, débordant de trésors, dont certains dans de piètres conditions environnementales, comme des artefacts du domaine de l’aviation restés à l’extérieur sans protection.

Le fait que l’histoire des sciences et de l’innovation du Canada ne semblait pas recevoir le même traitement que les autres collections nationales m’a frappé. Selon moi, si nous souhaitons promouvoir les sciences et l’innovation au Canada, il faut d’abord commencer par respecter nos réalisations et démontrer qu’elles ont de la valeur.

J’ai eu le privilège de faire partie de l’équipe qui a mis sur pied la Réserve au Musée de l'aviation et de l'espace du Canada. Ce hangar a pu protéger, à ce moment-là, la plupart des artefacts d’aviation qui étaient à risque.

Je participe, depuis 2002, à la recherche d’un nouvel endroit pour la collection en réserve du Musée des sciences et de la technologie du Canada. Maintenant, 17 ans plus tard, après de nombreux rejets et prorogations (pour bien des raisons valables), je suis fier de dire que nous avons réussi! Je remercie le gouvernement du Canada d’avoir financé la construction d’un espace approprié pour protéger ces trésors. Les artefacts scientifiques et technologiques de la collection nationale du Canada ont finalement la demeure respectable qu’ils méritent.

Des gens en vêtements de construction traversant un grand espace dans le Centre de conservation des collections où il y a des rails sur le plancher.

Vue du rez-de-chaussée du Centre de conservation des collections. Des rails sont en place pour accueillir les locomotives dans leur nouvelle demeure.

Que signifie la nouvelle installation pour votre équipe?

D’un point de vue de logistique, mon équipe sera ravie de consacrer son énergie à gérer un édifice de pointe, plutôt que de toujours tenter de trouver des solutions de fortune à la pièce. Le temps qui était passé à résoudre les crises — que ce soit pour la qualité de l’air, des toits qui coulent, des fluctuations de température et du taux d’humidité — peut maintenant être dédié à la gestion d’une infrastructure adéquatement conçue. La consolidation des trois loyers dans un seul édifice appartenant à l’État permettra également une certaine stabilité pour le processus budgétaire et offrira davantage d’efficacité d’un point de vue opérationnel.

Un autre élément important est la combinaison des services de soutien. Une grande partie du Centre de conservation des collections sera réservée à des espaces de travail pour le personnel. Des équipes de technologie de l’information, de marketing, de production, de comptabilité, d’approvisionnement, de gouvernance d’entreprise, de restauration et de conservation seront toutes réunies sous un même toit. La simplification du déroulement du travail sera ainsi facilitée et l’efficacité d’Ingenium devrait augmenter.  

Quel aspect du Centre de conservation des collections vous emballe le plus?

Au-delà de la tranquillité d’esprit que procure le fait de savoir que la collection est bien entretenue, ce qui m’apporte le plus de satisfaction est de pouvoir la partager.

Nous sommes des gardiens de cette collection nationale, mais elle appartient à tous les Canadiens. Leur permettre d’entrer et de voir ces trésors est vraiment gratifiant. La collection sera accessible à la recherche et aux visites guides.

Tout au long de ce parcours, j’ai eu le privilège de visiter la collection de nombreuses fois avec des donateurs, des décideurs et des politiciens. L’enthousiasme et la réaction des visiteurs sont inestimables. C’est ce que j’ai hâte de voir chez d’autres personnes sur une base régulière. L’entreposage adéquat de la collection nous permettra également de mieux la documenter, de ’enregistrer en format 2D et 3D, et de la partager avec le monde. De plus, nous profiterons d’une conservation participative, ajoutant ainsi des histoires au passé des artefacts, ce qui en fera, selon moi, l’une des collections les plus riches au monde.

Que voulez-vous que le public sache à propos de cette installation nationale?

Un gros plan du chantier de construction au Centre de conservation des collections.

Vue du rez-de-chaussée du Centre de conservation des collections. Des rails sont en place pour accueillir les locomotives dans leur nouvelle demeure.

Un des aspects les plus remarquables du Centre de conservation des collections est sa taille. La quantité de ciment et de barres d’armature requise pour un si grand contenant est un exploit d’ingénierie structurale. Cette installation est dotée de systèmes mécaniques complexes qui répondent à différentes exigences dans diverses zones afin de pouvoir entreposer des pièces de papier, de tissu, de bois, de métal et des œuvres d’art. L’édifice a été construit de sorte à compartimenter et à protéger la collection, tout en contrôlant le taux d’humidité et la température, et en réduisant les coûts d’exploitation.

Un autre fait intéressant est la proximité de la collection au Musée des sciences et de la technologie du Canada. La reconstruction en banlieue a facilité cette situation et de nombreux musées internationaux envient notre position. La grande proximité de notre entrepôt d’artefacts au Musée facilitera la mise à jour ou la modification de nos expositions.

La collection pourra également être utilisée comme outil de recherche, tant pour les chercheurs que les amateurs. Les archives de la collection et le labo numérique nous permettront de mettre sur pied un institut de recherche convenable, ce qui manquait au Canada pour la culture matérielle scientifique.

Le Centre de conservation des collections est suffisamment grand pour permettre une certaine croissance pendant bien des années, en plus de pouvoir accueillir une variété de collections. Le Musée des beaux-arts du Canada sera la première institution à partager ce site avec nous. On espère que d’autres collections suivront au cours de la prochaine phase, faisant de ce lieu une destination pour les collections du Canada.

Auteur(s)
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Fernand (Fern) Proulx

M. Proulx s’est joint à Ingenium – Musées des sciences et de l’innovation du Canada en 1995 à titre de directeur des Finances et de l’Administration. Chef de l’exploitation depuis 2005, il est responsable des opérations, des finances générales, et de la mise en œuvre des plans stratégiques de trois musées nationaux d’Ingenium : le Musée de l’agriculture et de l’alimentation du Canada, le Musée de l’espace et de l’aviation du Canada, et le Musée des sciences et de la technologie du Canada. M. Proulx a déjà assumé les fonctions de président-directeur général par intérim à Ingenium, soit en 2008, en 2013 et du 2017 à 2018.

Avant de faire carrière dans le milieu muséal, M. Proulx a occupé une variété de postes dans le secteur privé, ce qui lui a permis d’acquérir une solide compréhension des améliorations de processus et de l’ingénierie de la valeur. Il a travaillé comme analyste des activités dans une société de produits chimiques internationale où il a participé à la mise en œuvre d’un modèle de planification de la rentabilité générale. Bien qu’il soit un spécialiste de la gestion financière, M. Proulx a travaillé pour plusieurs entreprises de distribution alimentaire dans différents domaines, comme en gestion de la logistique, en ventes, en marketing et en développement de systèmes.

M. Proulx a obtenu un baccalauréat spécialisé en commerce en 1985 à l’Université de Windsor, et est un ancien élève du prestigieux programme du Getty Museum Leadership Institute. Il est actif au sein de la collectivité où il assume les rôles de bénévole et de mentor. Bien qu’il ne participe plus à des compétitions sportives, il nourrit sa passion pour les sports en étant un fervent amateur. Fier père de deux filles, M. Proulx réside avec sa femme à Gatineau, au Québec.