Mois du patrimoine asiatique : le pouvoir du « cha »

Share
3 m
Médias
Ingenium – Musées des sciences et de l’innovation du Canada
Quatre tasses de thé sont posées sur un comptoir de cuisine; une main tendue à la peau foncée tient l’une des tasses.

Connu et apprécié partout dans le monde, le thé porte plusieurs noms, et la façon dont on désigne un thé nous informe sur son origine. En punjabi, on l’appelle « cha », en insistant sur le « ch ». Comme chai, le mot cha signifie littéralement « thé ». Utilisé à travers l’histoire comme outil politique, économique, social et colonial, le thé possède partout dans le monde des pouvoirs tangibles et intangibles, qui peuvent être à la fois positifs et négatifs.

Fille métisse d’un parent diplomate, j’ai grandi dans de nombreuses cultures autres que la mienne, mais j’ai été très peu exposée à mon propre héritage. C’est lors de mes visites à ma famille élargie à Brampton que j’ai appris à connaître, reconnaître et apprécier mon identité punjabi.

Même si j’ai toujours eu de la difficulté à composer avec mon héritage et mon identité, ne me sentant jamais « assez foncée », le cha a toujours été pour moi un point de repère émotionnel. Bien que je n’aie commencé à boire du thé que pendant ma maîtrise au pays de Galles (je suis bien consciente de l’ironie de la chose), le parfum qu’il dégage a toujours été pour moi un lien tangible avec ma famille et mon chez-moi.

Pendant mon enfance, on préparait du cha toute l’année : après les repas, pour les visiteurs et lors d’événements divers. En arrivant chez ma tante à 22 h le vendredi soir après avoir conduit depuis Ottawa, on pouvait s’attendre à deux choses : un repas et une tasse de cha. Une fois tous les invités partis après le jaggo de ma cousine (le jaggo étant un événement où les oncles maternels de la fiancée arrivent et où on annonce le mariage prochain au voisinage), nous nous sommes tous rassemblés au salon, épuisés, en tentant de rester éveillés en buvant du cha. Le dimanche matin, avec mes bagels et mes mots croisés, le cha est incontournable; je ne changerais rien à ce rituel.

Ma famille compte des douzaines de personnes, et tout le monde le prépare et en boit… chacun dans sa version personnelle. Nous mesurons rarement les ingrédients; nous les combinons plutôt d’instinct, forts de nos années d’expérience. N’hésitez donc pas à ajuster les ingrédients en vous en préparant une tasse. À votre santé!

Cha punjabi classique

Ingrédients

  • 6 gousses de cardamome
  • 2 bâtons de cannelle
  • 2 sachets de thé noir (p. ex. Orange pekoe ou English breakfast) 
  • 4 tasses d’eau
  • 1 ¼ tasse de lait
  • Sucre (facultatif)

Ustensiles nécessaires

  • Mortier et pilon
  • Casserole
  • Petite passoire

Préparation

  1. Faire bouillir l’eau.
  2. Au moyen du pilon, écraser les gousses de cardamome dans le mortier.
  3. Ajouter les gousses de cardamome écrasée, les bâtons de cannelle entiers et les sachets de thé à l’eau, dans la casserole. Faire bouillir cinq minutes; l’infusion devrait commencer à dégager une odeur épicée.
  4. Ajouter le lait, puis laisser infuser à basse température environ dix minutes. L’odeur du cha devrait être bien perceptible à cette étape. Ne laissez pas déborder le liquide bouillant!
  5. Verser le thé dans des tasses en filtrant le liquide à la passoire pour retenir les épices et les sachets de thé.
  6. Optionnel : J’aime sucrer mon cha comme le faisait ma grand-mère, avec deux cuillerées de sucre, mais c’est une simple préférence.

Donne 4 bonnes tasses de thé.

Profile picture for user Alyssa Singh
Alyssa Singh

Aly Singh est technicienne adjointe en conservation à Ingenium, où elle s’efforce de préparer les collections, de stabiliser les artefacts et d’atténuer les risques auxquels ils sont exposés, puisqu’#IngeniumDéménage. Elle est titulaire d’une maîtrise en pratiques de conservation obtenue à la Cardiff University (2020) et se passionne pour l’histoire sociale, pour les façons de la raconter et pour la décolonisation du domaine de la conservation. Lorsqu’elle n’est pas au laboratoire, on peut la trouver en train de tricoter, de lire ou d’explorer les alentours.