Un remarquable programme de formation et de réhabilitation : Le Cours de programmation expérimentale pour fins commerciales

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Le détenu instructeur du Cours de programmation expérimentale pour fins commerciales du Centre fédéral de formation, Pénitencier Saint-Vincent-de-Paul, Laval, Québec. Solange Chalvin, « St-Vincent-de-Paul pourra former des programmeurs diplômés. » Le Devoir, 21 mars 1969, 3.
Le détenu instructeur du Cours de programmation expérimentale pour fins commerciales du Centre fédéral de formation, Laval, Québec. Solange Chalvin, « St-Vincent-de-Paul pourra former des programmeurs diplômés. » Le Devoir, 21 mars 1969, 3.

Bonjour, ami(e) lectrice ou lecteur, et bienvenue encore une fois au merveilleux monde de l’aviation et de l’espace. Votre humble serviteur a une belle et bonne histoire pour vous, du moins je l’espère. Ce sujet ne porte pas à rire mais j’ose espérer qu’il saura vous plaire. J’ai fait sa rencontre tout à fait par hasard, si mes souvenirs sont exacts. Et non, la dite rencontre n’a pas eu lieu dans le numéro du 21 mars 1969 d’un quotidien de Montréal, Québec, Le Devoir. J’ai choisi le dit numéro de cette publication on ne peut plus respectable et respectée en raison de la qualité de la photographie qui s’y trouve.

Notre histoire commence vers la fin de 1967 ou le début de 1968. Réalisant fort bien qu’il n’est pas facile de trouver des programmeurs diplômés pour son Centre de calcul, la direction de l’avionneur Canadair Limited de Cartierville, Québec, se met en quête d’une solution. Votre humble serviteur doit avouer bien humblement qu’il ne sait pas comment cette société, mentionnée dans de nombreux numéros de notre blogue / bulletin / machine, et ce depuis novembre 2017, en vient à mettre de l’avant le projet qui nous concerne aujourd’hui. Le fait est, toutefois, que Canadair n’est pas la seule firme éprouvant des difficultés à trouver des programmeurs. Il y a une pénurie grave au Québec, voire au Canada, et ce même si un programmeur peut espérer obtenir un salaire fort élevé.

Quoi qu’il en soit, Canadair entame des discussions avec International Business Machines Corporation (IBM) et / ou sa filiale canadienne, International Business Machines Company Limited de Don Mills, une ville située près de Toronto, Ontario. Et oui, ami(e) lectrice ou lecteur dévoué(e), ces 2 sociétés sont mentionnées dans un numéro de janvier 2019 de notre blogue / bulletin / machine.

Je conviens avec vous que des discussions entre ces géants de l’informatique et une société à la recherche de programmeurs n’ont rien d’exceptionnel. Ce qui sépare le projet de Canadair du reste du reste du troupeau, si vous me permettez cette expression, tient au fait que l’autre partenaire du projet est les Services canadiens des pénitenciers (SCP), l’actuel Service correctionnel Canada, ou, plus précisément, le Centre fédéral de formation situé dans l’enceinte du pénitencier Saint-Vincent-de-Paul, à Laval, Québec.

En mai 1968, un moment dans l’histoire de la Guerre froide qui mérite d’être souligné, Canadair et le Centre fédéral de formation lancent le Cours de programmation expérimentale pour fins commerciales, un programme de formation et de réhabilitation unique en son genre, du moins au Canada. Pour la première fois, en effet, une société privée subventionne un programme de formation impliquant des jeunes détenus condamnés à purger une sentence dans un pénitencier. Mieux encore, Canadair ne voit aucune objection à engager des participants au cours qui, ayant réussi les examens, deviennent des programmeurs diplômés.

Votre humble serviteur se doit de souligner ici un petit mystère entourant le Cours de programmation expérimentale pour fins commerciales. L’utilisation de l’acronyme COBOL pour l’identifier est tout aussi inexplicable en ce jour qu’il ne l’était lorsque j’ai amorcé la rédaction de cet article. J’en suis réduit à l’hypothèse que les jeunes détenus qui participent au cours font de la programmation en COBOL, ou COmmon Business Oriented Language, un langage de programmation en gestion créé aux États-Unis en 1959. Détail intéressant, un des fabricants d’ordinateurs impliqué dans sa conception est nul autre que IBM.

Canadair et le Centre fédéral de formation révèlent officiellement l’existence du Cours de programmation expérimentale pour fins commerciales lors d’une conférence de presse qui se tient en mars 1969. Des porte-paroles des 2 organisations expliquent de quoi il retourne. Le chargé de cours, connu seulement sous le nom de Ronnie, est également présent. Les journalistes ont la surprise d’apprendre que ce jeune homme bilingue de 25 ans, un ancien étudiant portant veston et cravate, très compétent et résolu à réussir, purge une sentence à vie. Il compte parmi les premiers détenus qui ont suivi le cours, initialement offert par des employés du Centre de calcul de Canadair, avec l’aide de IBM.

De fait, si ce jeune homme devient chargé de cours en raison de ses compétences, sa longue sentence apporte une certaine stabilité au projet. Cela étant dit (tapé?), le fait est qu’il pourra demander sa libération conditionnelle dès 1971.

Les représentant(e)s de la presse apprennent que le psychologue du pénitencier Saint-Vincent-de-Paul supervise la sélection des candidats ayant les plus grandes chances de succès. Âgés de 15 à 25 ans, les dits candidats doivent réussir des tests d’aptitudes et de personnalité. La sentence qu’ils purgent doit aussi être la première.

Détail intéressant, quelques (4?) pénitenciers américains offrent des cours de programmation similaires à celui du Centre fédéral de formation. Ces programmes tirent leur origine d’une requête soumise au printemps 1967 par un détenu d’une prison à sécurité maximale, la Massachusetts Correctional Institution (MCI) Walpole. La dire requête est transmise à un gestionnaire de la division Electronic Data Processing de Honeywell Incorporated. Malcolm D. Smith accepte de créer un cours de programmation à MCI Walpole en juin. Honeywell fournit les manuels et le matériel nécessaire. Elle permet par ailleurs aux détenus d’avoir accès à au moins 1 ordinateur. Les instructeurs qui participent au programme le font bénévolement. Ce programme américain tourne encore à plein régime en 1977. Je ne saurais dire jusqu’à quand il se poursuit, mais revenons à notre histoire.

En mars 1969, et plus tard au printemps, 16 détenus suivent le Cours de programmation expérimentale pour fins commerciales offert au Centre fédéral de formation. Ils ne sont pas sans savoir que les 4 jeunes gens qui ont complété le cours avec succès et purgé leur sentence ont trouvé un emploi, dont 3 au Centre de calcul de Canadair. L’espoir que ces jeunes gens ont de réussir eux aussi modifie en profondeur le comportement de plusieurs d’entre eux.

Le Cours de programmation expérimentale pour fins commerciales se livre en 3 parties. Les 2 premières, d’une durée de 31 et 75 jours, sont de nature théorique. Les jeunes détenus et leur instructeur travaillent fort, à raison de 8 heures par jour, 7 jours par semaine. Canadair et IBM fournissent tous les manuels techniques. Cette dernière livre même un perforateur de cartes. Des employés du Centre de calcul de l’avionneur jouent le rôle de conseillers et collaborateurs.

Vous avez une question, ami(e) lectrice ou lecteur? Vous ne savez pas ce qu’est un perforateur de cartes? Vous ne savez pas à quel point vous avez de la chance. Pour faire court, avant l’introduction du lecteur de disque dur, en 1956, les ordinateurs électroniques accèdent à leurs données de manière séquentielle, en utilisant des piles de cartes perforées ou des bobines de bande magnétique. Cela étant dit (tapé?), les cartes perforées sont encore utilisées au début des années 1980, sinon plus tard. Votre humble serviteur a en effet le plaisir infini d’utiliser des BLINK cartes perforées pour 2 cours d’histoire à l’Université de Sherbrooke, à Sherbrooke, Québec, et à l’Université Laval, à Québec, Québec. Et oui, cette technologie est mentionnée dans un numéro de janvier 2019 de notre blogue / bulletin / machin, mais revenons à notre sujet.

La troisième partie du Cours de programmation expérimentale pour fins commerciales, dis-je, est de nature pratique. Les jeunes détenus visitent le Centre de calcul de Canadair par groupes de 2, à chaque semaine, pour se familiariser avec son équipement et son travail. Les jeunes détenus ont alors accès à un des ordinateurs du centre.

Un étudiant dont la sentence prend fin avant ou pendant la troisième partie du cours en sait suffisamment pour décrocher un poste de stagiaire. De fait, un des détenus demande que sa libération conditionnelle soit reportée de 3 mois afin de lui permettre de finir le cours.

Il est à noter que certains des détenus qui suivent le Cours de programmation expérimentale pour fins commerciales suivent également des cours afin de compléter leur certificat d’étude primaire ou secondaire.

Le Cours de programmation expérimentale pour fins commerciales connaît un succès tel qu’une des plus importantes sociétés de financement de ventes à crédit au Canada, Industrial Acceptance Corporation Limited de Montréal, instaure un programme similaire en janvier 1969. Ce cours, offert à des détenus âgés de plus de 25 ans, se donne au pénitencier de Cowansville, Québec. Le chargé de cours est un détenu qui à réussi le cours offert au Centre fédéral de formation. Il est transféré à Cowansville sur la recommandation de Canadair. IBM accepte volontiers d’appuyer le projet de cours lancé par Industrial Acceptance.

Tant Canadair que Industrial Acceptance encouragent des sociétés à la recherche de programmeurs de contacter le Centre fédéral de formation. Il est à noter que les cours offerts à Laval et Cowansville sont sous la direction du directeur du Centre de calcul de l’avionneur, Neville Shevloff.

Quatre autres projets de cours voient le jour au printemps ou à l’été 1969 dans d’autres pénitenciers canadiens. Votre humble serviteur ne sait pas s’ils donnent lieu à des réalisations concrètes. De fait, je ne saurais dire pendant combien de temps les cours données dans les pénitenciers canadiens se poursuivent.

Il est à noter que le Cours de programmation expérimentale pour fins commerciales n’est pas le seul programme de formation et de réhabilitation de nature aéronautique offert à des détenus canadiens. Un projet de fabrication d’aéronefs de construction amateur pour le moins original voit en effet le jour vers le début des années 1970. Et oui, ami(e) lectrice ou lecteur, la construction amateur est mentionnée depuis septembre 2017, dans divers numéros de notre blogue / bulletin / machin.

Au début des années 1970, le ministère de la Défense nationale subventionne à chaque année les cours de pilotage d’environ 250 cadets de l’air, tant filles que garçons. Il ne dispose toutefois pas des fonds lui permettant d’aider ces jeunes personnes à poursuivre leur formation. Le nouveau responsable des cadets de l’air au Quartier-général de la Défense nationale à Ottawa, Ontario, le lieutenant-colonel William Roy « Windy » Windover, propose vers 1973-74 que le plus grand nombre possible d’escadrons de la Ligue des cadets de l’air du Canada achètent et assemblent des kits fabriqués au pays d’un aéronef fiable et économique.

Windover est un officier respecté au sein des forces armées canadiennes. Il est en effet le premier pilote de voltige aérienne en solo de l’Aviation royale du Canada, connu sous le nom de « Red Knight. » Windover détient ce rôle en 1958-59.

Windover évalue les aéronefs disponibles vers la fin de 1973. Un aéronef biplace lui semblant trop coûteux, il choisit le Pazmany PL-4, un monomoteur monoplace de conception américaine très prometteur qui vole pour la première fois en juillet 1972. Le fondateur de Pazmany Aircraft Corporation, Ladislao Pazmany, né Ladislao Pázmány, accepte volontiers de vendre une licence de production si le projet débouche.

Une rencontre fortuite avec le directeur de la formation professionnelle aux susmentionnés SCP constitue un point tournant. Celui-ci se passionne pour le projet de Windover. Des programmes de formation professionnelle offerts dans des pénitenciers permettent en effet à de nombreux détenus d’acquérir un savoir technique. Windover est tout aussi intéressé par cette information. La fabrication d’aéronefs en kits constituerait un ajout intéressant aux programmes offerts par les SCP. Le salaire nominal offert aux détenus permettrait par ailleurs de réduire considérablement le coût d’achat de chaque PL-4.

Fort de l’appui de la Ligue des cadets de l’air du Canada, Windover demande aux SCP et au ministère des Transports d’approuver la fabrication par les détenus d’un pénitencier de 2 PL-4 munis de moteurs différents, dont un qui n’est plus en production. Si ces aéronefs s’avèrent réussis, des kits de la version la plus performante seront produits par les détenus. Si la commande initiale envisagée est de 50, le nombre total de PL-4 assemblés par les cadets de l’air pourrait frôler le cap des 200 exemplaires. Le financement de ce projet unique dans l’histoire de l’aviation canadienne, voire même nord-américaine, doit provenir de dons privés déductibles d’impôt. Intrigués par ce projet, les 2 organismes fédéraux répondent par l’affirmative. Les SCP choisissent le pénitencier ou, plus exactement, l’Établissement de Warkworth, situé non loin de la Base des Forces canadiennes (BFC) Trenton, Ontario, pour effectuer le travail.

Windover emprunte le prototype du PL-4 en mai 1974 avec la bénédiction de Pazmany. Il vole de San Diego, Californie, à Ottawa afin de promouvoir son projet. Windover peut avoir visité une trentaine de villes de 9 provinces canadiennes. L’importance même de son projet effraye certains représentants de l’industrie aérospatiale canadienne qui ne souhaitent pas que les SCP viennent leurs voler des commandes. Ceux-ci doivent s’engager à ne jamais produire d’aéronefs destinés à des pilotes privés. Cela dit, Douglas Aircraft Company of Canada, la filiale torontoise du géant aérospatial américain McDonnell Douglas Corporation, s’engage apparemment à engager à leur sortie de prison tous les détenus qui participent avec succès au programme de fabrication. Windover quitte Ottawa en novembre pour remettre le PL-4 à son concepteur. Des problèmes de démarreur le force à mettre fin à son vol au Colorado.

Soucieux de promouvoir son projet, Windover lance un concours de fabrication par des cadets de l’air de modèles réduits du PL-4. Un autre concours a pour objectif le choix d’un nom approprié pour cet aéronef. La personne qui remplace Windover en tant que responsable des cadets de l’air au Quartier-général de la Défense nationale vers 1975-76 ne partage pas toutefois son enthousiasme pour le programme de fabrication d’aéronefs. La Ligue des cadets de l’air du Canada ne semble par ailleurs pas l’avoir défendu avec force. À supposer que des détenus de l’Établissement de Warkworth complètent un PL-4, l’information disponible laisse entendre que cet aéronef n’effectue aucun vol.

Ce projet de fabrication d’aéronefs de construction amateur n’est pas non plus le seul programme de formation et de réhabilitation de nature aéronautique offert à des détenus canadiens. Cette histoire commence en 1971, alors que Boeing of Canada Limited envisage la possibilité de fabriquer sous licence le planeur ouest-allemand Bolköw Phoebus, un aéronef moderne fabriqué en fibre de verre, dans son usine de Winnipeg, Manitoba. Vus les coûts élevés de construction des moules utilisés pour fabriquer les principaux éléments du planeur, Boeing of Canada a besoin d’une commande importante. Elle contacte le coordonnateur national du programme de vol à voile de la Ligue des cadets de l’air du Canada et lui demande si celle-ci est prête à envisager la possibilité de commander 100 Phoebus. À cette époque en effet, le ministère de la Defense nationale subventionne à chaque année les cours de pilotage de planeur d’environ 180 cadets de l’air, tant filles que garçons.

Lloyd Davies juge l’idée fascinante mais indique que le planeur ouest-allemand est un aéronef un peu trop pointu pour des adolescents peu expérimentés. La ligue pourrait par ailleurs éprouver de sérieuses difficultés à payer et garder en état de vol 100 planeurs. Quelque peu déçue mais consciente de la rectitude de ces commentaires, Boeing of Canada renonce à produite le Phoebus au Canada.

Davies refuse toutefois de renoncer à l’idée de produire un planeur destiné à la Ligue des cadets de l’air du Canada. Intrigué par le Harmon Linville Dingus, un planeur monoplace américain de type aile volante alors en cours de mise au point inspiré par le Backstrom EPB-1 Flying Plank, il prépare les plans d’un dérivé, le Cadet Modèle 100, en 1972. La ligue appui le projet de production d’un tel aéronef mais sa configuration inquiète plusieurs personnes. Davies modifie un tant soit peu son concept mais ne connaît pas plus de succès. De fait, bien peu de constructeurs amateurs choisissent de fabriquer un Flying Plank depuis sa conception, vers 1954.

Un officier récemment arrivé au bureau de liaison des cadets de l’air, le susmentionné Windover, suggère à Davies de trouver un planeur monoplace disponible sous forme de kits. Celui-ci accepte volontiers. Le Coward / Pacific D-8, un planeur américain relativement peu connu introduit vers 1963, lui semble tout particulièrement approprié. Son concepteur, Ken Coward, se dit prêt à modifier l’aéronef pour faciliter sa fabrication si la Ligue des cadets de l’air du Canada achète 20 séries de plans. Celle-ci se dit intéressée si Coward modifie la structure de l’aile du D-8. L’ampleur des modifications et des problèmes de santé amènent celui-ci à se retirer du projet.

En mai 1973, Windover devient le responsable des cadets de l’air au Quartier-général de la Défense nationale. Au printemps 1974, il examine puis pilote un D-8 fabriqué aux États-Unis. Windover propose que des escadrons de la Ligue des cadets de l’air du Canada achètent et assemblent des planeurs à partir de kits fabriqués au pays. Tout comme c’est le cas pour le projet de fabrication de kits du susmentionné PL-4, les kits de planeurs doivent être fabriqués par des détenus des SCP. Le nombre de D-8 utilisés par les cadets de l’air pourraient éventuellement frôler les 200 exemplaires. Le financement de ce projet unique dans l’histoire de l’aviation canadienne, voire même nord-américaine, doit provenir de dons privés déductibles d’impôt. Soucieux de le promouvoir, Windover lance un concours de fabrication de modèles réduits du D-8 par des cadets de l’air. Un autre concours a pour objectif le choix d’un nom approprié pour cet aéronef.

Fort de l’appui de la Ligue des cadets de l’air du Canada, Windover demande aux SCP et au ministère des Transports d’approuver la fabrication de 2 D-8 par les détenus d’un pénitencier. Si ces aéronefs s’avèrent réussis, ceux-ci vont entamer la fabrication en série des kits. Intrigués par ce projet, les 2 organismes répondent par l’affirmative. L’importance même du projet effraye certains représentants de l’industrie aérospatiale canadienne qui ne souhaitent pas que les SCP viennent leurs voler des commandes. Ceux-ci doivent s’engager à ne jamais produire d’aéronefs destinés à des pilotes privés.

La fabrication des planeurs doit s’effectuer à, roulement de tambour s’il vous plaît, l’Établissement de Cowansville. Le monde est petit, n’est-ce pas? Quoiqu’il en soit, Windover supervise l’envoi de l’aluminium dont les détenus auront besoin vers le milieu de 1974. Avant même la fin de l’été, il se trouve confronté à des critiques. Un planeur biplace peut convenir davantage aux besoins de la Ligue des cadets de l’air du Canada que le D-8, un aéronef encore non éprouvé – des commentaires qui s’appliquent d’ailleurs fort bien au PL-4. Windover doit par ailleurs tenir compte du fait que, malgré les propose rassurants des SCP, la fabrication des 2 premiers planeurs ne semble pas progresser bien vite.

À bout de patience, Windover se rend à l’Établissement de Cowansville avec Davies, en 1975. Ils découvrent que les SCP se sont entendus avec le ministère des Postes pour fabriquer des boîtes à lettres. Ce projet étant jugé prioritaire, les détenus n’ont fabriqué aucune pièce de planeur. Très déçu, Windover supervise le transfert de l’aluminium destiné à la fabrication des planeurs à BFC Trenton. Ce même matériel se retrouve par la suite à BFC Winnipeg. Un ou des escadrons de cadets de l’air de la région tentent apparemment de relancer le projet, sans succès. Un projet de formation en tôlerie proposé par plusieurs instructeurs, à BFC Camp Borden, Ontario, ne mène nulle part.

La personne qui remplace Windover vers 1975-76 en tant que responsable des cadets de l’air au Quartier-général de la Défense nationale ne partage pas son enthousiasme pour le programme de fabrication de planeurs. Déçue par l’absence de progrès dans ce dossier, la Ligue des cadets de l’air du Canada vend l’aluminium destiné à la fabrication des D-8 à une date indéterminée.

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L’auteur de ces lignes souhaite remercier toutes les personnes qui ont fourni des informations. Toute erreur contenue dans cet article est de ma faute, pas de la leur.

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Rénald Fortier