Melissa Sariffodeen : ouvrir la voie à la promotion de l’habileté numérique des filles et des femmes

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Melissa Sariffodeen

Les annales de l’histoire regorgent de réalisations de personnes remarquables, qui ont découvert des phénomènes scientifiques et qui ont inventé de nouvelles technologies. Mais la plupart du temps, l’histoire ne célèbre que les exploits des hommes. Certes, les manuels scolaires du secondaire parlent de Jeanne d’Arc et de Marie-Antoinette, mais qu’en est-il des femmes des domaines de la science, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM)? Leur absence témoigne de siècles de marginalisation et de discrimination sexuelle. On ne sera donc pas surpris d’apprendre que 52 % des Canadiens sont incapables de nommer une seule femme dans l’un des quatre domaines des STIM.

Affiche sur Melissa Sariffodeen dans le cadre de l’initiative Femmes en STIM d’Ingenium.

Affiche de Femmes en STIM sur Melissa Sariffodeen.

Ingenium s’est donné pour mission de corriger cette situation. Son initiative Femmes en STIM met en honneur les réalisations des femmes — d’hier et d’aujourd’hui — qui, dans une certaine mesure et en dépit des obstacles dressés devant elles, ont façonné le monde actuel. Parmi ces pionnières figure l’informaticienne canadienne Melissa Sariffodeen, qui enseigne aux filles et aux femmes les notions nécessaires à leur habileté numérique.

Elle a découvert sa passion pour la technologie à l’âge de 11 ans en s’initiant par elle-même à la programmation. Mais comme les autres filles, on ne l’a jamais incitée quand elle était jeune à poursuivre sa passion après l’école secondaire. Son cas n’est pas unique; en fait, 39 % des diplômés en STIM au Canada sont des femmes et seulement 25 % restent dans leur domaine après leurs études.  
 

« Ce n’est qu’après avoir passé un certain temps sur le marché du travail que j’ai réalisé que je devais et voulais développer ces compétences, mais que les occasions d’apprendre la programmation n’existaient pas encore pour les femmes (ou les débutantes). »

~Melissa Sariffodeen
 

Melissa Sariffodeen enseignant à un groupe d’élèves.

Canada en programmation.

En tant que militante pour l’avancement des femmes dans les secteurs technologiques, Melissa Sariffodeen a décidé de consacrer sa carrière à transmettre sa passion aux autres. En 2011, elle a cofondé l’organisme sans but lucratif Ladies Learning Code (renommé plus tard Canada en programmation) et qui fait la promotion de l’habileté numérique partout au pays et dont elle est également la directrice générale. À l’origine, l’organisme proposait une série d’ateliers destinés aux femmes qui travaillaient déjà dans le domaine, mais il a rapidement dépassé son objectif initial en suscitant un intérêt chez d’autres femmes et chez les enfants avides de savoir technologique.  

À travers divers ateliers et cours, l’organisme enseigne la programmation et d’autres habiletés techniques, mais aussi la façon de collaborer et de bien travailler en équipe. Chaque cours est conçu pour montrer aux femmes et aux filles que la technologie permet de gagner confiance en soi et de renforcer son autonomie. Ultimement, Melissa Sariffodeen désire contribuer à combler l’écart entre les sexes dans les STIM. Selon elle, il est important que les femmes participent — à titre de conceptrices et non seulement de consommatrices — à l’évolution de l’univers numérique qui ne cesse de se développer.

« La diversité dans les STIM est importante pour de nombreuses raisons. La technologie est une composante essentielle de notre vie, alors si elle n’est pas élaborée par les personnes qui l’utilisent, nous laissons passer l’occasion de concevoir de meilleures technologies. »

~Melissa Sariffodeen
 

Melissa Sariffodeen supervisant le travail de deux jeunes filles.

Melissa Sariffodeen supervisant le travail de deux jeunes participantes.

Depuis ses modestes débuts, Canada en programmation a enseigné à plus de 100 000 personnes et désire atteindre l’objectif de 10 millions de participants d’ici 2027. Grâce à des unités de programmation mobiles à la fine pointe de la technologie, l’organisme s’efforce également de joindre les personnes qui vivent loin des centres urbains, notamment celles qui résident dans les collectivités autochtones éloignées.

En plus d’un financement de huit millions de dollars du gouvernement canadien, Mme Sariffodeen a reçu le prix Évolution sociale 2017 dans le cadre des Prix canadiens de l’entrepreneuriat féminin RBC, une distinction qu’elle partage avec toute son équipe.

Melissa Sariffodeen a un conseil important à donner aux jeunes filles qui désirent faire carrière dans les sciences.

« Suivez des cours des STIM, surtout en informatique! Apprendre à se connaître soi-même en tant que conceptrice de technologie s’avère vraiment formidable; cela permet de concrétiser ses idées, de résoudre des problèmes, d’exprimer sa créativité et de changer le monde. »

~Melissa Sariffodeen
 

Vous connaissez maintenant une femme en STIM. Mais pourquoi en rester là? Melissa Sariffodeen n’est qu’une des dizaines de femmes dont le profil est publié sur le site Femmes en STIM d’Ingenium. Vous y découvrirez des biologistes de la vie aquatique, des exploratrices de l’Antarctique et des astronomes à la recherche de signes de vie extraterrestre dans le ciel. Il est temps de raconter leurs histoires. 

Auteur(s)
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Nathaniel Neil Whelan

Nathaniel Whelan est titulaire d’une maîtrise de l’Université Carleton. Il est actuellement inscrit au programme de rédaction professionnelle du Collège algonquin et termine son stage à Ingenium à titre de rédacteur de contenu. Auteur prometteur, il vit à Ottawa en compagnie de sa chatte Susie-Bear.